VII. Jours et heures d'ouverture des musées, eto
Archives du ministère de la Justice (p. 268): dans la sem., sauf le sam., de 11 h. à 3 h.
Collection Chabelskoî (p. 264): le jeudi, en s*adressant d'avance à Tintendant, M. de Zinger.
Exposition permanente de peinture (p. 265): t. 1. jours de 10 h. à 4 h,, 32 k.
Galerie Botkine (p. 269) : visible en s^adressant au propriétaire.
Galerie Trétiakov (p. 271) : du 1er mars au 1er o^t. t. 1. jours, sauf le lundi, de 10 h. à 4 h. ; les autres mois, de 10 h. à 3 h. Fermée le lei* janv., les vendr. et sam. de la semaine sainte, le 1®' jour de Pâques, les 24 et 25 déc. Vestiaire, où Ton garde gratuitement les manteaux, parapluies, etc.
Kremlin :
Bibliothèque synodale (p. 254): dans la sem. de 10 h. à 3 h. Cathédrale Arkhanghelsky (p. 243) : du 1®' mars au l^i* oct. de 8 h. à
4 h. (3 h. en hiver).
Cathédrale Blagoviéchtchensky (p. 244) : t. 1 jours de 9 h. à 4 h. Cathédrale Ouspensky (p. 240): t. 1. jours de 9 h. à 4 h. Grand Palais (p. 245) : 1. 1. jours, sauf les dim. et jours de fête, de 10 h. à 3 h.; billets gratuits, de 10 h. à 1 h., au bureau du maître de police du Kremlin (p. 258).
Emploi du temps, MOSCOU. V. R. sL 233
Orovjeînaia Palata (p. -248): les lundi, mercr. et vendr. de 10 h. à 2 h. Sénat (palais de Justice; p. 254): dans la sem. de 11 h. à 4 h. (3 h. en hiver); les dim. et jours de fête aux mêmes heures, après s'être adressé d'avance à Tintendant.
Trésor des patriarches (p. 240) : dans la sem. de midi à 3 h. Maison des Romanov (p. 258): les mardi, jeudi et sam. de 10 h. à 2 h. Musée des Arts Industriels (p. 266) : t. 1. jours, sauf le lundi de 11 h. à 4 h., 20 k. ; fermé du 1^^ juin au 15 août (anc. style), mais on peut le visiter en s'adressant au conservateur qui demeure dans le bâtiment. Musée histoi'ique (p. 256) : t. 1. jours, sauf le sam. et les grands jours de fête, de 11 h. à 3 h., gratuitement-, pendant les vacances (du 15 juin an 15 août), les étrangers peuvent le visiter en s'adressant à la direction. Musée polytechnique (p. 268) : ouvert seulement du mercr. au dim. de il h. à 3 h.; public les jeudi, vendr. et dim.-, les mercr. et sam., moyennant 15 k.
Musée Roumiantsov (p. 260j, t. 1. jours, sauf le lundi, de 11 h. à 4 h.
(3 h. en hiver), moyennant 20 k., public le dim. Musée Chichoukine (p. 2o4): t. 1. jours de 10 h. à midi, quand le propr.
n'est pas absent.
Typographie du Synode (p. 259) : dans la sem., sauf le lundi, de 10 h. à 3 h. Université. Bibliothèque (p. 260) : dans la sem. de 10 h. à 3 h. ; en été, seulement les mardi et jeudi, de 11 h. à 2 h. Jardin botanique (p. 267) : dans la sem. du 15 mai au 15 août de 9 h. à 7 h., et du 15 août au 15 mai, sauf le samedi, de 9 h. à 4 h.-, en d'autres moments, s'adresser au jardinier en chef. Musée Zoologique (p. 260): du 1^^ sept, au 1^^ mai, les dimanches et jours de fête de 10 h. à 3 h.
Emploi du têmpa. Avant la visite des musées, etc., on recommande beaucoup de faire en voiture le tour d'orientation suivant, qui demande 2 à 3h. : de la tour Soukharev (pi. D3; p. !%6), à dr., tout le long de la Sadovaïa (p. 234), par les ponts Krasnokholmsky (pi. E5) et Krymsky (pi. C5; p. 271), le boulev. de Smolensk (pi. BC5), etc., jusqu'au boulev. Tsviétnoï (pi. D3; p. 266); puis par le Néglinny Proïezd (pi. 0 3 4; p. 266) et le Kouznetsky Most (pi. D 4: p. 265) à la place Rouge (Krasnaïa; pi. D4; p. 255). Ensuite on montera à l'Ivan-Véliky (p. 239).
Voici comment on pourrait employer 5 jours :
lenour: visiter le Kremlin (p. 236), monter à l'Ivan-Véliky (p. 239);
— musée Chtchoukine (p. 264); — excursion au parc Pétrovsky (p. 279).
26 jour: Kremlin (p. 236), place Rouge (v. p. 255), maison Romanov (p. 258), musée des Arts Industriels (p. 266); — parc Neskoutchny (p. îr75);
— excursion aux monts 4es Moineaux (p. 275) ; — champ et couvent des Vierges (p. 263).
Séjour: Kremlin (p. 236), musée historique (p. 256), musée polytechnique (p. 268), tour Soukharev (p. 266); — excursion au parc de Sokolniky (p. 268).
4® jour: église du Sauveur (p. 261), musée Roumiantsov (p. 260). — Collektion Chabelskoï (p. 264).
5e jour: galerie Tretiakov (p. 271). — Excursion à Tsaritsino (p. 277).
En restant plus longtemps à Moscou, on peut faire des excursions à la *Troïtsko-Serghievskaïa lavra (laure), à Ostankino, Izmaïlovo et Arkhanghelskoïé, à l'&queduc de Mytichtchi, et à Nouvelle-Jérusalem (p. 218).
Moscou (MocKBa , Moskva) , ancienne capitale de l'empire et chef -lieu du gouvernement de Moscou, a été jusqu'à Pierre le Grand la résidence des tsars. C'est la ville sainte des Russes, la ville aux murs blancs (B'biOKàMeHHafl), la plus vieille ville universitaire de la Russie, le siège du commandement du corps des grenadiers et du XVII® corps d'armée, la résidence du gouverneur
234 V, R. 35. MOSCOU. Topographie.
général et du métropolite de Moscou et de Kolomna, etc. La ville, qui a 72 y. de cironféreiice, est située sur les deux rives de la Moskva et de Vlaouza, dans une plaine fertile et onduleuse, par 55° 45' de lat. N., à 167 m. d'altitude, sur 7 collines et dans les intervalles. Sa population était en 1902 d'env. 1 173000 hab. (y compris les faubourgs). Moscou est la ville la plus commerçante et la plus industrielle de la Russie. Elle a 450 églises, 24 couvents et env. 500 établissements de bienfaisance.
Au point de vue administratif^ Moscou est divisée en 17 quartiers (^tchasti*). Sur la rive g, de la Moskva: I, Gorodêkata: 11^ Tverskaiai III, MiOMitêkaia: VI, Pretehistengkaîa ; VII, Arbattkaîa; VIII, Srétenskâia; IX. laouzkaîa; X, Basmanttaîa: XI, Rigojêkaia: XIII, Khamovnitcheskaîa; XIV, Presnemkaia; XV, Souchtehevskata ; XVI, Mechichanûcaîa ; XVII, Le/ortov^ skaia. — Sur la rive dr. de la Moskva : IV, Pialnitskaîa ; V, Jakimanskata ; XII, Serpoukhovikaia. Ces «iehasti» forment 3 rayons et 40 sections de police.
Historiquement, la ville, qui s'est formée peu à peu autour du Kremlin, se partage en cinq parties principales concentriques, séparées les unes des autres par des murs ou des boulevards, mais cette division tend de jour en jour à disparaître : Kremlin^ Kitaîgorod, Bietygorod, Zemlianoïgorod et faubourgs. — Le Kbemlin (v. p. 236) est la plus ancienne partie de Moscou. — Kitaîgorod (p. 255), «la ville chinoise »(?) , est irrégulièrement bâtie, et les constructions y sont les unes sur les autres. C'est la partie la plus animée, comprenant la Bourse, le Gostiny-Dvor, les Riady (marchés ) , etc. Le Kremlin et Kitaîgorod sont compris maintenant dans la Oorodskaïa Tchast («quartier de la Ville»). Ils forment le centre de Moscou et on les désigne habituellement sous le simple nom de Oorod^ «ville». Ils sont enrtourés d*un énorme mur, construit en 1534, blanchi à la chaux, avec quantité de tours, la plupart d'un vert criard, et une masse de tourelles et autres ornements. — BiÉLYGOBOD, la «ville blanche», s'étend en hémicycle autour de la partie centrale ; c'est la plus élégante de la ville, aux larges rues rayonnant du Kremlin et où se voient beaucoup de palais, des monuments publics et les plus beaux magasins. La «ville blanche» est comprise maintenant dans les quartiers de Tverskaïa (II) et de Miasnitêkaïa (III), et elle est bordée d'une large ceinture de boulevards. ~ Zemlianoïgobod , la «ville de terre», est ainsi nommée à cause des remparts que fit construire le tsar Michel Féodorovitch et qu'a remplacés la Sadovaïa (rue des Jardins) , sorte de boulevard , long de 15 kil., qui l'entoure. Cette partie forme les IV® -IX® quartiers. — Les fauboubgs, qui maintenant se confondent avec la ville , couvrent la plus grande partie , ou env. les '/4 de la superficie de Moscou, et ils sont entourés des remparts dits Kammer-Kollejsky, élevés en 1742, et auj. ep ruine (il n'est resté que les noms des anc. barrières , dites Zastava). Ils forment les X*-X VII* quartiers et comprennent beaucoup de fabriques, spécialement sur les bords de l'Iaouza ; des casernes, les gares, etc. Les faubourgs sont habités par la partie la plus pauvre de la population.
Histoire. MOSCOU. V. R, 35. 2H5
Si jamais une ville a porte l'empreinte du caractère de sa population, c'est bien Moscou, où l'on retrouve particulièrement la mapéiafl HaT^pa (ehirokaïa natoura), la «riche nature» (v. p. xxxiii) nationale. Bien qu'il soit impossible de ne pas reconnaître à Moscou le caractère d'une grande ville, il faut dire cependant qu'elle n'a aucune ressemblance extérieure avec n'importe quelle capitale de l'Europe. La vie nationale apparaît k Moscou, au cœur de la Russie, sous un aspect mieux caractérisé qu'à St-Pétersbourg, et l'influence de l'Europe occidentale s'y fait moins sentir.
It^ animation des rues est extraordinaire. Moscou est assurément la seule ville de l'intérieur de l'Europe où 11 y ait autant de représentants de toutes les nationalités. Le costume dominant y est sans doute le «costume français», mais on y voit sur le même trottoir le moujik à la longue barbe, avec ses chaussures d'écorce, son caftan rapiécé, son «armiak» gris ou sa peau de mouton ; le pope («sviachtchennik») avec sa robe brune, sa barrette noire, sa longue barbe et ses longs cheveux ; le marchand avec le bonnet fourré des anciens Russes et sa femme parée de vraies perles ; des Tcherkesses dans leur costume national, à côté de Tatares et de Kalmouks; des Turcs et des Grecs au fez rouge; des Persans avec leur haute coiffure noire en peau de mouton, de forme conique, etc. — Quant aux costumes variés des basses classes, il est facile de les observer aux fêtes populaires et aux marches qui ont lieu dans toutes les parties de la ville. Les marchés les plus intéressants sont VOkhotny Rladf le marché aux légumes, aux œufs, à la volaille, au gibier, etc., sur la place de ce nom (pi. D4; v. p. 264), non loin du théâtre impérial , ainsi que le marché du dimanche (p. 232) sur la place Soukharev. Le marché aux grains et aux fruits le plus important est à la Bolotnaïa Plochtchad (pi. D 5 ; p. 271) ; le marché aux fleurs, boulev. Tsviétnoï (pi. D3; p. 266); le marché aux chevaux, à la Konnaïa Plochtchad (pi. D 6; p. 275), et enfin le marché aux oiseaux et aux chiens, le dimanche, sur la place Trouhnaïa (p. 266), à l'extrémité du boulev. Rojdestvensky (pi. D 3).
Histoire. Moseou est mentionnée dans les chroniques pour la première fois en 1147, lorsque les grands -ducs Sviatoslav de Tchernigov et loury Vladimirovitch de Souzdal y eurent une entrevue. Elle fut longtemps sans importance. En 1335, le métropolite Pierre (m. 1326) quitta sa re'sidence de Vladimir, sur laKliazma, pour se fixer ici; la première cathédrale de Moscou (Ouspenskv Sobor, p. 2^) fut bâtie en 1326. L^exemple du métropolite fut suivi en 1328 par le grand-duc Ivan Daniloviich Kalita (1328-1340), qui, depuis 1333, était reconnu par le grand-khan comme chef de la Russie. Ivan Kalita fit entourer la ville de palissades et lui donna alors le nom de Kreml (dont Tétymologie est incertaine, mais qui, d'après Karamzine, dériverait de Rpexéni», silex). Sous Dmitry Donskoï (1363-1389), la ville fut assiégée mais en vain par le grand-duc Olgerd de Lithuanie en 1363; en 1382, elle fut incendiée par Tokhtamich. Dévastée plusieurs fois dans la suite par les hordes mongoles, la ville ne devint florissante que sous le règne d'Ivan III Vaêsiliévitch (1462-1506), qui fit de Moseou le centre de Tempire et y fit construire beaucoup de beaux monuments par des architectes italiens. Du temps de Vassily IvanovHch (1505-1533), la ville aurait compté env. 45000 maisons en 1520. Sous Ivan le Terrible (1583-
236 V. R. 35. MOSCOU. Kremlin,
1Ô84), le développement rapide de la ville fut entravé par des incendies, comme en 1547, et par la main de Tennemi, comme lorsqu'elle fut prise par Devlet-Ghiréi , khan des Tatares de Grimée, en 1671. En 1691, les Tatares, sous Kara-Ghiréi, attaquèrent Moscou pour la dernière fois \ les Polonais , qui avaient mis sur le trône des tsars le faux Dmitry, furent chassés en 1613. Il est vrai qu'en 1711 la résidence impériale fut transférée à St - Pétersbourg , nouvellement construite, mais les successeurs immédiats de Pierre le Grand donnèrent de nouveau au Kremlin la préférence sur la ville encore inhospitalière de la Neva. Moscou fut élevée au rang d'éparchie en 1748 et fut dotée d'une université en 1765. Personne n'ignore le sort que cette ville subit en 1812. Les sanglantes défaites de Borodino et de Mojaïsk firent prendre au quartier général russe la résolution d'abandonner Moscou. Le gouverneur, le comte Rostoptchine, quitta la ville le 14 sept., suivi de la plus grande partie de la population. Mais on avait d'abord, autant que possible, mis en sûreté les objets importants et précieux et détruit tout ce qui aurait pu être de quelque secours à l'ennemi \ puis on avait entassé partout des matières inflammables. L'avant-garde de l'armée française, suivie bientôt de l'empereur, pénétra le même jour dans la ville abandonnée, où le feu ne tarda pas à faire rage. Quand les Français se virent contraints d'évacuer Moscou, du 19 au 22 oct., les deux tiers de la ville étaient en ruines. L'ordre, donné en dernier lieu, de faire sauter le Kremlin jusqu'alors assez épargné, ne fut exécuté qu'en partie. Des 150 000 hommes -que l'empereur avait amenés à Moscou , àO 000 sueeombèrent aux privations. La reconstruction de la ville recommença en 1813. Elle redevint ce qu'elle avait été et le grand rôle qu'elle avait joué la rendit encore plus vénérable.
A, Le **Kremlin.
Le Kremlin (KpeMib ; ou Kreml, aussi nomme autrefois Dietinets, château fort; pi. D4) est situé au centre de la ville, sut une colline haute de 40 m. au-dessus du niveau de la Moskva, qui domine tout Moscou et qù se trouvent réunis tous les souvenirs du passé de cette ville. C'est un lieu sacré pour les Russes ; c'est là que le pouvoir de l'empereur reçoit sa consécration religieuse ; ce sont les cloches do l'Ivan-Véliky qui annoncent au peuple que l'empereur a pris possession du trône de ses pères. Un proverbe russe dit: «Au-dessus de Moscou, il n'y a que le Kremlin; audessus du Kremlin, il n'y a. que le ciel». — On en a la meilleure *vue d'ensemble du pont Moskvaretsky (p. 271) et du quai Sophie (Sofiiskaïa Naberejnaïa).
Le vieux Kremlin , une sorte de forteresse , en forme de triangle irrégulier, embrasse tout un quartier de la ville. C'est un immense assemblage d'églises, de palais, de, monuments nationaux, entourés d'un mur en briques crénelé de 20 m. de hauteur et d'env. 2 kil. de circuit, avee 21 tours. L'union si caractéristique pour toute la Bussie du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel n'est nulle part mieux caractérisée qu^iei.» oh. de nombreuses églises entourent le palais impérial. — On pénètre dans le Kremlin par cinq portes, presque toutes curieuses par leur style ou par les souvenirs historiques qui s'y rattachent : la porte Spaskiia (du Sauveur^ V. ci-dessous), à l'E.^ \& porte Nicolas (p. 255), auN.-E.^ la porte Troîtstiia (p. 253), à l'O. ; la porte Borovitikiia (p. 253), au 8.-0:, et la porte TaîniisJbiia (pour les piétons seulement), au S.
Nous entrons dans le Kremlin , en venant de la place Krasnaîa (pi. Rouge; p. 255), par la porte Spaïkiia ou du Sauveur (CnâccKta BopÔTa) , surmontée d'une tour goth. haute de 62 m. qui porte au
Hètx^es.
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10, Maison des officiers a. Potéchr^DvTn^'ets P. Jfçâtre^depolice^
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PcUaU meolas, MOSCOU. V. R, 35. Tât
sommet Taigle de Russie. La partie inférieure de cette tour a été construite en 1491, par le Milanais P. Antonio (p. 255), et le clocher en 1626 , par l'Anglais Galloway : l'horloge date du temps de Pierre le Grand. On voit des deux côtés de la porte de petites chapelles et au-dessus de l'entrée Vimage du Sauveur apportée de Smolensk en 1647 par le tsar Alexis Mikhaîlovitch. Cette image est le palladium du Kremlin. Devant se trouve une lampe informe, dans une lourde monture en. métal, suspendue à une forte chaîne. Alexis ordonna que personne ne passerait sous cette porte sans se découvrir, et aujourd'hui encore cet ordre n'est jamais transgressé.
Après avoir passé la porte du Sauveur, nous arrivons sur la place principale du Kremlin, la pulce du Tbab (UâpcKaji DiôniaAb), où se voit d'abord , à dr., le couvent Voznessensky.
Le eouTent YosneMensky ou de TAseension (BoaHecéHciiii ^iBHqiâ MOHacTÛpb), un couvent de femmes, a été fondé en 1389, par Eudoxle, femme du grand-duc Dmitry IV Donskoï, qui se retira dans le couvent après le décès de son mari et y mourut en 1407. La forme actuelle du couvent date de 1737. — V église Ste~ Catherine (pi. 9), dont la façade est peinte en bleu et qui donne sur la place de la Parade, a été bâtie en 1817 dans le style gothique. — Au centre des édifices conventuels s'élève la cathédrale Vozneaaensky, construite de 1407 à 1467 et qui a été restaurée pour la dernière fois en 1721. Elle a cinq dômes dorés. Trente -huit grandes -duchesses et les tsarines, jusqu'à Nathalie Alexéievna, sœur de Pierre II, morte en 1728, y sont inhumées : les tombeaux, au mur 0. pour la plupart, sont recouverts d'un drap rouge. Dans le trésor («riznitsa»), de vieux tapis de cercueils et beaucoup d'autres objets de valeur. — la église St- Michel- Maleir^, à l'È. (pi. 5), se compose de deux églises superposées. L'église haute contient, à g. de l'entrée, un bas-relief qui représente St Georges terrassant le dragon (armes de Moscou) et, à g. de l'iconostase, l'image très vénérée de la Yierge de Kazan.
