SCÈNE PREMIÈRE
( Au Louvre. )
CATHERINE DE MÉDICÎS, ****.
Iout marche au gré de mes désirs : la lutte va cesser. Aujourd'hui le mariage; dans quelques jours le plus grand coup d'état dont une tête Couronnée ait jamais donné l'exemple. Nous ne prierons pas
Dieu en français, monsieur de Colignî Comme
je les ai trompés ! je les tiens depuis deux ans sous mon poignard , et ils se jettent dans mes bras... ! (i). ' Génie des Médicis, achève ton ouvrage. Que mon nom devienne la terreur des raisonneurs audacieux qui oseront adopter des hérésies.... Genève ou Rome, ,peu m'importe (2) ; je ne suis l'esclave ni de l'une ni de l'autre, mais couvrons-nous d'un masque sacré pour tromper la multitude qui ne voit jamais
4 LA SAINT-BARTHÉLEML
rien au-delà de ce qu'on lui montre. La religion outragée, les hérétiques.... On mène les hommes avec des mots.
(Elle se lève. Après on moment de silence.)
, Le peuple que je méprise m'impose cependant l'obligation de respecter ce qu'il adore; il m'enchaîne à genoux aux pieds de ses idoles. Quoique ma fierté s'en indigne, il faut bien m'y résoudre. Je voudrais pouvoir mépriser ouvertement le culte que j'ai l'air de défendre par conviction , et en accabler en même temps les calvinistes qui, probablement, ne sont pas plus de leur religion que je ne suis de la mienne. Mais pourquoi m'arrêter à ces idées? Puisque l'Amiral (3) va au prêche, allons au temple du pontife romain. Hypocrisie contre hypocrisie, ambition contre ambition ; nous verrons qui l'emportera.