‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 261 sur 832 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

1. 11 plut à Darius d'établir sur son royaume cent vingt satrapes, qui devaient être dans tout son royaume.^

2. Il mit au-dessus d'eux trois princes, dont Daniel était un, afin que ces satrapes leur rendissent compte et que le roi n'éprouvât aucun souci.

3. Daniel surpassait donc tous les princes et tous les satrapes, parce que l'esprit de Dieu était plus abondant en lui.

4. Le roi pensait même à l'établir sur tout le royaume ; aussi les princes et les eatrapes cherchaient -ils une occasion pour accuser Daniel en ce qui regardait les aflEaires du roi; mais ils ne purent

1. Placuit Dario, et constituit buper regnum satrapas centum et viginti, ut essent in toto regno suo.

2. Et super eos principes très, ex quibus Daniel unus erat, ut satrapfe ûh»

redderent rationem, et rex non sustineret molestiam.

3. Igitur Daniel superabat omnes principes et satrapas, quia spiritus Dei amplior erat in illo.

4 Porro rex cogitabat constituere eum super omne regnum; unde principes et satrapœ quserebant occasiouem ut mvenirent Danieli ex latere régis ; nuUamque causam et suspicionem reperire po-

faut bien remarquer qne le livre de Daniel dit de

Darius le Mède : qabbêl malkûtâ', « il reçut le royaume; « U le reçut de la main d'un autre, par l'autorité de Cyrus. Cette locution s'applique très bien à celui qui fut établi par Cyrus pour administrer à sa place et en son nom comme vice -roi. Cette môme locution est employée, Dan. VII, 18 : Les saints du Très -Haut recevront le royaume; et U ne s'agit là aucunement d'une royauté proprement dite , mais simplement de puissance et de gloire. Si Darius le Mède est qualifié de roi, Dan. vi, 4, 6, 8, etc., ce titre doit se prendre dans le sens de vice-roi, comme pour Baltassar. » (F. Vigoureux, Dict. de la Bible, t. II, au mot Darius le Mède.) j yi Daniel dans la fosse aux lions.

L'épreuve n'avait pas encore, ce semble, atteint personnellement Daniel, depuis qu'il avait été admis à la cour de Babylone. Voici qu'elle tombe sur lui après qu'il est arrivé au faîte de la grandeur ; mais il saura la supporter en vrai eerviteur de Jéhovah. Dieu l'en récompensera •n accomplissant un grand miracle pour le sau-

▼er.

1» Les satrapes circonviennent le roi et lui font porter un décret destiné à perdre Daniel , dont Ils étaient jaloux. VI, 1-9.

Chap. VI. — 1-3. La nouvelle organisation des hauts fonctionnaires de l'empire. — Placuit DaHo... Il était dans l'ordre qu'un remaniement administratif de ce genre eût lieu après la conquête du royaume et après l'Installation d'une dynastie étrangère. — Centum viginti. Le nombre des eatrapes a beaucoup varié, suivant les temps, dans le royaume médo- perse. Hérodote, m, 89, n'en signale que vingt sous Darius fils d'Hystaspe; une inscription de Persépolis en cite vingt neuf sous le même règne, et une autre Inscription vingt-trois. Sous Xerxès, il y en eut Jusqu'à cent vingt -sept, d'après Bsth. i, 1, et vin, ». On n'a donc aucune raison de contester

l'exactitude de ce chiffre. — Ut essent in... rtr gno • à la tête de chacune des provinces du vaste empire. -^ Principes très (vers. 2). Chald.: trois sarktn. Ce mot désigne au propre des « intimes » ; il reçut eïioulte la signification dérivée de gouverneurs, qu'il a en cet endroit. Ces personnages formaient, sous l'autorité du roi, comme un triumvirat de ministres d'État. - Ex quibus Daniel. Darius conserva donc an prophète juif le rang que Baltassar lui avait conféré (cf. v, 29). Le vice -roi «vàlt évidemment eu connaissance, ainsi que le suppose saint Jérôme, du prodige qui s'était passé au palais, la nuit même de la prise de Babylone, et du rôle que Daniel y avait Joué, comme aussi de toutes les preuves de sagesse fournies par l'ancien ministre de Nabuchodonosor, et il ne voulut point se passer de ses services. - Et rex non... Grâce à cette organisation nouvelle, le souverain évitait un grand surcroît de travail, n'ayant plus à traiter directement avec les satrapes. Le chaldéen dit, avec une nuance : De peur que le roi ne reçût dii dommage. Ce qui signifie : pour empêcher qu il ne fût lésé dans ses revenus. Les trois sarktn surveillaient donc soigneusement l'administrailon des finances de l'État, et empêchaient les satrapes et les autres officiers royaux de s'enrichir aux dépens du roi. - Daniel superabat... Mieux, d'après le texte : Daniel se distingua parmi... H n'est pas encore questron pour lui d'une préséance officielle, mais d'une supériorité morale. — Motif de cette supériorité : qma spiritus... Le mot Dei manque dans le chaldéen et dans Théodotion : Parce qu'un esprit plus abondant était en lui. C.-à-d., parce qu'il était plus habile.