A côté du couvent est le palais Nieolai ou Petit Palais du Kremlin (HHiojàeBCKlM /(Bopém, Majuii ipeiuéBCKiM ABopém), élefé par Catherine II sur les plans de Kazakov, pour le métropolite Platon, acheté en 1818 pour le grand - duc Nicolas, qui fut plus tard empereur et restauré en 1876. Alexandre II est n^ dans ce parlais , qu'on ne peut visiter qu'avec une autorisation du maître de police du Kremlin (v. p. 253).
L'intérieur est très simple. Citons la chambre à coucher de Nicolas /"'', ave« le Ut de eamp de Tempereur dans un coin. Dans la salle à manger un tableau de Belntto, TEleetion de Stanislas Poniatowski dans la plaine de Wola, en 1761 (v. p. 21). Dans le grand salon de réception, deux tableaux d'AîvaeoTsky, à g. l'Incendie de Moscou et à dr. l'Eglise du S au* veur (p. 361). Dans la petite salle de réception, à g. dans le coin, une très jolie eorbeille à Aeurs en ivoire et en ambre, sous un petit temple aussi en ivoire et en ambre, fait par le sénateur Polivanov.
238 F. R. 35, MOSCOU. Kremlin.
En face du palais Nicolas, dans la direction de la Moskva, s'ëlève
le monument d'Alexandre II, inauguré en 1898.
La statue colossale de Tempereur, bronze par Opehouehine^ 8*élève sur un piédestal de granit rose et sous une sorte de baldaquin, haut de 36 m., reposant sur seize eolonnes de bronze, groupées quatre par quatre. Le toit revêtu de plaques émaiilées et d'autres en cuivre doré, est surmonte de Taigle de Russie. Une galerie, longue de 36 m. sur 40 m. de large et flanquée de deux pavillons aux angles, entoure le monument de trois côtés. Au plafond, trente-trois iiortraits en mosaïque de souverains russes, do Vladimir le Saint à Nicolas 1^>^, exécutés à Venise.
Le eouvent de Tehoudov ou des Miracles (H^aobi» Hy»CK6fl ho- MacTâpb), à côté du Palais Nicolas, est uji couvent d'hommes, qui fut fondé en 1365 par le métropolite Alexius (St Alexis), à qui le terrain avait été donné par Djani-Bek , khan des Tatares, dont la femme, gravement malade, avoit été guérie par St Alexis. Dans la suite, ce couvent, incendié à plusieurs reprises mais toujours reconstruit (en dernier lieu en 1771), devint le Katédraloy-Monastyr de l'éparchie de Moscou , c.-à-d. la résidence des métropolites de Moscou, et il a encore le titre de résidence du Métropolite, hien
que ce dernier n'y habite plus.
G*est au eouvent de Tehoudov que dut se retirer, après son abdication, le tsar Vassily Ghouisky, le 17 juillet 1610. Le faux Dmitry y vécut sous le nom de moine Grégoire avant d'afficher ses prétentions au trône. C'est ici qu'eut lieu, en décembre 1667, Touverture du dernier concile auquel l'église grecque prit part en la personne de ses plus hauts dignitaires et où le patriarche Nikon (v. p. 264) fut déposé. Les enfants divan IV, le tsar Alexis, Pierre I*^'' et l'empereur Alexandre II ont été baptisés au couvent de Tehoudov.
A côté de l'entrée du couvent (à dr.), 11 y a une curieuse image sainte, faite de papier; vue de g. elle représente je Christ, de dr.. Dieu, et dç devant, le St-Esprit. — Végliae St- Alexis [çU 6), de 1483, renferme depuis 1686, dans un sarcophage d'argent, les reliques miraculeuses de St Alexis (m, 1378; à g., devant l'iconostase, sous une arcade dans le mur). — V église St- Michel, de 1Ô04, plusieurs fois restaurée, contient des peintures murales intéressantes. — Dans le trésor («riznitsa») on remarque surtout un Evangile écrit par St Alexis et magnifiquement relié. — Le cimetière renferme les tombes de métropolites et d'évêques, d'Edigher, dernier khan de Kazan; de beaucoup de princes russes, etc.
A l'O. de la place du Tsar, devant l'Ivan-Véliky (p. 239), sur un socle de granit d'environ 1 m. de hauteur, la reine dei oloohos (Uapb-KÔiOKOi'B; Tsar-Kolokol; pi. 1), la plus grosse du monde et pesant 201 924 kilos. Elle a 7 m. 9 de hauteur (y compris le globe et la croix du sommet) et 20 m. de tour, de sorte que 200 hommes env. peuvent s'y placer. Son épaisseur est de 27 cent, dans le haut et de 56 dans le bas. Il y a à l'extérieur, des bas-reliefs et des inscriptions. Leë bas-reliefs représentent le tsar Alexis Mikhatlovitch et l'impératrice Anne loannovna (à dr. et à g. de la cassure) le Sauveur, la Vierge, St Jean-Baptiste, St Pierre entouré de chërubins et Ste Anne. Le morceau détaché (haut de plus de 2 m. et pesant 11 000 kilos) est maintenant à la base du piédestal.
Ivan-Véllky. MOSCOU. V, R. 35, 239
Selon rinseription, e*est Timpëratrice Anne qui a fait fondre cette cloche, en 1735, par Féodor Matorine, de Moscou. Laissée dans le moule, elle fut endommagée en 1737 par un incendie, qui en fit sauter un morceau (p. 238). Elle resta près de 100 ans dans le sol, mais enfin Tarchitecte Uonferrand Ta hissée en 1886, sur les ordres de Tempereur Nicolas l^', à l'endroit où on la voit maintenant.
L*Ivan-y6liky ou clocher de Jean le Grand (KoiOKÔJbHH Heâsa BejUKaro) , commencé sous Féodor Ivauovitch, et achevé en 1600, par Boris Godounov, a été restauré pour la dernière fois en 1813. Il a 97 m. de haut et 5 étages, dont les quatre inférieurs sont octogones et le cinquième rond. Au sommet, un dôme doré de 10 m. de diamètre, avec une croix dorée qui remplace celle que les Françaiset^ arrachèrent en 1812, parce qu'ils la crurent en or. — Il y^MtffJjTj^ chaussée et dans le bâtiment contigu (entrée du côtéQ^>^flfJ^^«jjg^g dont une consacrée à St Jean (Ivan), à qtii l^^«iffîcnerdoit aussi son' nom, et une à St Nicolas de 6ostounsfc».fJatron des fiancés. Il y a dans l'église St- Nicolas à ^,»^ïïC*lWel, derrière l'iconostase un grand évangile dojit^ reliure (1689) est couverte de bas- reliefs. — Pour monter à la tour, ce que nous recommandons vivement il importe de choisir un temps bien clair et d'éviter surtout les jours de fête, quand sonnent les cloches. On mettra 15 k. dans le tronc en bas, et on en donnera 50 au guide, dont on peut se passer. Il faut gravir 236 marches, mais elles sont commodes. Il y a 31 cloches de diverses grosseurs, la principale celle de l'Ascension (sur la seconde galerie de dr.), faite avec le métal de plusieurs autres ?^*Ân®^ ^f décombres après l'incendie de 1812: elle pèse, dit-on, 4000 poudes ou 6o521 kilos. Elle est ornée des portraits de l'empereur Alexandre 1^', de sa femme Elisabeth, de sa mère Marie Féodorovna et de ses frères Constantin et Nicolas. On ne la sonne jamais plus dedouze fois par an, et seulement aux fêtes carillonnées L'étage supérieur renferme deux petites cloches, dont l'alliage contient de 1 argent, offertes par Catherine II (1775).
On a une très belle *vue du haut de rivan-Véliky, surtout vers le soir. Joseph II y est venu admirer Moscou en 1780, et iJapoléon I^? ei^ */"** u® ^? ses généraux, en 1812. Lorsque Madame de Staël vit cette VlHe
^''Jt^\ f" ?.r"î""' ^"^. ''^r*^ -Vo"^ »» ï^«°^« tatare.r. - .En con! «Idérant la ville de ce point élevé, par un beau soleil, on ne pense guè?e qu on se trouve sous le même degré de latitude que celui où les rSnea paissent en Sibérie et les chiens du Kamchatka sont attelés à des traîneaux sur la glace. Moscou produit à tous les égards l'impression d'une ville du Sud, mais on se dit en même t^mps qu'on a sous les yeux un snectacle inconnu usqu alors. On se croit transporté à Ispahan, à Bagdad ou en tout autre lieu semblable, où les récits de la sultane Chéhéréfade se réalisent, dans une de ces villes que l'imagination sait se représenter mais qu en réahte l'on ne voit jamais, (de Moltke). - Le coup d'œiî est en eflfet unique et étrange. Nous apercevons non seulement la ville et les faubourgs, mais encore le pays qui l'environne à une distance de ^ ^?"*«»: ,^ nos pieds, le Kremlin,' entouré de murs, qu? le séparent de U ville; à l'intérieur, les cathédrales avec leurs dômei; au s7o Te vaste palais impérial et ses dépendances; au N., le tribuna aux façïdea d'un felanc éblouissant; à TE les Riady supérieures. Puis de toutes parts cet océan de maisons, où les dômes dorés et les clochers des inSîm brable» églises brillent comme des phares, jusqu'au point «ù tout se
240 V. R. 35. MOSCOU. Kremlin,
perd dans les eollines et les forêts des environs et dans Tazur du ciel à rhorison.
Le RICHE TRÉ80B DBS Patriaohbs (narpiâpiuafl pâsHHua) se
trouve au second étage de l'Ivaii-Véliky. Entrée du côté N., hors de la grille. Visite, v. p. 233.
Dans le vestibule et dans les corridors contigus, des costumes sacerdotaux, richement brodés de perles et de pierres précieuses. — Sallb DE o. Au petit mur de g., trois tapis de cercueils (pokrov) de tsars. Dans une vitrine, à la l*"^ fenêtre, un évangile de la tsarine Marfa Matveïevna, femme du tsar Féodor Alexéievitch ; il est orné d*émaux et de pierres précieuses. Au-dessus, un calice (alavaster) en cuivre, incrusté de nacre, dans lequel le saint chrême (p. 954) aurait été apporte de Constan- Hn^le à Kiev en 988. Dans les vitrines, aux 3^ et 3*^ fen., des omophories (scialTtiiJi'ires). Dans l'armoire du milieu, en bas, une mitre et deux tiares du patriart^ Nikon ; puis, de courtes fausses manches dites poroutehi. — Sallb du coik^>à^.): plusieurs armoires contenant des chasubles ($al±ot) d^évêques , riebement rishaussées de perles et de broderies. — Gbamdb SALLB. Dans la petite vitrifia du milieu, des croix et des panaçies (images de la Vierge et du Christ, que "ftfs. archevêques portent sur la poitrine). Dans les vitrines des quatre coins et au^^œur du fond, Torfèvrerie sacrée.
Sur la PLAOB DES Oathédbales (coôôpAiiii j;j6!iiaAb), qu'une grille en fer sépare, au S.-O., de la place du Tsar (p. 237), on remarque: au N. la cathédrale Ouspensky (v. ci-dessous), à l'O. la Granovitaïa Palata (p. 247) et le Grand Palais du Kremlin (p. 246), et au S. la cathédrale de rAnnonciation (p. 244) et la cathédrale Arkhanghelsky (p. 243).
La ^cathédrale Ouspensky ou de rAssomption (YcnéHCKiii coôôpi ; entrée, v. p. 232), où a lieu le sacre des empereurs et où sont inhumés les anc. patriarches russes , s'élève sur l'emplacement d'une vieille église érigée sous Ivan Danilovitch Kalita. Elle a été hâtie d*ahord de 1472 à 1474 par Kryvtsov et Mychkine, puis leur édifice s'étant écroulé, elle a été reconstruite de 147Ô à 1479 par Fioraventt, architecte de Bologne. C'est un édifice dans le style lombardobyzantin, sur le modèle de la cathédrale St-Dmitry, à Vladimir. Pillée ou incendiée à plusieurs reprises (1493, 1547, 1682, 1812), elle fut chaque fois reconstruite dans sa forme primitive. Elle se trouve à peu près au centre du Kremlin et elle forme presque un carré long de 38 m. sur 2ô de large, avec un dôme gigantesque haut de 42 m. au milieu et des dômes plus petits aux quatre coins. Les murs et les piliers sont ornés d'images de saints même à l'extérieur.
L'iiîTé&iEUB , mal éclairé par des fenêtres hautes et étroites,
avec des ornements higarrés et d'un luxe sans goût, ne fait pas une
impression agréahle.
Nous pénétrons dans Téglise par Centrée principale, à TO. Les mura sont couverts des deux côtés ^ fresques représentant le jugement dernier. Au mur de g. (côté N.), des épisodes de la vie de la Vierge; à celui de dr. (côté S.), les sept conciles de l'église grecque. Les piliers en face sont recouverts de peintures sur fond d'or, représentant des anges, des saints, des moines et des chevaliers combattant. Plus haut, les murs et le« colonnes sont dorés jusqu''aux coupoles. Dans la coupole centrale, uoe image colossale de Dieu; dans les coupoles latérales, la Viei^e, Dieu ^abaoth, Emmanuel et le Sauveur. Cest entre les piliers de la grande nef qu'est la place où l'on couronne les empereurs. — Keuf patriarches reposent dans cette église-, le iO«, Nikon, est enterré au couvent de la Nouvelle-Jérusalew
Cathédrale Otupttuky, {p. 218).,
priiV"
U2 V. B, 35. MOSCOTJ. Kremlin,
«n cuivre doré et ajuuré et surmuntée d'un toit pointu, qui renferme le suaire et la robe de la Vierge, envoyés en 1626 par le schah de Perse Abbas à Michel Féodorovitch , ainsi qu'un clou de la vraie croix, donné en 1686 par Artehil, tsar de Géorgie. Dans le bas -côté de dr., en deçà de riconostase, se voit un grand trône en noyer qui daterait du temps de Vladimir; devant les piliers de dr. , le trône en pierre du patriarche y et devant ceux de g., le trône du tsar Alexis Mikhailovitch.
L'iconostase, presque entièrement renouvelée en 1882, est une cloison en vermeil d'un travail artistique, découpée à jour et garnie de cinq rangs d'images de saints, ornées à profusion de pierres précieuses. C'est dans le chœur qu'a lieu le sacre de l'empereur, auquel on oint avec les saintes huiles le front, les paupières, le nez, les lèvres, les oreilles, la poitrine et les mains.
A g. de la porte sacrée, la célèbre image de la Vierge de Vladimir^ attribuée à Tévangéliste St Lue. Transférée de Jérusalem à Ck)n8tantinople vers le milieu du v<^ s., elle passa au xii^ s. à Kiev, en 1158 à Vladimir et en 1395 à Moscou, où elle fut apportée au Kremlin pour protéger la ville, à rapproche de Timour, khan des Tatares. A dr., Vimage du Sauveury peinte, dit-on, par l'empereur grec Manuel, et gardée jusqu'en 1476 dans l'église Ste-Sophie de Kovgorod-la-Grande. Il y a env. 5«X) kilogr. d'or dans l'iconostase, lés vases d'autel et antres objets sacrés. Les Françjûs avaient emporté tous ces objets en 1812; les Cosaques les leur repririent et offrirent encore en reconnaissance à l'église le lustre en argent, pesant 400 kilogr., qui est suspendu à la coupole.
Le SANOTUAiBE est derrière l'iconostase.
Derrière l'autel, sur une table de marbre, le Mont-Sinaîy tout en or, offert par Potemkine (1788); il a fallu 19 livres d'or et 20 livres d'argent
f>our relever. Au sommet se trouve Moïse , tenant les tables de la loi, et 1 y a dans l'intérieur une cavité avec un petit sarcophage d'or servant de ciboire ; dessous il y a des papiers d'Etat. On aperçoit dans le fond le trône du métropolite de Moscou et aux murs des deux côtés des tableaux qui représentent les patriarches et les Pères de l'Eglise. Les chapelles à g. de l'iconostase (entrée par le chœur) renferment V autel St-Pierreet-St' Pauly les sarcophages des métropolites Pierre (premier métropolite de Moscou, m. en 1326; pi. 3) et Théognoste (m. 1353; pi. 1), ainsi qu'un reliquaire. Le prince loury Qlinsky, grand -père d'Ivan le Terrible, fut assassiné en 1547 dans la chapelle latérale de dr. , celle du martyr St- Dmitry-Solounsky. — En avant du chœur, à dr., le sarcophage en argent du métropolite Philippe (p. 226; pi. 4). — De la chapelle de St-Dmitry- Solounsky, on monte par un étroit escalier à la chapelle de la Vierge , où. se faisait autrefois l'élection des patriarches, et à la sacristie (pÉanniia).
£n passant au corps de garde du château, on parvient au pied de I'escalikb bouge (KpécHoe Kpujbiiô, pi. q; fermé au public), appelé aussi escalier des Lions, à causé des lions qui sont sur les paliers. Il conduit du «vestibule Sacré», à la place des Cathédrales.
Cet escalier était autrefois abrité par un toit de bois peint en diverses couleurs, que le prince Vassily Qolitsyne ût remplacer en 1685 par un toit de cuivre doré: mais il n'y en a plus depuis l'incendie de 1737. C'est ici qu'Ivan le Terrible recevant Vassily Chibanov, envoyé du prince Kourbsky, réfugié chez les Polonais, lui enfonça dans le pied la pointe de son bâton ferré, sur lequel il s'appuya pour entendre ensuite la lecture du message. C'est ici que le faux Dmitry recevait les solliciteurs et que les Strélltz assassinèrent en 1682, Matvéiev, 3 Narychkine et 69 autres adversaires de la tsarine Sophie. — C'est encore par l'escalier Rouge que les empereurs passent pour aller se faire couronner et sacrer dans la cathédrale de l'Assomption.
Cath. Arkk/inghthtji. MOSCOU. V. R. SU. "MS
Kn fsce àe la cathédrale de t'ABBOmptioii, do cûUS. delà place des Cathédrales, est la e«Utdrsle Arkbuighalikj ou da l'Arolutag* lApifiHrej&CEifi co(>6pi), semblable à la prérjdente comme arcbitecture et comme ornementatiaii. C'est là que sont inhumas Ira tsars de la maison Rourik et' les KomatioT, prédécpaseuis de Pierre le Grand (v. p. 119), sou rrrre Ivan et Pierre II. Cette cathédrale
ToHBEtui^ 1, d'Ivan Aleiélevllch (m. 1696); 3, d< F«odur Alei«>ev]teh (m. 1682): 3, di Vaailly Choulsky (m. ISIS); 4, du tsaHHIeli Plenï de Kaaan; 5. de l'empereur Pierre 11 (m. 1727)1 6. du tsarévitch Dmitry (m. 1591); 7, du prince Michel de Tf.herntirov et dnboiardFéodon 8.d'AlH)« Ulbhailoviteh (m. I6T6) ) 9, de I
Cbonltihy (m. IfllO); 11, d'ivan . , . . .
Ivftnnvitch (m. 1S83). nis du pncédent; 13, de Féodur Ithiuviieu, nu «i Hucceiuur d'Ivan le Terrihle; U. d« Vaaiily IvaDOvlteh (m. liai): 15, d'ivin III Vaeailiévilch (m. 15U>) ; 16, d« Vuaili VaaailKvltehi 17, d'Ivan Danilovilth Kalila (m. 1340); 18, de Slmton Ivanovileh le Snperbc (m. imU J IS. de Dmllry Ivanovlleta Donakoï (m. 13SB)i 20, d'Ivan Ivanovileli (m. ia»)t 11, de Vaiilly Dmilriiéïitcb (m. 113»).
244 F. H. 36. MOSCOU. Kremlin.
a été construite de 1505 à 1509, par Alevi»io iSovl, architecte milanais , sur remplacement d'une église élevée par le grand-duc Ivan Kalita en 1333, en l'honneur de St-Michel, et plusieurs fois incendiée dans la suite. £lle a été restaurée en 1772 et après 1812, où
elle avait servi de magasin à fourrage, etc.
