‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 410 sur 559 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

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[XIX, ii — XXII, 9].

J.-C. Roi et Vainqueur eternel revele a l'Eglise quelles seront, — apres la defaite de tous ses ennemis, le jugement gene-

ral et la renovation du monde,

elle jouira dans sa vie triomphante

la gloire et le bonheur dont

I.— Les victoires de J.-C. [CH. xix, ii— xx] : i° Le Vainqueur et son armec [vers. 1 — 16]. — 2° Defaite de la bete et des rois [17 — 21]. — 30 Defaite du dragon a) lie pendant le regne de mille ans, puis b) precipitin en enfer avec ses partisans [xx, 1 — 10]. — 40 Le jugement dernier [11 — 25].

39 Uis je vis lc ciel ouvert, et il parut un cheval blanc; celui qui le montait s'ap- 1 pelle Fidele et Veritable; il juge et combat avec justice. I2Ses yeux etaient commc unc flamme ardente; il avait sur la tete plusieurs diademes, et portait un nom ecrit que nul ne connait que lui-meme; J3il etait revetu d'un vetement teint de sang : son nom est lc Ycrbe de Dieu. mLcs armees du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vdtues de fin lin, blanc et pur. x5De sa bouche sortait une epee aigue a deux tranchants, pour en frapper les nations; e'est lui qui les gouvernera avec un sceptre de fer, et e'est lui qui foulera la cuve du vin de l'ardente colerc du Dieu tout-puissant. l6Sur son vetement et sur sa cuisse, il portait ecrit

ce nom : Roi des rois et Seigneur des

seigneurs.

■~Etjc vis un ange debout dans le soleil; et il cria d'une voix forte a tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel : "Vencz, rassemblezvous pour le grand festin de Dieu, l8pour manger la chair des rois, la chair des generaux, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montcnt, la chair de tous les homines, Iibres et esclaves, petits et grands."

x9Et je vis la bete et les rois de la terre avec leurs armees, rassembles pour faire la guerre a Celui qui etait monte sur le cheval et a son armee.

20 Et la bete fut prise, et avec elle le faux-prophete qui, par les prodiges faits devant elle, avait seduit ceux

comme toi. — Car lc temoignage de Jesus, etc. Sens : si les paroles de l'ange montrent qu'il possede l'Esprit de prophetie, ce meme Esprit anime aussi ceux qui, comme S. Jean (i, 2), rendent temoignage a Jesus; ils sont done e'gaux sous ce rapport.

1 1. U11 cheval blanc : la vicloire de J.-C. annoncde des la premiere page du livre scell^ (vii, 2) va maintenant etre depeinte avec ses magnifiques r^sultats. — Fidele et Veritable : en lui s'accomplissent les promesses et

les menaces divines (i, 5; iii, 14). — Avec justice : Ps. xlv (44) 5.

12. Plusieurs diademes : il est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs; quel contraste avec la couronne d'epi-nes ! — Un nom, exprimant sa nature et ses prerogatives; e'est le nom au-dessus de tout nom, donne par Dieu le Pere a Jdsus comme recompense de son obeissance {Phil, ii, 9). — Que nul ne connait : ce nom, et surtout Intelligence de ce qu'il exprime, depassent la

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XIX, 11—20.

11. Et vidi coelum apertum, et ecceequusalbus,etqui sedebat super eum, vocabatur Fidelis, et Verax, et cum justitia judicat, et pugnat.

1 1. Oculi autem ejus sicut flamma ignis, et in capite ejus diademata multa, habens nomen scrip turn, quod nemo novit nisi ipse. 13. AEt vestitus erat veste aspersa sanguine : et vocatur nomen ejus, Verbum Dei.

14. Et exercitus qui sunt in coelo, sequebantur eum in equis albis, vestiti byssino albo, et mundo. 15. Et de ore ejus procedit gladius ex utraque parte acutus : ut in ipso percutiat gentes. c Et ipse reget eas in virga ferrea : et ipse calcat torcular vini furoris ira? Dei omnipotentis.

16. Et habet in vestimento, et in femore suo scriptum : rfRex regum, et Dominus dominantium.

17. Et vidi unum Angelum stantem in sole, et clamavit voce magna, dicens omnibus avibus, quae volabant per medium cceli :

Venite, et congregamini ad coenam magnam Dei : 18. ut manducetis carnes regum, et carnes tribunorum, et carnes fbrtium, et carnes equorum, et sedentium in ipsis, et carnes omnium liberorum, et servorum, et pusillorum, et magnorum.

1 9. Et vidi bestiam,et reges terrae, et exercitus eorum congregates ad faciendum proelium cum illo, qui sedebat in equo, et cum exercitu ejus. 20. Et apprehensa est bestia, et cum ea pseudopropheta : qui fecit signa coram ipso, quibus seduxit eos, qui acceperunt characterem bestias, et qui adoraverunt imaginem

science de toute creature, qui ne peut, sans une revelation speciale, connaitre les mysteres de la nature divine {Matth. xi, 27), ni la gloire rcservee au Christ et a ses Saints (I Cor. ii, 9; comp. Apoc. ii, 17). Du reste, les vers. 13 et 19 nous revelent la signification de ce nom.

