‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 255 sur 832 · Hoc somnium vidi, ego Nabucho · texte numérisé non relu

Hoc somnium vidi, ego Nabucho

eip. — Clamavit fortiter... (vers. 11) : à la façon d'un héraut (cf. m, 4), et s'adressant à ceux qui devaient esécuter la sentence. — Succidlte. . . , excuUte..., dispergite... L'ordre est donné en termes très énergiques. Il faut que l'arbre soit entièrement mis en pièces. — Fugiant... Résultat naturel du traitement qu'il aura subi. — Verumtanien... (vers. 12). Un adoucissement est toutefois apporté à son sort. — Oermen radicum.... Chald. : Le tronc de ses racines. C.-à-d., la souche, ou bas du tronc, à laquelle sont attachées les racines; la partie de l'arbre qui demeure en terre après qu'on l'a coupé à la base. Toute vie ne sera donc pas anéantie dans l'arbre, puisque des rejetons pourront naître de cette souche, de manière à reformer une nouvelle plante. Cf. Is. xi, 1, etc. — Alligetur (ce verbe exprime bien l'idée ; mais 11 manque dans le texte primitif) vinculo... D'après l'interprétation et l'accomplissement du songe (cf. vers. 20^, 29-30), ce lien symbolise les humiliations et les souffrances par lesquelles devait passer le roi superbe. Cf. Job, XXXVI, 8 ; Ps. cxv, 16 ; Sap. xvii, 17, etc. Avec ce trait, la métaphore commence à disparaître; car personne ne lie de chaînes, pour la préserver et l'empêcher d'éclater, une souche laissée en terre. Toute figure cessera bientôt, et l'on verra nettement que c'est d'un homme qu'il est question. — In herbis quae... Corap. les vers. 12'' et 30. — Sur i'express-ion rore cseli, voyez la note de iir, 64. — Cum feris pars... Voici qui ne saurait convenir qu'à un être humain, réduit à la condition des bêtes. — Cor... ab humano... (vers. 13). C.-à-d. : Son cœur cessera d'être un cœur d'homme. Les mots suivants, cor fera..., complètent l'idée : « ses pensées, ses goûts, ses tllections, prendront un caractère bestiaL » —

Septem tempora. « Sept » est Ici, comme an cbap. iir, vers. 19 (voyez la note), un chiffre rond et symbolique, le nombre du châtiment divin. Quant à la période désignée par le mot «temps», elle est vague. Incertaine, et l'on doit renoncer à déterminer sa durée. Les opinions contradictoires qui se sont formées à son sujet dans le cours des temps sont arbitraires (d'après divers auteurs, une semaine, un mois, trois mois, six mois ; d'après un plus grand nombre d'interprètes, une année). Plus loin, vu, 25, cette même expression reparaîtra, également incertaine. — Mutenlur sriper... C.-à-d.: s'écouleront, passeront sur lui. — Sur le mot vigilum ( vers. 14 ) , voyea la note du vers. lO"). Les anges sont censés décréter eux-mêmes la sentence de l'arbre, parce qu'ils étaient les assesseurs du souverain Juge. Cf. vers. 21; vu, 9«, IC; III Reg. xxii, 19 ; Job, I, 6 et ss. — Sermo... petitio. Chald.: La demande (provient) de la parole des saints. Les anges, justement Indignés de l'orgueil de Nabuchodonosor, prirent donc l'initiative de demander à Dieu EOQ châtiment. Les saints et les veillants sont- Identiques, comme au vers. 10. — Donee cognoscant... La punition devait durer jusqu'à ce que cet heureux résultat fût produit. — Excelsus : Jéhovah, le vrai Dieu. Cf. m, 93. — Dominatur... in regno... H dispose des royaumes humains comme bon lui semble. Cf. vers. 22»; V, 21", etc. — Et humillimtim... En effet, Dlen se plaît à exalter les petits et les humbles. Ct. I Reg. II, 8 ; Luc. i, 52, etc. — Super eum. Plutôt : « super lUud, » sur le royaume.

