XIV
vous payez les impots ; car les magistrats sont des ministres de Dieu, entierement appliques a cette fonction. 7Rendez [done] a tous ce qui leur est du : a qui l'impot, l'impot; a qui le tribut, le tribut; a qui la crainte, la crainte; a qui l'honneur, l'honneur.
8 Ne soyez en dette avec personne, si ce n'est de l'amour mutuel ; car celui qui aime son prochain a accompli la loi. 9 En effet, ces commandements : " Tu ne commettras point d'adulterc ; tu ne tueras point; tu ne deroberas point; [tu ne diras point de faux t^moignage;] tu ne convoiteras point, " et ceux qu'on pourrait citer encore, se resument dans cette parole : " Tu aimeras ton prochain comme toi-meme." I0 L'amour ne fait
point de mal au prochain ; l'amour est done la plenitude de la loi.
"Cela importe d'autant plus, que vous savez en quel temps nous sommes : e'est l'heure de nous reveiller enfin du sommeil; car maintenant le salut est plus pres de nous que lorsque nous avons embrasse la foi.
12 La nuit est avancee, et le jour approche. Depouillons-nous done des oeuvres des t£nebres et revetons les armes de la lumiere. x3Marchons honnetement, comme en plein jour, ne nous laissant point a//er aux. exces de la table et du vin, a la luxure et a l'impudicite, aux querelles et aux jalousies. ^Mais revetez-vous du Seigneur Jesus-Christ, et ne prenez pas soin de la chair, de maniere a en exciter les desirs.
— CHAP. XIV, 1 — XV, 13. — Conduite a tenir envers ceux qui sont encore faibles dans la foi. Ne pas se juger les uns les autres [xiv, 1 — 12]. Se garder de scandaliser les faibles [vers. 13—23]. A l'exemple de Jesus-Christ, les supporter et les accueillir [XV, I — 13].
Ch. XIV. J^ Uanta celui qui est faible dans
la foi, accueillez-le sans vou-
loir juger ses pensees. 2Tel croit pouvoir manger de tout ; tel autre, qui est faible, se nourrit de legumes. 3 Que celui qui mange ne meprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu
l'a accueilli d<ms son eglise. ^Qui estu, toi qui juges le serviteur d'autrui ? S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maitre. Mais il se tiendra debout, car Dieu a le pouvoir de le soutenir. 5Tel met de la difference entre les jours; tel autre les estime tous pareils : que chacun ait dans son esprit une pleine conviction.
designe proprenient les ministres du culte : le service de l'Etat est une fonclion sainte, un mi n is t ere sacre, bien que ties different de celui des autels.
8. Ne laissez aucun devoir inaccompli ; quant au devoir de la charite-, il subsiste toujours; e'est une dette qu'on ne saurait payer une fois pour toutes.
10. L'amour, pour celui qui aime. Comp. I Cor. xiii, 4-7. Vulgate, Vamour du prochain ne fait pas le mal. — La plenitude, ce par quoi elle recoit son parfait accomplissement (Gat. v, 14).
11. Cela, la pratique de la charite'. De quel temps s'agit-il? De 1'approche de la parousie, dit S. Jean Chrysostome, c.-a-d. du retour glorieux du Sauveur pour le jugement final {Malik, xxiv, 33). C'etait une opinion assez generale dans la primitive
Eglise que l'intervalle qui devait s'ecouler entre le premier et le second avenement de J.-C. serait court. Ce point n'appartenait pas a la revelation (Acl. i, 7) dont les Apotres etaient les interpretes infaillibles ; il etait reste dans le domainede la conjecture et des pressentiments humains S. Paul pouvaitdonc, sans avoir une conviction bien arretee a cet dgard, tenir cette opinion comme assez vraisemblable pour y puiser un motif de plus de pratiquer avec zele les vertus chretiennes. Comp. Phil, iv, 5 ; Hebr. x, 25, 37; I Pier, iv, 5 et 7, et la premiere epitre aux Thessaloniciens. D'autres entendent les vers. 11 et 12 da terme nature! de la vie, de la mort, suivie du jugement particulier. — Le salut messianique complet, la glorification du chretien dans i son ame et dans son corps, telle qu'elle aura
EPIST. B. PAULI AP. AD ROMANOS. Cap. XIII, 7—14; XIV, 1—5. 55
in hoc ipsum servientes. 7. *Reddite ergo omnibus debita : cui tributum, tributum : cui vectigal, vectigal : cui timorem, timorem : cui honorem, honorem.