ACTE CINQUIÈME
attende mon ordre, qu'on ne fasse rien sans mon ordre î
RETZ, regardant Catherine.
Madame I
CATHERINE
Faites ce que vous dit le roi, Gondi.
RETZ, en sortant.
Voici du neuf.
Il sort.
TAYANES.
Je demeure confondu, sire, et vous, madame, vous jouez-vous de tant de braves gens qui se sont avancés pour vous?
LE DUC d'aNJOU.
Maréchal, on a réfléchi...
Oui... peut-être cela vaudra mieux.
CHARLES
Tète-Dieu! ne suis-je pas le maître ?...
TAYANES.
De manquer à votre parole ? Non, sire I il y va de l'honneur ici.
CHARLES
Damnation 1 à qui parlez-vous, maréchal ?
TAYANES.
Au roi très-chrétien, sire, à un prince pour qui je verserais tout mon sang, mais de qui je ne souffrirai pas qu'il me trahisse, après m'avoir commis...
CATHERINE
Calmez-vous ; rien n'est encore décidé...
RETZ, rentrant précipitamment.
Il est trop tard, madame : je viens de voir Saint- Paul. Il quittait le duc de Guise qui, en se mettant en marche, l'avait envoyé me dire que l'amiral doit être accommodé à l'heure qu'il est.
TAVANES
Dieu veuille avoir son âme I
CHARLES
Ah! mon Dieu I...
Il retombe dans son fauteuil.
LE DUC D 'ANJOU, troublé.
Eh bien, ma mère ?
CATHERINE, levant les épaules.
Que voulez-vous, mon fils ?
RETZ
Dans quelques secondes la partie sera engagée.
CHARLES
Ah I mon Dieu l
TAVANES
C'est assez d'ainusement. N'ordonnez-vous pas de sonner le tocsin, madame ?
RETZ, bas au maréchal.
L'ordre est donné, soyez tranquille 1 (Haut.) Votre Majesté le commande-t-elle ?
CATHERINE
Faites ce qu'il y a à faire.
TAVANES
A la bonne heure ! Et la dague au poing 1
LE DUC d'an J ou, regardant à la fenêtre.
Quel bruit !