15. Nabuchodonosor presse de nouveau Daniel de lui expliquer le songe. Comp. le vers. 6. — Hoc somnium... Conclusion analogue au petit préambule du vers. 7. — Narra. Chald. : Inter

Comment. — VI.

258 Dan. IV, 16-19.

donosor, rex. Tu ergo, Baltassar, interpretationem narra festinii8; quia omnes sapientes regni mei non queunt solutionem edicere mihi ; tu autem potes, quia spiritus deorum sanctorum in te est.

16. Tune Daniel, cujus noinen Baltassar, cœpit intra scraetipsura tacitus cogitare quasi una hora ; et cogitationes ejus conturbabant enm. Respondens autem rex ait : Baltassar, somnium et intprpretatio ejus non contuvbent te.

Respondit Baltassar, et dixit : Domine nii, somnium his qui te oderunt, et interpretatio ejus hostibus tuis sit!

17. Arborera quam vidisti sublimem atque robustam, cujus altitude pertingit ad c.-eluni, et aspectus illius in omnem terrain ,

18. et rami ejas pulcherrimi, et fructus ejus nimius, et esca omnium in ea; subter eam habitantes bestiae agri, et in ramis ejus commorantes aves caeli :

19. tu es, rex, qui magnificatus es, et invaluisti; et magnitude tua crèvit, et pervenit usque ad cselum , et potestas tua in termines universae terr-T^.

roi Nabiichodonosor. HAte-toi donc, Baltassar, de m'en donner l'explication ; car tous les sages de mon royaume n'ont pu me l'interpréter; mais toi, tu le peux, car l'esprit des dieux saints est en toi.

16. Alors Daniel, surnommé Baltassar, commença i\ penser en lui-même en silence, pendant près d'une heure, et ses pensées le troublaient. Mais le roi, prenant la parole, dit : Baltassar, que ce songe et son interprétation ne te troublent point. Baltassar répondit : Mon seigneur, que ce songe soit pour ceux qui te haïssent, et son interprétation pour tes ennemis!

17. L'arbre que tu as vu grand et vigoureux, et dont la hauteur atteignait le ciel et qu'on apercevait sui- toute la terre,

18. cet arbre dont les branches étaient très belles et les fruits très abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel habitaient les bêtes des champs, et parmi les branches duquel demeuraient

' les oiseaux du ciel ,

19. c'est toi, ô roi, qui es devenu grand et puissant, dont la grandeur s'est accrue et s'est élevée jusqu'au ciel, et dont la puissance s'est étendue jusqu'aux extrémités de la terre entière.

prête. Le mot fesUnus manque dans le texte original. — Sapientes... non queunt... Voyez le vers. 4. Mais le roi est sûr que Daniel sera plus puissant que les mages (tu... potes...; frappante antithèse), parce qu'il sait que la divinité l'inspire. Sur l'expression spiritu.8 deomm..., voyez la note du vers. 5i>.

4« L'interprétation du songe. IV, 16-24. 16. Préambule. — Cœpit... cogitare. La Vulgate paraphrase. Le texte dit simplement : (Alors Daniel) fut stupéfait. Dieu lui ayant aussitôt révélé le sens de la vision, 11 comprit tout ce qu'elle présageait de grave pour le monarque, et 11 en fut si consterné, qu'il ne put d'abord prendre la parole, ni cacher son émotion. — Quasi una hora. Les LXX et Théodotlon traduisent de même la locution chaldéenne l^sâ'âh, qui i)out, en effet, avoir ce sens. Mais la plupart des hébraïsants modernes pensent à bon droit que cette expression signifie plutôt ici : pendant quelque temps. Cnmp. ni, 6, où le mot Sâ'âh a précisément la sigiiKlcation de moment, 1ns- Unt. Onkélo?, dans sa paraphrase chaMaïque de Kum. xvr, 21, traduit directement par Viâ'âh riiébreu Krtga\ dont le sens strict est : Comme en un Instant. Il est d'ailleurs peu vraisemblable que Daniel ait gardé le Rilence pendant une heure entière, avant de répondre au roi. — Cogitatlone»... conturhaba^d... Même expression qu'au vers. 2. — lifKpoiidens... rex. I^e trouble de Daniel n'avait pas échappé à Nabuchodonosor,

