CHAPITRE SIXIÈME
Conditions d'une bonne ruche
Une bonne ruche doit permettre à l’apicuiteur de sortir tous ses ravons <ans endommager une seule cellule, sans faire couler une seule goutte de miel et sans exciter la colère des abeilles.
Elle doit Permettre de faire toutes les opérations nécessaires sans tuer on blesser une seule abeille ; certaines ruches sont construites de telle façon qu'on ne peut s'en servir sans détruire quelques abeilles. Cette destruction, si petite soitelle, augmente les difficultés de leur culture.
Elle doit protéger suffisamment la colonie contre les Chaleurs et les fioils extrêmes, contre les changements soudains de température et contie les effets mulfaisants de l'humidité, L'intérieur d'une ruche doit être ‘sec en hiver et exempt en été d’une chaleur trop forte et sutiocante.
Elle doit épargn.r aux abeilles tont trajet inutile. Comme la saison de la récolte ne dure souvent que peu de temps, l'organisation de Ja ruche doit faciliter le plus pos- Sible le travail des butineuses. Les ruches qni les forcent À traverser avec leur charge les rayons couverts d'abeilles doivent être rejetées. Au lieu de se frayer un chemin à travers les groupes, les butineuses doivent avoir lu possibilité de se rendre dans les Sreniers À provisions sans, pour ainsi dire, passer sur les rayons.
Elle doit pouvoir s'agrandir ou se rétrécir suivant la force plus où moins grande des population:
Elle doit permettre d'employer la cire gaufrée et d'uti-
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liser tous les morceaux de bons rayons d'ouvrières, au lieu de les fondre pour en faire de la cire.
Elle doit empêcher Ja multiplication des mâles en facilitant le remplacement des rayons à grandes cellules ; une ruche contenant une trop grande quantité de rayons, bons seulement pour y loger du miel ou pour y élever des mâles, ne peut guère prospérer.
Son plancher doit être attaché ou mobile, à volonté, tant pour augmenter la ventilation que pour faciliter à l'apiculteur, après l'hiver, l'enlèvement des débris et des abeilles mortes. Sans cette précaution les cadavres se putréfient sur le plateau et mettent en danger la santé des abeilles, En outre, quand celles-ci sont forcées de les traîner dehors, elles tombent parfois sur lu neige, s'y engourdissent et y meurent ; car souvent une abeille, volant au loin chargée d'un cadavre, ne peut s’en détacher et tous deux tombent à terre.
Aucune partie de la ruche ne doit être plus basse q: l'ouverture qui sert d'entrée aux abeilles Ni on nég'ice e principe, les abeilles ont à porter leurs mort , et leurs débris en montant, avec grande perte de temps et d'efforts Cette condition indispensable n'est guère possible que lorsque les rayons aboutissent à l'entrée et qu'on nomme, pour cette raison, rayons froids. Toute inclinaison de savant à l’arrière est impossisle quand ils sont placés parallèlement à l'entrée, car les abeilles, qui construisent leurs rayons absolument perpendiculaires, ne les placerai vas exactement dans les caires.
Elle doit permettre de nourrir les abeilles, en temps frais comme en temps chaud, quind elles en ont besoin.
Elle doit offrir la facilité d'élargir, de diminuer et même de fermer l'entrée, pour protéger la colonie contre les pillardes, et ces changements de l'entrée ne doivent pas forcer les abeilles à perdre un teinps précieux pour la retrouver.
Elle doit fournir ln facilité de laisser entrer tout à coup un large courant d'air, atin que les abeilles soient excitées à sortir pour décharger leurs intestins, lors des journées chaudes du commencement du printemps. Quand les abeil. les ne protitent pas de ces occasions pour se vider, elles peuvent souffrir et mourir d'une réclusion trop prolongée,
Elle doit permettre aux abeilles de passer aisément et sans tâtonner dans les chambres du dessus, tout comme aussi à l'air, à la chaleur de passer librement de la ruche à la hausse,
Chacune des parties de toutes les ruches d’un rucher doivent être fabriquées assez exactement Pour pouvoir s'échanger d'une ruche à l’autre. Par ce moyen, l'apiculteur peut faire des échanges de rayons, de couvain, de riel ou de pollen, su: ant que les cireconstances le demandent.
La ruche doit permettre à l'apiculteur de récolter le miel sous Ja forme la plus belle Ja plus vendable et Ja plus convenable, tant pour la qualité que pour la quantité à récolter en temps opportun.
Elle doit convenir également pour la pratique de l’essaimage artificiel.
Elle doit permettre la multiplication de colonies avec certitude et rapidité ; deux choses impossibles, si on compte sur l'essaimage naturel.
Elle doit donner la facilité de remplacer les reines chez les colonies orphelines.
Elle doit permettre à l'apiculteur de s'emparer de la reine, s’il le désire, pour la remplacer par une autre plus féconde, on p'us jeune, ou d’une race meilleure,
Elle cit permettre à un seul apiculteur de soigner plusieurs centaines de colonies dans différents ruchers, ou pour différents propriétaires. Beaucoup de personnes auraicnt des .seilles, si un rucher pouvait être, comme un jardin,