‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 8 sur 140 · POP · texte numérisé non relu

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c'est dans un double but. Je veux, d'un côté, les initier aux choses agricoles de mon pays, choses qui ‘ne peuvent être sans intérêt pour eux, car le superflu de notre production paraît sur les marchés français en tant que grains, huiles ct autres denrées, tout comme nombre-de produits français, ‘vins, Œ fruits, etc., trouvent un débouché sur le marché russe, et que nous sommes à la veille de la conclusion d'une nouvelle convention .de commercé à l'avantage des deux pays amis et alliés (ce ne sont certes pas lès questions agricoles et économiques qui peuvent compromettre notre eliliance). Mais pour mieux nous apprécier mutuellement, pour . mieux se persuader que rien ne peut et ne doit nous .: séparer, il faut de plus en plus se connaître. Si j'ose prétendre que nombre de mes compatriotes connaissent bien le beau et riche pays ‘de + France, je ne puis malheureusement en dire autant pour les Français. Cambien peu sont ceux qui ont ‘parcouru mon pays en vue d’une étude sérieuse de: son‘état économique, qui ont poussé leurs investigations dans l’intérieur de ia Russie jusque dans ses ‘recoins les plus éloignés, hors des chemins battus par les touristes dileltanti, qui ont visité nos villages ‘avec leurs isbas de bois et de chaume, qui connais- ‘sent de visu notre fameuse terre noire, le tchernozème, avec sa réputation si surfaite de fertilité : fabuleuse. C’est à peine si je peux citer trois ou quatre noms,avec M. Anatole Leroy-Beaulieu en tête,

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en ne parlant que de ce qui concerne le domaine

agricole, car les autres branches de notre industrie, surtout celle des mines, ont été à fond étudiées par vos compatriotes.

Aujourd'hui, c'est dans nos pauvres villages ct hameaux, c'est au milieu de nos paysans, c’est dans nos fermes, c’est au sein de nos champs et de nos ‘steppes que je veux.conduire les.lecteurs, s'ils veulent bien m'y suivre. Mon ami, M. Sagnier, m'a accompagné dans un de mes voyages à travers la Russie, et pourra dire s’il y a trouvé que son excursion, bien courte et rapide, hélas! a manqué d'’intérêt ct de pittoresque. Et pourtant, il n’a pu visiter qu'un petit coin de notre pays, si différent et si varié dans,ses diverses localités, à commencer par les toundras désertes et glaciales du Nord jusqu'aux régions semi-tropicales du Caucase, où fleurit l’oranger et qu’un autre de mes amis, le géographe bien connu, M. E.-F. Martel, a également parcourues avec moi.

Je compte poursuivre aussi un autre but, purement personnel et même égoïste. Notre agriculture ést encore dans un état si arriéré, nous avons tant de questions importantes à l'étude, il se présente à nous tant de problèmes à résoudre, tant de difficultés à vaincre, que J'espère, en y initiant mes collègues

de France, si seulement ils veulent s'intéresser à ce,

qui nous préoccupe, obtenir d'eux leurs avis, leurs conseils, profiter de leur expérience bien plus lon-

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