ACTE DEUXIÈME
persister. Écoulez- moi, Charles, je vous seconderai bien. — D'abord...
D'abord?
CATHERINE
Nous nous concerterons sur tout. Nous ne ferons rien sans nous être avertis.
CHARLES
Pourquoi pas?
CATHERINE
Que méditez-vous en ce moment?
CHARLES
Et vous?
CATHERINE
Oh! moi, jevousdirai... nousavonsbien des idées.,, mais surtout un grand projet! Vous saurez... vous saurez.
CHARLES, plus vivement.
Un grand projet!... Ma mère, ma mère, je ne vous le demande pas; mais je veux m'associer à toutes vos vues, je ne puis rien que par vos conseils.
CATHERINE
Cher enfant ! Çà donc, écoutez-moi. Ne cessez pas, vous, de bien traiter vos huguenots ; c'est ce que vous avez fait de mieux, vous vous y êtes pris en maître; nous aurons soin, nous, de renouer les autres fils que vous avez laissés se rompre.
CHARLES
Je Tentends bien ainsi.
Par exemple, vous avez fait partir Lanoue avec ce
i(6 LA SAINT-BARTHÉLEMY.
comte Ludovic : c'est à merveille. On dit qu'ils ont un projet sur Mons?.... Ne jugeriez-vous pas à propos qu'on en donnât avis sous main au duc d'Albe ?
CHARLES, en hésitant.
Mais, c'est une idée
CATHEBINE.
Remerciez-moi, mon fils, la chose est faite. Oh! je ne suis pas restée oisive. Grâce à mon avis, Genhs doit être battu à l'heure qu'il est.
CHARLES, entre ses dents .
Damnation !
CATHERINE
Que dites-vous?
CHARLES
Rien.
CATHERINE
Nous soignerons les Guise. Il ne serait pas prudent à vous d'avoir avec le duc une conférence d'affaires
CHARLES
Non vraiment.
CATHERINE
Mais votre frère pourrait s'en charger.
Mon frère d'Anjou!
CATHERINE
Sûrement.
CHARLES
Soit.
CATHERINE
Je vous dirai que le duc de Guise lui a paru au fond bien disposé