Les peinturée murales^ ezéeutëes en 1680 et 1681 par lermolaïev, sous Féodor Alexéieviteb, et restaurées en 1743 et 1772, représentent les tsars, de grandeur naturelle, et le jugement dernier. Au pied sont les modestes sarcophage» des princes, au nombre de 47, recouverts de tapis. Ici reposent également Alexandre (m. 1566), Taneien tsar de Kazan, et Pierre (m. 1509), le tsarévitch de Kazan. Devant la petite chapelle St- Jean- Baptiste, le sarcophage divan le Terrible (pi. il), recouvert d'un drap noir, pour montrer quMl est mort moine (frère Jonas), et ceux de 9^s deux fils, Ivan et le tsar Féodor Ivanovitch. Les châ$*e» des saints (iiénui) se trouvent chacune dans un petit compartiment. Les plus remarquables sont celles de St Michel Vsévolodovitch (pi. 7) et de St DnUtry OugUUky (pi. 6). Le premier était prince de Tehernigov, du temps de la domination des Tatares. Lorsqu'il alla rendre hommage à la horde du khan Baty, en 1246, il refusa de passer par le feu sacré et fut assassiné, ainsi que le boyard Féodor, son compagnon. Son corps fut transporté à Moscou et il fut canonisé. Le magnifique sarcophage où il repose a été donné en 1774 par Catherine II. Dmitry, dernier rejeton de la famille des Rourik, fut assassiné à Ouglitch (p. 903). Son sarcophage, richement paré, est ouvert les jours de fête. On voit au-dessus, au pilier , un bas-relief en or fin qui le représente , quelques objets portés par lui et un candélabre en argent.
A rO. de la cathédrale de l'Archange, à l'endroit le plus élevé du Kremlin, est la cathédrale Blagoyiéohtehensky ou de rAnnonciation (BjaroBtmeHCKiii coôôpi), fondée en 1397 par Vassily Dmitriiévitch, renouvelée de 1484 k 1489 et fréquemment restaurée, en dernier lieu de 1884 à 1895. C'est dans cette église qu'étaient baptisés et que se mariaient les anciens tsars. Ses neuf dômes, dont chacun porte une croix d'or, son toit doré, son escalier couvert et sa galerie en forme de cloître lui donnent un aspect à la fois original et élégant.
La porte d'entrée est sur la place des Cathédrales. De là on arrive dans une galerie qui entoure Téglise de deux côtés et d'où deux portes revêtues de plaques de bronze ciselées donnent entrée dans l'intérieur même. Cette galerie a des fresques de 1506, restaurées en 1£W). Le pavé de l'église est en jaspe de couleur^ il a été donné par le schah de Perse au tsar Alexis. Lê^s fresques des murs et des coupoles sont fort curieuses. Elles représentent des patriarches, des prophètes et des philosophes grecs (ces derniers comme précurseurs du Messie), des apôtres et des martyrs, au milieu de toutes sortes de monstres. Un jour faible, tombant de la coupole centrale, éclaire ces singulières peintures. ItHconostase a été presque complètement détruite en 1812 par les Français et refaite depuis. A côté de la porte du sanctuaire , en argent massif, des images très vénérées: à dr., le Sauveur^ peinture du xiv^ s., et une Annondationy richement encadrée, provenant de la Grèce; à g., la Vierge du Don^ que DmitryDonskoï avait à son étendard pendant la bataille de Koulikovo, en 1380, et qui accompagna aussi Boris Oodonnov dans le combat livré aux Tatares sons les murs de Moscou, en 1591. Au revers se trouve une Assomption. Le cadre, en or fin, porte encore les traces du passage des FrançiUs en 1812, qui le crurent en cuivre doré. La porte voisine est ornée de bas-reliefs. A dr., devant l'iconostase, le trône du tsar Féodor Alexéiévitch ; derrière, dans le mur, une niche, où Ivan Id Terrible assistait souvent aux offices.
Grand Palais. MOSCOU. F. R. 35. 245
Le '('Grand Palais da Kremlin (Bojbiuôii KpeHjéBCKili ^Bopéai),
où nous parvenons maintenant, par la façade principale, du côté de
la Moskva (v. le plan, p. 237), est un monument imposant, long de
120 m. et haut de 28 m. (sans la coupole), bâti de 1838 à 1849,
sur les plans de Const. Thon. Frais de construction : 12 millions
de roubles. Le bâtiment principal se compose de deux étages, celui
du haut à deux rangées de fenêtres. — Au N. se trouve le Belvédère
(p. 247) , à TE. la Granovitaïa Palata (p. 247), à l'O. l'Oroujéinaîa
Palata (p. 248). Entrée, v. p. 233; on donne 50 k. à 1 r. au laquais
qui sert de guide.
Ce palais s'élève à Tendroit qu'oceapaient avant 1737 les palais de bois et de pierre des tsars, et dont il ne reste plus que la Oranovitata Palata et le Térem (Belvédère). LHmpératriee Elisabeth chargea en 1753 le comte Rastrelli de bâtir au Kremlin un nouveau château qu'on nomma palais d'Hiver (KpeM^iéBCKifi SïfiiHiili ABopét^i) ^ Napoléon habita aussi dans ee palais , qui fut incendié en 1812. Catherine II projeta d'en bâtir un colossal au Kremlin sur les plans de Bajanov, mais elle fit suspendre les travaux à peine commencés.
Le vestibule est une belle pièce à quatre colonnes monolithes en marbre gris (à g. les appartements impériaux, qu'on ne peut visiter qu'avec une autorisation du maître de la police du Kremlin). De là part le magnifique escalier de Parade (IlapâAHafl jtcTHinia ; pi. b), en granit, comptant 56 marches et ô paliers. On y voit, à dr. , un grand tableau du peintre français Yvon (1850) <, représentant la bataille de Koulikovo. Dans le haut , deux énormes candélabres en cristal, style renaissance.
On passe d'abord dans la petite antichambre (pi. c), où il y a un grand tableau par Repine, l«s Paysans rendant hommage à Alexandre III, et on arrive à la salle St-Oeorges (pi. d), la plus grande du Kremlin, de 61 m. de long, 19 m. de large et 17 m. de haut. La décoration est blanc et or. Le plafond repose sur 18 piliers, précédés d'autant de colonnes torses, ayant sur les chapiteaux des Victoires avec des boucliers où sont inscrites les conquêtes de la Russie et où sont reproduites les armoiries des provinces conquises. Les- murs sont garnis de plaques de marbre, portant en lettres d'or les noms et les dates de création des régiments qui se sont distingués dans les guerres russes, ainsi que les noms de tous les officiers qui ont été décorés de Tordre de St-Georges , le premier de la Russie pour le mérite militaire. A l'extrémité de la salle , un groupe en argent offert en 1870 par l'armée des Cosaques du Don et représentant leurs chefs: lérmak, conquérant de la Sibérie, et Platov, qui se distingua dans la guerre de 1812. A côté, deux caisses de bronze doré avec les statujts et les noms des chevaliers de l'ordre de St-Georges. Il y a six lustres avec 3200 lumières.
Ensuite la salle St- Alexandre (pi. e), richement décorée, rouge et or, et mesurant 31 m. de long, 21 m. de large et 21 m. de haut, jusqu'à la coupole. Elle a été ainsi nommée en l'honneur de l'ordre de St-Alexandre-Nevsky, fondé par Catherine I'® en 1725. 11 y a eu face des 14 fenêtres (sur deux rangées) d'énormes glaces où
246 V. R. 35. MOSCOU. Kremlin.
se reflète la partie de la ville située devant le palais. La salle renferme en outre six tableaux de la vie de et Alexandre -Nevsky, par le professeur MuUer. Les jours de fête , elle est éclairée par 4500 bougies. Le parquet, ainsi que celui de la salle St- Georges, est un assemblage ingénieux de plus de vingt sortes de bois.
La salle du trône St- André (pi. f), bleu et or, a 49 m. de long, 21 m. de large, 18 m. de haut et dix énormes piliers. Elle a été ainsi nommée en Thonneur de l'ordre de St- André, fondé par Pierre le Grand en 1697. Elle renferme, en faCe de l'entrée, sous un dais dans le style russe le trône impérial à trois places , faites en 1896 pour le couronnement de Tempereur Nicolas IL Aux murs et aux piliers, les armoiries impériales. — Cette salle et les deux précédentes servent aux fêtes du sacre.
La salle des Chevaliers- Qar des (pi. g), à côté, a une belle cheminée en marbre et un tableau de Svertchkov, la Revue des troupes par Ivan le Terrible, au champ des Vierges. — La salle Ste- Catherine (pi. h), la suivante, blanc et rouge, avec deux piliers dont la face est revêtue de malachite, est ainsi nommée en l'honneur de Tordre de Ste-Catherine, fondé en 1714.
A la suite vient une série de pièces richement décorées, qu'on ne visite pas, les «appartements intérieurs», ceux des dames d'honneur de l'impératrice, quand elle est à Moscou: le salon, la chambre à coucher et le cabinet de toilette. — Ensuite Véglise de la Nativité de la Vierge, fondée en 1393 et reconstruite en 1514, par Alevisio. C'était autrefois l'église particulière des tsarines. Elle a une iconostase d'argent doré. Un escalier conduit à g., par le jardin d'hiver, au-dessus de la rue du Commandant, aux appartements du grand-duc héritier. On y remarque, dans le salon, la «chambre d'argent» , sept tables d'argent , des cadres et des candélabres , du même métal, etc., faits à Augsbourg au commencement du xvui® s.; quatre gobelins avec des scènes du Don Quichotte de Cervantes, et, à la fenêtre du milieu, un modèle du monument de Rouiik à Novgorod (p. 220). Dans la chambre à coucher, une table avec une jolie marqueterie. Le cabinet de toilette et les appartements du grand-duc renferment des copies de tableaux de la galerie de Dresde, à la sépia , par Seydelmann (m. 1829), et un grand tableau de Svertchkov, IVan le Terrible sur la place Rouge. Derrière est la galerie de tableaux, qui comprend six grands tableaux de Bacciarelli, des Scènes de l'histoire de la Pologne, autrefois au palais royal de Varsovie, ainsi qu'un certain nombre d'autres tableaux envoyés de l'Ermitage de St-Pétersbourg et de Varsovie.
De la salle Ste-Catherine (v. ci-dessus), un long corridor mène à la sa'Ae 8t- Vladimir (pi. n), salle octogone ainsi nommée en l'honneur de l'ordre de St -Vladimir, fondé par Catherine Tl en 1782. La t'hamhre d'Or {doMorÛH ou iiapiiuuHa najara), au-dessous de r^< église du Sauveur derrière la GriUe*d'Or» et àdr. de la Grauovitaïa
Grand Palais. MOSCOU. V. R. 36. 247
Palata (v. ci-dessous), date du commencement du xvi^ s. ou , selon d'autres, fut construite en 1451 par le métropolite Jonas. C'était la salle d'audience des patriarches; mais à partir d'Ivan III, ce fut la pièce où la tsarine donnait ses audiences. Les peintures, sur fond d'or, ont été exécutées sous Nicolas I®'. Elles représentent l'invention de la Sainte - Croix par Ste Hélène et des scènes de la vie de Ste Olga, etc.
Une porte de la salle St -Vladimir (à g.) nous conduit dans le vestibule Sacré (Sviatyïa séni, pi. o), d'où l'on arrive d'un côté à Vescalier Roitge (p. 242) et de l'autre à la Oranovitaïa Palata,
La Gbanovitaïa Palata ou le palais à Facettes ( rpaHOB^Taii
najâra; pi. p), qui doit son nom à la forme des pierres de la façade
sur la place des Cathédrales, a été construite sous Ivan III, de 1473
à 1490 , par les architectes italiens Marco Ruffo et P. Antonio, et
restaurée pour la dernière fois en 1882. Elle se compose d'une seule
salle voûtée et basse, ayant au milieu un énorme pilier carré. Des
nervures en fer doré vont de ce pilier à la voûte et les arcades sont
couvertes de sentences en slavon.
Dans les temps anciens., cYtait la salle d'audiences des tsars; maintenant, c'est une salle de banquet, celle où l'empereur, revêtu des insignes impériaux, fait son premier repas après son couronnement, avec les princes étrangers. Le pilier est entouré d'étagères sur lesquelles on place, lors du sacre, la vaisselle d'argent tirée du trésor impérial. Gomme au temps de Féodor Ivanovitch , les murs sont couverts de fresques représentant des scènes de l'Ancien Testament, symbolisant les vertus des grands -ducs et des tsars. Il y a des lustres en bronze faits d'après d'anciens modèles. Sur les côtés sont des bancs recouverts de housses en soie, avec broderies de diverses couleurs ^ sous un lourd baldaquin d'après un modèle de la cathédrale de l'Assomption , à dr. , un trône en bois, avec des armoiries brodées sur le revers. Le pavé est recouvert d'un tapis fait de morceaux de drap aux couleurs tranchantes. Audessus de la vieille porte d'entrée, les armes d'Ivan III. A côté, dans le haut, l'encadrement doré de la /«H^fre (tatniky cachette), d'où les tsarines voyaient les cérémonies de la Granovitaïa. C'est une petite pièce ornée d'une tapisserie du temps d'Alexandre II, et où les visiteurs sont conduits au sortir du Belvédère (v. ci-dessous).
Le ♦TÉEBM ou PALAIS DO Bblvédèrb (TépoMBuM ABopém ; pi. r t), bâti en 1636 par Michel Féodorovitch pour ses flls et où habitèrent les tsar Féodor et Alexis, se compose de cinq étages construits en retraite les uns sur les autres. Les deux du bas sont occupés par la suite impériale. Ce palais, d'aspect assez baroque, a une série de petites pièces basses, meublées à l'antique, la plupart encore telles qu'elles étaient à la mort de Féodor, en 1682, et restaurées de 1836 à 1849.
I. Salle à manger. Plafond: le Sauveur et les Evangélistes, Constantin le Grand et sa mère Ste Hélène, St Vladimir, Ste Olga. Meubles du temps du tsar Alexis Alexéievitcb, père de Pierre le Grand. — II. Salon.
t Térem est un mot d'origine tatare qui signifie chambre haute, tourelle, belvédère, et qui désigne aussi l'appartement de.s femmes, à l'étage supérieur, comme le harem tatare.
248 F. B. 35. MOSCOU. Kremlin,
Au milieu, deux caisses en bronze contenant des doeuments. — III. Salle du trône du tsar Alexis. L^acte de Téleetion du tsar Michel Féodorovitch Romanov. Dans un coin, près de la fenêtre, la chaise du tsar. — IV. Chambre à coucher. Sur le lit d'Alexis , un tapis fait par ses filles. — V. Petite chambre à coucher du tsar Alexis Mikhaïlovitch. — VI, à Tétage au-dessus. Grande ioUe^ où se tenaient les séances du conseil d'Etat. C'est là que Pievre le Grand habita avant son premier voyage, et que vécut plus tard son fils Alexis.
Du vestibule de l'escalier du Térem, on voit l'intérieur de la
chapelle privée ou église du Sauveur derrière la Grille^d'Or (Cnaca
sa 3oJOT6ii ptmÔTRoM ; pi. s), fondée en 1636 et ainsi nommée à cause
de la grille d'or qui se trouve sur le palier et qui avait été exécutée
en cuivre en 1670. Le toit est surmonté de douze dômes dorés.
Le Grand Palais du Kremlin renferme aussi Végli$e Spass na Boroû ou du Sauveur dans la Forêt (pi. u). Elle a été construite au xiii^s., alors que la colline où se trouve aujourd'hui le Kremlin, était encore couverte d'une épaisse forêt. Ivan Danilovitch Kalit« fit démolir en 1330 l'église primitive en bois et la remplaça par une église en pierre; la forme actuelle de l'église remonte à 1527. Plusieurs grandes-duchesses de Moscou et Ivan, fils de DmitryDonskoî, y sont inhumés. Les murs sont décorés de jolies fresques représentant la vie de St Etienne de Perm , l'apôtre des Syrianes , mort à Moscou en 1396.
Une aile du palais du Kremlin , à TO. de la place de l'Empereur, où est l'entrée, comprend r^Oroujéinaia Palata (Opyséluafl najâra) ou palais des Armures, qui renferme le trésor. — Visite, V. p. 233. Description détaillée du trésor, eh 10 parties, avec des photogravures, 35 r.; catalogue en préparation., Directeur: M. G.- W. Arsseniev.
L'ancien trésor (Bojbmàa Kaanà) contenait des ustensiles en or et en urgent, des objets précieux, des bijoux, etc., et à ce trésor se rattachait V Oro^;éinata Palata proprement dite, où se fabriquaient des armes, V administration des écuries isariennes (KoHibmeHHBifi npintâsi) et de leurs dépendances, le Zapasny dvor (3anàcHBift ABopi) ou entrepôt, grand bâtiment a trois étages en face du Grand Palais. Il existait sous le tsar Alexis Mikhaïlovitch, en 1645-1676, un cabinet d'armes de Moscou (BpéHBuft mockôbcrijI apHRàsi) isolé du trésor. Lorsque , sous Pierre le Gr. , tous les objets de valeur furent réunis aux collections de St-Pétersbourg, on en fit une collection de costumes et d'armes, dont le contenu fut transporté sous Alexandre 1^^.. en 1806, dans la caserne du Kremlin (p. 253). Enfin Nicolas I^'* fit construire, de 1849 à 1851, sur l'emplacement des anciennes écuries, l'Oroujéinaïa Palata actuelle, et y fit transporter le trésor.
A l'entrée , dans le bas à g. , une cloche de beffroi , faite avec l'anc. Viétché de Novgorod (25 juillet 1683). A dr., deux plaques de fonte avec des inscriptions qui ont trait à l'exécution des strélitz sous Pierre le Grand. Ce sont des reproductions, faites en 1771, sur l'ordre de Catherine II, de celles qui étaient dep. 1682 sur la place Rouge , où eut lieu l'exécution. — A g., l'entrée des salles du rez-de-chaussée (p. 252). Nous montons d'abord au 1^' étage.
Premier étage. — Dans l'escalieb, des armures et des armes eu particulier du tsarévitch Alexis Mikhaâilovitch encore enfant.
Palais des Armures, MOSCOU. V. B. 35. 249
1'® SALLE. Armures de boyards des xvi® et xvu® s. Aux murt», des armes de chevaliers de l'ordre des PortegUives de Lîvonie, butin fait par Ivan le Terrible lors de la conquête de ce pays. Cuirasses et casques de grands-ducs et de tsars, entre autres : à g. de l'entrée, casque de fabrication italienne, donné par Sigismond III de Pologne, au tsar F^odor Ivanovitch; casque d'enfant du tsarévitch Ivan, fils d'Ivan le Terrible, travail russe ; prétendu casque du grandduc laroslav Vsévolodotùtch, du xui® s. Du côté de la sortie, à g., casque du prince Mstislavsky, travail persan du xvii® s., et un casque de fabrication grecque du xiii® s.
11^ SALLE. Armes de toutes sortes et de tous les temps, les plus intéressantes du xvin® s. A gauche de l'entrée : fusils, fabriqués à Toula (xviii** s.). — A dr., à côté, drapeau du prince Pojarsky (p. 257). — l'® vitrine à g. et vitrines suivantes, devant les fenêtres, arquebuses à croc russes. — A dr. de la 1'® vitr. , selle du prince Pojarsky. — 1'® fenêtre, dans la vitrine: épées et poignards asiatiques. — II® fenêtre: sabres polonais et russes, entre autres, i'épée de Stanislas 'Auguste , roi de Pologne. — III* fenêtre: bouclier du prince Mstislavsky; au-dessus, à g., sabre du prince Pojarsky, à dr. sabre de Minine. Derrière , dans la vitrine : armes du tsar Alexis Mikhaïlovitch et d'/raw Àlexéievitch. — IV® fenêtre : armes de Pierre le Grand. Derrière , dans la vitr. : armes du tsar Alexis Mikhaïlovitch, de Pierre II, des impératrices Elisabeth et Anne, et d'Alexandre I^. — Au l®'^ pilier (en venant de l'entrée): débris de drapeaux des strélitz (xvii® s.) ; deux boucliers et une masse d'armes du tsar Alexis Mikhaïlovitch. — II® pilier: restes de drapeaux des strélitz (xvii® s.). — Entre les piliers, précieux harnais , etc., entre autres , à dr. , un grand carquois émaillé du tsar Michel FéodorO' vitch, travail de Moscou; et à g., un autre carquois du tsar Alexis Mikhaïlovitch, travail grec (1656). — Du côté de la sortie à dr., un portrait équestre de Catherine II, par Ërikson (1762).