13. Vetement teint de sang : comme dans la prophetie d'lsaie, ou le celeste Vainqueur des nations impies donne lui-meme l'explication des taches de sang que portent ses vetements (Ls. lxiii, 1-6; comp. Apoc. xix,i5). — Le Verbe ou la Parole de Diett, nom aime" et adore des disciples de Je'sus (Jean, i, 1, 2), qui exprime la nature divine du Christ, et son existence eternelle au sein du Pere.

14. Les armies du del, les anges (Matth. xxv, 31; II Thess. i, 7), le suivaient, non pour l'aider a vaincre,mais pour etre temoins de sa vicloire. Les chevaux blancs figurent le triomphe; le fin lin, blanc et pur, la saintete (v. 8).

15. Epe'e aigue etc., voy. i, 16; ii, 27. — Foulera la cuve, etc. Les deux images de cave (xiv, 19) et de coupe de colere (xiv, io; sont ici combinees : en chatiant ses ennemis (cuve foulee), Dieu leur fait eprouver les effets (boire le vin) de sa colere.

16. Sur son vetement et sur, a l'endroit de, sa cuisse, Ik oil pend le glaive; comme pour signifier que ce nom est pour lui le gage assure de la victoire. Ps. xiv (44), 4.

17. Festin de Dieu, que Dieu vous donne. Comp. Ezdch. xxxix, 17-20.

19. La bete sortie de lamer(xiii, 1), devenue l'instrument du dragon (xiii, 2) et le soutien de la grande Babylone (xvii, 3), apres

la guerison de sa blessure mortelle (xiii, 3; comp. xvii, 8), a pu, grace au faux-prophete (xiii, 11), e'tablir sa domination sur le monde et ses rois (xiii, 7, 12; xvii, 13). L'Antechrist, — car la puissance de la bete est alors entre ses mains, — a declare la guerre a Dieu et aux Saints (xiii, 5-8), tue les deux Temoins (xi, 8) et ope're la coalition supreme de toutes les forces antichretiennes (xvi, 13). Deja frappe de differents fleaux (xvi, 1 sv.) son empire va etre detruit, et lui-meme sera precipite en enfer. — : Rassembles a Armagedon (xvi, 16). Comme ici la guerre contre Dieu c'est la persecution de l'Eglise, ce rassemblement symbolique signifie la conspiration generale des puissances humaines contre le christianisme, sous l'influence de Satan et la conduite de l'Antechrist ; la bataille finale, c'est l'avenement triomphant de J.-C. pour juger le monde. Comp. vi, 15 sv. Cette bataille, decrite ici comme conclusion de la lutte engagee sur terre entre J.-C. et son adversaire V Antichrist, sera mentionnee encore au chap, xx (v. 8 et sv.), comme conclusion de la meme lutte, envisagee a un point de vue plus general, avec Dieu et Satan pour adversaires. 20. Le faux-prophete, la bete a deux cornes de xiii, 11 sv. qui avait aussi concouru a rallier les rois autour de la bete (xvi, r3). — Tousles deux, L' Antichrist et le faux-prophete son ministre, furent precipites en enter vivants; non pas qu'ils aient echappc a la mort physique, mais parce qu'ils furent, a. ce qu'il semble, engloutis subitement, corps et ilme (comp. Nombr. xvi, 30), et que, dans les flammes, ils seront non pas insensibles,

APOCALVPSE DE S. JEAN. Chap. XIX, 21; XX, 1

Ch. XX.

qui avaient la marque dc la bete ct ceux qui adoraient son image. Tous les deux furent jetes vivants dans letangde feu ou brule le soufre; 2Ile reste fut tue par l'epee qui sortait de la bouche de Cclui qui 6ta.it monte sur le cheval ; et tous les oiseaux se rassasierent de leu is chairs.

TEt je vis descend re du ciel un ange qui tenait dans sa main la clef de l'abime ct une grandc chaine; 2il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il 1'enchaina pour mille ans, 3et il le jeta

dans rabime, qu'il ferma a clef et scella sur lui, afin qu'il ne seduisit plus les nations, jusqu'a ce que les mille ans fussent ecoules. Apres cela, il doit etre delie pour un peu de temps.

4 Puis je vis des trones, (et ils s'y assirent, et le pouvoir de juger leur fut dbnne), ct les ames de ceux qui avaient etc decapites a cause du temoignage de Jesus et a cause de la parole de Dieu, et ceux qui n'avaient point adore la bete ni son image, et qui n'avaient pas recu sa marque sur leur front et sur leur main, lis

mais vivants, pour sentir la rigueur de l'eternel supplice [Judith, xvi, 21).

21. Le reste, les partisans de 1'Antechrist, les rots, les giniraux et les fuissants du vers. 18, avec les armies du vers. 19 Par Vdpie : par la parole toute-puissantc de J.-C. ( I I Thess. ii, 8). Tous perirent dans le cataclysrne final, mais tous ne furent pas damnes; quelques-uns s'etant convertis sous le coup du chatiment, comme autrefois pendant le deluge (II Pier, iii, 19 sv.). — Tous les oiseaux : voy. v. 17. Image symbolique du dtfsastre complet des ennemis de Dieu.

CHAP. XX

1. Et je vis etc. Cette vision a pour but de completer et de terminer l'histoire du dragon, commence'e au chap, xii, puis interrompue au debut de la derniere persecution, pour laquelle il s'est en quelque sorte substitu-- la bete et le faux-prophetc, que nous venons de voir vaincus et chaties par le Christ, a son second avenement.