4. Le roi veut élever Daniel plus haut encore; jalousie des autres fonctionnaires. - Rex cogitabat... Frappé de cette habileté de son ministre. Darius se proposait de lui conférei une dignité à part, qui, le plaçant au-dessus des deux autres triumvirs, ferait de lui une sorte de grand-vizir (constituere super omne...}. - Vnde et„ lies

Dan. Vî, /j.?.

tuerunt, eo quod fidelis esset, et oranis culpa et suspicio non inveniretur in eo.

^ 5. Dixerunt ergo viri illi : Non inveniemus Danieli huic aliquam occasionem, nisi forte in lege Dei sui.

6. Tune principes et satrapœ suriipuerunt rcgi , et sic locuti sunt ei : Dari rex, in setermim vive!

7. Consilium inierunt omnes principes regni tui, magistratus, et satrapœ, senatores, et judices, ut decretum imperatorium exeat, et edictum, ut omnis qui

autres sarkïn (.\n\g., principes ; note du verset 2") et un certain nombre de satrapes, ayant eu connaissance de ce dessein, en ressentirent une vive Jalousie et s'efforcèrent des lors de perdre leur rival. — Quœrebant occasionem... Chald. : Ils cherchaient une cause (d'accusation) contre Daniel. — Ex latere régis. Plus clairement dans le texte original: Du côté du royaume ;

trouver aucun prétexte pour le rendre suspect, parce qu'il était fidèle et qu'on ne trouvait en lui ni faute ni cause do soupçon.

5. Ces hommes dirent donc : Nous ne trouverons aucune occasion contre ce Daniel, si ce n'est peut-être au sujet de la loi de son Dieu.

^ 6. Alors les princes et les satrapes s'approchèrent du roi et lui parlèrent ainsi : Roi Darius, vis éternellement!

7. Tous les princes de ton royaume, les magistrats et les satrapes, les sénateurs et les juges sont d'avis qu'il s* fasse un édit royal, ordonnant que qui-

culte, dont ils ne faisaient pas un mystère, étaient parfaitement connus des Chaldéeus. — ' Tune... turripiterunt... (vers. 6). D'après le texte: Alors les princes et les satrapes vinrent tumultueusement auprès du roi (Théodotlon : izapfo-rr,(7av). Leur but visible, en agissant ainsi, était d'impressionner et d'effrayer le vice -roi; car. en Orient surtout, le pays par excellence de

Olflciers perses. (D'après les monumenu.}

e.-*-d., en ce qui conccmalt les affaires de l'État. Ils tâchaient de trouver Daniel en défaut dans ees fonctions offlciolLs. Maie en vain, comme l'ajoute le récit avec une Insistance marquée : ntUlamqtie..., eo qnod fldeUs...

6-8. Le sinistre projet des satrapes — Dixerunt ergo...: lorsqu'il.» fure.it las de chercher en vain de ce côté. - Kon inveniemus... L( s voilà obligés, malgré leur haine, de rendre hommage à la parfaite intégrité de leur ennemi. — Danieli huic. Le pronom est très dédaigneux. — Nisl in lege Del... « Le plan des conspirateurs sera de placer Daniel dans une telle situation, que ses devoirs civils et religieux seront forcés de se heurter les uns contre les autres, » et alors on aura l'occasion, vainement désirée Jnsque-lù, de rattaquiT devant le roi. Le strict monothéisme dM Juifs et les principale» pratiques de leur

l'étiquette et du décoram, une pareille démarche était particulièrement extraordiraire. Aussi cette conduite des satrapes à l'égard de Darius semble- 1- elle conûrmer ce qui a été dit plus haut (note de v, 31), au sujet de la vrile situation politique de ce prince; peut-être n'auralent- 11s pas osé se coinpoi ter avec tant d'andiice, s'il avait été leur roi d'une manière proprement dite. — Sur la formule rex, in selemum..., voyei n, 4 et la note. — Cou siUwn inierunt omnea.^ Assertion évidemment fausse, pulsqi"» Daniel était lui-même un des princes, et que, du reste, les satrapes ne se trouvaient pas tous à Babylone pour cette circonstance. Il s'agit simplement d'un i groupe de meneurs n, qui exagéraient pour arriver plus sûrement h leurs fins. — ilaijistratus...judlcea. Les quatre noms chaldéen» sont : aignayyâ', 'alfaSdarp'na]/yâ', haddatCraïf-

Dan. VI, 8-10.

conque , durant l'espace de trente jours, adressera une demande à quelque dieu ou à quelque homme que ce soit, si ce n'est à toi, ô roi, sera jeté dans la fosse aux lions ,

8. Maintenant donc, ô roi, confirme cet avis et écris le décret, afin qu'on ne change pas ce qui a été établi par les Mèdes et par les Perses, et qu'il ne soit permis à personne de le violer.

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