A droite de l'entrée : arquebuses russes, pistolets italiens, haches et masses d'armes. — II® fenêtre: armes turques-, pistolets russes (xvii® s.). — III® fenêtre: piëtolets allemands, hollandais et anglais (xvii® s.). — IV® et V® fenêtres : fusils turcs ; masses d'armes russes et autres. — A la V® fenêtre, un drapeau impérial russe de 1741, déployé pour la dernière fois au sacre de Nicolas I®'.
III® SALLE. A g., des armes de la bataille de Poltava (1709). Litière de Charles XII de Suède. — A dr. de l'entrée, drapeaux hongrois de 1849. — A la sortie de la V® salle : drapeaux polonais, dont ceux de g. offerts par Napoléon I®*" et ceux de dr. par Alexandre I®' et Nicolas I®'. — A dr. et à g. de l'entrée de la IV® salle: les drapeaux des sacres d'Alexandre II et d'Alexandre III. — Au milieu, le drapeau du sacre de Nicolas II, avec le glaive et le bouclier de l'empire. Dans la vitrine au-dessous, des bijoux de Pierre le Gr., une chaîne d'or de Michel Féodorovitch ; premières
250 V, H. 3ô, MOSCOU. Kremlin.
décorations de la Russie. Dans la yitrine à la i^ fenêtre, des montres et des bijoux du tsar Michel Alexelévitch, de Pierre le Gr. et de ses successeurs, un médaillon de Frédéric le Grand. — Au mur de la fenêtre, sept trônes, au mur d'en face, huit autres trônes. — Portraits de souverains russes et de leurs contemporains du xvin® s.
IV® SALLE (rotonde), à dr. de la précédente. A dr. et à g. de la grande grille de fer qui lui sert de porte, des cannes de tsars, entre autres, une canne de Pierre le Grand. A g., la couronne de Vladimir Monomaque, faussement dénommée le «bonnet de Monomaque» (xii® s.). Couronne de Kazan, faite en 1553 par ordre d'Ivan IV pour le dernier tsar de Kazan, Edigher, baptisé sous le nom de Simon. — Dans la 3^ vitrine, derrière, des vêtements du tsar Alexis Mikhaïlovitch. — Sur un support, la couronne de Michel Féodorovitch. — Au mur, derrière, un trône en ivoire, travail byzantin, apporté à Moscou en 1472 par Sophie, femme d'Ivan III et flUe de Thomas Paléologue. — A dr., à côté, le trône du tsar Michel Féodorovitch. — Couronne d'Ivan Alexéievitch. — Dans la 4^ vitrine, derrière, les costumes des impératrices Catherine I'^, Elisabeth et Catherine II, et des tsars Pierre le Gr. , Pierre II et Paul I®' à leurs couronnements. — Trône du tsar Alexis, garni de 876 diamants et 1223 autres pierres et portant une inscription latine, don des marchands arméniens d'Ispahan. — A dr., TAltabasuaia («étoffe d'Or»), couronne garnie de pierres précieuses qui est maintenant celle de Sibérie, de 1684.
A la fenêtre : à g., le ""globe impérial de Michel Féodorovitch, beau travail grec de Constantinople; à dr., celui d'Alexis MikhaHovitch, ouvrage du Grec Georgios (louriev), de Constantinople; dans la vitrine, des sceptres de divers tsars; «barmy» ou cols garnis de précieux médaillons d'or émaillés, d'Alexis Mikhaïlovitch ; précieuses tentures; petites images de saints provenant de cols de Vladimir Monomaque.
Couronne de Pierre le Gr. ; trône de Boris Godounov, revêtu de plaques d'or et garni de 2200 pierres précieuses et perles , don du schah Abbas, en 1604. — Autre couronne de Pierre le Grand. Dans la 6® vitrine, derrière, les costumes d'Alexandre I®' et de Nicolas I®' à leurs couronnements. — Trône double de Pierre le Gr. et de son frère Ivan, en vermeil, fait a Hambourg. — Devant, la couronne de l'impératrice Anna loannovna (HiinepâTopcKafl Ropôna), richement garnie de diamants avec un gros rubis. — Couronne de Géorgie. Dans la 8^ vitrine, derrière, les costumes d'Alexandre II et de sa femme à leur sacre. — A la sortie, couronne de Malte de Paul I*'. — Au milieu de la salle, un baldaquin et des costumes du dernier sacre. V* SALLE, de l'autre côté de la III* : orfèvrerie, plus de 1000 pièces, bien que ce ne soit qu'une partie de ce qu'on a pu sauver de l'incendie de la Pentecôte en 1737.
La V*^ salle contient une des plus riches collections d'orfèvrerie allemande, surtout de Nuremberg^ d'Augsbourg et de Dautzig. Ces objet<i, pris |»endaiit la |;uerre de Trente Ans, furent apportés en Suède et offerts
Palais des Armures. MOSCOU. V. R, 35. 251
ensuite aux tsars; mais il y a aussi beaucoup d'ouvrages hollandais, danois et anglais. Les pièees les plus anciennes sont de la seconde moitié du xvi^ s. — Les ouvrages russes sont généralement de la vaisselle, mais il y a aussi quantité de plateaux et de salières qui ont servi à présenter le pain et le sel aux tsars dans leurs voyages.
Nous commençons du côte gauche. Armoire 1: ouvrages russes modernes, dons faits à Alexandre II. — Dans l'armoire, entre la 1^ et la 2® fenêtre, à g. : plats pour offrir le sel et le pain, dons faits à Nicolas II. — Armoire 3: vieux ouvrages russes, tels que coupes du prince de Tchernigov, de Vladimir Davidovitch (n** 2106; XIII® s.) et du prince Slmëon Ivanovltch (1340-1353); trois petites coupes du boyard Dmitry Ivanovltch Godounov; une coupe du grand-duc Vasslly Ivanovltch (1505-1534) et une en or de Boris Godounov; deux plateaux dorés et garnis de pierres précieuses du tsar Michel Féodorovltch.
Armoire 38: ouvrages anglais, du temps de Henri Vllï, en particulier deux panthères en argent, de grandeur naturelle, mais d'un travail assez grossier; des brocs et d'autres vases, parmi lesquels il y en a de 1 m. de haut. — Armoires 29 et 26: ouvrages danois; dans la 29®, trois grands brûle - parfums représentant des châteaux de Danemark, dons du roi Christian IV, mais faits à Hambourg.
Dans rhémicycle, deux vi^rme^ portant le n° 9, où sont quelquesuns des objets les plus précieux. A g. , n* 1936, le ♦coq en argent d'Ivan III, de 14S0; 539, 540, deux assiettes en or du tsar Alexis Mikhaïlovitch ; 542, coupe émaillée, offerte à Alexis Mlkhaïlovitch par le patriarche Nikon ; 1598, coupe offerte par Thospodar de Moldavie à Ivan le Terrible (l'empereur se sert de cette coupe pour porter le toast au festin du couronnement). — A dr., ^2551, vase incrusté de nacre, d'Anvers. Deux salières du temps de Michel Féodorovitch ; en haut, au milieu, 1162, coupe à grand pied, offerte à la tsarine Marie Mlkhaïiovna par le patriarche Phllarète. — A dr. et à g., deux tables en argent, ouvrages anglais de la fin du xviu^s. En face, une statue de Napoléon V, en marbre, provenant de Hambourg.
Les ouvrages allemands sont moins remarquables par leur valeur artistique que par leurs dimensions. Les plus anciens sont du XVI® s. et de Nuremberg. — Armoire 22 (à dr. de l'entrée): ouvrages d'Augsbourg , la plupart du xvii® s. , quelques coupes encore du XVI®; grande coupe donnée par Jean Sobieski; grand plat ovale où est représentée la délivrance de Vienne assiégée par les Turcs, donné en 1684 par l'empereur Léopold I®'. — Armoire 10 (à g. à côté de l'arm. 22), ouvrages de Nuremberg. — Armoire 39, au milieu de la salle , de Nuremberg : ouvrages de Venceslas Jamnitzer (m. 1585), une petite coupe, singulièrement recouverte de plaques d'argent de travail .russe ; de Christophe Jamnitzer, fils de Venceslas, un grand aigle en vermeil, les armes d'Œsel, donné en 1594 par les habitants de l'île à Christian IV de Danemark et par lui en 1640 au tsar, ainsi qu'un grand vase en forme de. grappe; de Jean Pcetzold, contemporain et rival des Jamuit^er, un vase double aux formes goth.,
252 V. H. 35, MOSCOU. Kremlin.
un vase en forme de grappe et une énorme coupe du style de la Renaissance, surtout intéressante par des imitations de plaquettes de bronze italiennes. Deux coupes à couvercle, hautes de plus de 2 m. (xvii^s.), six autres hautes de 1 m. 30 et différentes coupes du même genre hautes de 1 m. — Armoire 13 (à dr. devant Thémicycle) , ouvrages d'Augsbourg. — Armoire 32 (à dr. de l'entrée), ouvrages des Pays-Bas. — Armoires 34 et 36 (du côté de l'entrée), ouvrages d'origine inconnue ; filigranes de Cracovie. — Armoire 37 (à dr. à côté de l'entrée), ouvrages de Lubeck et de Rostock. — Armoire 6 (en face de l'arm. 36) : filigranes de Cracovie ; orfèvrerie de Halle, de Dantzig (grand bas-relief en argent. Victoire des Polonais sur les Cosaques), de Breslau, de Rœnigsberg et de Rostock.
Vitrine du côté de l'entrée , au - dessous du portrait équestre d'Alexandre V^^: couteaux en or et en argent, fourchettes, etc., de fabrication russe. — Au 1®' pilier , des objets en or et en argent russes et orientaux ; ivoires allemands et danois , cornes à boire et autres vases, œufs d'autruche, etc. — Armoire 11, une grande coupe, travail parisien de 1649, offerte par Charles I®*" d'Angleterre. — Armoire 30, en bas: une cuvette en or incrustée de pierres précieuses et un vase, dons de la tsarine Nathalie Kirilovna à son petit fils Alexis, le malheureux fils de Pierre le Grand. — Au 2* pilier de g., amwire 14: objets en ambre, en particulier cinq jolies coupes à fruits. Armmre 27: verres vénitiens, allemands et russes. Armoire 20 (2® rangée à g.) , petit verre à vin, probablement le premier de ceux fabriqués en Russie. — Vitrines aux fenêtres : monnaies russes et médailles , depuis Pierre le Gr. jusqu'à 1884. — Entre la 3® et la 4® fenêtre, une nappe eu soie de 1622, où sont représentées des chasses, provenant de Christian IV de Danemark. Dans la rotonde, quatre gobelins.
Nous retraversons les premières salles pour descendre l'escalier.
Bes-de-ehaoMée* — I'^ salle. A l'entrée ^ à g.,, un énorme vase en porcelaine. Grand service de Sèvres, où sont représentées des scènes de l'expédition de Napoléon en Egypte. — A g., en face, un aigle en ivoire sur un rocher en bois de fer, don de l'empereur du Japon a Nicolas II; à côté, un paravent japonais en soie, avec des vagues brodées. — Modèle du vieux château des tsars à Kolemna, près de Moscou. — Trônes du khan de Kbiva, pris en 1873, et du prince persan Abbas Mirza, pris en 1^. Mur de dr. (côté des fen.): lit de Pierre le Gr. ; lit de voyage d'Alexandre I®', et deux lits de campagne de Napoléon I®', pris au passage de la Bérézina.
11^ SALLB. Au milieu, un globe offert à Timpératrice Elisabeth par Tacadémie des Sciences, en 1746. — A g. du globe, Jagellon et Hedvige, groupe de marbre par Sosnovsky. — Dans les vitrines, des harnais précieux. — Portraits et bustes de rois de Pologne et d'hommes célèbres comme Copernic, Zamoyski,, Potemkine, etc.
III^ SALLE. Anciens équipages. A g., carrosse du boyard Nikita Ivanovitch Romanov, tout tendu de velours rouge. A dr., carrosse «nglais, envoyé en 1625 au tsar Michel Féodorovitch , avec des dorures et des sculptures représentant des combats et des scènes de chasse, Tintérieur tendu de velours. Au milieu, une voiture de gala de Pimpératrice Kli»abeth, longue de 9 m., avec des peintures de Boucher, offerte en 1753 par le comte K. Kazoumovsky. — Dans l'hémicycle , une voiture de gala de
Synode, MOSCOU. V. H. 35, 253
Timpératriee Anne, faite à St-Pétersbourg en 1738. — Au bout du mur principal de dr., un traîneau dans lequel Elisabeth fit le voyage de Moseou pour son couronnement; il est composé d'une chambre tapissée de yert, avec une table et des divans, deux portes et 14 fenêtres. — Antres voiture faites à Vienne, à Berlin, etc., dorées et couvertes de belles pçintures. — Dans les vitrines, des harnais précieux.
Au S. du palais des Armures se trouve la porte Borovitskiiay haute de 60 m., exécutée sous Ivan III , mais reconstruite dans le haut à la fin du xvii® s. C'est par cette porte que Napoléon I®' entra au Kremlin en 1812.
Revenus à la place de TËmpereur, nous prenons par un passage sous le jardin d'hiver et nous arrivons à la rue du Commandant^ la seule rue du Kremlin. A dr., 1** porte (pi. P) , le bureau du maître de police du Kremlin^ où se délivrent les cartes d'entrée pour le palais impérial; à g., le Potéelmy Dyorets (v. ci -dessous) , construction peinte en vert, actuellement la résidence du commandant de place de Moscou. Elle a un cabinet saillant reposant sur quatre contreforts et des ornements remarquables aux portes et aux fenêtres. A dr., Vaile des Cavaliers du palais impérial, où sont les appartements pour la suite impériale et les domestiques.
Le Pciéehny Dvorets (palais des Plaisirs), Tancienne demeure des Miloslavsky, est devenu la propriété de la maison impériale par le mariage du tsar Alexis Mikhaïlovitch avec Marie Ilitchna Miloslavskaia, en 1648. C'est là que fut fondé, sous Alexis, le premier théâtre de la cour, dirigé par le boyard Artamon Matvéiev (p. 268). — On prétend que c^est au Potéchny Dvorets, transformé par Féodor Alexeiévitch pour ses filles, que Pierre le Gr. fut élevé et instruit par Zotov. Les mtirs de sa chambre de travail étaient couverts d'images instructives.
A l'extrémité de la rue, à g., la porte Troïtskiia, où sont les archives de la cour (visibles seulement avec Tautorisation du ministre de la cour), et à dr., la grande place du Sénat, limitée au S. par la caserne du Kremlin , à l'O. par l'arsenal et à l'E. par le tribunal.
La grande casbbne du Kremlin (KpeMJéBCRlfl KaaâpHu) est située, dit-on , sur l'emplacement de l'ancien palais de bois du tsar Boris Godounov. Il y a devant la façade principale vingt canons anciens, parmi lesquels on remarque surtout deux pièces monstres aux augles de la caserne : à g., le canon du Tsar (Tsar-Pouchka), le «roi des canons» , fondu sous Féodor I®' Ivanovitch, par André Tchokhov, en 1Ô86. Ce canon , d'une ornementation très riche et placé sur un affût fondu par Baird, à St-Pétersbourg, mesure 5 m. 30 de longueur et pèse env. 39 000 kilos. Son calibre est de 1 m. , et il lui faut une charge de 2000 kilos. L'autre, la Licorne (EAHHopôrB), à dr., est une pièce de 60, fondue sous Alexis Mikhaïlovitch , en 1670, par maître Martian Ossipov, et pesant env. 12000 kilos.
Derrière la caserne du Kremlin (v. ci -dessus), au S., se trouve 'le 8ja.ode, anc. maison des patriarches ( CHHOA&JbHUii aomi). Il renferme l'église des Douze-Apôtres, l'église particulière du métropolite Philippe et la bibliothèque de« patriarches.
254 V, R. 35. MOSCOU. KrmUin.
Le premier prélat de Russie, c.-à-d. le métropolite de Moscou, joignit à son titre au milieu du xvi® s. celui de «Sa Sainteté*. Le pieux tsar Féodor I^'' Ivanoviteh lui conféra en 1589, du consentement de tout répiseopat grec, le titre de patriarche, et le 23 janvier de la même année fut installé le premier patriarche, nommé Job (1589-1607). Le patriarchat se maintint jusqu'en 1700 et cessa quand fut établi le Saint-Synode (p. xLvi). Il y a eu durant ce temps dix patriarches, dont le plus célèbre, Nikon^ fut consacré patriarche de toute la Russie le 25 juillet 1662, après la mort de Joseph. Il avait toute la confiance du tsar Alexis Mikhaïlovitch, aussi bien comme son conseiller en matière de religion que comme son ami, comme gouverneur de TEglise et de TEtat. A la fin, Taristocratie, jalouse de son influence et conjurée contre lui, réussie à le renverser. Alexis rassembla en 1666 dans son palais du Kremlin un concile où Nikon fut déposé. Le siège patriarcal ne fut plus occupé après Hadrien (1690- 1700). L'éparchie moscovite resta jusqu'en 1742 sous la direction immédiate du Sjnode, sans pontife souverain. L'impératrice Elisabeth confirma la même année la décision du Synode relative à l'établissement d'un archevêché à Moscou.
V église des Douze- Apôtres (iiépROBb /istHâAKaTH 8000X01081), construite en 1723, contient une image des apôtres Pierre et Paul datant du xii® ou xiii® s., ainsi que quelques images miraculeuses. A côté est la Myrovamaïa Palata^ où les saintes huiles (chrême) se préparent tous les deux ans durant la semaine sainte, dans des vases d'argent. — On conserve dans la sacristie de l'anc. église de V Apôtre Philippe^ jadis Téglise privée des patriarches, un morceau de la robe et un de la croix de J.-C. Le logement très modeste des patriarches est à côté. — La bibliothèque des patriarches , maintenant bibliothèque synodale (entrée , v. p. 232) , comprend env. 500 manuscrits grecs, et 1500 manuscrits en slavon, dont plusieurs datent des vii^-xn^ s. Cette bibliothèque fut classée, sur les ordres d'Ivan IV, parWestermann, pasteur de Dorpat, et les livres existants de Tite-Live et de Suétone furent traduits en russe par Westermann et T. Brakel, mais la traduction est aujourd'hui perdue. Catalogue russe de 1894 : 5 r.
L'anenal (ApceBaji) a été construit de 1702 à 1736. Les Français le firent sauter en 1812 et il a été reconstruit sous Nicolas I®^ C'est un immense bâtiment sans caractère. Devant la façade , sur des soubassements maçonnés en terrasse, sont placés les canons pris en 1812. D'après une inscription sur une plaque de cuivre à g. de l'entrëe, il y en a 875, dont 366 français, 189 autrichiens, 123 prussiens, 70 italiens, etc. — Il y a à l'intérieur des magasins d'armes, de fusils, de sabres, etc., ainsi que quelques souvenirs historiques; le public n'y est pas admis.
