ARARAT. VIL R
A 16 y. À ro. d'Erivan (phaéton, 3 r. 50 aller et retour), près
du village de Viigarekapat , se trouve le eouvent d'Etebmiadiine
(d^iiiaAaéB'B ; 86ô m.), siè^ce d'un patriarche arménien (eatholieos).
L'église arménienne est une église nationale (v. p, 384). Le eatbolieos est choisi par toute la nation (Arméniens russes, turcs, persans et indiens). Le choix doit être confirmé par Tempereur de Russie. L'église arraéniennc est administrée par le synode d'Etchmiadxine sous la présidence du eatholieos et avec Tassistance d'un procureur du gouvernement russe. — Les eatholieos arméniens résidèrent d'abord à Artaxata Cp. 428). A la fin du IV® on au commene. du v^ s., ils s'établirent k Etchmiadzine, dont le eouvent porta le nOm de Vagai>ehapat jusqu'au x^ s., mais ils transférèrent momentanément leur siège à Dvin, à Ani (p. 427), et même à Sis en Cilicie. Dès 1441 ils se fixèrent définitivement à Etchmiadzine, qui est le centre de la vie spirituelle de l'Arménie.
Le couvent, avec ses vastes bâtiments et l'académie ecclésiastique, est situé dans la plaine et entouré d'une haute muraille flanquée de tours. Au milieu du préau, long de 106 m. sur 102 m. de largeur, s'élève la cathédrale de la Ste- Vierge, construite en l'an 303, d'après la légende arménienne, par Grégoire l'Uluminateur, à l'endroit même où le flls unique de Dieu lui apparut (Etchmiadzine sign. «le Fils unique est descendu»). Dans le trésor, on conserve la lance et la main de St Grégoire. La bibliothèque, du côté S. du préau, renferme entre autres un bel évangile du x® s. écrit sur parchemin» Du côté O. du préau, la demeure du eatholieos. Le couvent compte env. 40 religieux.
A 39 V. au S. d'Erivan (6 h. en voit. , 5 r.) se trouve le village
d^Aralykh (840 m.), meilleur point de départ pour une ascension de
l'Ararat (128 kil. de circonférence), mont volcanique et isolé qui
se dresse sur la frontière de la Russie, de la Perse et de la Turquie.
Au premier plan s'élève, à dr., le dôme de neige du Grand- Ararat
(5160 m.; Mont-Blanc, 4810m.), qui s'abaisse à l'O. ; à g., le pic
du Petit' Ararat (3690m.); entre les deux, le col de Sardar-Bovlag
(2688 m.). D'après une tradition, l'Ararat serait l'endroit où l'arche
de Noé aurait abordé après le déluge.
La meilleure époque pour l'ascension est en août et en septembre. 11 faut emporter des couvertures, des ustensiles de cuisine, du thé, du vin rouge, du riz et deux sacs de charbon. On peut prendre des renseignements chez l'ofûeier du poste et chez le maire d'Aralykh. On recommande le guide Babo à Akhoura (5 à 10 r.); chaque porteur, 5 r. (pour toute l'excursion). — Les Kourdes nomades font que l'ascension n'est pas sans danger; on emportera un revolver et on demandera à l'officier du poste une escorte de Cosaques.
Le l^^'jour, on chevauche d'Aralykh à (33 V.; 7 h.) Sardar- Boulag (v. ci -dessus), où il y a une bonne source et en été un poste de Cosaques; puis on monte de là à la limite des neiges, où l'on couche. Le 2® jour, montée très pénible sur des blocs de lave et des champs d'éboulis au sommet du Orand-Ararat (à 11 h. de Sardar-Boulag), et retour à la limite des neiges.
La cime du Grand-Ararat a env. 30 m. de diamètre. Vue splendide sur un rayon de 277 kil.; au N., le plateau brun et comme roussi de l'Araxe: derrière, l'Alagœz (p. 427), les montagnes du