DE GUISE
( H frappe k la porte. ) LE PRÊTRE.
Qui est là?
l'homme.
De la part du roi. .
LE PRÊTRE
Le roi ne peut rien avoir à me faire dire à cette
heure-ci.
l'homme.
Ouvre ta porte ou je l'enfonce, ï
LE PRÊTRE
Ouvrons , puisqu'il le faut Que me voulez- vous?
l'homme.
On a vu çntrer un huguenot dans cette maison ; n'est-il pas chez toi ?
LE PRÊTRE
Non, Monsieur; mais s'il y était, je ne vous le
livrerais pas.
l'homme.
Quoi! un prêtre se permettrait de soustraire à la
vengeance de Sa Majesté un rebelle et un hérétique ?
i46 LA SAINT-BARTHELEMI.
LR PRÊTRE.
C'est parce que j'ai l'honneur d'être prêtre depuis soixante ans, que je connais mes devoirs de chrétien et d'honnête homme.
l'homme.
Ce huguenot est -il chez toi, oui ou non?
LE PRÊTRE
Non.
l'homme.
Je vais m'en assurer , mais malheur à tôt si je le trouve !
( Après avoir cberohé le huguenot dans deux on trois chambres. )
Qu'y a-t-il dans la grande armoire qui est au fond de ce cabinet ? Un homme pourrait s'y èacher.
LE PR^TR£
' Un peu de linge et uq peu d'argent.
l'homme.
Tu mens. Donne - moi la clef.
LE PRÊTRE, lni revettapt la clef.
La voici. .
l'homme,
qui revient arec qn petit sac d'argent.
Tout est de bonne prise chez les huguenots ou chez leurs amis.
LE PRÊTRE
Quoi ! le peu que je possède jpotir mes vieux jours. . .
l'homme.
Tu mourras bientôt; console-toi. Adieu, monsieur le prêtre, moitié catholique, moitié huguenot.
LE PRÊTRE
Si vous étiez aUèéi bon catholique que je le «lis , vous ne voleriez pas mon argent en invoquent la religion; vous ne rougiriez pas vos mains du sang de vos malheureux frères.
l'homme.
Tais -toi, ou je te fends la tête.
LE PRÊTRE
Ce ne serait jamais qu'un crime de plu^pt vous pouvez le commettre: à quatre-vingt-cinq ans un juste ne craint pas la mort.
l'homiëe.
Tu es bien heureux d'être si vieux.
LE PRÊTRE
Retirez- vous, je vous prie. Laissez -moi prier * Dieu ; j'ai besoin d oublier la terre.
* L'assassin se retire et le bon prêtre se met à genoux devant son crucifix voilé.
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