Le Tribunal, l'ancien Sénat (sA^nie cy^éônuxi ycraHOBjéitiM ; entrée, v. p. 233), en face de l'arsenal, à l'E., comprend les bureaux du tribunal d'arrondissement et les archives de la propriété foncière russe. Cet édifice, construit de 1776 à 1787, sous Catherine II, par Kazakov, a été restauré après 1812 et 1866. Son immense façade blanche lui donne un aspect majestueux. Il se termine dans le haut par un dôme sur lequel se dresse un pilier carré surmonté d'une couronne et dont chaque côté porte en lettres d'or le mot «SaKéax», loi.
Chap, Ihérimm, MOSCOU. V. R. 36, 265
La SALLE RoMDB (Kp^riaH aàjia), dans la partie E. du bâtiment, mérite d'être vue; elle est ornée de beaux bas-reliefs qui représentent Thistoire de Catherine II.., et de portraits de l'impératrice Catherine (sous un dais) et des empereurs dep. Alexandre I^*" jusqu'à Nicolas II. Dans une niche, une statue en marbre d'Alexandre II.
Nous quittons le Kremlin par la pobte Nicolas ( HHRÔJbCKifl BopÔTa; pi. D 4), qui donne sur la place Kouge; la tour a été construite en 1491 par Pietro Antonio (p. 237),. et rebâtie par l'architecte Rossi, sous Nicolas I^^, sur le modèle de la tour de Ste-Marie de Stargard, en Poméranie. Son nom lui vient d'une image en mosaïque au-dessus de la porte, représentant St Nicolas de Mojaïsk, patron des affligés. Lorsque les Français essayèrent de la faire sauter, la partie supérieure de la tour fut seule endommagée, et l'image du saint ne fut pas même atteinte, non plus que la lampe qui est suspendue devant. C'est ce que rapporte une inscription placée à la porte par ordre d'Alexandre I®'. ~
B. Vieille yille (Kitaîgorod).
Chapelle Ibérienne. Place Bouge. Maison des boyards Bomanov.
Le Kremlin est séparé de la vieille ville , au N. , par la vaste PLACE Kbasnaïaxou PLACE RouoE (KpâcHafl njômaAi»; pi* I> 4), qui a 820 m. de long sur 160 de large. Elle est limitée à l'O. par le mur du Kremlin, à l'E. par les rangées (p. 257), au N. par le musée historique (p. 256), au S. par la cathédrale St-Basile (p. 257).
L'entrée principale de cette partie de la ville du côté 0. est la
POBTE IbiÉBIENNE OU YOSKBESSENSKIIA (BoCKpecéHCKÎfl BOpÔTS ; pi.
D 4), en face de l'extrémité de la Tverskaïa. Cette porte a deux passages l'un à côté de l'autre , surmonté chacun d'une tour aiguë. Entre les deux passages, du côté de la montée vers la place Rouge, se trouve la Chapelle Ibérienne.
La Chapelle Ibérienne ou de la Vierge d'Ib^He {tverskaïa Tchas-
sovnia; HacoBHfl HBepcKoS Bô»ieii MàrepH; pi. D4), bâtie en 1669,
est l'une de plus célèbres de la Russie; l'empereur y va toujours en
arrivant à Moscou, avant d'entrer au Kremlin. Il n'est pas un
Russe, passant ici, qui n'y entre un moment et n'y fasse un signe
de croix. La chapelle est habituellement pleine (se méfier des
pickpockets).
Cette chapelle est très petite. Le sanetuaire renferme la plus eélèbre image sainte de Moscou, l'image miraculeuse (Tchoudotvorny) de la Vierge d'Ibérie. C'est une copie exacte de la Vierge (Vratarnitsa) du couvent ibérien du Mout-Athos. Cette reproduction, exécutée solennellement, e.-à-d. au milieu de jeûnes et de prières, en 1648, fut offerte au tsar Alexis Mikhaïlovitch par l'archimandrite Pachomius et la confrérie. La joue droite porte encore la trace d'un coup porté par un Tatare. La Vierge a sur une épaule et au front de grosses pierres précieuses, sur la tête un réseau de vraies perles et par-dessus une couronne de brillants. Il y a une inscription grecque à 1 un des coins du tableau, sur un écussou d'argent. — Presque tous les jours, cette image est promenée, moyennant une somme d'argent, dans les rues de Moscou, dans une voiture à six
256 V. R, 35. MOSCOU. Mus/e historique.
chevaux, avec laquais en livrée et nu -tête. Elle va visiter des malades ou assister à des fêtes de famille, ete., et le peuple la salue profondément au passage. On la porte alors dans toutes les pièces de la maison. En son absence (jusqu'à 6 h. du s.), elle est remplacée dans la chapelle par une copie.
A l'E. de la porte Ibérienne est la Douma (hôtel de ville;
pi. D 4) construite en brlquetage sur les plans de TcMtchagov en
1892, avec sa façade sur U place Voskressensky.
Le mniée historique (pi. D4), à l'O. de la même porte, avec son
entrée du côté de la place Rouge, est un grand édifice, dans le vieux
style russe, élevé de 1875 à 1883, sur les plans de Sherwood, et qui
a coûté plus de 1 million de roubles. — Visite, v. p. 233. Catalogue
russe (1893), Ir. Directeur: M. Zabeline. Conservateurs: MM.Sitov,
Orejnikov, etc.
On arrive dans le vbstibulb par un escalier orné de lions de bronze, comme Tescalier Rouge (p. 342). Ce vestibule a un plafond peint par Toropov, figurant Tarbre généalogique des souverains de Russie : dans le bas, les saints Vladimir, Olga, Boris et Glèbe; au-dessus, sur dix rangs, 68 princes, jusqu'à Alexandre III. Les murs sont décorés dans le style des ornements du ciboire de Ste-Sophie de Novgorod (p. 221). — A dr. du vestibule on entre dans la 1^*^ salle, âge de la pierre^ objets de la Russie d'Asie, surtout de Sibérie. Deux défenses de mammouth. — 11^ sallb, âge de la pierre^ objets de la Russie d'Europe, armes et ustensiles en pierre et en terre -, os de mammouth. Frise représentant des scènes de T&ge de la pierre, par Vaznetsov. — TUP sallb, âge du brome: pointes de lances et de flèches; vases, parures, quelques-unes aussi en or et en aident dans les vitrines; objets de culte; objets trouvés dans le Caucase; foyer de Sibérie. Commencement de Tâge du ter. — IV^ sallb, âge du fer: dans les vitrines, des modèles de tumuli («Kourgans», tombeaux à crémation pour la plupart) et objets qu'on y a trouvés; au long mur, ceux du Dniepr; au milieu, ceux de la Russie centrale. On remarquera les objets trouvés dans les gouvernements de Smolensk, de Vladimir, de Riazan, de Tambov (peuplades finnoises), de Moscou. Du côté de la sortie, de prétendues «baby* (statues de femmes grossièrement travaillées). Fresques : la Crémation d'un riche marchand russe à Boulgary (x^ s.) et Crémation des restes des Russes tués et massacre des prisonniers de guerre devant Silistria, épisode de la guerre entre Svétoslav et Jean Tsimiscès (x^s.), par Siemiradxii. — V® sallb. Age du fer: au milieu, la riche collection du professeur Samokvatsov. Statues ditea «baby». — VI^ salle, peuples du S. de la Russie: dans les vitrines, objeta du Claucase. Au milieu, un modèle du Koul-Oba, tumulus scythe. — Salle B: terres cuites, bronzes, parure en or, vases, etc., de lamerKoire. Au-dessus de la porte : la baie de Kertch, avec le tumulus du roi (iiipcaifl KvpriBi), par Alvasovsky. — Sallb A: en majeure partie des moulages d œuvres de l'art chrétien jusqu'au vi® s. Peintures murales d'après celles des catacombes de Rome ; mosaïques d'après celles de Ravenne et de (3oastantinople. — Salle B: œuvres de l'art chrétien du Caucase et de la Crimée. Statues et croix en pierre calcaire du Caucase. — VII^ sallb, Kiev (988-1066) : commencements du christianisme en Russie. Aux murs, mosaïques d'après celles de la cathédrale Ste-Sophie Des croix russes. — VIII^ SALLe, Kiev (dep. 1056). Images saintes de Russie; couronnes de femmes; émaux; précieux o^ets de culte. Aux murs, mosaïques d'après celles d'églises de Kiev. — IX® salle, Novgorod: aquarelles de Martmov^ représentant des objets provenant d'églises russes. Aux murs et an plafond, des motifs peints d'après ceux d'églises de Novgorod. — X® sallb, Vladimir. Décoration d'après celle de la cathédrale Ouspensky. — XI® salLiB (à g.), Souzdal. Ornements pour images de saints; croix en bois et figures de saints. — XII® salle, Rostov^ dans le gouv. d'Iaroslavl (vide momentanément). — XIII® SALLe, Moscou. Plafond peint reproduisant les ornements de la couronne de Vladimir Monomaque.
Cath, St' Basile. MOSCOU, V. R. 36. 257
Au milieu de la place Kouge, au S.-Ë. du musée historique, le
moniunent de HiniBe et Pojareky (naMflTHHirb MHHHHy h Ilosap-
ciOMy), sur le modèle de Martos, inauguré en 1818. Les statues
en bronze de Minine et de Pojarsky sont sur un socle de granit orné
de bas-reliefs , représentant Tesprit de sacrifice du peuple russe et
les Polonais fuyant du Kremlin. Minine, à g. et debout, met une
tfpée dans la main de Pojarsky, assis et appuyé sur un bouclier. —
L'inscription signifie: «Au citoyen Minine et au prince Pojarsky,
la Russie reconnaissante».
Pendant l'interrègne de 1606 à 1613, Kotma Minine Soukhoroukov^ boucher à Nijny-Novgorod, appela le peuple à la délivrance de la patrie du Joug des Polonais et à la lutte pour la religion. Les habitants de la ville répondirent à son appel et virent leurs rangs se grossir de volontaires des bords de la Volga et de ceux de la mer et de l'Ukraine. Il plaça cette armée sous les ordres du prince Dmitry Mikhailoviteh Pojarsky^ et elle parut le 20 août 1612 sous les murs de Moscou. Les Polonais furent battus après un combat de trois jours , et le roi Sigismond dut se retirer.
Près de la cathédrale St- Basile se trouve le Lobnoié Miésto
( JéÔHoe MicTO ; pi. D 4) ou le Calvaire, sorte d'élévation en forme
de tribune, entourée d'une balustrade en pierre.
Le faux Dmitry fut reçu solennellement sur cette place en 1605, et un an plus tard le peuple furieux y venait traîner son cadavre. Ivan Chouisky y fut proclamé tsar la même année et Michel Féodoroviteh en 1613. Les processions solennelles, dans lesquelles le tsar conduisait jusqu'à la cathédrale de l'Assomption l'âne monté par le patriarche, venaient au Lobnoïé Miésto. Des discussions religieuses avaient encore lieu ici le dimanche, et l'on y proclamidt les ukases du tsar.
La eathédrale St-Basile, dite aussi église Vassily Blajénny ou plutôt de la Protection et de l'Intercession de la Vierge (noipÔBCKiii coôépi» Bacâiiii BiasénHaro; pi. D 4), à l'extrémité S. de la place, est une construction très bizarre, élevée sous Ivan le Terrible de 1ÔÔ4 à 1ÔÔ7, en souvenir de la prise de Kazan. On raconte qu'après l'achèvement de l'édifice, Ivan fit crever les yeux à l'architecte, afin qu'il lui fut impossible de refaire un pareil chef-d'œuvre. L'église fut pillée parles Polonais en 1611 et par les Français (1812), qui la transformèrent en une écurie; elle a été reconstruite sous sa forme primitive de 1839 à 1845. Cette cathédrale se compose de onze petites chapelles superposées sur deux rangs, formant cependant un tout fort curieux et couronnées d'une douzaine de dômes aux formes variées. Ces dômes, aux couleurs brillantes, en forme d'ananas et d'oignons, tors, découpés, à facettes, ou recouverts d'écaillés, reposant sur de hauts tambours et surmontés de grandes croix, présentent un aspect étrange et fantastique, auquel ajoute encore une décoration extrêmement riche, où se rencontrent des motifs de la Renaissance. «C'est sans aucun doute le monument le plus original du monde, il ne rappelle rien de ce qu'on a vu et ne se rattache à aucun style: on dirait un gigantesque madrépore, une cristallisation colossale, une grotte à stalactites retournée» (Th. Gautier). — L'intérieur n'offre rien de particulier.
La place Rouge est bornée du côté £. par les Bangées ou Riady Bœdeker. La Russie. 3^ édit. lî
258 V. R, 35. MOSCOU. Maison d. Boyards Uomanov.
(pi. D4). Les rangées supéneures (BépxHie ToprÔBue pnAâ), entre riliinka et la Nikolskaïa, bâties en grès, de 1888 à 1893, par A,'N, Pomérantsev (frais de construction, 6 millions-, coût du terrain, 9 mill. Va de r.), sont à trois étages. Il y a deux tours au milieu du bâtiment principal, qui a 252 m. de longueur sur 88 m. de profondeur et qui est percé en long et en large de trois passages vitrés (avec des ponts aux second et troisième étages). Bon restaurant (pas cher), salle de concert, lumière électrique, etc. Les rangées supérieures (ouvertes de 8 b. du m. à 8 b* du soir; l'entrée principale est sur la place Rouge) servent au commerce en gros et en détail (env, 1000 locaux) ; on peut y faire une promenade assez intéressante. — Les rangées moyennes, entre l'Iliinka et la Varvarka, sont plutôt pour le commerce en gros ; elles ont été bâties sur les plans de JS.-/. Klein,
Dans la Vabvarka (pi. D4) vient ensuite, à dr., le couvent Znamensky ou de l'Apparition de la Vierge OnâiieHCKift MOHacTÛpb), fond^ en 1631 par le tsar Micbel Féodorovitcb. — A côté,
la ^maifloiL des Boyards BoQiaBov (aohi ôospi PoiiâBOBuxi;
entrée, v. p. 233; 30 k. au domestique). La façade de ce côté, qui a 17 m. de long, ne se compose que d'un étage, mais il y en a quatre sur la cour. Cette maison est un bon spécimen de celles des boyards russes aux xvi® et xvii®s. Elle a vu naître Michel Féodorovitcb Romanov, qui, une fois tsar, en fit présent au couvent Znamensky (v. ci-dessus). Elle fut englobée plus tard dans d'autres constructions, pillée par les Français en 1812 et retrouvée en 1856. L'empereur Alexandre II la fit acheter et restaurer par l'architecte Richter. — Au rez-de-chaussée sont les caves, l'office, etc.; au premier étage, la cuisine et les chambres des domestiques. Au second , les chambres des boyards et une chapelle. La Krestovaïa Palata, salle de réception , a une boiserie en tilleul et une vitrine où sont les services de table, une statue en argent de Charles l^^ d'Angleterre (?), faite à Augsbourg, etc. Dans la chapelle, de vieilles images saintes. Dans la salle contiguë, des souvenirs du patriarche Philarète, père du tsar Michel Féodorovitcb, et d'autres de ce tsar. A l'étage supérieur est le térem ou appartement des femmes (v. la note p. 247), la chambre à coucher du patriarche Philarète, etc. Ce qui frappe surtout dans cette maison, c'est la petitesse des portes et l'exiguïté des escaliers.
Dans I'Iliinka, habitée presque exclusivement par des commerçants en gros, se trouve, à dr., la Bourse (6Hp»(a; heures de bourse de midi à 1 h.), construite en 1838. Vis-à-vis, la maison du couvent Troïtsky de Serghievsk, avec de riches magasins. A l'extrémité de la rue est la porte Iliinskiia; à dr. de là, le long du mur de Kitaïgorod, la Staraïa Plochtchad (vieille place), et à g. la Novaïa Plochtchad (place neuve). Une des principales stat. des tramways (p. 229) se trouve à la porte Iliinskiia.
Typographie du Synode, JVIOSCOU. V. R, 35. 'Zô9
Dans la Nikolskaïa, la troisième rue principale de la vieille ville, à g., à l'entrée en venant de la place Kouge, s'élève la cathédrale de Kazan^ construite en 1630 par le prince Pojarsky, en reconnaissance de la victoire qui délivra la Russie des Polonais, mais restaurée en 182Ô. A côté, le couvent Za-Ikono-Spaaky ou du Sauveur derrière les Ima^fes, couvent d'hommes de 1660 où fut fondée, eu 168Ô, la première école savante de Russie, qui a compté parmi ses élèves le poète Lomonossov (p. 260).
Plus loin, le couvent grec St-Nicolaê (HHKOjaeBCKiii rpéiecKift MyjKCKÔft MoHacTupb), construit par Ivan le Terrible en 1556, pour les moines grecs venus du Mont-Athos à Moscou, et dépendant du patriarche de Constantinople (offices en langue grecque). Il y a dans la chapelle une image miraculeuse de St Nicolas. — En face, à l'angle do la rue du même nom, le couvent Bogoïavlensky ou de TËpiphanie (hommes), construit de 1296 à 1304 et complètement réédiflé après 1812, avec cinq églises et une chapelle où sont les restes de St Pantaléon.
Plus loin à g., entre le couvent grec et le passage ïrétiakovsky (v. ci-dessous), la Typographie du Synode (CHHOAàji>BajiTHiiorpé«iii), la plus ancienne de la Russie, fondée en 1562, sous Ivan le Terrible, construite en 1644 par Neviérov dans le style gothique et renouvelée en 1814 (entrée, v. p. 233). On y imprimait autrefois principalement des livres de la liturgie slavonne, mais on y fait aussi maintenant d'autres ouvrages religieux. La bibliothèque (dans l'arrière-eorps) possède le premier livre Imprimé en Russie (lies Actes des apôtres», de 1564; il y a à côté un musée typographique. Dans la cour, un vieux bâtiment avec des fresques du style de l'époque de la construction.
Le passage Trétiakovsky, à g. de la Typographie du Synode, est très animé; il conduit à la place des Théâtres (p. 265). De l'extrémité N. de la Nikolskaïa, on va par la porte St- Vladimir à V église St' Vladimir^ construite en 1691 en mémoire de la délivrance de la Russie du joug des Tatares. Elle se trouve sur la place Loubiauskaïa (p. 266).
C Qnartiem Sud-Ouest.
UniTersité. Xucée Boamiantgov. £f lise da Sauveur. Couvent det Yierf es.
Lignes de tramways: 7, 9, 10 et 18. — Il ne vaut pas la peine d'aller à pied de l'église du Sauveur au couvent des Vierges (8 kil. 1/2)-
Le long de la partie 0. du Kremlin s'étend, depuis la chapelle
Ibérieune au S. jusqu'à la Moskva, le jardin Alexandre (AieKcàH-
ApoBCKiii cuAi; pi. D 4). C'est une promenade plantée d'arbres et
près fréquentée par les habitants de Moscou. Il est partagé en deux
tarties par un pont de pierre, qui relie la porte Troïtskiia du
Kremlin à sa tour de devant, et il est traversé dans le sens de la
lî*
260 V. R. 3ô. xMOSCOU. Mua/e Roumiantsov.
longueur par uue allëe de tilleuls. La musique militaire 8^ l'ait souvent entendre dans les belles soirées d'été et les dimanches et jours de fête.
Le manège de la Ville se trouve à TO. entre le jardin Alexandre et la Mokhovaïa. C'est un énorme bâtiment de 170 m. de long sur 45 m. de large et 12 m. de haut, élevé en 1817 par les généraux Bétancourt et Carbonier. Il sert aux exercices de la garnison, à des expositions, des fêtes populaires, de grands concerts, etc.
I>errière le manège, dans la Mokhovaïa, est rUniverflité (pi. D 4), fondée en 1755 par l'impératrice Elisabeth, à Tin^gation du comte Ivan Chouvalov, dont on voit le buste dans la cour d'entrée. L'université de Moscou compte actuellement env. 4300 étudiants. Il y a deux corps de bâtiments, séparés par la Nikitskaïa : au S., la Nouvelle Université, construite en 1786; au N. , la Vieille Univenité, avec un riche musée des Beaux- Arts (Myséii HsâmHUxi HCKyccTBi; nouvel édifice eu construction, v. p. 261). Devant la Nouvelle Université, un buste de Lomonossov, érigé en 1876, bronze par Ivanov. Dans la Mokhovaïa, la hihliothèqv>e de V Université, dans un bâtiment à dôme. Elle comprend env. 400000 vol. (entrée, V. p. 233; directeur: M. le prof. D.-D. lazykov). A côté de la vieille Université, dans la Nikitskaïa, le musée noologique qui mérite d'être vu (entrée, v. p. 233; directeur: M. le prof. A. -A, Tikhomirov).
