SCÈNE III
LES MÊMES, MM. DE ROSNY, DE SÉGUR, M. TEXTOR et DEUX AUTRES MINISTRES, puis LE ROI DE NAVARRE.
ROSNY, s'approchant de Coligny.
Je ne vous dis rien. Amiral, pour ne vous point fatiguer; mais vous savez ce que je pense.
COLIGNY, lui faisant un signe de tête.
Je vous connais, et Ségur aussi. (Aux ministres.) Messieurs, je suis aise de vous voir pour que vous m'aidiez à remplir mes devoirs de chrétien Monsieur Textor, vous voyez que nous gagnons autre chose ici que des faveurs de cour.
184 LA SAlNT-BARTHÉLEMY.
TEXTOR
Monsieur, je reconnais les jugements de Dieu, et dis avec le psaume :
Ils tendent l'arc, ces méchants emportés, Et coup sur coup par leurs flèclies mortelles. Aux cœurs des bons, en des lieux écartés. Ils vont donner des atteintes cruelles.
COLIGNY
Monsieur Merlin, vous avez votre Bible?
MERLIN
La voici.
COLIGNY
Eh bien, ne me voulez-vous point lire quelques versets de cette sainte Écriture ?
Oui, sûrement. Monsieur.
Tous sont rangés debout autour de son lit; les uns pleurent, les autres prient. MERLIN ou-vre la Bible au hasard et lit:
« Jugez, Seigneur, ceux qui me font du mal ; abattez ceux qui combattent contre moi. Prenez les armes et le bouclier, et levez-vous pour me secourir. Tirez l'épée, et fermez le passage à ceux qui me poursuivent. Dites à mon âme : Je suis ton salut.
» Qu'ils soient confondus et honnis ceux qui en veulent à ma vie ; — qu'ils soient repoussés et confondus ceux qui méditent de mauvais desseins contre moi.
» Qu'ils soient comme la poussière devant la face du vent, et que l'ange du Seigneur les presse ;