De Tiflis à Yladikavkaz
Route militaire de Géorgie (BoéHHO-rpysHHCKafi Aopôra).
301 V. Serviee postal et diligence. On paie 4 k. par cheval et par verste et il est de règle qu^on prenne 4 à 6 ehev. à la montée et 3 à 4 à la descente. Les conducteurs reçoivent 40 à 50 k. de pourboire à chaque relais. I/après-midi, en été, il n'y a pas toujours le nombre de chevaux suffisants, de sorte quMl est bon de les retenir d'avance. — Diligence (xapéra) à 5 places, départ 2 fois par jour en été (on couche à Mléty ou à Goudaour) : 1 place, 19 r. 60 ou 13 r. 20 (franchise de bagage, 2 poudes); trajet en 2j. Omnibus à 6 places, 2 fois par jour en été sans coucher en route, 12 r. 10 (franchise, 1 poude); trajet en 27 h., fatigant. — Le i^ieux çst de louer à la poste une calèche à deux places (xByxMicTHaa ■OJiâcKa) et à 4 chev., pour 51 r. 31k. Il est agréable d'avoir un «conducteur* , dont la trompette avertit les autres voitures de faire place et qui surveille les bagages aux relais ^ il reçoit 3 r., plus 1 à 2 r. de pourb.
— Il y a UB péage (moccéftBuft c6opi>) à trois endroits, et on doit garder la quittance jusqu'au bureau suivant. — Il est nécessaire d'avoir une provision surasante de petite monnaie et des conserves (lunettes).
Les stationt sont des maisons en pierre, qui offrent un modeste gîte. On trouve une nourriture suffisante aux principales d'entre elles; ouest bien à Mlétp (p. 41:^; ch. 80 k.), à Kazbek (p. 414). assez bien à Douchet (p. 413), k Pastanaour (p. 413) et à Goudaour (p. 414), tandis qu'on n'a guère ailleurs que de simples rafraîchissements.
La route militaire de Géorgie est un des plus beaux passages de montagnes. Soqs le rapport du paysage, il vaut mieux faire le trajet de Tiflis (454 m.) à Yladikavkaz (715 m.) qu'en sens inverse. On partira de bonne heure (au plus tard vers 4 h.) et l'on couchera à Kazbek, pour y assister le lendemain matin aii s^lendide lever du soleil.
Les distances données ci-apres s'entendent d'une station à l'autre.
Tifiis^ V. p. 404. — En quittant la ville, on se dirige au N. A la descente vers la VérUy petit affluent de la Koura, une croix de fonte (i dr.), sur un pied en porphyre, rappelle que l'empereur Nicolas I*' y échappa heureusement à un danger dans son voyage au Caucase en 1837. — La route suit d'abord la rive dr. de la Koura, sur la rive g. de laquelle se voit Alexandersdorf (p. 409). Puis elle quitte la rivière et traverse \sl plaine de Digom.
— 13 V. La vallée (jie la Koura se rétrécit et la route suit le cours de la rivière encaissée entre des rochers abrupts. A dr. sur une hauteur escarpée, le couvent de DjvoHs-Zakdari , dans un site pittoresque. Son église, qui date de la fin du vii*^ s. (?), a été, dit-on, construite à l'endroit même où Ste Nina érigea la croix pour la première fois. On découvre au loin la vue des hautes montagnes.
20 V. V«. Mtskhet (Muxen.; 462m.), misérable village à l'embouchure de l'Aragva d^ns la Koura ^ qu'y traverse un pont de pierre. U y a dans le voisinage de maigres restes d'un pont plus ancien attribué aux Romains. Mtskhet est une des plus vieilles localités de la Géorgie et en fut la capitale avant Tiflis. Sur la montagne située *?» l'ace était le château d'Arma-7'sifc/ie (p. 386), le plus vieux du royaume. — L'édifice le plus import&nt est la eathédraU SvÙi'Ttkhovéli (à g. de la route postale), qui passe pouir avoir été construite au iv® s. (?) à l'endroit où fut trouvée la robe de J.-C, apportée à Mtskhet par un juif. Elle e.st entourée
ai vil. H. 62.
d'iute haute muraille manie A»
toute et de meurtrièrei. L'église actuelle, qui a un dame, au'dessuB de la croisée, date des premières années du iv' a. et a ét^ xiéAlU» au i«in° s. Un grand iioDibre lie rois de Géorgie de la dynastie des Itagratides (p. 386) ï sont inhumés, eii particulier OeorgeB XIII (m. 1801; à g. de l'iconostase), le dernier. — A l'eitr^mili du lillage, k g., le couvent de ftmmet de Bamlavro (CaHTiBpciitt HDHacTlïpk), avec tiiie grande église, où sont inhumas Mirian, premier roi clirétien de Gto^e, et sa femme. — Au N.-Ë. du cimetière, tout près de la toute, une vieille cbapelle, élevée, dit-on, àl'endroit où était la cellule de Ste Nina. — Le 1" oct. tl« 1^ de notre calendrier) de chaque année les habitants des en' virons se rassemblent à Mtskhet pourlafétepatronale. Onyaalors l'occasion de faire des études très Intéressantes d'ethnographie.