La Mokhovaïa aboutit au N. à la Tverskaïa '(p. 264), près de la place Moïsseievskaïa,. taudis qu'elle se dirige au S., par ses prolongements, la Volkhonka et la Pretcbistenka, vers le champ des Vierges (p. 263). Nous la suivons dans cette direction. — A g., dans la Vozdvijenka, les riches archives du ministère des Affaires étrangères (riàsHuM apxâBi» MHHHCTépCTBa HHOCTpâHHyHi» kèâi»; ouvertes seulement aux pers. qui veulent y étudier), avec quantité de documents précieux du temps des grands-ducs et des tsars de 1265 à 1801, une bibliothèque, des manuscrits (entre autres, des lettres d'Elisabeth d'Angleterre à Ivan le Terrible), des sceaux d'Etat, etc. — A g., au coin du Vagankovsky Péréoulok, la Chambre des finances (KasëHHSfl naiàra).
A l'angle dr. de la première rue que coupe la Mokhovaïa, la Znamenka, se trouve lemntéaBoiiiiiia3itMT(Ii3r6iil<iHy8 HPyiiéHaoBCKiil MyaéJi; pi. G 4), jolie construction style renaissance, située sur une hauteur. La façade principale, avec une colonnade, donne sur la Mokhovaïa, et au portique du côté 8. se lit une inscription signiâant: «Aux progrès de l'instruction» (ôiarôe npocBtméHie). L'entrée (v. p. 233) est au n** 2 de la rue Vagankovsky.
La partie la plus importante du musée se compose des collections léguées à TEtat par le comte Roumiantsov en 1828 et augmentées depuis par des dons et des achats. — Les salles du bas comprennent la bihliothè^iwr. avec un cabinet de lecture. Cette bibliothèque compte env. 700000 vol. et elle est particulièrement riche en ouvrages historiques, livres liturgiques et vieux imprimés russes. Elle possède le manuscrit
E(fl. du Sauveur. MOSCOU. V. R. 3ô. 261
de Giordano Bruno dit de Nornv. Dans la salle du milieu, une statue en marbre du feld-maréchal Roumiantsov Zadounaïsky (m. 1796), un portrait du fondateur du musée, le comte Nicolas Roumiantsov, par G. Dawe (1828), et une statue en marbre de la Paix, par Canova. — Dans un corridor, les archives de la loge des francs-maçons, ainsi que les insignes maçonniques. — Puis une importante collection de monnaies et le musée ethnographique de Dachkov^ comprenant les collections du navigateur Othon de Kotzebue (m. 1846) et une riche *coUeetion de costumes nationaux des habitants de la Russie, représentés par des centaines de figures fort bien -exécutées. — Les salles du haut contiennent les costumes des Slaves de rOuest, etc., puis des modèles de meubles et d'habitations slaves, et des antiquités slaves. — La galerie de peinture est formée d'env. 600 tableaux anciens. Il y a du nombre quelques bonnes œuvres de Técole hollandaise; les tableaux italiens ne sont pas tous authentiques (trois catalogues illustrés, en russe, à 1 r. 25 le vol.). — La galerie Prianichnikov se compose de tableaux russes modernes, de presque tous les grands artistes du pays, surtout à'Ivanov (grand Ecce Homo), Aivasovsky, ^uUov^ des portriûts de.Borovtkovsky^ Léviisky^ etc. La galerie Soldatenkov (269 tableaux) n'est pas moins importante.
Ensuite, à g., dans la Znamenka, au coin du Bolchoï Znamensky Péréoulok, Vécolt militaire Alexandre (pi. 51, C4), fondée par Alexandre I®' pour former des officiers d'infanterie.
Revenus à la Mokhovaïa, nous reprenons la direction du S. par la Volkhonka. A dr., à Fangle de la rue AntipieTsky , le musée Alexandre III ou dei Beaux-Arts est en construction dep. 1898, sur les plans de R.-I. Klein.
L'*égli8e dn Sanvenr (Xpain> XpHcrâ CnaciÎTejfl; pi. 62, CÔ), la plus belle église de Moscou et visible de bien loin , sur la rive g. de la Moskva, s'élève sur une place dégagée, entourée d'une grille. Elle est ouverte à 8 h. du matin pour le culte, puis de 11 h. jusqu'au soir. Cette église a été construite de 1837 à 1883, sur les plans de Thon, en souvenir des événements de 1812 à 1814. Frais de construction, plus de 15 millions der. L'église, haute de 102 m. sur une superficie de 6750 kil. carr., a la forme d'une croix grecque et cinq dômes dorés , dont le principal a 30 m. de diamètre. Les murs sont revêtus de marbre à l'extérieur. De larges escaliers de granit mènent à douze portes de bronze fondu artistement travaillé (il y en a trois sur chaque façade). Le toit est entouré d'une balustrade en bronze doré. Les 48 hauts reliefs en marbre des façades sont dus à Loganovsky, à Ramazapov et au baron Klodt.
Les hauts reliefs. représentent: à l'O., le Christ, St Alexandre-Neysky, St Nicolas le Thaumaturge, Ste Elisabeth, St Nicolas de Novgorod; aux angles: à dr., David remettant le plan du Temple à Salomon; à g., le sacre de Salomon. Au S. (du côté de la Moskva) se voient les saints, dont l'anniversaire coïncide avec les batailles de 1812; à dr., Barak et Débora, à g.. Moïse et Marie (sa sœur); au coin, à dr., Abraham et Melchisédech ; au coin , à g. , Réception de David vainqueur de Goliath. A l'E. (du côté du Kremlin), les saints intercesseurs et protecteurs de la Russie; la Nativité et la Résurrection du Christ. Au N., les propagateurs et défenseurs de la foi: des saints dont Tanniversaire coïncide av^c une victoire des Russes en 1813 et 1814: à dr., St Serge bénit Dmitry Donskoï avant le combat contre les Tatares ; a g., St Denys bénit Pojarsky et Minine (p. 257).
L'iNTÉBiBXJB, éclairé par 60 fenêtres, est tout brillant d'or et de
262 V. /?. 35. MOSCOU. Égl, du Sanrmr.
marbre ; il produit une impression des plus harmonieuses. Près de
3700 cierges y brûlent les jours de culte solennel ; il y a des chants
sacrés d'une grande renommée.
Dans la galerie., qui entoure Téglise à Tintérieur, sur 177 plaques de marbre aux murs, sont des manifestes impériaux du temps des guerres de 1813 à 1814, ainsi que les noms des batailles, des combats et des officiers tombés au champ d^honneur. Dans la coupole principale, qui repose sur quatre énormes piliers, une grande image de Dieu Sabaotb, par Markov ; au-dessous, des représentants de TAncien et du Nouveau Testament, par Koehélev. Dans les niches des piliers : TAdoration des Bergers; TAdoration des Mages; le Sacre de David; St Serge bénit le grand-duc Dmitry Donskoï avant le combat contre les Tatares, par V.-P. Véréehtcbaghine (ne pas confondre avec V.-V. Véréehtcbaghine, peintre de batailles). Dans les pendentifs, la TransAguration, la Résurrection, TAscension et la Descente du St Esprit; au-dessous, les Evangélistes, par Bruni et Sorokine. LMconostase, en forme de chapelle, est en marbre blanc, avec un toit en bronze doré. Sur la porte sacrée, TAnnonciation et les quatre Evangélistes, par xVieif. Dans la niche, derrière le maître autel, le trône du métropolite ; audessus, la SteCène, tableau d'un coloris splendide, par Siêmiradzki; encore plus haut, la Nativité du Christ, toile colossale, par V.-P. Véréchtchaçhine. A g., Jésus à Gethsémané; Pilate remettant Jésus au peuple; le Portement de Croix; à dr., le Crucifiement, la Descente de Croix, la Mise au tombeau, par V.-P. Véréchtchaghine. Dans la galerie supérieure, les chapelles St-Nicolas et St- Alexandre- Ne vsky, toutes deux richement décorées avec des images saintes en grand nombre. Dans la première, on remarque les tableaux où se voient des scènes de Thistoire ecclésiastique; dans la seconde, ceux qui représentent des scènes de la vie de St Alexandre-Nevsky, p&T Siemiradeki. Dans Taile occidentale de l'église: le Baptême du grandduc Vladimir à Korssoun, par Karnéiev; au-dessus, le Baptême de la grandeduchesse Olga, par Siédov; la fondation de la laure de Kiev; au-dessus, le Baptême des habitants de Kiev, tous deux par Rodarevsky : la Réception de l'image de la Vierge de Vladimir, par Bachilov; au-dessus, Pose de la pierre de fondation de la cathédrale Ouspensky, par Prianiehnikov; la Vierge apparaissant à $t Serge, par i/aiovxiy ; au-dessus, la Construction de la laure Troïtskaïa, par Prianichnichkov,
Le large escalier au S.-E. descend à la Moskva, où il y a une construction en pierre renfermant un bassin destiné à la consécration de l'eau. — On projette d'élever devant l'église un monument d'Alexandre III, d'après Opékouchlne.
La Volkhonka aboutit, au S.-O. de l'église du Sauveur, à la jiorte Fretchistenka, d'où part, dans la direction duN., le boulevard du même nom (pi. C5), qui va jusqu'à la place ArbatskaYa (p. 263). De la même porte part au S.-O. la Pretchistenka , où se trouvent, à dr. à l'angle de la rue Oboukhov, \q grand dépôt de pompes à incendie (pi. 131), et de l'autre côté, V école de filles Alexandre- Marie (pi. 48). Cette rue aboutit à la place Zoubov&kaïa, d'où partent le boul, Smoleneky (p. 263) au N. et le houl. Zouborsky au S.-K.
De la porte Pretchistenka part au S. TOstojenka. Dans cette rue, à dr., à l'angle de la rue léropkinsky, Vécole de Commerce (pi. 49, C 5), fondée en lb04 par les négociants de Moscou, et plus loin, a l'extrémité de la rue et à l'angle de la place Krymâkaïa, à g., le lycée du tsésarétitch Picola* (pi. 112, C 5), ainsi nommé en l'honneur du grand-duc Nicolas (m. 1865). — Entre la rue Ostojenka et la Moskva se trouve le coûtent Zatchatéievsktf (pi. 48, C6), fondé en 1623 par le tsar Michel Féodorovitch et qui a trois églises. C'est un couvent de femmes, dont le tré.sor possède une croix d'autel, ornée de perles, qui a appartenu au tsar Alexis Mikbaïloviieh.
Couv. dei Vierges. MOSCOU. V. J{. .V^. 263
C'est d'iei que le prince Pojarsky (p. 257) attaqua Moscou occupée par les Polonais en 1613.
La Pretcbistenka est prolongée au S.-O. par la Bolchaïa Tsaritsyiiskaïa Dans cette rue, à g., les archives du ministère de la Justice (apxHBiMHHHCTépcTBaiocTHuiH; pi. 4, B6; entrée, v. p. 232;dlrecteur; M. le prof. D.-J. Samokvassov), comprenant des documents de l'anc. administration de la ville de Moscou. Un peu plus loin, le monument du chirurgien N.-I. Pirogov (né à Moscou en 1810, m. en 1881), statue assise en bronze érigée en 1897 d'après Sherwood (pi., S. de P.). A dr., les cliniques de V Université, achevées en 1891. — La Tsaritsynskaïa aboutit au ohamp des Vie&ges (AiBH<ibe nÔAe ; pi. B 5-6) où, sous la domination des Mongols, on passait, dit-on, en revue les jeunes filles qu'il fallait livrer au kban avec le tribut annuel en argent.
A l'extrémité S.-O. du champ des Vierges est le eonvent de
Novo-Diévitohy ou des Vierges (HÔBO-^^BHHiii MOHacTÛpb ; pi. 36,
A 6), curieux au point de vue historique et qui est entouré d'un
mur avec seize tours, des créneaux et des meurtrières.
Ce couvent a été fondé en 1524 par le tsar Vassily Ivanovitch, en souvenir du retour de Smoleiisk au grand-duché de Moscou. Après la mort du tsar Féodor I^' Ivanovitch, en 1598, sa veuve, la tsarine Irène, sœur de Boris Godounov, y prit le voile sous le nom d'Alexandra. Le patriarche Job se présenta alors aux portes du couvent à la tête de son clergé et décida Godounov, qui s'y était également retiré, à accepter la couronne. Il y eut ici en 1610 des combats sanglants avec les Polonais, et le couvent fut en partie détruit, mais bientôt restauré, par le tsar Michel. Pierre le Grand y fit enfermer sa sœur Sophie , qui briguait le pouvoir, et lui fit prendre le voile sous le nom de sœur Suzanne. La maison qu*elle habita est aujourd'hui celle de r«igoumèna* ou abbesse. On mon* ire encore la fenêtre de sa cellule, devant laquelle Tempereur fit pendre 300 strélitz. après en avoir réprimé la révolte. Pierre fit enfin élever en face la haute tour dont Thorloge sonne les minutes. Belle vue du sommet sur les monts des Moineaux et les environs de Moscou. — Kapoléon I^^ visita le couvent en 1812. Les Français voulurent faire sauter Téglise à leur départ; mais ils échouèrent grâce au courage des religieuses.
Ïj& porte principale, par laquelle nous pénétrons dans la cour du couvent, a une tour à plusieurs étages et cinq flèches. Au delà s'élève l'église principale, avec ses cinq dômes; puis les petites tours des autres églises et des chapelles et à g. la grosse tour qui renferme les clocbes. Allant de l'entrée autour de l'église principale, près des chapelles et le long du mur, on voit le cimetière, lu église principale («sobor») n'a rien de remarquable en dehors des tombeaux de la première femme de Pierre le Grand, Ëudoxie, et de sa sœur Catherine. Son autre sœur, Sophie, morte ici en 1704 en odeur de sainteté, est inhumée dans la petite église à gauche.
Du couvent des Vierges au mont des Moineaux, v. p. 276-275.
Le boulevard Smolenskp^ mentionné à la p. 262, conduit au N. au marché de Smolensk (Smolensky rynok; pi. BCo), d'où la rue dite Arbat, qui est animée, mène à la place ArbaUkaia (pi. C4), à l'extrémité 0. de la Znamenka et de la Vozdvijenka (p. 260). — La Smolenskaïa conduit du marché, à l'O., au pont Dorogomilov ou Borodinsky (pi. B5), par lequel Kapoléon entra à Moscou en 1813. La route de Mojaïsk et de Borodino y aboutit.
264 V. R. 35. MOSCOU. Tverskaïa.
Nous prenons maintenant au N. du marehé de Smolensk, traversons le boulevard Novinsky et parvenons à la place Koudrinskaia (pi. B C4), au commencement de la Sadovaïa (p. 234) ou rue des Jardins. De là nous allons à l'O. , en passant à la maison des Veuves (BAÔBÎft aomi; pi. UG, B 4), b.âtie en 1803 ; puis par la Koudrinskaïa au pont (Priesnensiy-Most) sur les étangs Priesnenskié (pi. B4). A dr. est le Jardin toolôçique (aooaorAiecmik cax'b; pi. 109, B3-, entrée, 33k,), peu important, mais très fréquenté par le peuple comme lieu de divertissement. Il est ouvert de 10 h. à 8 h. (3 h. en hiver) ^ guide russe, avec un plan, 20 k. Dans la Malaïa Grousinskaïa, n** 21, le musée Chtohoukine (pi. B3; entrée, V. p. 233), construit sur les plans de Freudenberg. Il comprend des antiquités russes, des objets d'art industriel et des tableaux, et mérite d'être vu.
La BoLCHAÏA Priesdevskaïa conduit du pont Priesnensky à la porte du même nom (pi. B4), où sont le cimetière arménien et le cimetière de Vaçankov. V observatoire de l'université (pi. 124, B4), se trouve au S. dans le Bolchoï Nikolsky Péréoulouk.
Nous revenons de la place Koudrinskaïa ( v. ci - dessus ) à la place Arbatskaïa par la Povarskaia (pi. C4), au S.-E. , où se trouve, à dr. , la direction des har<u impériaux (pi. 78). De la puce Arbatskaïa, la Vozdvijenka nous conduit au jardin Alexandre (p. 259).
D. Quartiers Hord-Onest.
Lignes de tramway: 3, 11, 13, 16 et 17.
La Ttebskaïa (TsepcKâfl ymnn ; pi. CD 3-4), une des principales rues de Moscou, est bordée de riches magasins. Elle part de la porte Ibérienne, au N.-O., et elle a plus de 2 kil. de longueur. On y rencontre d'abord à dr. VOkhotny Riad (p. 235), avec des halles. A g. débouche la Mokhovaïa (p. 260). Plus loin, à g., lepassage Postnikov, Ensuite, à g., en face de la petite place Tverskaïa, à Tangle de la rue Tchernichevsky, l'anc. hôtel du gouverneur-général (AOHiTeHepâjii-ryôepHâTopa: pi. 77, C D 4; v. p. 275). — A la porte Tverskiia (TsepcKifl Bopôia), endroit ainsi nommé d'après une anc. porte qui s'y trouvait, la rue traverse les boulevards qui entourent la «ville blanche». Au commencement de ce boulevard se trouve le monumeiLt de Pouclikine (pi. 119), inauguré en 1880; la statue du poète, en bronze, d'après Opékouchine, est sur un piédestal de granit. A dr. de la porte Tverskiia, sur le boulevabb Stbastnoï, est le couvent de Strastnoï (ou couvent des la Passion de Notre- Seigneur; pi. 41, C3), couvent de femmes fondé en 1654 par le tsar Alexis Mikhaïlovitch. On a une belle vue du haut de sa tour. Derrière se trouve le premier collège de filles (pi. 21, C3).
De la porte Tverskiia part, au S.-O., le boulevard Tverskoi^ qui s^étend jusqu'à la porte Nikitskiia. Sur ce boulevard, à g., la Direction de la poHce (pi. 130, C4).
Ensuite, dans la Tverskaïa, à dr., Vhôtel du gouverneur cit^l (AOMI rpajKAaHCKaro ryôepaâropa ; pi. 76); à g., la clinique ophtalmique (rjasHéfl ôojbHHiia; pi. 82).
Au coin de la Sadovaïa et de la Malaïa Bronnaïa se trouve la précieuse collection de U^^ N. de ChabeUkoï (pi. 119a, C3; entrée, v. p. 232), comprenant 4500 objets d'art industriel du xiv^ s. jusqu'au règne de Pierre le Grand: costumes de boyards, etc., parures*, broderies et dentelles, costumes sacerdotaux, vieilles étoffes (env. 8(X)), tapis (300), coffres, verres, ivoires et bois sculptés, etc.
Grand Théâtre. MOSCOU. V. R. 36. 265
Au delà de la Sadoyaïa, la rue prend le nom de Bolchaïa TvEBSKAÏA Iamskaïa, et elle se termine à l'are de triomphe (TpiyM- «âjLHUii Bopéia; pi. B G 3; à 3 kil. de la porte Ibérienne). Une inscription sous la plate -forme nous apprend qu'il a été élevé en rhonneur des exploits d'Alexandre I®*" en 1812. C'est un arc de triomphe à une baie, sur le modèle de celui de Titus à Rome, avec des statues de guerriers et des bas-reliefs. Au sommet, une Victoire sur un char à six chevaux. La gare de Smolensk (pi. 72, B3; v. p. 228) se trouve à g. au delà de l'arc de triomphe; le tramway conduit tout droit au parc Pétrovsky (v. p. 279).
