Et lui avait dit : Seigneur... chapitre xiii
22. Que fijnporte ce qui doit arriver c\ tes freres dans I'apostolat : Songe k bien remplir la tache qui t'est assignee. — Vulgate : Je veux qu'il demeure aittsi, qu'il soit exempt d'une mort violente, jusqu'^ ce que je vienne I'enlever par une mort douce et naturelle, pour le conduire au ciel. Le sic ''^ ainsi'" de la Vulgate acfluelle doit etre regardc comme une faute des copistes latins. II est pen en harmonie avec le contexte et ne se trouve ni dans les ecrits des
EVANGELIUM SECUNDUM JOANNEM. Cap. XXI, 18—25. ^31
nosti : tu scis quia amo te. Dixit ei: Pasce oves meas. 18. 'Amen, amen dicotibi : cum esses junior, cingebas te, et ambulabas ubi volebas : cum autem senueris, extendes manus tuas, et alius te cinget, et ducet quo tu non vis. 19. Hoc autem dixit significans qua morte clarificaturus esset Deum. Et cum hoc dixisset, dicit ei : Sequere me.
20. Conversus Petrus vidit ilium discipulum, quem diligebat Jesus, sequentem, ''qui et recubuit in coena super pectus ejus, et dixit: Domine quis est qui tradet te? 21. Hunc ergo cum vidisset Petrus, dixit Jesu : Domine hie autem quid.^
22. Dicit ei Jesus : Sic eum volo manere donee veniam, quid ad te.'' tu me sequere. 23. Exiit ergo sermo iste inter fratres quia discipulus ille non moritur. Et non dixit ei Jesus : Non moritur : sed : Sic eum volo manere donee veniam, quid ad te.''
24. Hie est discipulus ille, qui testimonium perhibet de his, et scripsit haec, et scimus, quia verum est testimonium ejus.
25. 'Sunt autem et alia multa, quae fecit Jesus : quas si scribantur per singula, nee ipsum arbitror mundum capere posse eos, qui scribendi sunt, libros.
P^res, ni dans plusieurs manuscrits de la Vulgate elle-meme. Quant aux manuscrits grecs ils ont tons la conjon(5\ion lav, st.
24-25. Ces vei'sets sont un nouvel epilogue cfe I'Evangile de .S. Jean (comp. xx, 30), devenu en quelque sorte necessaire apres I'addition du chap. xxi. On ne comprendrait guere en effet que ce dernier chapitre, et par Ik meme tout I'Evangile, s'achevat brusquement par ces paroles du verset 22 : Si je vetix qu^il demeure jusqnW ce que...
24. Et nous savotts. A cause de la formule plurielle, nous savons, quelques-uns pensent que ces versets ne sont pas de S. Jean, mais qu'ils ont etc ajoutes soit par des disciples de N.-S., entre autres S. Andre, soit par un disciple de S. Jean ou de S. Pierre, soit par les pretres de TEglise d'Ephese. Mais rien n'oblige h admettre cette conclusion. S. Jean, dans sa premiere Epitre, emploie aussi le pluriel : Ce que jious avons vu et
efttendu, fious voits Vannoni^ons. II aura sans doute voulu ajouter lui-meme \ la fin de son Evangile un nouvel epilogue, ^crit dans la forme dite communicative et qui etait familiere aux Grecs dans le style epistolaire, pour accrediter son tdmoignage en lui associant celui de ses disciples et meme de toute I'Eglise d'Ephese. Or la premiere Epitre, comme nous I'avonsdit dans I'lntroduction, est la preface et la lettre cPenvoi de I'Evangile. S. Jean aura k dessein termine par une conclusion qui rappelat la preface, et dont le style, par consequent, prit le caraft^re epistolaire.
2 5. Je ne pense pas que le monde etitier put contenir : locution hyperbolique dont le but est de nous faire entendre que les quatre Evangiles ne renferment que des fragments de la vie de N. S. Un recit complet eiit exige de nombreux volumes.
' Supra 20,
....^Tfinifr DflyajfllAcT.is,*.- H,26.)Antioche^§l!eiicie-Chypre-Perge-ATitioche de Pisidie
Iconiiim-Lystres -Derbe-Lystres -Iconium-Aiitioclie de Plsidic-
. .. Perge-Aflnlia-AtiHoche.