2. Le dragon ; Satan etant un esprit, il faut prendre les expressions chaine, enchainer, etc., comme des images exprimant cette pensee qu'une puissance superieure empechera Satan d'exercer librement son action sur la terre. — // Venchaina : cet enchainement ou restriction du pouvoir de Satan, eut lieu, pensons-nous, lors du ier avenement de J.-C, qui a lie le fort arme {Luc, xi, 20) et jetc dehors le prince de ce monde {Jean, xii, 31). — Mille ans : duree assez longue, mais probablement inde'terminee ; elle represente le temps qui doit s'ecouler depuis la restriction du pouvoir de Satan, au ier avenement du Sauveur, jusqu'a l'epoque ou il sera de nouveau dechaine, peu avant la fin du monde (v. 3), e'est-a-dire, en definitive, presque toute la duree de l'Eglise militante.

3. Ferma a clef etc. S'il fallait entendre ces symbolesdans le sens d'unemprisonne-

ment absolu, ils pourraient encore s'appliquer a la personne meme de Satan, le chef desdemons,lequelaiuaitainsi re'ellement etc relegue1 aux enfers, tandis que les autres esprits mauvais auraient continue a jouir d'une certaine puissance, pour perse"cuter l'Eglise et tenter les homines, comme ils n'ont jamais <\e le faire {Eph. vi, 1 1 ; I Pier, v, 8 sv.). Cependant, il serait assez conforme au langage liabituel de rEcriture, de n'entendre cet emprisonnement de Satan que d'une diminution considerable de sa liberte d'action (i (imp. Matth. ix, 13; Luc. xiv, 26 etc.). — Qu'il ne siduisit plus : il est incontestable que, pendant environ 10 siecles, l'idolatrie, au lieu de progresser,a recule dans le monde, par suite de la conversion d'un grand nombre de peuples au christianisme; ainsi, l'einprisonnement de Satan aurait eu pour consequence la blessure mortelle de la bete xiii. 3 note). — Delie pour un peu de temps : afin de susciter contre l'Eglise lesdernieres epreuves, par lesquelles Dieu a resolu de la faire passer. Satan travaillera done a amener Yapostasie des peuples Chretiens (II Thess. ii, 3) et, furieux d'avoir etd prtfcipite- du ciel en terre par S. Michel (xii, 7 sv.), il profitera du peu de temps qui lui restera, pour promouvoir la domination de 1'Antechrist, dont il partagera enfin le desastre et le chatiment (v. 7 sv.).

4. Puis je vis etc. Apres avoir assiste a l'enchainemeni, pour mille ans, du dragon ennemi de J.-C, S. Jean va voir quel sera, pendant cette meme periode, le sort des amis du Sauveur.les martyrs et les chretiens fideles jusqu'a la mort. — Des trones, places au ciel, puisqu'ils sont destines aux martyrs et aux saints, dont les ames doivent regner avec J.-C. — Lis s'y assirent etc. La phrase est coupee par une parenthese; avant de nous dire quels dtaient les personnages, il nous les ddpeint, comme il les aperc-ut lui-meme, prenant possession de

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XIX, 21; XX,

ejus. Vivi missi sunt hi duo in stagnum ignis ardentis sulphure: 2i.et ceteri occisi sunt in gladio sedentis super equum, qui procedit de ore ipsius: et omnes aves saturate sunt carnibus eorum.

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—*— CAPUT XX. — *- Ligatum draconem sive diabolum mittit Angelus in abyssum ad mille annos, quibus animae martyrum in resurreclione prima regnabunt cum Christo : post quos solutus Satanas excitabit Cog et Magog innumerum exercitum adversus civitatem dileclam, sed igni ccelesti devorabuntur : deinde apertis libris, a sedente super thronum judicabuntur omnes mortui secundum opera ipsorum.

gJ]T vidi Angelum descendentem de coelo,habentem clavem abyssi, et catenam magnam in manu sua.

1. Et apprehendit draconem, serpentem antiquum, qui est diabolus, et satanas, et ligavit eum per annos mille : 3. et misit eum in abyssum, et clausit, et signavit super ilium ut non seducat amplius gentes, donee consummentur mille anni : et post haec oportet ilium solvi modico tempore.

4. Et vidi sedes, et sederunt super eas, et judicium datum est illis :

et animas decollatorum propter testimonium Jesu, et propter verbum

leurs trones et de leur pouvoir de juges (I Cor. vi, 2 sv.). — Et je vis, sur ces trones, les chnes : il s'agit done ici de la gloire celeste des ames saintes, avantla resurrection de leurs corps. — Decapites, litt. frappes de la hache, expression juridique qui s'applique ici, par metonymie, a tous les genres de mort violente et designe tons les martyrs. — JVavaienl point adore la bete etc. Bien que ces expressions semblent s'appliquer plus specialement aux fideles qui auront vecu sous l'Antechrist (xiii, 15 sv.), cependant elles conviennent aussi aux fideles de tous les temps, comme le montre la note de xiii, 15. — lis etirent la vie : tandis que leurs corps reposaient en terre, leur ame prit possession de la vie glorieuse, au lieu d'aller, comme autrefois, dans le triste sejour des limbes. Le terme grec Utjiaav ne semble pas devoir se traduire ici par : its revinrent a la vie; en tout cas, il ne signifie point que les Saints ressusciterent. selon 1'idee des anciens Millenaristes qui admettaient, au debut de la glorieuse periode des mille ans, une resurrection des seuls justes, appeles a rdgner sur la terre avec J.-C. Ensuite devait avoir lieu la resurrection des autres morts et le jugement general. Cette double resurrection, fondee sur l'interpre'tation inexacle de ce passage de PApocalypse, a ete depuis longtemps abandonnee ; car, selon l'enseignement de l'Eglise, il n'y aura, au dernier jour,qu'une seule et meme rdsurrecflion de la chair, comprenant les justes et les pecheurs {Jean v. 28 sv. ). — Et rdgrikrent ; associes par J.-C. a son aclion en faveur de l'Eglise encore militante sur la terre, et honore's parcelle-ci comme sesprotecleurs et ses princes. (Au sujet de cette phase actuelle du regnc de J.-C, voy. I Cor. xv, 25 sv.) II ne s'agit done pas ici d'une epo-