qui essaye très aimablement de le calmer. — Somnium Ms qui... Souhait délicat, qui prévenait en même temps le roi que le songe annonçait des événements douloureux pour lui. « Hostibus eveniat, » lisons- nous de même dans Ovide, Fastl, m, 494.

17-19. Ce que l'arbre symbolisait. — Daniel interprète successivement les différentes parties du songe, en suivant pas à pas le récit de Nabuchodonosor. — Arborem quam... Les vers. 17-18 répètent, en l'abrégeant tant soit peu, la description qui a été donnée de cet arbre aux vers. 7»>-9. — Aspectus... in omnem... Il faudrait : « In omnl terra, d On l'apercevait de toute la terre. Cf. vers. 8«". — Tu es, rex. Vers. 19 : explication de cette première partie du songe. L'arbre gigantesque figurait Nabuchodonosor lui-même, qui était arrivé alors au fatte de sa puissance : qxU magnificatus... Cf. ii, 37-38.- In terminoê univcr.<<œ... Hyperbole, assurément; mais avep un grand fond de vérité. « L'étendue de l'immense domaine do Nabuchodonosor peut être déterminée comme il suit, avec assez de précision : au nord, il possédait l'Arménie et une partie considérable de l'Asie Mineure ; à l'ouest, la Syrie et. à une certaine époque, l'Egypte; au sud, s» puissance s'étendait Jusqu'au golfe Persique; à l'est, les Mèdes et les Elamites lui étaient sou. mis. Possédant la Méditerranée et le golfe Per sique, il avait h sa disposition tous les trésor» du monde connu. » (.Atl. géogr., pL i et viiu)

Daw. IV, 20-24.

20. Le roi a vu ensuite que celui qui veille et qui eat saint est descendu du ciel et qu'il a dit : Abattez cet arbre et détruisez - le ; cependant laissez en terre le germe de ses racines; qu'il soit lié avec le fer et l'airain pâmai les herbes des champs ; qu'il soit trempé par la rosée dn ciel, et qu'il paisse avec les bêtes sauvages, jusqu'à ce que sept temps Boient passés sur lui.

21. Voici l'interprétation de la sentence du Très -Haut, qui a été prononcée contre mon seigneur le roi :

22. On te chassera du milieu des hommes, et tu habiteras avec les animaux et les bêtes sauvages; tu mangeras du foin comme un bœuf; tu seras trempé de la rosée du ciel, et sept temps passeront sur toi, jusqu'à ce que tu saches que le Très -Haut domine sur le royaume des hommes, et qu'il le donne à qui il veut.

23. Quant à l'ordre de laisser le germe des racines de l'arbre, cela signifie que ton royaume te demeurera, lorsque tu auras reconnu que toute puissance vient dn ciel.