....Ji(K(\tW •D0ga5P;(AcT.i5.3.-i8,2S.)Antioclie-Dei\,i. -Lystres-Phrvgie-Oalalie-Troas
Sanmlhrace-Neapolis-Philippes-Amphipolis-Appollonii'-Thessiilo
e -Atnenes-Coriiithe- Cenchrees -Ephese- Cesaree
nique - Ber^e -
I de Pal- Jerusalem.
(ii l"0l!5lflllf HOUagf .' ( Act. 18,25.- 81.8 ) Aiitioclie - Galatie - Phrwie - Ephese - Macedoine
-Illyrie - Corinthe - J^acedoine - Beree-Tnessaloniqiie - Philifjpes -
Troas-Assu9 -Lesbos -Milylene-Cliios-Samos -Trooiltiim-A\ilet-
Cos -Rhodes -Patara -Tvr- PtoleniaVs - Cesaree ■ Jeriisalem .
ffluatrif nlf tmuagp : l Act 27. 28, le > Jerusalem -Cesaree -S i don - Myre - Cnide - C rete •
" Salmone-Thalas.sa-Bons-Ports-Claude-Malte-Pouizoles-
Forum d 'Appius -Trois Tavernes - Roave .
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Introiiuctiaiu
litre et objet de ce livre.
LES A^es lies A pot res forment le cinquieme livre historique du Nouveau Testament. Le titre sous lequel ce livre est connu, Aclesdes Apotres, ou plus simplement, selon quelques manuscrits, A6les, A^es d'Apotres, remonte aux premiers ages de I'Eglise. On le rencontre deja dans S. Irenee, dans le canon de Muratori et dans les plus arvciennes versions. Provient-il de I'auteur lui-meme? Peut-etre. S. Jean Chrysostome n'hesite pas a I'affirmer^.
L'qbjet meme du livre rend bien raison de ce titre. II nous raconte en effet I'histoire des Apotres. Apres nous avoir donne, au debut (vers. 13), la liste des /\p6tres, il nous les montre assistant tous aux dernieres instructions du divin Maitre, puis, reunis,dans leCenacle,recevant le Saint- Esprit avec la plenitude de ses dons (ch. i-ii). Dans la suite du recit, I'auteur les mentionnera encore collectivement de temps en temps (ch.
iy. 33-37; V, 2, 12; vi,6; etc.);mais il s'attachera surtout a nous apprendre ce qu'en la personne des deux principaux d'entre eux, S. Pierre et S. Paul, ils ont fait pour la diffusion du christianisme. L.e recit est done bien une Histoire des Apotres, ou mieux d'Apotres (Tvpa^ci? 'ATroaroAoii/), et des lors le titre nous parait bien justifie, si on le prend dans un sens assez large.
Par \&\iv obpet, les A^es completent et confirment les Evangiles, car ils
nous racontent comment s'est formee et propagee I'Eglise fondee par le Sauveur. Ils nous preparent aussi a I'intelligence plus complete des P3pitres, surtout de celles de S. Paul, car ils nous renseignent sur la personne et les missions de TApotre des Nations, et sur les evenements, les villes, les circonstances au milieu desquelles elles furent ecrites. On pent done considerer les Acfes comme la tige qui s'eleve de la racine evangelique ct porte, comme sa fleur, la riche couronne des Epitres. Leur place dans le canon des livres saints, entre les Evangiles et les Epitres, est des lors pleinement justifiee.
" Toutes les origines et toute I'eloquence du christianisme sont dans ces courtes pages ou S. Paul, qui n'avait pas vu le Christ et qui le persecutait, se leve a cote de S. Pierre, desormais inseparable de lui, moins grand par I'autorite, plus eclatant par la parole, egaux tous les deux en trois choses : leur amour, leur supplice et leur tombeau. La, entre ces cleux hommes. vous vcrrez apparaitre toutes les scenes de I'antiquite chretienne : la communaute des ames et des biens, la fraternite, I'apostolat, la hierarchic, I'esprit de secte deja naissant, la vindicte de I'excommunication, le premier concile avec le premier oracle de Tinfaillibiiite, la foi donnee aux Gentils, les flammes de I'Esprit-Saint tombant avec le don des langues sur quiconque croit et adore, tout I'ordre interieur enfin de I'Eglise manifeste au tlehors par des signes sensibles,etce qui s'accomplira secretement dans toute la suite des siecles, accompli ouv^ertement a la
^ In prtef. Adl. Apost.
LES ACTES DES APOTRES
face de trois mondes : le monde juif, le monde grec et le monde romain.