que de paix et de gloire pour l'Eglise de la terre; le regne de mille ans est celui des Saints au ciel, pendant une periode allant de l'enchainement du dragon jusqu'aux approches de la fin du monde, que precedent de peu le dechainement de l'infernal captif. II est vrai que, durant cette periode, le pouvoir de Satan etant restreint (v. 3), l'Eglise fera de grands progres dans le monde et deviendra ce bel arbre, qui doit sortir du grain de seneve evangelique. Toutefois, ce serait une erreur, croyons-nous, d'esperer en ce monde un millenium glorieux, une sorte d'age d'or, oil l'Eglise cesserait momentanement d'etre militante, pour jouir d'un triomphe plus ou moins long.

Cette conception, avons-nous dit, n'a point d'appui dans notre texte, qui parle uniquement du regne des ames au ciel avec J.-C. Elle nous parait aussi s'accorder mal avec les proprieties anciennes, ou l'ere de gloire et de bonheur, pour le peu pie de Dieu, est annoncee comme devant succcder au grand jour de /ekova/i, e'est-a-dire au jugement dernier, et comme devant subsister eternellement, sans nouvelles vicissitudes. D'ailleurs le Nouveau-Testament luimeme, qui promet a l'Eglise des epreuves et des combats, ne lui fait jamais esperer les temps de rafratchissement qu'au 2'1 avenement du Sauveur(voy. Aft. iii, 20; II Thess. i, 4-10; Jacq. v, 7 etc); et il est clair que, dans les di scours de N.-S. sur les destinees futures de son Eglise (Afatt/t. xxiv sv. et parall.), il n'y a rien qui corresponde a un millenium glorieux, dont elle devrait jouir avant le temps 011 il reviendra, sur les nuees, pour la sauver (/.in; xxi, 23), en detruisant les derniers persecuteurs (II Thess. i, 7 sv. ii, 8 sv.). — l.es mille ans : l'article les manque dans plusieurs manuscrits grecs,

APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XX, 5—15.

eurent la vie, et regnerent avec le Christ pendant les mille ans. 5 Mais les autres morts n'eurent point la vie, jusqu'a ce que les mille ans fussent ecoules. — C'est la premiere resurrection. — 6Heureux et saint celui qui a part a la premiere resurrection!

La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux ; ils seront pretres de Dieu et du Christ, et ils regneront avec lui pendant mille ans.

7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relache de sa prison, et il en sortira pour seduire les nations qui sont aux quatre extremites de la terre, Gog et Magog, ann de les rassembler pour le combat :

leur nombre est comme le sable de la mer. 8Elles monterent sur la surface de la terre, et elles cernerent le camp des saints et la ville bien-aimee; 9mais Dieu fit tomber un feu du ciel qui les devora. Et le diable, leur seducteur, fut jetc dans l'etang

de feu et de soufre, 011 sont la bete 10 et le faux-prophete, et ils seront tourmentes jour et nuit aux siecles des siecles.

"Puis je vis un grand trone £clatant de lumiere et Celui qui etait assis dessus : devant sa face la terre et le ciel s'enfuirent et il ne fut plus trouve' de place pour eux. I2Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trone. Des livres furent ouverts; on ouvrit encore un autre livre, qui est le livre de la vie; et les morts furent juges, d'apres ce qui etait ecrit dans ces livres, selon leurs ceuvres. *3La mer rendit ses morts; la Mort et l'Enfer rendirent les leurs; et ils furent juges chacun selon ses ceuvres. J4Puis la Mort et l'Enfer furent jetes dans l'etang de feu : — c'est la seconde mort, l'etang de feu. ^Quiconque ne fut pas trouve inscrit dans le livre de la vie fut jete dans l'etang de feu.

mais il est sumsamment appuye par les textes grecs et la version syriaque; d'ailleurs, le contexte suffit a prouver qu'il n'est question, dans tout ce passage, que d'une seule et meme periode millenaire.

5. Les autres worts ; les pecheurs, morts dans 1'inimitie de Dieu, n'eurent point la vie heureuse et glorieuse des Saints; mais leurs Ames, vivantes physiquement, furent dans l'etat triste et douloureux que S. Jean appelle plus bas : seconde mort, succedant pour les pdcheurs a la mort corporelle. — Jusqu'a ce que etc. Apres les mille ans, au dernier jour du monde, les impies retrouveront, il est vrai, la vie du corps, mais sans ^chapper pour cela a la seconde mort (12 s\\). — La premiere resurreclion : c'est- a-dire, selon la maniere de parler des Juifs a cette epoque, la premiere phase de la vie e'lernelle. Yoy. Matth. xxii, 30 sv. notes.

