ACTE DEUXIÈME
CATHERINE
Laissez-le gausser, c'est son plaisir. Venez, venez à moi, j'ai de grandes affaires à vous communiquer.
CHARLES, s'approchaot.
Pardieu ! je veux en être.
CATHERINE, riant.
Nenni, ce sont affaires de quenouille^ comme les appelle le maréchal de Tavanes.
LA ROCUEFOUCAULD.
Convenez, Mesdames, que des deux Gaspard le vôtre est le moins galant ?
LE DUC d'aNJOU.
Monsieur, c'est un loyal serviteur du roi.
CHARLES
Du roi et de la famille, monsieur mon frère. (A sa mèie.) Eh bicu. Madame, ces grandes affaires?
CATHERINE
Curieux!... ( a la duchesse.) Je voulais d'abord vous dire, ma très- chère, qu'il m'est arrivé un bel assortiment de fines odeurs et essences parfumées que Monsieur de Savoie m'a fait venir de Nice, et, sachant que vous les aimez... (a une de ses filles.) Labreteschc, donne ton mouchoir à flairer à madame de Nemours.
CHARLES
Je veux sentir aussi, moi...
MADAME DE NEMOURS, à la reine.
Il n'y a que vous, Madame, qui ayez des odeurs si délicieuses.
Aussi, parle-t-on dans toute la France des parfumeurs delà reine.
LE DUC d'aNJOU.
Il est sûr que maître René est un homme admi rable.
LA ROCHEFOUCAULD
Oui, ceux qu'on lui recommande sont vite embaumés.
CHARLES
Quoi, morbleu! c'est là tout, c'est pour des onguents qu'on me fait perdre mon temps? Allons, à la paume, à la paume!... Holà ! où sont ces raquettes de nouvelle fabrique qu'on m'a apportées hier?
Un page s'avance et les offre au roi.
CATHERINE
Je VOUS souhaite une bonne et heureuse partie, mon cher fils.
CHARLES, prenant une raquette.
Vois, Foucauld, vois, comme cela tient bien dans la main.
CATHERINE
Et puis, ma chère Nemours, encore une autre affaire.
CHARLES, se rapprochant.
Affaire d'État?
CATHERINE
Non, toujours affaire de quenouille. — (D'un ton marqué.) Vous savez,.cousine, le point sur lequel je vous ai consultée hier matin... Vous savez?