ACTE CINQUIÈME
TAVANES
Sire, vous avez vous-même entendu cet enragé. Vous voyez qu'il y va*pour nous de la vie. Que faisonsnous de plus que nous défendre ?
CHARLES
Eh bien donc... à la garde de Dieu !
RETZ
C'est un coup de la Providence que rien ne se soit découvert.
CATHERINE
On frappe.
RETZ
Ce sont nos gens.
Nevcrs paraît seul.
NEVERS, a\ec -vivacité.
Tout est perdu, Madame ; je viens, en traversant les rues, d'ouïr des huguenots tout en alarme qui demandaient aux passants la cause de ce grand remuement d'armes et de gens... 11 est impossible qu'ils ne soient pas instruits à l'heure qu'il est... Retranchez-vous dans le Louvre; c'est votre seule ressource.
Tous paraisseut troublés, hors Tavanes.
CATHERINE
Juste ciel !
CHARLES
Que dites-vous-là! Eh bien, ma mère?... mille damnations, où m'a-t-on conduit ?
LE DUC d'aNJOU.
Tavanes, mon cher Tavanes, est-ce qu'ils disent vrai ?
364 ' LA SAINT-BARTIIÉLEMY.
TAVANES
Raison de plus de mettre la main à Tœuvre. Ne nous laissons pas attaquer, morbleu; allons, Monseigneur. Venez avec moi, nous prendrons vos gendarmes.
LE DUC d'aNJOU.
Y pensez-vous ? Dégarnir le Louvre en un pareil moment!
NEVERS
Ajoutez que nombre de nos gens ont manqué à l'appel. Je n'ai pas vu là dehors la moitié de ceux qui avaient donné parole.
TAVANES
Les cœurs de poule!... Mais n'avons-nous pas les gardes suisses et écossaises? Allons, Monseigneur.
CATHERINE, \iveineiit.
Songeriez-vous à nous laisser ?
CHARLES
Nous laisser seuls î
LE DUC d'aNJOU.
Ce serait exposer la personne du roi.
Pour mieux la sauver, vive Dieu ! — Et vous, monsieur de Nevers, serez-vous aussi femmelette que les autres ?
NEVERS
Je suis prêt, mais cependant...
TAVANES
Ah ! voici lemaù...