6. Heureux ... celui qui, etant mort dans le Seigneur (xiv, 13), prend part a ce regne des ames dans le ciel ; il est Saint et par la meme assure pour jamais de la fdlicite, sans avoir a redouter la seconde mort de l'enfer (v. 14). — Pretres: voy. i, 6. —Pendant mille ans: c'est-acfire durant la periode

que designe ce nombre d'annees ; car ceux qui mourront pendant les dernieres persecutions, n'auront pas a attendre si longtemps la resurrection de leurs corps. Le texte sacre" parle ici de tous les Saints de la periode acluelle, comme d'un corps moral, auquel est reserve le regne de mille ans.

7. Pour seduire les nations : les ddtourner du christianisme et former Pempire universel de l'Antechrist. — Gog et Magog : ces deux noms sont places ici comme par parenthese, pour nous rappeler que cette derniere conspiration des nations impies contre l'Eglise, le peuple de Dieu, a deja ete annoncee et allegoriquement decrite par Ez^chiel, sous la figure d'une invasion terrible de Gog, du pays de Magog, venant surprendre le pays d'Israel, a la tete d'une armee innombrable, formee de diverses nations. En effet, les chap, xxxviii et xxxix d'Ezechiel ne sont que le developpement allegorique des faits rapportes ici et au chap, xix, 17 sv. — Les ?'assembler, pour la bataille d'Armage'don, comme il est dit xvi, 13 sv., et encore xix, 19.

8. Le camp des Saints (allusion au campement d'Israel dans le de'sert, comp. Nombr

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XX, 5—15.

Dei, et qui non adoraverunt bestiam, neque imaginem ejus, nee acceperunt characterem ejus in frontibus, aut in manibus suis, et vixerunt, et regnaverunt cum Christo mi lie annis. 5. Ceteri mortuorum non vixerunt, donee consummentur mille anni : Hasc est resurrectio prima.

6. Beatus, et sanctus, qui habet partem in resurrectione prima : in his secunda mors non habet potestatem : sed erunt sacerdotes Dei et Christi, et regnabunt cum illo mille annis.

La 7. "Et cum consummati fuerint mille anni, solvetur satanas de carcere suo, et exibit, et seducet gentes, quae sunt super quatuor angulos terras, Gog, et Magog, et congregabit eos in praslium, quorum Humerus est sicut arena maris. 8.Et ascenderunt super latitudinem terras, et circuierunt castra sanctorum, et civitatem dilectam. 9. Et descendit ignis a Deo de ccelo, et devoravit eos : et diabolus, qui seducebat eos, missus est in stagnum ignis, et sul-

phuris, ubi et bestia, 10. et pseudopropheta cruciabuntur die ac nocte in sascula sasculorum.

11. Et vidi thronum magnum candidum, et sedentem super eum, a cujusconspectu fugit terra, et coelum, et locus non est inventus eis.

12. Et vidi mortuos magnos, et pusillos stantes in conspectu throni, et libri aperti sunt : et alius Liber apertus est, qui est vitas : et judicati sunt mortui ex his, quae scripta erant in libris secundum opera ipsorum.

13. Et dedit mare mortuos, qui in eo erant : et mors, et infernus dederunt mortuos suos, qui in ipsis erant : et judicatum est de singulis secundum opera ipsorum. 14. Et infernus, et mors missi sunt in stagnum ignis. Hasc est mors secunda. 15. Et qui non inventus est in Libro vitas scriptus, missus est in stagnum ignis.

xxiv, 2 sv.)etla ville bien-aimee (Jerusalem, epouse cherie du Christ, Ps. lxxxvii (86), 2; Eph. v, 25) : e'est l'Eglise, figuree dans Ezechiel par le peuple d'Israel, revenu de sa dispersion, et vivant paisiblement sur ses montagnes. Ici, la derniere persecution de l'Antechrist nous est depeinte comme un blocus formidable, menacant la sainte cite d'une mine certaine.

9. Un feudu del : probablement le feu de la conflagration universelle, qui s'allumera a l'avenement du Christ-Juge (I Cor. iii, 13; Ps. xcvii (96), 3); ou peut-etre, d'une maniere generale, quelque effet terrible de la colere de Dieu, designe plus haut par le glaive de la bouche du Christ (xix, 21) et dans Eze'chiel par une enumeration de divers fleaux (xxxviii, 21 sv.). — Fut jete : sur cette punition collective des principaux ennemis de Dieu, comp. Isaie, xxiv, 21 sv.

11. Puis, je vis etc. Apres la conflagration universelle, qui aneantira sur terre toutes les puissances impies, aura lieu la resurrection generale et le jugement. — Cclui : Dieu le Pere, le Vieillard de Daniel vii, 9, dont la majeste presidera au jugement exerce, en son nom, par Jesus-Christ (Afl. xvii, 31). — La terre et le del : l'univers visible dans son etat acluel; s'enfuirent^ dis-

parurent dans le cataclysme final (vi, 12-14: xvi, 20; I Cor. vii, 31; II Pier, iii, 7 sv.) pour faire place au monde renouvele (xxi, 1).

12. Les morts ressuscite's seront presents tous, grands et petits {Malth. xxv, 32). — Des livres : Dan. vii, 10; l'ouverture de ces livres, ou sont consignees toutes les actions des homines, e'est la manifestation du secret des consciences annoncee par S. Paul (I Cor. iv, 6). — Le livre de la vie : voy. iii, 5 note.

