‹ La Saint-Jean-Baptiste à la campagne [microforme]Chapitre 11 sur 19 · TH. CHASE CASGRAIN · texte numérisé non relu

TH. CHASE CASGRAIN

M. J. A. CHICOYNE, député de Wolfe à Québec

Votre article est absolument dans la note vraie. La fête nationale devrait être fêtée chaque année jusque dans le plus humble de nos villages. Chaque école devrait être le théâtre d'une démonstration patriotique ce jour-là.Si Les ressourtes manquent pour faire grand soyons modestes; mais faisons quelque chose. Le malheur de nos gens c’est d'aimer trop l'éclat. On dirait qu'ils ne se plaisent que dans l'extravagance.

Je connais une foule de Canadiens, excellents patriotes du reste, qui croient une fête manquée si elle n’est pas brillante.

C’est une erreur qu'il faudrait combattre. Sir E. T. Taché avait pour devise: ‘pas tant, mais tous pouvons” Ces mots forment un programme pour chacun de nous.

J. A. CHICOYNE.

M L'’ABBE ANTOINE NANTEL, ancien supérieur du Séminaire de Ste- Thérèse.

Mon cher M. Sauvé,

J'ai lu avec intérêt votre article que vous avez bien voulu m'adresser sur la célébration de la St-Jean-Baptiste.

Je vous félicite de votre idée patriotique. 11 me semble que tous doivent désirer avec vous que la célébration de notre fête nationale s’étende de la ville aux campagnes et se généralise par tout le pays. Et le moyen d'en arriver là? Celui que vous indiquez me parait excellent. 11 faut éveiller dans l'esprit des enfants l’idée de la patrie, et dans ce but faire coincider la distribution des prix avec la fête aurait ce semble, un bon résultat. Quant À l'exécution pratique, il serait peut-être difficile de réunir au village tous les enfants des rangs qui doivent avoir des prix, puisqu'il est d'usage d’en accorder à tous.à peu près sans exception. Mais il serait facile de réunir au n.oins les lanréats du concours qu'il serait très dés-rable d'établir.

Je souhaite done succès à l’idée et à son auteur toute espèce de bonheur.

A. TEL, Ptre.

M. L'ABBE E. FILIATRAULT, curé de St-Jude .

Votre idée de célébration de la St-Jean

Baptiste à la campagne est admirable, surtout elle cst présentée d’une manière saisissante et entrainante. Il faut y revenir en temps opportun, ne fut-ce que par quelques mots pour réveiller chez nos canadiens l'impression que votre article va produire

E FILIATRAULT, Ptre Curé.

+ L'ABBE ELIE AUCLAIR, professeur au Séminaire de Sherbrooke

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article du 13 courant “La St-Jeun- Baptiste” ses noces de rubis...

Vous avez eu une heureuse idée de placer vos propositions au public sous le patronage (en quelque façon) des différents concitoyens de marque, dont vous citez les paroles: Monk, Chapais, Mercier, Poirier, Crémazie, Cartier, Routhier, Tarte, Chapleau, Chicoyne et Gouin

Votre projet de répandre davantage l'idée de la fête nationale à célébrer est certainement heureux.

Vive la Saint-Jean-Baptiste, car le patriotisme est une force vive pour le bien! Mais ‘ne nous ruinons pas en fêtes” et redoutons pour le peuple le fameux ‘‘Panem et circenses.””

Amicalement à vous, L'abbé Elie J. Auclair

M. PHILEMON COUSINEAU. AVO- CAT, PROFESSEUR DE DROIT A L'UNIVERSITE LAVAL.

Mon cher umi,

Permettez-moi de vous féliciter de votre article publié dans ‘La Patrie”, concernant la célébration de la Saint- Jean-Baptiste. Votre idée d’une distribution solennelle de prix pour les écoles primaires, le 24 juin, dans chaque paroisse de la province, me parait très pratique et remplie de patriotisme. Dans la paroisse de Saint-Laurent que j'habite, il nous est arrivé depuis quelques années de célébrer la Daint-

Jean-Baptiste avec beaucoup de pompe et d'éclat. Nous avons même dépensé des sommes assez considérables en chars allégoriques, feux d'artifice et jeux de toutes sortes, 11 me semble maintenant que ce serait mieux emplover notre temps et notre argent en cette circonstance, en encourageant l'instruction primaire. Nous pourrions fonder des prix spéciaux donnés au nom de la paroisse, soit pour les élèves qui ont eu le plus de succès dans leurs écoles, soit pour les institutrices elles-mêmes. Tout cet éclat extérieur særait certainement de nature à relever dans l’esprit de nos populations l'importance de cette éducation primaire, à donner de l'encouragement à l'enfance et à l'instituteur, à faire comprendre à nes commissaires d'écoles qu'il est plus important pour leurs enfants, d'être instruits, de savoir lire et écri re, d'être aptes à gagner leur vie, que de les arracher dès l'âge le plus tendre à l'école pour les faire travailler soit à ln ferme, soit 4 l'atelier. 11 me semble que les enfants devraient aller à l'école primaire, l'hiver et l'été, sans interruption jusqu'au moins à l'âge de quatorze ans. Je constate que nos concitoyens de langue anglaise attachent plus d'importance que ceux d'o rigine française à l'éducation primaire. Aussi sontils d'ordinaire mieux outillés pour gægner leur vie.

Je vous félicite done des suggestions que comporte votre article et j'espère qu'elles seront mises en pratique, Du patriotisme dans les mots et dans les discours, nous en avons eu assez jus- «u’à ce jour. Mettons-en un peu plus dans nos actes, et le jour où l'instruction primaire dans cette province sera traitée comme elle mérite de l'être par tous ceux qui s’y intéressent ,notre race aura fait un grand pas dans le patriotisme utile et véritable,

PHIL. COUSINEAU.

avocat.

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