La rue parallèle à la Tverskaïa à l'E., entre l'Okhotny Riad et le boulevard Strastnoï (p. 264) , est la Bolchaïa Dmitbovka (pi. D 3-4). Nous y voyons immédiatement à g., à l'angle de l'Okhotny Riad, le club de la Noblesse (p. 231). A dr., à l'extrémité de la rue, au boulev. Strastnoï, Vimprimerie de V université {i^\. 149). — La rue prend au delà du boulevard le nom de Malaïa Dmitbotka. Immédiatement à g., au coin du Poutinkovsky Péréoulok , se trouve Vexposition permanente de peinture (BÛcraBRa KapTiiBi» ôômecTBa ifoôéreieM xyA6»ecTB%), avec des tableaux d'artistes russes modernes (entrée, v. p. 232). La plupart de ces toiles sont à vendre. A dr., V église de la Nativité, construite au xvii® s.
La Malaïa Dmitrovka traverse ensuite la Sadovaïa et se prolonge sous le nom de Dolgoroukovskaîa^ jusqu'à la barrière (zastava) Boutyrskaia (pi. Ci), en deçà de laquelle se voit, à g., à l'angle de la Liésnaïa, la pri*on centrale (pi. 135, C2).
L'Okhotny Riad (p. 264) aboutit à l'Ë. à la grande place des Théàtbes (TearpâibEafl niômaxi»; pi. D4), qui a 320 m. de long et 160 m. de large. Sur cette place, l'une des plus grandes de Moscou , se trouve une fontaine ornée des figures de la poésie comique et tragique et de la musique, par Vitali. Au Nord s'élève le Grand Théâtre (Boibméft reérpi; pi. 144; p. 231), ouvert en 1824 et reconstruit par Cavos après l'incendie de 1854. La façade a un portique de colonnes ioniques. Le fronton est orné d'un bas-relief et surmonté d'un quadrige colossal, représentant Phébus sur son char. L'intérieur, blanc et or, a ô rangs de places et peut contenir 4000 spectateurs. — Le Petit Théâtre (Mâjutt reérpi; pi. 145), construit en 1841 , est presque- en face à l'E. du précédent. Les proportions sont beaucoup plus modestes; il contient 1000 personnes. — Au N* du Petit Théâtre, entre la Pétrovka et le Néglinny Proïezd, se trouvent les passages Alexandrov et Solodovnikov,
La PÉTBOVKA (IleTpéBKa), l'une des rues les plus commerçantes de la ville, part de la place des Théâtres, au N. Il y a là aussi des magasins élégants, surtout dans la première rue transversale, appelée le Pont des MAaiÊCHAux {Kouznetsky Afoaf ; pi. D 4), rue qui se prolonge jusqu'à la Loubianka. A l'extrémité de la Pétrovka, avant le boulev. Pétrovsky, se trouve à dr. le couvent Vyssoko-Pétrovsky (pL 44, D 3), fondé en 1380 par Dmitry Donskoï. Il a six églises et renferme beaucoup de tombeaux de familles nobles.
266 V. R, 36. MOSCOU. Tour Soukhmreiu
Au N. de la porte Pétrovsky, qui est entre les boulev. Strastnoï et Pétrovsky, à g. , le grand hôpital Catherine (ËRaTepHHHHCKaH ôoJibHHua ; pi. 79, D3); plus loin, à dr., la caserne Péirovsky ou de gendarmerie (pi. 11). La rue porte dMci à la Sadovaïa le nom de Karitny Riad^ à cause du grand nombre de fabriques de voitures qui s*y trouvent. Au' delà de la Sadovaïa, le séminaire (AyxÔBHaa ceMHfiâpifl; pi. 137, D 3). Dans la Kovaïa Bojedomskaïa, Vhôpital Marie (pi. 85) et VInsiitution Alexandre (pi. 104), pensionnat de demoiselles.
Du couvent Vyssoko - Pétrovsky, le hotdevard Petroviky nous conduit à l'E. à la Tbouba (Troubnaïa Plochtchad; pi. D3), grande place très animée le dimanche, et où est le restaurant de l'Ermitage (p. 229).
Au N. de la Trouba part le boulevard Têviétnoî ou boul. des Fleurs (pi. D3), où se trouve à g. le cirque Salamonski (p. 231).
De la Trouba nous retournons à la place des Théâtres , à dr., par le Néglinny Froïezd (pi. D 3-4), avec la banque de V Empire (pi. D 3) construite en 1894 par le professeur Bykovski, ou à g. par la Rojdestvenka. C'est dans cette dernière rue que se trouve, à g., le couvent Rojdestvensky (pi. 38 , D 3) , couvent de femmes fondé, dit-on , dès 1386 , et qui a trois églises. — Plus loin , à dr., l'école de dessin Stroganov, où est le musée des Arts Industriels (xy^ôsec- TBeHHO-npoMunijeHHuii MyaéS HHnepâxopa AjeKcâHApa II; pi. 120, D3): riches collections de modèles d'architecture, de peinture et d'ornementation russes; faïences; chinoiseries; meubles; ouvrages en terre cuite (en partie à vendre), etc. Entrée, v, p. 233; directeur: M. N.-V. Globa.
E. Quartiers Hord-Est. Lignes de tramways: 1, 2, 4, 14 et 15.
Le Téatralny Proïezd , à l'Ë. de la place des Théâtres, passe à l'extrémité S. du Néglinny Proïezd et de la Rojdestvenka ( v. cidessus), pour arriver à la place Loubianseaïa {AyéàacKati nioméAi>; pi. D4), située à la porte N. ou porte Vladimir de Kitaïgorod. Deux grandes voies, la Bolchaïa Loubianka et la Miasnitskaïa ^ partent de là dans les directions du N. et du N.-E. — Dans la Bolchaïa ou Grande Loublinka (pi. D 4-3) se voit à dr. le troisihne collège impérial (pi. D4). A l'extrémité de la rue, à g., le couvent Srétensky ou de la Purification (CpéTeHCKiS HyxccKéii MOHacrâpb ; pi. 40, D 3), couvent d'hommes construit dans l'ancien champ Koutehko, autrefois hors de la ville et où avaient lieu les exécutions, à Tendroit où la célèbre image .de la Vierge de Vladimir fut reçue solennellement en 1395. — LaMALAÏA ou Petite Loubianka (pi. D4-3), parallèle à la Bolchaïa Loubianka à l'E., comprend (à dr.) V église St -Louis (pi. 64; p. 231), l'église française, fondée en 1791. Au bout de la rue, à dr. dans le Milioutinsky Péréoulok, V église St-Pierre-et- St-Paul (pi. 67; v» p. 231), aux catholiques.
Le prolongement de la Grande Loubianka au N., au delà du boulev. liojdestvensky, s'appelle Sbétenka. A l'extrémité, dans la Sadovaïa, la place Soukharev, où s'élève la tour Soukharev (Cyxa-
Consistoire ecel/sinsHqve. MOSCOF. V. Ji. 35. 267
pcBa ôâmHfl; pi. 147, D3), tour érigée par Pierre le Grand en 1689,
en l'honnenr du régiment de Soukharev, sous la protection duquel
le jeune tsar et sa mère purent se réfugier au couyent de Troïtsa,
en 1682, lors de la révolte des strélitz. Ce bâtiment servit jusqu'en
1715 d'école navale, puis il fut, jusqu'en 1806, le siège du collège
de l'amirauté, et on en a fait de 1834 à 1900 un réservoir d'eau. Il
se compose d'une première construction de 40m. de long sur 24 de
large, à deux étages, et d'une tour octogone haute de 57m., à
quatre étages, au-dessus de la porte qui relie la Srétenka à laPervaYa
Miéchtchanskaïa. On arrive par un escalier tournant (273 marches)
à la plate-forme, d'où l'on a une vue magnifique sur la ville. — Au
N. de la place Soukharev est le grand hôpital-hospice Chérémétier-
(pi. 80), fondé en 1803 par le comte Nicol. Chérémétiev.
La large Pervaïa ou Premier» Miéchtcuakskaïa (pi. D 3-1) conduit au N. de la tour Soukharev à la porte Krestovskiia (pi. D 1). Là se trouvent la gare de la ligne de Moscou -Windau-Rpbimk et les deux énormes tours hydraulique* de la conduite d^eau (entrée t. 1. jours de 10 h. à 4 h.). Chaque tour a une capacité de i50(XX) védros d'eau; belle vue de la plate-forme. L'eau est amenée par un aqueduc de Orand'Mjftich1chi{p. 282), a 17 V. de Moscou, jusqu'à Alexéievskoïé (p. 281), et envoyée par des machines à vapeur dans les tours, d'où elle est distribuée par toute la ville. — A dr. de là, Grokholsky Péréoulok, le jardin botanique de Puniversiié (pi. 107; entrée, v. p. 233), créé par Pierre le Gr.
Nous revenons à la place Loubianka et prenons au N.-E. par
la MiASNiTSKAÏA. A g. , à l'entrée, le consistoire ecclésiastique
(AyxÔBHafl KOHCHCTÔpifl; pi. 28, D 4).
Le consistoire passe pour avoir été construit sous le grand-due Vassily IV Ivanovitch et avoir servi alors de résidence archiépiscopale (PaaâHCKoe apxiepéftcKoe noABÔpbe). On en ût à la fin du xvii^ s., sous Féodor III Alexéievitch , un hôpital pour les blessés, en 1742 un dépôt des archives et de 1774 à 1801 le siège de «l'expédition secrète» ou des autorités chargées de l'instruction des procès politiques. 11 a été attribué au consistoire dès 1833.
Nous continuons au N.-E. par la Miasnitskaïa. A l'extrémité de cette rue, à g., ï Ecole des Beaux- Arts {ynûiHnxe «HBonHCH, BaHHifl H 3ÔAHecTBa; pi. 50); à dr., la poste centrale (pi. 133; p. 230) et à côté le bureau central du télégraphe (pi. 143) , au coin de la Miasnitskaïa et du boulevard du Tchisty-Proud (étang Pur), ainsi nommé d'après l'étang de ce nom à l'extrémité S. — lia Miasnitskaïa aboutit à la Sadovaïa (p. 234). La rue principale prend à dr. un peu en deçà et mène à Isl porte Rouge (KpâcHUii Bopéia; pK 132, E3), arc de triomphe de mauvais goût, à trois baies, élevé l'année du couronnement de l'impératrice Elisabeth Pétrovna, en 1742, par les commerçants de Moscou. Cette porte est rouge avec des colonnes et des ornements peints en blanc. Elle est décorée de basreliefs et surmontée d'une statue de la Gloire en bronze.
La Kalantohevskaïa mène au N. de la porte Rouge à la place du même nom, où sont les gares Nicolas, d'Iaroslavl et de Kazan (v. p. 228).
De la place KalantchevskaYa, la Krassnoproiidnaïa et la chaussée
268 V. R. 36, MOSCOU. Égl de V Assomption,
de Sokolniky conduisent au N.-E. au *parc de SokoUûky {Soholnitchia Rochtcha; pi. EF61; à 5 kil. de la place Loubianskaïa), la promenade favorite des Moscovites. Il a de magnifiques sapins et de belles pelouses et il est parsemé de nombreux chalets («datchi» , p. xxxn). De la Nov/velle Promenade («Novoïé Gouliané»), rondpoint entouré de bosquets, avec un pavillon où se donnent des concerts, partent, au N., sept percées ou «prossiéki», en éventail, reliées enrre elles par des allées transversales. Les chalets les plus élégants sont dans la sixième «prossiéka». Un chemin à TO. du pavillon mène à la Vieille Promenade («Staroïé Gouliané»), où le peuple vient s'amuser les dimanches et fêtes, une curiosité pour l'étranger.
De Sokôiniki, le tramway (ligne 1; p. 229) conduit au village de Bogorodikoié (1/4 d'h.), au milieu des bois, où il y a beaucoup de villas.
F. Quartiers Est.
Lignes de tramways: 2, 4, 5 et 8. — La visite de ces quartiers n'oflfre rien de bien intéressant.
Au N. et en face de laj>o/'/« lliinskia (pi. D4; p. 258) se trouve le mnsée Polytechnique (IIojHTexHHqecKiâ Myaéfi; pi. 122), qui a de riches collections de modèles techniques, architectoniques, d'instruments aratoires, etc., de dessins, etc., (entrée, p. 233; catalogue en russe, 10 k.). — A dr. au delà de la porte, sur le boulev. Hiinsky, une chapelle achevée en 1887, que le régiment des ^enadiers de Moscou a fait élever en mémoire des camarades morts pendant la guerre de 1877 à 1878 à Plevna, à Kars, etc.
La PoKBOvKA , suite de rues de 6 kil. de longueur , qui s'étend jusqu'à l'Iaouza, conduit de la porte lliinskia dans la direction E. Le commencement, jusqu'à l'Armiansky Péréoulok, s'appelle Ma- ROSSEiKA, des Malorossy ou Petits - Russiens qui sont venus s'y établir au xvii^ s. Kous y voyons à g. la maison de la Société philanthropique (qejoB'bKOjioÔMDoe ôômecxBO; pi. 139).
Dans la rue armkmënke, à g., le mausolée du boyard Matvéiev (m. 1682), oncle et précepteur de la tsarine Nathalie Narychkine, mère de Pierre le Grand. Plus au N., VInstitui Latarev (JlàaapeBCKift HHCTHTifrb BOCTÔnHuxi U3URÔBI; pi. 103), pour les langues orientales, fondé en 1815 par les frères Lazarev. En face, Végltse arménienne (pi, 55, E 4), bâtie en iT7i, — Du côté S. de la Marosseika, dans le Kozmo-Damiansky Péréoulok, Péflise luthérienne 8t • Piètre - et -St- Paul ((IleTpà h IIàB.ia jsorepàHCRaH uépxoBb^ pi. 68, E4). construite en 1817, dans le style gothique. Plus loin, au bout de la rue, le couvent Ivanovsky on de St-Jean-Baptiste (pi. 35, E 4), couvent de femmes fondé au xvi^ s. , brûlé par les Français en 1812 et reconstruit en 1861, sur les plans de Bykovski, avec une école d'orphelines.
Le prolongement de la Marosseika, de la rue Arménienne au boulev. Zemlianoî, est la Pokbovka proprement dite. On y voit à g. la jolie église de PAssomptioiL (pi. 61, E4), en briques rouges et nommée aussi pour cette raison église Rouge. Elle a treize dômes, disposés en forme de pyramides. Elle excita Tadmiration de Napoléon en 1812 et fut pour cela protégée contre. Tincendie. —
Uosp. des Enf, 'Trouves, MOSCOU. V, R. 35. 269
De l'autre côté du boul. Tchistoprouduy, à g., au u» 31, la maison P. Botkine, où 11 y a une collection de tableaux modernes de peintres français, allemands, beiges et russes (entrée, v. p. 232).
Au delà du boulevard Zemlianaï, près duquel se trouve, à dr., la gare de Koursk et de Nijny- Novgorod (pi. 69, EF4; p. 228), la rue prend le nom à^Staraïa BasmannaMa. Nous y voyons à l'entrée, à dT., Véglise St-Nikita (pi. 66, F 3) , fondée en 1517 par le grandduc Vassily et restaurée en 1751.
Au s. de réglise St-NiWta, dans le Gorokhovsky Péréoulok, VJnstiiui de giomHrei ( KoHCTaHTHHOBCKi ft MeaeB<5tt HHCTaTyrb; pi. 49 a, F 3). Dans la Gorokhovaïa, un orphelinat de Thospice des Enfants trouvés (pi. 95-, V. ci-dessous)*, dans la Vosnessenskaïa, VlmUtut Elisabeth i^\. 101), pour les filles, et en face, V église St- Michel (pi. 65), église protestante, bâtie en 1576, dans le sty^e goth., et plusieurs fois restaurée.
A la place Razgouliaï aboutit, à g., la NovaXa Basmanruiïa^
qui part de la porte Rouge. Le prolongement de la rue s'appelle
lÉi^oKHovsKAÏA jusqu'à la place lelokhovskaïa (pi. F 3) ; puis il
prend le nom de Poblbovskaïa, jusqu'au pont Pokrovtky (pi. G 2).
— Plus loin, à l'E., sur la rive g. de l'Iaouza, se trouve le faubourg
«uvrier de Pbéobbajenskoïé, avec de grandes fabriques.
La première rue transversale qui part de la Pokrovskaïà dans la direction S. est la Nfémetskaïa ou rue Allemande, autrefois le centre du faubourg Allemand , dont le souvenir se retouve encore dans quelques noms. A l'E. de cette rue, le Ni/metsky Rynok ou marcbé Allemand (pi. F 3), le plus important des quartiers E. de la ville. Au S.-E., sur une place au bord de l'Iaouza, le palais Lefortovsky (jIe«6pT0BCKiii ABopéai; pi. 128, F 6 3), construit par Pierre le Grand pour son célèbre compagnon Lefort (de Genève), transformé par Paul I®' et habité maintenant par des employés de Farmée. A côté, V école Technique (pi. 54, F 3), fondée par l'impératrice Marie Féodorovna en 1832.
De Tautre côté de llaouza, à g., la caserne Rouge (RpàcHbia RaaàpMbiH, pi. 16, G 4), et à dr. le collège militaire. — Sur la grande place des Cadets (pi. G 4), le 7^ et le IP collège militaire. L'impératrice Anne loannovna s^était construit là une réâidence d'été, VAnnenhof, qui brûla deux fois et que Catherine II fit remplacer en 1784 par ce beau palais, dû à Parchitecte Bajanov et qui coûta 4 millions de roubles. — Au N. de la place des Cadets, Vhôpital militaire (BoéHHuft rôtnHxajiB^ pi. 86). C'est une immense construction qui peut contenir 2000 malades. Fondé par Pierre le Grand, 1 a été rebâti sous Alexandre I^', sur les plans de Séménov.
O. Quartiers Snd-Sat.
Ligne» de tramveays: 5, 8 et 14.
Partant maintenant de la place Yabyabskaîa (pi. D4; p. 258), à la porte du même nom , à TE. de Kitaîgorod , nous allons par la SoiiiANKA, au S.-E., au pont laouzky (p. 270). A dr. de la rue est l'entrée principale du grand hospice des Enfants-Trouvés (Bocoh- TâTejbHuti AOMi; pl.94,E4; entrée les jeudi et dim. de 1 h. à 4 h.), ornée de deux groupes: la Charité et l'Education, par Vitali.
270 V.H.3Ô. MOSCOU. Couv, du Sauveur,
Cet hospice, un immense carré d'édifices blancs, a été fondé en 1764 par Catherine II; plus tard on y ajouta le Conseil de tutelle (v. ci-dessous) et recelé l^ieolas pour orphelines (v. ci-desâou»). L'hospice a servi d'hôpital en 1813. Cet établissement reçoit de l'Etat une subvention annuelle de plus d'un million de roubles, provenant en grande partie de la vente des jeux de cartes en Russie. Le nombre total des enfants soignés est d'env. 80 000.
A côté de l'entrée priucipale de l'hospice, dans la Solianka, à g., le Conseil de tutelle (oneK^HCKift coBéri; pi. 27), où sont conservés des objets de valeur, des papiers et des documents importants; puis V école Nicola» (filles; pi. 52). A l'extrémité S. de la rue, le pont laouzky (pi. E4), par où Ton va dans le quartier de Rogojskaïa, situé sur la rive g. de l'Iaouza et habité presque uniquement par la classe pauvre.
Nous allons du pont, à g., par la Nikolo-Iamskaïa, en 25 min.,
au couvent Andranov (Cnaco-AHApÔHleBcKiii HOHacTÛpb ; pi. 30, F 4),
couvent d'hommes dans un site pittoresque, sur la hauteur de la
rive g. Il a été construit en 1366, par le métropolite Alexius,
détruit en 1812 et rebâti depuis. Il a cinq églises et une tour haute
de 80 m., d'où l'on a une belle vu«.
A 1/4 d'h. au S. du couvent Andronov se trouve le couvant rokrovskf (pl. 37), fondé en 1655 sous le tsar Alexis Mikhaïlovitch.