C'est a Jerusalem qu'a commence ce drame surnaturel ; c'est a Rome qu'il se termine, apres avoir passe par Antioche, Athenes et Corinthe.^"
Authenticite.
Suivant une tradition constante, les AHes des Apotres doivent etre places parmi les ecrits canoniques,et leur auteur est I'evangeliste S. Luc. Des le debut du deuxieme siecle, trente ou quarante ans seulement apres la date de leur composition, ils sont conn us a Rome, a Antioche et a Smyrne.
S. Clement, S. Ignace, S. Polycarpe en citent des passages, ou y font allusion comme a un livre inspire 2.
Dans la derniere partie du deuxieme siecle, le canon de Muratori, S. Irenee, Tertullien, Clement d'Alexandrie et Origene parlent explicitement des A^es(\y\^ composes S. Luc; quelquefois meme ils les cijtent sous son noms. Et depuis lors, les Peres et les ecrivains ecclesiastiques, unanimement, ont attribue a S. Luc la paternite de I'ouvrage.
Le temoignage de la tradition est confirme, d'une maniere eclatante, par la critique interne. L'examen du fond et de la forme meme du livre des A6les, de son contenu historique, de sa langue, de son style, ne laisse subsister aucun doute. II en ressort, en effet, que :
1° Les Acles sont I'ceuvre d'un seul et mime auteur. On y d6couvre une remarquable unite de composition.
Le theme developpe dans tout le recit c'est la diffusion de I'Eglise, la marche triomphale du christianisme.
Partout aussi se retrouvent, avec une
saisissante mise en scene, les memes particularites de style.
2° L'auteur des A /les est contemporain des faits quil raconte. Si cette consideration ne conduit qu'indirectement a S. Luc comme auteur des Afles, elle a, sur les precedentes, I'avantage de porter plus loin, et d'etablir en meme temps la veracite meme du livre.
Suivant qu'un ecrivain nous met sous les yeux un tableau plus ou moins exa6l du temps, du pays, des moeurs, des institutions politiques et religieuses, des circonstances, en un mot, ou ses personnages ont vecu, nous jugeons s'il a vecu lui-meme a cette epoque, ou s'il en etait plus ou moins eloigne. De simple presomption, ce jugement s'elevera jusqu'a la certitude, si les evenements se passent a une epoque de transition, precedee et suivie de changements nom.breux dans les institutions, si la scene ou ils se deroulent est plus vaste, s'ils touchent a plus de choses et aux choses les plus intimes et les plus secretes, s'ils entrent dans les moindres details, si enfin beaucoup de noms propres d'hommes et de lieux figurent dans le recit, alors que les ressources historiques et geographiques etaient bien plus rares que de nos jours.
Or tel est le livre des A6}es. Le lieu de la scene embrasse tout le monde civilise d'alors : la Judee, I'Asie mineure, la Grece, I'ltalie.
L'auteur nous conduit successivement dans les Eglises de la Palestine, dans la capitale de la Grece au milieu des se6les philosophiques, devant les rois juifs, dans les tribunaux paiens des provinces, puis sur divers points de la Mediterranee. Nulle part des descriptions vagues; au contraire, beau-
' L.acordaire, Lettres a un jeune hoinme, 2^ Lettre.
^ S. Clem. I Cor. ii; S. Ignace, Sniyrn. 3, Magn. s; S. Polycarpe, Ep. a Phil, i, 2. Voyez aussi VEpilre a Dlogtiele, 3.
"^Can.de Mtiratori, lig. 34 sv. ; S. Irenee cont. ha'res. v, 13; Tertullien, de Baptism. 17; Clem. d^Alex. Strom, v, 12; Origene, cont. Cels. vi, 11.
LES ACTES DES APOTRES
coup de noms et de faits connus, soit de la geographic, soit de I'histoire; partout des assertions nettes, des faits bien accuses.
3° L'auteur des A^es estun couipagnon de S. Paul. En efifet, a partir de la mission du grand Apotre en Macedoine (ch. xvi, lo), il se sert en trois autres endroits de son recit^ du pronom 7ious. Evidemment le narrateur raconte alors des evenements auxquels il assiste et prend part.
Or le style est absolument le meme dans les passages ou l'auteur emploie le pluriel nous^ et dans les chapitres oil ce pronom nous fait place a I'impersonnel Us. De I'unite de style on peut conclure a I'unite d'auteur. Le recit to7it entier est done I'oeuvre d'un compagnon de S. Paul.