13. De partout, les morts sont revenus a la vie : de la mer, qui a englouti tant de victimes, depuis le deluge; de la Mori et de YEnfer, e'est-a-dire des tombeaux et des sejours souterrains que les Grecs designent par le mot 'Aot); (hebr. sdieol); les deux parties du globe, mer et terre, personnifiees ici, obeissent a l'ordre de Dieu et rendent leurs proies.

14. La Mort et PEnfer, toute mortalite (vi, 8) disparait de l'univers, ou va regner I'immortalite, sauf dans le lieu des eternels supplices, P dang de feu, la gehenne, oil les pecheurs seront eternellement ensevelis dans la seconde mort.

15. Quiconque etc.;ils sont enumere's au chap, suivant, v. 8.

APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XXI,

II. — Le triomphe de l'Eglise [en. xxi, i — xxn, 5] : 50 Apparition du monde nouveau et de la Jerusalem nouvelle [vers. 1 — 8]. — 6° Structure et splendeur de la ville sainte [9 — 27]. — y° Vie immortelle et heureuse de ses habitants [xxn, 1 — 5].

3jT je vis un nouveau ciel et une

nouvelle terre; car le premier

ciel et la premiere terre avaient

disparu, et il n'y avait plus de mer.

2Et je vis descendre du ciel,d'aupres

de Dieu, la ville sainte, une Jerusalem

nouvelle, appretee comme une nouvelle marine paree pour son epoux. 3 Et j'entendis une voix forte qui venait du trone et qui disait : " Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes :

il habitera avec eux, et ils seront son

CHAP. XXI

r. Un nouveau ciel tic. Deja Isaie (lxv, 17 sv.) avait pnfdit en ces termes un renouvellement de l'univers visible. Creee au commencement dans un e*tat excellent (Gem.

i, 30), puis maudite et soumise a la corruption par suite du peche {Gen. iii, 17; Rom. viii, 20), la nature entiere attend, avec une sorte d'impatience douloureuse, le moment de la glorification des enfants de Dieu, qui sera celui de son afTranchissement {Rom. viii, 19). S. Pierre, lui aussi, apres avoir annonce l'cbranlement et la conflagration de notre monde acluel, qui doivent arriver au jour du Seigneur, jour du jugement et de la perdition des impies, ajoute : Mais nous at tendons, selon ses prowesses, de nouveaux deux et une terre nouvelle, dans lesquels habitera la justice (II Pier. iii, 7-13)-

Cette renovation de l'univers, devant succeder au iugement dernier, ne peut done pas s'entendre de la transformation morale du monde par le christianisme; et S. Augustin s'eleve avec force contre ceux qui veulent appliquer ce chapitre de l'Apocalypse a l'Eglise militante {de Civit. 1. w, c. 17). Mais d'autre part, les descriptions du monde renouvele, qui se lisent ici et dans les anciens prophetes, ne doivent pas non plus etre regardees uniquement comme des peintures allegoriques du sejour celeste, oil Dieu et J.-C, assis a sadroite, manifestent leur gloire aux Anges et aux Saints; il est trop evident, en eflfet, que ce sejour n'a besoin d'aucune renovation et n'en subira aucune. Toutes les regies de l'ex^gese nous obligent a voir, dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle, un renouvellement de ce monde 011 a vecu Phumanite dechue, lequel, debarrasse enfin de toute souillure, par la conflagration qui exterminera les impies et leurs ceuvres, sera re'tabli par Dieu dans un e'tat tfgal, et meme superieur, a celui dans lequel il avait etc? cre'e ; renouvellement que 1'Ecriture appelle ailleurs tj TcaXiyyevsaia, la

riginiration (Mattlt. xix, 28) et t] aTioxa-ca-

rsziz'.z Travttuv, la restitution de toutes choses en leur premier etat (Aft. iii, 21). D'oii il suit encore que, dans 1'Ecriture, la fin du monde ne signifie pas la destruction complete de ce monde visible, mais la fin des conditions d'existence ou il se trouve pendant la pcriode acluelle; ce qui doit perir, ce n'est point la substance, mais la figure de ce monde (I G?r.vii, 31). — Plus de mer : cette troisieme partie de l'univers, selon la conception des Hebreux (x, 6; Exod. xx, 1 1 ; Acl. xiv, 15, etc.), n'existera done plus; elle aura disparu dans la conflagration universelle, pour laisser ainsi, sur le globe, un plus large espace a. la terre ferme. — Cependant, tout en maintenant, pour les raisons exposees plus baut, que le prophete annonce ici la renovation physique de notre monde, on pourrait peut-etre entendre ce dernier trait dans un sens symbolique.

II n'y aura plus de mer, e'est-a-dire, plus dfe tempetes, de naufrages, plus de barrieres entre les differentes parties du globe. " On n'entendra plus, dit S. Hippolyte, le triste grondement de la mer... et les justes pourront y marcher, quoiqu'elle ne doive pas etre priv^e de l'ele'ment humide " {Adv. Grcecos).