A Vî ^* au S. du pont laouzky (v. ci-dessus) , sur la rive g. de la Moskva , s'élève le oouyent Hovospasky ou nouveau couvent dn Sauveur (HoBOcnâccKiâ MOHacTÛpb ; pi. 33, E 6) , qui passe pour le plus ancien de Moscou et qui est entouré d'une muraille blanche. Il a cinq églises et un clocher, haut de 72 m., reconstruit en 1785. Fondé dans le Kremlin par Ivan Kalita (1328-1340) et construit sous Ivan III (i462-1505) sur l'emplacement actuel, il a été dans la suite souvent détruit par des incendies , mais toujours restauré. Il fut pillé par les Français en 1812 et les églises furent transformées en casernes et en écuries.
Dans le vestibule de Véglite de la Transfiguration (Cnâca IlpeoôpaacéHiB), construite sous Michel Féodorovitch, se voient de grandes peintures murales: en bas, des philosophes grecs; au dessus, des scènes de l'histoire ecclésiastique russe; eu haut, l'arbre généalogique de Rourik. A l'icO' nostase de l'église, une image miraculeuse du Sauveur, apportée de Khlynov ici par Alexis Mikhaïlovitch; derrière l'autel, les portraits des dix patriarches. Plusieurs membres de la maison des Romanov sont inhumés dans le couvent, entre autres Marthe (Marfa), mère du tsar Michel Féodorovitch. La tacristie («riznitsa*) renferme beaucoup de choses précieuses, de magnifiques ornements d'église, etc.
Nous continuons dans la direction S. , en passant devant la caserne Kroutitsky (pi. 14) et la poudrière (pi. 134). Au bout de Va h., le couvent Simonov (Chmohob'b HOHacTÛpi»; pi. 39, £7), à la porte Simonovsky et sur une élévation non loin de la Moskva. Ce couvent, fondé en 1370, fut entouré de murs en 1591 et néanmoins pris en 1610 par les Polonais et les Lithuaniens. Transformé en hôpital en 1812, lors du séjour des Français, il fut en partie incendié, mais rebâti depuis. Il a six églises. V cytise principale, consacrée à la Vierge, mérite d'être vue. On y entend de très beaux
OaUrie Trtiiakirv, MOSCOU. K. H, iiô. 271
chants sacrés , particulièrement les veilles des fêtes. Le trésor est
très riche. Le clocher , haut de 100 m. et construit en 1839 , offre
une vue magnifique sur la ville.
Vétang dfi Lizine (pi. £7), connu par «la Pauvre Lisa» de Karaïuzine, se trouve au delà de la porte Simonovsky.
H, Quartiers Sud.
Galerie Trétiakov. Xonts des Hoineanz.
Lignes de tramways: 5, 6, 19 et 20. ~ Tramtoay à vapeur: ligue 1. — Izvochtchik: du Kremlin à la galerie Trétiakov 25 k., aux monts des Moineaux 1 r. 25.
La partie de la ville située sur la rire S. de la Moskva, appelée ZAMosKYABETOHré , a été de tout temps très peuplée, en raison du voisinage du Kremlin. C'était autrefois le quartier des Tatares; maintenant elle est principalement habitée par des commerçants vieux-russes.
Il y a six ponts sur la Moskva, les ponts Dorogomilovsky, Krymaky , Kamenny, Moskvarietsky , Oustinsky et Krasnokholmsky, Le Grand Pont Kamenny {Bolchoï Kamenny Moat, pi. D5), construit de 1634 à 1682, a été remplacé en 1859 par un pont de fer, reposant sur trois piles. — Le pont Moskvabetsky (pi. D4), qui date de 1830, mène dans l'île, qu'un canal de dérivation (Vodootvodny-Canal) sépare des quartiers sud, et le pont Tchaugounny («pont en fonte» ; pi. D5), sur ce canal, mène ensuite à la rue Piatnitskaïa, qui aboutit à la place Setpoukhovskaïa (p. 275). — Sur le quaiBerssénovskaïa, la maison de la Société d'archéologie (pi. 138 a, D5), d'un aspect pittoresque, qui a un petit musée d'antiquités (entrée, 1. 1. jours, de 10 h. ai h.). — A l'E., la place Bolotnaïa, où il y a un marché aux fhiits.
La*galerie Trétiakov (pi. D 5), dans le Lavrouchensky Péréoulok, est la principale galerie de tableaux russes modernes et elle compte plus de 2000 numéros. Elle a été offerte à la ville par les frères P.. et S. Trétiakov, en 1892. Cette galerie est riche en œuvres de peintres tels que: Vassily Vassiliévitch Vérechtchaghine (né en 1842; paysages, batailles); Vassily Orégoriévltch Pérov (1833-1882; scènes populaires russes), Ivan Ivanovltch Chichkine (1831-1898) et Vassily Dmitriévitch Polienov (né en 1844), deux paysagistes , Ivan Nikolaïevitch Kramskoï (1837-1887; portraits), Ilia léfimovitch liépine (né en 1844; genre, portraits) et Vladimir légorovitch Makovsky (né en 1846; genre). — Entrée v. p. 232. Catalogue français (illustré) 40 k. , russe 15 k. La disposition des tableaux est assez souvent changée. — Directeurs: M. M. A.-P. Botkine, I.-S. Ostroukhov^ V,-A. Siérov et I.-E. Tsvétkov.
Sur le plan les salles du rez-de-chaussée sont désignées par des chiffres arabes et celles du l^r étage (à jour d'en haut) par des chiffres romains.
A g. de l'entrée principale se trouvent les bureaux de la direc-
MOSCOU
Galerie Trétidkov.
tiou, le fumoir et le vestiaire, et à dr. le vestiaire , la bibliothèque et le cabinet de toilette. De cette entrée on passe dans la
Salle I. Dessins et aquarelles: 1, E.-P. Tchemessov (1737-1765), Catherine II; 66-73, P.-F. SoUolov (1791-1847), portraits; 93-100, K,-P. Brullov, Esquisses et études; 101, 102, F.- A. Bruni (1800- 1875), le Serpent d'airain; Lutte des bons et des mauvais génies; 122-124, A,' A. Ivanov (1806-1858), esquisses de son chef-d'œuvre: l'Apparition du Christ (p. 261); 126, le même, Jeune homme choisissant des boucles d'oreilles pour sa fiancée; 138, M.-I. héhédev (1812-1837), Albano, le soir; 152, P.-A, f'/do/ot? (1816 - 1852),
portr. de son père; 166- 172, le mêm^, tableaux de genre; 259, 264, 266, I.'I. ChichUne (1831- 1898), paysages; 267, N.-N. Gay (1831-1894), la Ste Cène; 279, 281, V.'G, Pérov (1833- 1882), Esquisses; 304, 313, y. -G. Schwartz (1838-1869), Ivan le Terrible se rendant aux matines ; Ivan le T. à la chasse au faucon (cérémonie de la présentation du gant au tsar); 342, 343, 345, I.-LRepine (né en 1844), portraits; 369-374, V.'M, Vassnetsov (né en 1848), menus à,vL dîner de gala le jour du sacre d'Alexandre tU (1883) ; 387, F.-A. Vassiliev (1850-1873), Bateau sur la mer Noire. — A l'extrémité de la salle, un escalier monte au
Premier étage. — Salle II: vieux peintres russes. Au mur principal de g.: 11, A.-P. Lossenko (1837-1873), l'Atelier de l'artiste; 21-29, V.'L. Borovikovski (1757-1826), portraits; 43-61, K-A. Tropimne (1776-1857), portraits; 79-85, 0. - A. Kiprensky {i7S3- 1836), portraits; 100-112, S.- F. CA^c/iecinne (1791-1830), paysages; 119-135, K.-P. Bi-ullov (1799-1852), portraits; 142, N.-G. Tschernetsov (1804-1879), Pouchkine, Krylov, Choukovsky et Gneditch ; 167-174, M,-I. Lebédév, paysages. — Au mur principal de dr. : 197, P.- A. Fedotov, Jeune veuve; 252, K.-D. Flavitsky (1830-1866), La princesse Tarakanov noyée dans sa prison; 263, baron M.-K. Klodt (1832-1902), Coucher de soleil; 268, V.-V. PouUrev (1832- 1890), Union mal assortie; V.-G, Pérov: 278, Un guitariste; 289, l'Oiseleur; 290, Pèlerin; 294, Halte de chasseurs; 297, portr. du romancier F.-M. Dostoïevsky.
Oalerie TreUakov. MOSCOU/ F. B. 35. 273
Salle III. A g.: 417, l.-M, Prianichnikov (1840-1894), les Farceurs; 401, baron M,-P. Klodt (né en 1835), le Dernier printemps; 421, L-M. Prianichnikov, Retraite de Russie (1812); 438, P.'A.Svedomsky (né en 1849), Méduse; 397, P.-P. TchUtiakov (né en 1832), Carrier italien.
Salle IV. A dr. : 542, V.-M. Maximov (né en 1844), Arrivée d'un sorcier à une noce de village; I.-K, Aïva^ovsky (1817-1900): 454, la mer Noire; au-dessus, 451, Gourzouf la nuit; 553, L-I, Elever (né en 1850), Forêt vierge; 470, 474, /.-/. Chichkine, Dans les seigles ; Une forêt le matin ; 499, O.-O. Miassoiedov (né en 1835), Sectaires fanatiques se livrant aux flammes; 522, 524-528, A.-L Kouïndji (né en 1842), paysages; 543, V.-M. Maximov, le Partage des biens. — Au milieu, sur un chevalet : 473, /.- J. Chichkine, Forêt.
Salle V. A dr. : I.-N. Kramskoï (1837-1887), portraits, entre autres, 570, portr. du comte Léon Tolstoï (1873). — A g.: F.- A. Vassiliev^ paysages; 567, I.-N. Kramskoï, le Christ au désert.
Salle VI. A dr.: 637, N.-N. Oay, Pierre le Grand interrogeant son fils, le tsarévitch Alexis; 639, le même, portr. du comte Léon Tolstoï (1884) ; 680, A.-I. Korzoukhine (1835-1894), A l'hôtellerie d'un monastère; iV.-A. larochenko (1846-1898): 684, Chauffeur; 686, Etudiant; 701, Partout la vie (des forçats donnent à manger à des pigeons par la fenêtre d'un wagon). — Au milieu, sur un chevalet: /.-P. Pokhitonov (né en 1850), paysages.
Salle VII. A g.: 733, V.-O. Perov, Dispute entre vieuxcroyants et orthodoxes en présence de la tsarine Sophie; V,-I. Sourikov (né en 1848): 739, Dérision de la boyarine Morozov ; 737, Exécution des strélitz; 738, le prince Menchikov en exil.
Salle VIII (3 travées). A dr. : /.-/. Repine: 753, Archidiacre; 778, Procession dans le gouvernement de Koursk; 781, le Retour du forçat; 768, portr. d'Antoine Rubinstein (1881); 782, Ivan le Terrible et le cadavre de son flls tué par lui; 786, portr. du comte Léon Tolstoï (1887); 761, la Tsarine Sophie, sœur de Pierre le Grand, au couvent des Vierges, pendant l'exécution des strélitz.
Salle IX. A g.: 858, I.-S. Ostroukhov (né en 1858), la Bise; 846, V.-M. VassneUov, Au seuil du paradis; 869-877, 1.-I. Levitan (1861-1900), paysages; 886, V.-A. Serov (né en 1865), portr. du componiste N.-A. Rymsky-Korssakov; 585, V.-M. Vassnetsov , esquisses et études pour les peintures murales de la cathédrale de St- Vladimir à Kiev. — Salle X : fermée momentanément.
Salle IX. V.-M. Vassnetsov: 950, Après la bataille d'Igor contre les Polovtsy ; 952, le Loup-garou (conte populaire) ; 954, Ivan le Terrible; 955, Trois preux; 956-967, esquisses pour les peintures murales de la cathédrale de St- Vladimir à Kiev; 972, 793, N.-N. Daubovskoï{né en 1859), paysages. — Nous descendons au rez-dechaussée par l'escalier de la salle IX.
Bes-de-ohauMée. — Salle 20. Ag. : 1509, A.-D. Kivchenko (1851-1895), Conseil de guerre tenu à Fili en 1812 (réplique du
Bœdeker. La Eussie. 3© édit. 18
274 V. R. 36. MOSCOU, GalcrU Trétiakov.
tableau de rAcadémle des Beaux- Arts à St-Pétersbourg); 1518, iV.-F. Orlov (né eu 1863), Auprès d'une mourante.
Chambbe 21. A g.: 1536, S.-J. Svetoslavsky (né en 1867), Printemps; 1540, 2V.-A. Kassatkine (né en 1859), Mineur.
Chambre 22. A.-A, Borissov (né en 1866), Etudes de paysages de l'extrême nord de la Russie. — Nous revenons par la chambre 21 et la salle 20 à la salle 19.
Salle 19. A dr.: 1371, 1373, V.-D. Polenov (né en 1844), le Lac de Tibériade ; Jésus et les docteurs ; paysages de Grèce, d'Egypte et de Palestine. — Au milieu: 1632, 3f.-Af. Antokolsky, Ivan le Terrible, marbre.
Salle supflémentaisb (à g.), à jour d'en haut. Œuvres de peintres modernes étrangers; 1, L. David, le peintre Ingres; 4-10, Corot, paysages; 11, Delacroix, Après le naufrage; 19-23, Troyon, Animaux; 27-29, Rousseau, paysages; 38, 39, Menzel, le Jardin du Luxembourg à Paris, Bohémiens nomades; 41-46, Daubigny, paysages; 57, 0. Achenhach, Fête de nuit à Naples; 63, Vollon, Nature morte; 70, Fortuny, Charmeurs de serpents; 79, Bastien Lepage, L'amour au village ; 84, Dagnan-Bouveret, la Bénédiction des nouveaux époux.
Chambbe 18. V.-O. Schwartx: 1347, Tsarine se rendant en pèlerinage (du temps d'Alexis Mikhaïlovitch) ; 1346 , le Patriarche Nikon en disgrâce;
Chambbe 17. Etudes d'A.-A. Ivanov (1806-1858). — Au milieu: 1634, M,- M. Antokolsky, Martyre chrétienne, marbre.
Chambbe 16. V.-E. Makovsky (né en 1846): 1215, Salle d'attente chez un médecin; 1218, Visite aux pauvres; 1232, Un krach; 1247, Devant le juge de paix; 1249, Sur le boulevard.
Chambbe 15. V.-V. Vérechtchaghine (né en 1842), épisodes de la guerre russo-turque de 1877-1878: 1202, Les vaincus; 1203, Skobélev au col de Chipka; 1204, Devant Plevna; 1205, Avant Tattaque; 1206, Après l'attaque.
Chambbe 14. V.-V. Vérechtchaghine, études faites par le peintre pendant son voyage aux Indes orientales.
Salle 13. V.-V. Vértchtchaghine : 1122, Près du mur d'enceinte; au-dessus, 1121, la Pyramide de crânes, une «Apothéose de la guerre»; 1120, A la porte de la mosquée; 1040, les Trophées (butin composé de crânes); 1051, Mollahs se rendant au marché; 1052, la Porte de Tamerlan; 1068, Chasseur au faucon (Kirghize); 1069, Vente d'un enfant esclave; au-dessus, 1070, Troupes russes surprises par des Turcomans; 1071, Prison souterraine à Samarkand; 1077, Chœur de derviches; 1082, le Triomphe.
Chambbe 12. V.-V. Vérechtchaghint , dessins et esquisses en couleurs faits par le peintre pendant son voyage au Turkestan
Monts des Moineaux. MOSCOU. V, R. 35. 275
Du Petit Pont Kamenny, d'où partent les bateaux à vapeur des monts des Moineaux (v^p. 230 et ci-dessous), nous allons en 20min. par la Bolchaïa Iakimanka à la plage Kaloujskaïa (pi. D 6 ), où vient aboutir à dr. le houlev. Krymsky, qui part du pont Krymsky (p. 271). Quatre r^es vont de là dans la direction S. : la KalouJskaïa, la Donskaïa, la Chaholovskaïa et la Mytnaïa.
La Mytnaïa., qui passe à la Konnaia Plochtchad (f marché aux chevaux*), mène à la barrière Serpoukhovskaîa (pi. D7), près de laquelle se trouve le oouTtnt DaniloT (pi. 31), un couvent d^hommes, qui passe pour avoir été fondé en 1372 par le grand-duc Daniel Alexandroviteh. Il a trois églises. Le poète Gogol (m. 1852) repose dans le cimetière du couvent.
A l'extrémité de la Donskaïa s'élève le couvent Donskoï ou couvent de la Vierge du Don (floHCKÔft MyatCKÔft iroHacTiàpi» ; pi. 32, C 7) , entouré d'un énorme mur carré. Il a été fondé en 1591 par le tsar Féodor I®*" Ivanovitch, en souvenir d* la victoire remportée fur les Tatares. Il porte le nom de couvent de la Vierge du Don, parce que les Russes s'étaient alors mis sous sa protection. Il y a dans cette enceinte de hauts murs rouges , achevée en 1712 , sept églises et un cimetière renfermant des tombeaux de quantité de grandes familles et de personnes de distinction. L'église principale, construite de 1686 à 1711 par Catherine, sœur de Pierre I^', a des fresques représentant des sujets tirés de la Bible. On voit près des portes sacrées une image du Sauveur et l'image de la Vierge du Don ornée de beaucoup de pierres précieuses. Le couvent, pillé par les Français en 1812, fut richement dédommagé par une partie du butin que firent les cosaques du Don.
La Kaloujskaïa compte plusieurs établissements de bienfaisance: Vhospice civil (pi. 93), V hôpital municipal {^l. 87) eiVhôpital Galitsyne (pi. 84), fondé en 1802, pour les malades de toutes les nationalités. — Le ♦jardin NeBkontchhy (HecK^HHuii caAT»; pi- C7), qui vient ensuite, à dr., sut une hauteur de la rive dr. de la Moskva, est le plus beau des jardins publics de Moscou. Il est ouvert tous les jours de 9 h. du mat. à 9 h. du soir. Il est charmant, avec ses magnifiques bouquets d'arbres, ses pelouses, ses parterres, ses lacs et ses pavillons. Le château Alexandre qui se trouve dans le parc n'est pas ouvert au public. C'est la résidence du grand-duc Serge Alexandroviteh, actuellement gouverneur-général de Moscou.
De la barrière Kaloujskaïa (pi. C 7), à l'extrémité S. de la Kaloujskaïa et à 35min. de la place du même nom, le tramway à vapeur (p. 230) mène en 10 min. aux monts des Moineaux (3 kil.), où l'on va aussi de là à pied en ^/^ d'h., par un très mauvais cbemin de voitures.
Les ^'monts des Hoineauz (Voi'ohievy Gory) offrent une vue superbe de la vallée de la Moskva et de la ville des tsars. Le coup d'oeil est surtout grandiose au coucher du soleil. Le restaurant Krynkine (bon, mais assez cher), avec véranda -belvédère, se trouve à l'endroit d'où Napoléon observa la ville avant d'y entrer, le 14 sept. 1812.
Vue : au premier plan^ au milieu de vergers, Téglise Tikhvinsky, petit édifice blanc; derrière, l'église du Sauveur (p, 261); au fond, la ville aux innombrables tours avec le Kremlin ; à g. (au N.-O.), le couvent de îïovo- Diévitchy (p. 263); à dr. (à TE.), au bord de la Moskva, l'hospice des marchands (pi. 95a).
276 V. R. 36. IZMAÏLOVO. Environs
Le village de Vorohiévo (Bopoôbéso), au S. des hauteurs boisées, est un séjour d'étë. Un nouveau réservoir de la conduite d'eau de Moscou y est en construction (v. p. 282).
Un sentier escarpé (descendre les degrés à g. du restaur.; en bas, appuyer à dr.) descend des monts des Moineaux à la Moskva et à la station des bateaux à vapeur, où l'on trouve aussi des barques. Il y a également un bac, par lequel on peut passer sur l'autre rive, d'où il y a un chemin qui conduit en 25 min. «u champ des Vierges (p. 263).