SCÈNE XLIX
CHARLES IX, CATHERINE DE MÉDICIS
CATHERINE DE MÉDICIS
Dieu sera pour nous, et la postérité pour les vainqueurs.
CHARLES
Quel est votre but, madame, en les engageant à se retirer au Louvre?
CATHEJUNE DE MÉDICIS.
De leur sauver la vie : car nous pourrons bien attribuer à Guise la mort de Coligni et des autçes calvinistes, mais nous ne ferions croire à personne que Ton a répandu, sans notre consentement, le sang cf un prince de la femille royale (54).
CHARLES
Vous me parlez de cette fatale journée avec une tranquillité qui m'épouvante.
CATHERINE DE MÉDICIS
Non, sire, non, je ne suis pas insensible : mon
io8 LA SAINT-BARTHÉLEMI.
cœur saigne du coup que nous allons frapper; mais j'aime la France et veux la préserver des erreurs de Calvin et des principes dangereux qui en sont les conséquences.
CHARLES
Avez- vous revu l'abbé Popoli?
CATHERINE DE MÉDICIS
Oui, sire. Ce pieux ecclésiastique aurait dû triompher de votre irrésolution. Cependant le temps presse. Les huguenots, avertis par le sujet fidèle . qui vient de blesser leur chef, vont peut - être reprendre les armes, et alors Dieu sait... Si vous vouliez bien vous pénétrer des raisons qui prescrivent ce coup d'état, vous n'hésiteriez pas un moment à le frapper. Ta vannes, Gondi, Henri d'Angoulême, enfin tous les soutiens du trône, n'attendent que votre ordre pour vous délivrer de vos ennemis.
CHARLES
Eh bien, réunissez ces messieurs chez vous; que je les entende encore une fois avant de me décider, et finissons-en. Oui ou non, je ne reviendrai pas. sur la résolution que j'aurai prise.
CATHERINE DE MÉDJCIS.
Vous allez être obéi, (il* sortent.)