, 4° L'auteur des AHes est le mane que celui du troisicuie Evai/gile, dedie a Theophile et compose, de I'aveu de tous, par S. Luc. Lui-meme presente son livre comme la suite d'une autre histoire, celle de Jesus-Christ, egalement ecrite par lui, dediee au meme Theophile, etconduitejusqu'a I'ascension du Sauveur. Que Ton compare le prologue et les deux derniers versets du troisieme Evangile avec le prologue des A^es, et Ton verra que tout, en effet, se tient et se lie; au lieu d'y voir deux ouvrages distinfts, on serait plutot tente de les considerer comme les deux parties d'une seule et meme oeuvre historique, dans laquelle on retrouve partout les memes locutions favorites, les memes particularites de style, et la meme maniere de citer I'Ecriture.
Toutes ces preuves intrinseques confirment si nettement le temoignage de la tradition que la plupart des rationalistes eux-memes reconnaissent que les Afies, aussi bien que
le troisieme Evangile, ont S. Luc pour auteur.
Valeur Historique.
Tous les noms et tous les faits mentionn^s dans le livre des A^es, meme ceux qui y figurent d'une maniere tout a fait accessoire, des savants les ont recueillis avecsoin; ils les ont controles par une comparaison minutieuse avec les donnees de I'histoire profane sur les personnages et les choses de I'age apostolique, et le resultat de leurs recherches a ete de mettre au jour la merveilleuse fidelite de l'auteur. II retrace d'une main sure I'etat politique des pays ou la scene est transportee, de la Judee surtout, avec toutes ses vicissitudes et tous ses changements de maitres; il salt les noms et les titres exafts des princes et des magistrats, non seulement en Palestine, mais dans les provinces de I'Empire, malgre la mobilite extreme de leur condition^; il connait les Juifs avec leurs se6les rivales qui se disputent la preponderance au sein du Sanhedrin, formant des communautes dans les principales villes, se reunissant dans les synagogues aux jours du sabbat pour lire la Loi et les prophetes, priant a certaines heures3, etc. Les coutumes romaines ne lui sont pas etrangeres : il parle pertinemment du droit de cite, soit donne par la naissance, soit acquis a prix d'argent4; il decrit toutes les formes de la procedure criminelle dans le proces de S. Paul : I'emprisonnement provisoire, le rapport de I'officier au gouverneur, le proces devant ce magistrat, I'appel a Cesar, I'envoi des prisonniers, et la chaine avec laquelle S.Paul est lie au soldat qui le gardait 5.
^ A^es, XX, 5-15; xxi, 1-18; xxvii, i-xxviii, 16.
- Voy. Ad. xiii, 6; xviii, 12, notes.
'"' Ati. xxiii, 6 sv. Comp. Josephe, Aniiq. XVI, 1, 3 et 4. ^ Ad. ii, 5-11; vi, 15; xiii,
14, 15, 43, 50; xiv, i; xvi, 14. Comp. Jos. tout. Apion. ii, 17 et 36; Antiq. xx, ii.
^ Ad. xxii, 27-28.
'•' Ad. xxiii-xxv; xxviii, 16. Comp. Suetone. August. 33.
LES ACTES DES APOTRES
L'Apotrc arn've-t-il a Athenes? Le tableau fidelc de la capitale dc la Grecc est mis sous nos yeux ; tout y est vrai : les lieux ct les personnes, les idees et les cara6leres^ Le XXVll^ chapitre, qui raconte le voyage de Paul a Rome, est pcutetre, sous ce rapport, le plus admirable de tous. Ce qu'on y trouve des usages de la navigation et du commerce, des temps d'arret et de la marche du navire, de 1 etat de la mer et des vents qui soufflent, montre irrefutablement dans I'auteur un homme qui rapporte ce qu'il a vu de ses yeux ou appris de temoins bien informes et surs^.
Sources.
A quelles sources S. Luc a-t il puise la matiere de ses recits?
Pour la plus grande partie du livre (chap, vii-xxviii), celle qui regarde S.Paul, I'auteur n'eut besoin que de ses observations personnelles,completees par les renseignements de I'Apotrc.
Pendant plus de41^ ans (an. 52-63) collaborateurctcompagnonde S.Paul, qu'il suivit a Antioche, en Troade, a Philippes, a Milet, a Jerusalem, a Cesaree et enfin a Rome, il etait mieux place que tout autre pour apprendre de la bouche meme de son maitre, et dans les moindres details, tous les faits relatifs a la jeunesse de ce dernier, a sa conversion, au martyre de S. Etienne, a I'etablissement du christianisme a Antioche, au concile de Jerusalem, aux premieres missions de Paul et de Barnabe, etc.