24. C'est pourquoi, ô roi, puisse mon conseil te plaire ; rachète tes péchés par des aumônes, et tes iniquités par des

20-23. Signification de la sentence prononcée contre l'arbre. Comp. les vers 10-14. — Vigilem et sanctum. Vo^ez la note du vers. lO*. — Germen„ Chald. : le tronc de ses racines. Comme an vers. 12\ — An lien de pabulum ejua, le texte porte, comme plna haut (vers. 12i>> :« para ejns » — Usée... inUrpretatio... (vers. 21). Chald.: Ceci est l'interprétation, et le décret du Très- Haut. Cest donc Dieu qui était le véritable auteur de la sentence, quoiqu'elle eût été promulguée par les arges. Comp. le vers. U. — Ejicient fe... ( vers. 22 ). C'est ici la panle principale de l'explication dn songe. — Cum bestiU feriaqtu. Chald. : Avec les bêtes des champs. — Et fœnum^., et rare... Littéralement, dans le texte original : Et on te fera manger de l'herbe, comme anx bœufs, et on te trempera dans la rosée. Ces •ctes sont appliqués, d'une manière figurée, aux exécuteurs célestes de la sentence. — Septem tempora... Voyez la ntit*i dn vers. 13»>. — Donec leian... Au vers. U", noua lisions : e Donec cogno- Bcant viventes... » Ici, œ trait est appliqué directement à NabU' hodonosor. De même aux vers. 23» et 28». — Quod autem... (vers. 23). Transition à un dernier détail, relatif à la souche laissée dans le sol. — Prxc^pit. Le chaldéen a le pluriel : Ils ont dit. Cn seul des f «aints veillants » avait parlé, maia comme représentant de tous. Comp. le vers. It. — Regnuf,... maneUt. A la lettre dans le texte : Ton règne sera stable pour tel; c.-4-d., te sera maintenu. On na devait

20. Quod autem vidit rex vigilem et sanctum descendere de caelo, et dicere : Succidite arborem , et dissipate illam, attamen germen radicum ejus in terra dimittite; et vinciatur ferro et aère in herbis foris, et rore caeli conspergatur, et cum feris sit pabulum ejus, donec septem tempora mutentur super eum ;

21. haec est interpretatio sententiae Altissimi, quae pervenit super dominum meum regem.

22. Ejicient te ab hominibua, et cum bestiis ferisque erit habitatio tua; et fœnum, ut bos, comedes, et rore c?eli infunderis ; septem quoque tempora mutabuntur super te, donec scias quoi dominetur E.xcelsus super regnum hominum, et cuicumque voluerit, det illud.

23. Quod autem praecepit ut reUnqueretur germen radicum ejus, id est arbo-ris, regnum tuum tibi manebit, postquam cognoveris potestatem esse caelestem.

24. Quam ob rem, rex, consilium meum placeat tibi ; et peccata tua eleemosynis redime, et iniquitates tuas misericordiis

donc pas donner de successeur à Nabuchodonosor pendant sa maladie. Cf. vers. 33». — Potestatem esse... Chald.: (Jusqu'à ce que tn reconnaisses) que les clenx sont puissants. î Les deux » : expression poétique pour désigner celui qui a été appelé précédemment le Dieu dn ciel (cf. n, 18, 37, 44), et qui sera nommé plus loin le roi dn ciel (cf. T, 33). Elle n'apparaît qu'en cet endroit de l'Ancien Testament. Les talmudistes l'emploient souvent.

24. Daniel indique à Nabnchodonosor un moven d'échapper au danger qui le menaçait. — Consilium meum... Formule très respecruense pour intr.dulre le conseil. — Peccata... eleemosynis... D'après le chaldéen : Rachète (ou bien, brise) tes péchés par la justice. Le tout -puissant despote s'était rendu coupable d'injustices sans nombre, soit envers ses sujets, soit envers les peuples étrangers, qu'il avait dépouillés sans scrupule ; Daniel lui recommande, comme moyen d'expiation, la vertu opposée à ce vice. Mais il est possible que le mot fdâqâh ait ici, comme en maint autre passage de l'Ancien Testament et des écrits rabbiniques (comp. aussi II Cor. IX, 9, et voyez (îesenius, Thesaurns phil.-crit. linguse hebr. et chald., t. III, p. 1151), le sens spécial de libéralité, bienfaisance, aumône. Le parallélisme, et... misericordiis..., favorise cette traduction, pour laquelle saint Jérôme a suivi le« Septante et ThéoJotion. — Le génitif pauperunt ast un hébraîsme. et sifinlfle : invers les pauvrea.

pauperum tuis.

Dan. IV, 25-2?.

forsitan fgnoscet delictis

Page 1