SCENE IV
LES MÊMES, TELIGNY, ROHAN, puisSÉGUR.
TÉLIGNY
J'ai cru que je ne trouverais jamais ces maudites lettres; mais j'ai trouvé en sus l'homme que voici.
ROUAN
Je venais pour vous dire. Amiral, qu'il se passe des choses singulières. Ne voilà-t-il pas qu'on a vu des gens qui portaient des armes au Louvre?
TÉLIGNY
Ne serait-ce point, au contraire, un page qui venait ici avec une cuirasse et deux épieux?
330 LA SAINT-BARTIIÉLEMY.
ROnAN.
Nullement; mais des crocheteurs chargés d'armes de différentes sortes.
TÉLIGNY
On aura outré les choses. Vous verrez que c'était mon page.
GUERCHY
Quand on vous dit que c'étaient des crocheteurs.
COLIGNY
Les avez-vous vus, Rohan?
ROHAN
Non, pas moi, mais Pilles et d'autres. On dit aussi que les bateaux de la rivière...
Nous savons cela.
GUERCHY
Mais la raison, qui la sait?
ROHAN
Ce qui me frappe le plus, ce sont les propos du peuple.
COLIGNY
Écoutez-moi : ce que dit cette populace, c'est le duc de Guise qui le dit. Or, que le duc de Guise nous veuille du mal, en doutez-vous? mais qu'il puisse nous en faire...
TÉLIGNY
C'est folie que de le penser.
COLIGNY
Je ne voulais pas dire cela...