Pour la premiere partie (chap, i-vi), S. Luc, dans ses voyages, eut de nombreuses occasions, non seulement de visiter les lieux ou s'accomplirent les faits qu'il rapporte, mais encore de consulter, speciale-
ment, pendant son sejour a Jerusalem et a Cesaree, " ceux qui, des le commencement, avaient ete temoins oculaires et ministres de la parole " (^Luc, i, 2); il suffit de nommer S. Pierre, et S. Jacques {Act. xxi, 17 sv.), le diacrc Philippe {A51. xxi, 8 sv.), Jean Marc, Barnabe {A61. xii, 13. Comp. Col. iv, 10, 14). et d'autres personnages apostoliques, tous temoins oculaires des evenements.
Nous pouvons enfin regarder certains morceaux des A^es comme des documents officiels, recueillis anterieurement par I'ecriture, et fidelement inseres par I'auteur dans son livre :
par exemple la lettre synodale du concile de Jerusalem (ch. xv, 23 sv.) et celle du tribun Lysias au gouverneur P'elix (xxiii, 26 sv.), le discours de S. Etienne et ceux de S. Pierre et de S. Paul.
Date et lieu de la composition.
Oh et qunnd furcnt ecrits les A£les?
— La composition de cet ouvrage est certainement anterieure a la ruine de Jerusalem (an 70). On ne trouve en effet aucune allusion a cette catastrophe; au contraire, le culte, les sacrifices, les synagogues, les moeurs et institutions juives sont representes comme cxistant encore dans leur etat normal. La villc sainte ct son temple etaient done encore debout lorsque S. Luc redigea ce recit.
D'apres S. Jerome, c'est a Rome, pendant les deux annees que dura la captivite dc S.Paul,par consequent en I'an 62 ou 63, que S. Luc redigea les Acles. Laplupart des exegetes ontembrasse ce sentiment, qui nous parait tout a fait vraisemblable. I .uc accompagna I'Apotre dans la capitale de I'empire romain {A£l. xxviii, 16, 30; Col. iv, 14; PJiilein. 24); selon I'opi-
' A61. xvii.
^ Sur I'exaflitude et la veracite des Afles des Apdtres, voir Vigouroux, Le Notiveaii
Testament et les Decouveries archeoloi^iqites nwdcrnes. Livre III, chap, i-viii.
LES ACTES DES APOTRES
nion la plus commune, il venait alors d'ecrire son Evangile : n'est-il pas naturel de penser qu'il utilisa son scjour a Rome en completant son premier travail par la composition des Actes? Ainsi s'expliquent la precision, la fraicheur et la vivacite d'impression qu'on remarque dans le recit des derniers evenements (chap, xxiv-xxviii) : la captivite de Cesaree et la comparution de I'Apotre devant Festus et Agrippa, la description du voyage par mer, la rencontre des fideles romains sur la voie Appienne, la conference de S. Paul avec les Juifs aussitot apres son arrivee; ainsi s'explique la formule de conclusion touchant la captivite de S. Paul a Rome (chap, xxviii, 30-31). Est-il croyable que I'auteur eut termine son recit d'une facon si breve et si sechc, s'-il avait connu la delivrance ou le martyre de I'Apotre?
Plan et Division.
Comme dans son Evangile, S. Luc a pour but, dans les Acles, de confirnierdans lafoichretitnne,etdefaire avancer dans la ferveur d'abord Theophile, a qui il dedie son ouvrage, puis tous les chretiens, ses lecteurs. Apres avoir, dans son Evangile, prouve la divinite de Jesus par les merveilles de son Incarnation, par sa do6lrine, ses miracles, sa Resurre6lion et son Ascension, S. Luc veut montrer la divinite de I'Eglise qu'a fondee le Sauveur. A cette fin, il raconte les evenements qui se sont passes de I'an 303 I'an 63^ apres Jesus- Christ et nous monfre le christianisme, vainqueur de tous les obstacles, s'etablissant parmi les Juifs et les Gentils et marchant a la conquete du monde.
Apres un court prologue (chap, i, 1-3^, qui relie les A^es a I'Evangile, le livre pent se diviser en deux parties bien distincles :