Cbemlq de fer pour TUUt et pooT .Bali'uiB, f. p. un. La gare o'eet paa
Au delà du couvent, à dr.
et à g. de la rouie, la nécropole de SamtavTo, composée de deux couches superposées de restes de
faits de plaques d'ardoise. F.-CJ Bayern trouva, daus la couche infétieufe, des objets du commencement de l'ige du fer, et dans la iupétiauce, des monnaiea ro' maines du temps de l'empereur Auguste. Leecrinestrouvésdana ces tombeaux appartiennent toua au type dolicbocéphaie, tandis que les habitants aetaelsdii Caucase sont presque lous bMchr**philes. — Plus loin, i dr-, lea raines du fort -de NotAhora. —
MLÉTY. Vn,n.S2, 413
On parvient par un chemin creux et profondément encaissé dans la contrée très boisée qui doit son nom au Qartichari, un petit cours d'eau, et Ton traverse la plaine KarthalienrUf qui est très peuplée. Quantité de vignobles et de champs fertiles.
14 V. 3/4. THlkany (611 m.).
La route commence à monter lentement et continue au fond de la large vallée de VAragva. 14 V. Le BcutalÙskoïé-Ozero, un petit lac salé, devient visible à g. Ensuite, le Sedlovaïa Oora (mont de la Selle) se montre au N.-O. dans le lointain.
17 V. 8/4. Douchet (938 m.). La localité, qui compte 2450 hab., est à env. 8 min. à l'Ë. du relais. C'est l'anc. résidence des Eriztaves (c.-à.-d. gouverneurs)du territoire de l'Aragva, qui eurent souvent des démêlés avec les rois de Géorgie. Il y a des ruines d'une vieille forteresse et une tour qu'on dit avoir fait partie du château des princes. L'église St-Nicolas est également vieille.
La route gravit , sur une longueur de 6 V., une croupe de montagne boisée entre des champs. Puis elle redescend assez rapidement, en passant à quelques villages géorgiens et ossètes , dans la vallée de VAragva Blanche (Biiaji Apàrsa), qui se grossit quelques verstes plus bas de VAragva pchave-khevsour, — On passe à quelques casernes abandonnées.
16 V. 1/4. Ananour (712 m.), dans un site pittoresque, à la rencontre de deux vallées, est une localité, dominée par les restes d'un fort (à g. de la route), dont les murs renferment deux vieilles églises, les ruines d'un château des Eriztaves et une tour de guet. Le relais
est à l'extrémité N. de la localité.
D 'Ananour à Télav, v. p. 435-434.
La contrée aux environs de la route prend de plus en plus le caractère alpestre. La rivière est plus impétueuse. A dr. et à g. les montagnes deviennent toujours plus hautes et s'élèvent même en partie au-dessus de la limite des forêts.
21 V. Paasanaour (1050 m.) , dans une vallée étroite , habitée par des Géorgiens, au confluent de VAragva Noire (HëpHafl) et de l'Aragva Blanche (v. ci-dessus).
La route monte lentement dans un défilé sur la rive droite de l'Aragva Blanche. Ça et là, sur les versants escarpés, se voient de petits villages avec de vieilles églises et des tours à moitié en ruine. Les montagnes atteignent jusqu'à 3500 m. de hauteur.
18 V. 1/2. méty (1513 m.), dans un site élevé, dominant le cours impétueux de VAragva Blanche. Le relais est un des plus animés. 11 y a une vieille église remarquable.
Immédiatement au delà de Mléty , la route franchit l'Aragva et s'élève par dix-huit lacets coui-ts et rapides le long de la paroi de rocher presque verticale qui domine la vallée de l'Aragva. Au dernier circuit, une plaque de marbre rappelle que cette route a été construite de 1857 à 1861. A dr. et à g., vue magnifique sur la vallée et
414 VIL R. 62. KRESTOVAIA GORA.
SUT les aouls (villages) géorgiens, entourés de champs et de prairies alpestres , et collés aux versants abrupts comme des nids d'hirondelles. A Tarrière-plan, les jolis contours de montagnes neigeuses ; sur les côtés les Montagnes Rouges, d'origine volcanique, et dès qu'on s'élève, les montagnes des Sept~ Frètes aux rochers rougeâtres. Puis la route gravit doucement un plateau pour atteindre le relais de Goudaour visible déjà de bien loin.
