CHARLES IX, CATHERINE DE MÉDICIS, LE DUC D'ANJOU, LE DUC DE GUISE
CHARLES
Vous savez, Madame, que M. de Coligni vient d'être grièvement blesse.
CATHERINE DE MEDICIS
Oui, ÎSire. Le ciel, indigné de votre irrésolution dans une cause qui est la sienne et celle de tous les rois , a marqué la place où votre bras devait frapper. Sachez profiter de cet avertissement salutaire, et tirez-nous enfin de l'état d'anxiété- où nous sommes depuis trop long-temps.
CHARLES
Est-ce par votre ordre...?
CATHERINE DE M EDI CI S
Non , Sire.
GUISE
Nous n'aurions pas osé prendre sur nous...
LE DUC DANJOU
Peu importe d'où le coup est parti. Mais Coligni n'est pas tué , et par conséquent il faut détruire en lui les soupçons qui vont naître nécessairement...
CATHERINE DE M^DICIS
Oui, tournons à notre avantage un événement qui pourrait révéler nos projets. Que le Roi se rende à l'instant iqéme chez l'Amiral , pour le rassurer de plus en plus contre ce qui vient de se passer. Un rebelle à son Dieu, un rebelle à son prince , mérite tous les pièges qu'on peut lui tendre. Avez-vous oublié que, complice de Simon Le Mai et de Poltrot... (39).
GUISE
Il a assassiné mon père, il a attenté aux jours de Votre Majesté, et nous balancerions de verser son sang, d'accomplir la volonté du ciel !
CHARLES
Madame, et vous aussi, Messieurs, accompagnezmoi chez l'Amiral (4o) ; mais je ne 1 m'engage à rien.
( II* sortent tons. )
9 * LA SAINT-BÀRTHÉLEftJI.