ACTE PREMIER
C 0 L I G N Y , avec distraction.
Mais certainement... Vous êtes bien silencieux, Bouchavannes ?
BOUCHAYANNES.
HéIas!monsieurramiral,quedirai-je?...M.deRosny a doctement discouru... cela est certain... Et il faut faire grande attention à tout ce qu'il a dit... La prudence ne gâte rien... D'un autre côté, il serait peu sage de témoigner trop de méfiance à Sa Majesté... ce qui fait que je ne vois pas quelle conduite nous pourrions tenir autre que celle que nous tenons. . . Au reste nos intérêts sont en bonnes mains, et pour moi, je me fie à vous, monsieur l'amiral.
ROSNY
Nous nous fions tous à monsieur de Ghâtillon, mais nous lui devons nos bons avis.
COLIGNY
Je vous en remercie, mon cher Monsieur, et j'en profiterai dans l'occasion. Pour vous le prouver, personne que je pense n'ayant rien à ajouter, j'engagerai chacun à s'informer avec prudence de tout ce qui peut nous éclairer; et ce sera tout pour aujourd'hui.
ROHAN
Mais ne pourrait-on commencer par les donneurs d'avis de La Rochefoucauld?
LA ROCnEFOUCAULD.
Voilà beau temps que je n'y pensais plus !
MONTGOMMERY
A propos, j'ai amené avec moi un brave homme qui m'est venu ce matin donner de bons avis. Je songe à
tout, moi. Je demande que vous l'entendiez le premier; car il a à faire, dit-il, étant cordonnier de son métier.
ROSNY, àColigny.
Si nous l'entendions, Monsieur? Ces sortes de gens ne sont pas à négliger.
COLIGNY, à son gendre.
Téligny, fais-le entrer.
LA ROCHEFOUCAULD, à Téligny.
Regarde en même temps si mes gens sont venus?
TÉLIGNY, en allant à la porte.
Oui, oui... (Il ouvre la porte et appelle.) Le cordounier Ordinaire du comte de Montgommery !