14 V. Vi» Ooudaour (2209 m.), avec un observatoire et une station météorologique. Il y a souvent ici encore beaucoup de neige au mois de juin.
La route, que des galeries protègent par endroits contre les avalanches et les éboulements , passe au bord d'un précipice vertigineux , s'élève entre le mont Goud (ropâ FyAT») à dr. et le mont de la Croix (KpecTÔBaji ropâ ; 2437 m.) à g. , et atteint le eel de la Krestevaîa Ocra (2379 m.), entouré de pacages alpestres luxuriants et marqué par un petit obélisque (â g.) et une croix attribuée à la reine Tamara (à dr.). Au delà du col, la route s'abaisse lentement. On est ici frappé du brusque contraste entre les paysages grandioses mais riants du versant S., qu'on vient de quitter, et le caractère froid et sévère des montagnes du côté N. Le tronçon de route qui suit, surtout la partie où la chaussée tourne au N. et s'abaisse dans la gorge de Baïdara^ près d'un affluent de dr. du Terek , est souvent exposée à des avalanches au printemps et en hiver. S'il y a beaucoup de neige, on fera bien de n'y passer que lo matin de bonne heure ou le soir. Il y a quantité de sources d'eaux gazeuses et ferrugineuses. L'imposante cime du Razbek (p. 415) émerge à l'horizon.
16 V. Kobi (1981 m.). Le bâtiment de la station est au pied d'un rocher de porphyre , au confluent de quatre torrents , dont le plus important est le Térek proprement dit qui sort de la gorge de Trousso.
La vallée s'élargit , mais les hauts rochers de granit et de porphyre qui l'encadrent lui donnent un caractère sauvage. Les petits villages (aouls) des Ossètes et des Géorgiens montagnards, qui ont souvent des tours carrées, semblent collés au roc à quelques endroits moins escarpés. Les pyramides de pierre au bord de la route servent de poteaux indicateurs durant les tempêtes de neige de l'hiver. A mi-chemin entre Kobi et Kazbek, la route contourne le vieux fort de Sion , perché sur un haut rocher, avec un grand aoul, où l'on remarque une basilique très ancienne de pur style géorgien. On découvre plus loin à dr. la vue de la large vallée du Tsno, avec l'aoul du même nom.
17 V. */4. Kazbek (1750 m.). Devant la station (si l'on y couche, choisir une chambre avec vue sur le Kazbek), un monument rappelle la visite de l'empereur Alexandlre III et de sa famille en 1888. Le village de Kazbek, l'endroit le plus septentrional du gOuv.|de Tiflis,
KAZBEK. VII. R. $9. 415
et le grand aoul de Qherghéty^ situe en face à TO., sont habités par des Géorgiens, qui se livrent à Tagriculture, à relève du bétail et à la chasse au bouquetin du Caucase (toure); leurs enfants cherchent des cristaux dans ta montagne. A côté de Téglise du village , le tombeau d'Alex. Kazbek (m. 1893), poète et prince géorgien; son monument se compose d'un relief en marbre du Kazbek, avec le buste en bronze du poète.
En face du village, à TO., s'élève le *Kaib6k, dont la cime £. (5043 m.; Mont-Blanc, 4810 m.), couverte de neige, apparaît dans toute sa splendeur, quand le temps est clair; mais elle est généralement voilée raprès-midi. La cime 0. n'est pas visible de 14 station. C'est au Kazbek (selon d'autres, à TElbrous) que la fable cloue Prométhé«, et cette montagne joue aussi un rôle dans la légende locale. On a une *vue magnifique du Kazbek, surtout au lever du soleil, de réglise délabrée de Tsminda- Sûméba (Ste- Trinité; 2170 m.): 1 h. à cheval, 2 r.; 2 h. à pied (1 r. à 1 r. 50 au guide). Au-dessus de réglise, on trouve le rhododendron du Caucase, qui fleurit en juin. Il est aussi très intéressant d'aller de Téglise jusqu'au pied du glacier d^Or-Tèféri (env. 2904 m.; 2 h. de chevauchée; refuge^ On y a un coup d'oeil splendide sur la vallée de Kazbek.
