SCENE XVI
CHARLES IX, CATHERINE, LE DUC D'ANJOU
CATHERINE
Au demeurant, les huguenots nous y ont obligés ; on rejettera tout sur eux.
LE DUC d' ANJOU, à la fenêtre.
Voilà le tocsin !
Tocsin, bruit violent au dehors. — Une lumière vive et subite éclaire le ciel et se répand dans l'appartement.
LE DUC d'aNJOU.
On allume toutes les fenêtres... Voyez, voyez, ma mère !...
N'est-ce pas trop de bruit et trop de lumière ? On n'en surprendra pas un.
CHARLES, seleTant.
Damnation ! qu'on y prenne garde. — (ii ^a à la fenêtre.) Que je voie aussi I moi. (u regarde.) Ah ! que c'est beau !
LE DUC d'aNJOU.
Qui sont ceux-ci avec des pertuisanes et des torches ?
CHARLES
Des Suisses, je pense...
LE DUC d'aNJOU.
Non, des garde-françaises. Où vont-ils?
CHARLES
A cette maison sans lumière... repaire de huguenots, sur mon âme ! Les voilà qui rompent la porte à coups de hache... Ferme, hardi... elletientbon... Ahl enfin I
LE DUC d'aNJOU.
Les voilà entrés !
CHARLES
Et ce groupe d'hommes avec des plumes au chapeau ?...
OÙ donc, où donc ?
CHARLES, lui montrant avec la main.
Là... voyez... Ehl c'est le duc de Guise.
LE DUC d'ANJOU.
Oui, et le chevalier d'Angoulême... et d'Aumale.
CHARLES
Nevers, Montpensier... tous les amis.
CATHERINE
Et tout ce peuple qui les suit. Que traîne-t-il donc là?...