2. Descendre du ciel, pour venir s'etablir sur la terre renouvelee; d'aupres de Dieu, qui en a concu et realise le plan magnifique. Comp. iii, 12 et plus bas vers. io. Cette insistance a repe'ter que la nouvelle Jerusalem descend du ciel, prouve une fois de plus que les descriptions qui vont suivre ne se rapportent pas, du moins principalement, a ce que nous appelons le ciel, le sejour acluel et eternel des bienheureux. Nous ne lisons pas, en effet, qu'aucun des objets celestes que S. Jean a contemples jusqu'ici, ait du descendre du ciel, pour se mettre a portee de sa vue; si done il voit descendre la Jerusalem nouvelle, e'est que reellement elle represente un ensemble de choses qui doivent, du moins en majeure partie, se realiser un jour ici-bas, sur la nouvelle terre. —

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XXI,

— *— CAPUT XXI. — *— Ccelo ac terra renovatis, nova civitas Jerusalem in Agni sponsam a Deo paratn ostenditur, justis glorificatis, impiisque in stagnum ignis detrusis ; cujus civitatis murus et portaj ac fundamenta describuntur et mensurantur, quae universa sunt aurum ac vitrum mundum, lapides pretiosi ac margaritae.

T vidi coelum novum, "et terram novam. Primum enim coelum, et prima terra abiit, et mare jam non est. 1. Et ego Joannes vidi sanctam civitatem Jerusalem novam descendentem de ccelo a Deo, paratam, sicut sponsam ornatam viro suo. 3. Et audivi vocem magnam de throno

La ville sainte, opposee a la ville impie (xvii), Jerusalem, opposee a liabylone^

YEpouse puree, opposee a la prostilue'e; e'est l'Eglise,la societe des Saints (v. 9 note); elle est ici appelee nouvelle, non plus par opposition a la societe religieuse de Xancien Testament, mais parce que, apres Pavenement glorieux de son Epoux et la renovation de toutes choses (v. 1 et 5) PEglise de J.-C. elle-meme entre alors dans une phase nouvelle de son existence, qui est celle de la celebration solennelle de ses noces (xix, 7). Cette fete eternelle, deja commencee auciel, pourles ames des Saints {Hebr. xii, 22 sv.), revetira une splendeur nouvelle lorsque, le Christ ayant triomphe de tous ses ennemis, les corps des Saints etant glorifies et la creation renouvelee, les noces divines pourront se celebrer aussi sur la terre, dans les lieux memes ou la sainte Epouse a ete indignement persecutee.

3. Void : l'univers renouvele et surtout la ville sainte, sont le tabernacle (allusion an tabernacle de Mo'ise oil Dieu habitait au milieu d; Israel : h.xod. xl.32 sv.: Levit. xxvii, 1 1 sv.), on Dieu Jiabitera avec les hommes, dans une sainte et delicieuse familiarite, dont les apparitions de l'Eden etaient un prelude {Gen. iii, 8) et qu'Ezechiel a annoncee presque dans les memes termes (xxxvii, 27). Notons encore ici que, s'il s'agissait, dans cette description, du sejour celeste, on ne dirait pas que Dieu y habitera avec les hommes, mais que les hommes y habiteront avec Dieu. En effet, dans le style biblique, le ciel est la demeure propre de Dieu, tandis que la terre est le domaine des hommes (Ps. cxv (113) 16). — Le Dieu-avec-eux : allusion probable au nom d; Emmanuel , Dieu-avec-nous [Matth. i, 23). — Leur Dieu : leur protecleur et leur bienfaiteur eternel ; comme il a ete le Dieu a" Abraham, dont les elus forment la race innombrable, a laquelle Dieu a prepare une cite fondee pour les siecles eternels {He'br. xi, io, 16).

II y aura done, apres le jugement dernier, des hommes habitant le monde renouvele, oil Dieu les honorera de sa presence. Cette conclusion, qui semble dejk resulter de plusieurs textes des anciens prophetes, est confirmee aussi par S. Pierre, lorsqu'il

nous apprend que, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, habitera la justice, e'est-a-dire des hommes justes et saints (II Pier, iii, 13). Les citoyens de la nouvelle Jerusalem seront done tous des amis de Dieu, des justes assures de leur victoire et de leurs droits a l'heritage du Pere celeste (vers. 7.); dans le monde renouvele, le peche n'aura plus de place (vers. 8, 27 ; xxii, 14 sv.).

Mais ici se pose une derniere question. Tons ces heureux habitants de la nouvelle terre seront-ils arrives a Pet at definitif de la gloire, tant pour la perfection surnaturelle de leurs ames et la spiritualisation de leurs corps (I Cor. xv, 44), que pour leur admission a. la vision intuitive de Pessence divine? En d'autres termes, la terre renouvelee sera-t-elle seulement une sorte de prolongement du ciel propiement dit, ou n'en sera-t-elle qu'un magnifique vestibule?

Ouelques auteurs modernes, prttendant s'appuyer sur une etude plus approfondie de certains passages de PEcriture, et sur les idees eschatologiques de plusieurs Peres des premiers siecles, out emis cette pensee, que le monde nouveau serait le sejour d une humanite renouvelee elle aussi, et ramenee, par Peffet plein et entier de la redemption du Christ, a des conditions plus heureuses encore que celles du paradis terrestre.

D'apres eux, un certain nombre des justes que le 2(i avenement du Sauveur trouvera vivants sur la terre, apres avoir ete enleves par les Anges, a la rencontre du Sauveur (I Thess. iv, 17), et preserves ainsi du feu de la conflagration universelle, redescendraient sur la terre purifiee et renouvelee, pour y perpetuer a jamais le genre humain, l'Kglise,dont tousles membres alors seraient justes, preserves du peche grave par une providence toute speciale, et, apres un certain temps, admis a posseder au ciel la gloire correspondante a leurs merites.