Le Kazbek se gravit le mieax du glacier de Diévdorak (guide: Isaac Bezourtanov à Gvél^ty). — Les 31 juin et ler juillet 1868, D.-W. Freshfield, A.-W. Moore et C.-C. Tucker entreprirent la première ascension du Kazbek du côté S., qui fut difficile, l^r jour: on monta à TO. du relais de poste. Au bout de 6 h., gîte da côté S. du glacier d'Or-Tt/iri (y. ci-dessus), à eny. 8900 m. d'alt. 2® jourt en 3 h. V4 au pied du rempart de glace entre les deux cimes \ au bout de 4 h. d^èscalade, on atteignit la croupe et 1 h. 1/2 après la cime E. — Le 30 sept. 1891, la neige étant ferme, O. Merzbacher pravit le Kazbek en 12 h. du côté N., en partant des sources d*eaux minérales de la vallée de Ohinaldon; puis il redescendit en 5 h.
Le OMmarai-Khokh (4T76 m.), à VO. du Kazbek, a été gravi le 4 oct. 1891, en 9 h. V31 aussi par O. Merzbacher, parti des cabanes près des sources d'eaux minérales fSSSl m.) à l'extrémité supérieure de la vallée de Ghinaldon ; descente en 4 h. V4-
Au-dessus de la station de Kazbek, la route traverse le T/rek sur un pont en fer et court ensuite en serpentant au bord d'une large dépression de la vallée du Térek, en montant d'abord peu de temps eu pente douce pour redescendre ensuite assez rapidement. La route est taillée dans le roc, dont les parois verticales, et qui parfois même la surplombent, sont hautes de plus de 100 m. A dr., le précipice béant. — Près du pont de OvéUty (7 V.), une station où l'on peut avoir des chevaux de selle (2 r. avec un guide) pour le glacier de DUvdorak (^eBAOpéKCKiS àéiwkvh) au Kazbek. Au pied du glacier (env. 2297m.), une maisonnette pour les employés chargés de surveiller le glacier.
Au delà du pont commence la "égorge de Dariel (4&p^^fcCKoe yméjbe), la «porte des Alains», les portœ Caspiœ fp. Caucasica) des anciens. Elle a env. 12 V. de longueur et sa^partie la plus étroite à partir du pont est longue de 1 Y. Ses parois rocheuses
416 VII. R, 63. LARS.
atteignent jusqu'à 1800 m. de hauteur. Elles sout si rapprochées quHl n'y a place dans le fond que pour la route et le Terek^ qui se précipite en cataractes impétueuses. La rivière s'est frayée ici uu passage à travers une chaîne qui précède le massif principal et dont la hauteur moyenne (env. 4400 m.) est encore à 1000 m. au-dessus de la limite des neiges. Un peu plus loin, à g., coup d*œil sur le glacier de Diévdorak et la cime du Kazbek. A la sortie de la gorge, un petit fort, occupé par des Cosaques, et en face, à g., sur une aiguille rocheuse, les ruines du château de la Tamara, qui n'a rien de commun, sauf son nom, avec cette célèbre reine de Géorgie (p. 387).
Entre Kazbek et Lars on rencontre souvent au cœur de Tété des Khevzoures (p. 384) dans leur costume singulier: des vêtements multicolores avee des croix brodées sur la poitrine et les épaules. Ils vendent des blag;ue8 à tabac brodées, des gants, des zazérouli (anneaux), des sabres, plus rarement des boucliers, etc.
14 V. '/g* ^^^^ (1122 m.). Un peu en deçà, un pont conduit sur la rive g. du Térek. Au delà de la station, encadrée de hautes parois rocheuses, se trouve à dr., dans le fleuve, la grande pierre de Urmolov (ËpMÔiOBCKiM KâMeHb), longue de 29 m. et haute de 13 m. sur 15 m. de large.
A 3 y. au-dessus de la station de Lars, la route passe au village du même nom et s'engage bientôt après dans la gorge DJerakhavskoïé. Sur les saillies rocheuses, des tours de guet en grand nombre. La gorge s'élargit. Un peu plus qu'à mi-chemin de Balta, à dr., le fort Djérakhovsky.
17 V. V4. Balta (839 m.).
La route s'abaisse lentement entre des hauteurs basses et boisées sur la rive g. du Térek. Les montagnes reculent, surtout du côté dr. 5 V. Redant, poste de Cosaques, où l'on découvre la vue sur la plaine et la ville.
12 V. V«. Vladikavkaz (715 m. ; p. 395).