‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 71 sur 237 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Oui, mais dans quel dessein? Est-ce pour nous ou pour eux que j'ai souhaité la paix? Je voyais, à la faveur de la guerre civile, prévaloir l'Espagnol et le Lorrain, l'autorité royale s'épuiser par ses efforts, contracter des dettes envers son propre parti, et s'exposer chaque jour aux chances terribles d'une défaite. La voie des négociations s'ouvrait, elle m'offrait le moyen de remettre chacun à sa place ; les huguenots une fois désarmés, je pouvais les gagner par l'adresse, les diviser par la faveur, réunir leurs chefs à la cour, sous mes yeux, sous ma main... Qu'il vous en souvienne : la paix ne nous a toujours paru qu'une nouvelle ruse de guerre. Vous-même, vous l'entendiez ainsi, vous m'aidiez à les rassurer, à les séduire par de flatteuses manières ; nous marchions de concert ; nous faisions un visage sévère aux Guise, mais sans rompre tout commerce avec leurs alentours ; nous donnions congé au légat qui venait s'opposer à la paix; mais avec de bonnes paroles secrètes qui lui rendaient de l'espoir sans nous engager. Nous parlions aussi de la guerre de Flandre, mais sans cesser de nous entendre avec l'ambassadeur d'Espagne, sans même renoncer à nos communications cachées avec le duc d'Albe. Qu'est devenu tout ce bon plan de conduite, si savamment combiné? Vous vous êtes pris vous-même au piège, vous êtes entré tout de bon dans vos promesses, et vous donnez maintenant dans les belles paroles que nous avions conceiv tées ensemble... ou plutôt ce Coligny que vous vouliez gagner, s'est emparé de vous, vous ne pensez que d'à-

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