SCENE XV
LE CARDINAL
Une lettre de Médicis ! Voyons si les affaires de ML de Coiigni vont bien ou mal. (il u<. ) « Cardinal , « nous touchons au dénouement de la grande trace gédie. Le mariage en question) aéra célébré avant « quinze jours. Cette circonstance les attire tous à « Paris ; c'est un soporifique qui nous les livre ence dormis et désarmés. Le roi cependant n'a pas encore ce pris une résolution définitive, mais je gagné tous ce les jours du terrain , et j'en viendrai à ma gloire. ce A force de l'étourdir de mes maximes politiques , ec je parviendrai à lui faire signer l'arrêt de pro-
« scription. Comme ce coup d'état, sans exemple, « étonnera l'Europe , il faut • absolument que le « saint-siège le sanctifie d'une approbation formelle. a Vous êtes sur les lieux ; cette affaire-là vous re- « garde. Entre nous soit dit, si Rome n'était pas <c pour nos poignards , nous pourrions bien ne pas <c être en odeur de sainteté après le coup porté. «Le peuple aura besoin de cet acte apostolique, « pour se remettre un peu de son étonnement. D'ail- « leurs les hommes sont si niais, si bêtes, que le « moyen le plus sûr de s'en faire craindre et même de « s'en faire estimer , c'est de leur donner des sottises « pour des raisons. Le maître n'a pas encore dit oui, <c mais j'ose vous promettre qu'il le dira bientôt. « Vous pouvez même vous préparer à chanter un « Te Deum, pour remercier le ciel , de la victoire « que nous allons remporter. Adieu, cardinal. Soyez « toujours heureux auprès des dames , mais sans né- * gliger les choses essentielles. » ( Il sonne. )