Ces opinions n'ont rencontre jiioqu'ici que tics peu de faveur aupres des theologiens catholiques; la S. Congregation de PIndex a meme prohibe naguere un ouvrage ou elles etaient exposces, montrant ainsi qu'elle en jugeait la divulgation a tout le moins inopportune.

APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XXI, 4—17.

peuplc, ct lui-meme, le Dieu avec eux sera leur Dieu. 4Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premieres choses ont disparu. "

sEt Celui qui etait assis sur le trone, dit : " Voici que je fais toutcs choses nouvelles. " Et il ajouta :

" Ecris, car ces paroles sont sures et veritables. " 6Puis il me dit : " C'est fait! Je suis l'alpha et Iomega, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la source de l'eau de la vie. 7 Celui qui vaincra possedera ces choses; je serai son Dieu ct il sera mon fils.

8 Mais pour les laches, les incredulcs, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les magiciens, les idolatres et tous les mentcurs, leur part est dans l'etang ardent de feu et de soufrc : c'est la seconde mort. "

9 Alors l'un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept derniercs plaics, vint me parler et me dit : " Viensje te montrerai la nouvelle mariee, l'Epouse de l'Agneau. "

10 Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la ville sainte, Jerusalem, qui descendait du ciel d'aupres de Dieu, "brillante de la gloire de Dieu, et l'astre qui l'eclaire est semblable a une pierre tres precieuse, a une pierre de jaspe transparente comme le cristal. I2Elle a une grande et haute muraille, avec douze portes; a ces portes sont douze anges, et des noms inscrits, ceux des douze tribus des fils d'Israel. I3ll y a trois portes a l'orient, trois portes au nord, trois portes au midi et trois portes a l'occident. HLa muraille de la ville a douze pierres fondamcntales sur lesquelles sont douze noms, ceux des douze apotres de l'Agneau.

J5Et celui qui me parlait tenait une mesure, un roseau d'or, pourmesurer la ville, ses portes et sa muraille. l6La ville est quadrangulaire, ct sa longueur est egale a sa largeur. II mesura la ville avec son roseau, jusqu'a douze mille stades; la longueur, la largeur et la hauteur en sont Igales. '7ll en mesura aussi la muraille, de cent quarante-quatre cou-

4. // essuiera tonic lartne etc. Cette drlivram e de tout mal constitue le ierdegre de la beatitude; comp. vii, i6s\\; Is.xxxv, 10 etc. — Les premieres choses, lc premier etat du monde, oil regnait le peche et la mort. 11 n'y a qu'un mal, le pech(f; ce mal etant detruit, tous ses fruits amers, toute souffrance, toute douleur physique ou morale ont pris rln.

5. Toutes choses : ce n'est plus seulement la regeneration morale et le renouvellement inteiieur de l'homme, effets du bapteme et de la grace de J.-C. {Tit. iii, 5); c'est le renouvellement general, la restauration universale par laquelle la redemption du Christ atteint la plenitude de ses resultats(II Cor.

6. C est fait : tout est renouvele; les suites desastreuses du peche sont reparees ; les desseins de Dieu sont accomplis. — Alpha : voy. i, 8. — L'eau de la vie, ici, image de la bienheureuse immortalite : comp. vii, 17; Is. lv. 1 ; Jean, iv, 10, 14 et Matth. v, 6.

7. Ces choses, enumerees deja a la fin des 7 Lettres (ii, 7, 11 etc.) et figurees plus bas dans la description de la cite sainte, constituent l'ensemble des nobles et heureuses conditions de l'existence dans le monde de

la gloire. — Monfils : la principale et le fondement de toutes ces prerogatives, c'est assunfment Yadoption divine, arrive'e alors a la realisation parfaite que nous attendons(7?£)w. viii, 23), par la prise de possession pleine et entiere de l'heritage divin (ibid. v. 17).

8. Les laches, opposes a celui quivaincra (v. 7 : comp. Matth. xi, 12). — Les abominables, les homines souilles des peches qui accompagnent l'idolatrie. — Les menteurs, principalement ceux qui enseignent de fausses doctrines sur J.-C. — La seconde mort, la mort definitive, Peternelle damnation (xx, 6, 14).

9. L'un des sept anges : comp. xvii, 1. Du parallelisme parfait de ces deux passages, on doit conclure, nous semble-t-il, que la Jerusalem nouvelle decrite ici n'est pas plus une ville, dans le sens propre du mot, que ne l'etait la grande Babylone, mais bien une cite, e'est-a-dire une societe, formee de membres harmonieusement unis entre eux, comme les pierres d'un edifice. Deja N.-S. , dans l'Evangile, a compare son Eglise a un edifice fonde sur l'autorite de Pierre {Matth. xvi, 18). Par consequent, dans la description qui va suivre, il ne faut pas voir autre chose que des symboles, ex-

APOCALYPSIS B. JOANNIS A P. Cap. XXI, 4—17.

dicentem: Ecce tabernaculum Dei cum hominibus, et habitabit cum eis. Et ipsi populus ejus erunt, et ipse Deus cum eis erit eorum Deus :

4. *et absterget Deus omnem lacrymam ab oculis eorum : et mors ultra non erit, neque Rictus, neque clamor, neque dolor erit ultra, quia prima abierunt.

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