Post haec aspiciebam in visione no
bam... L'attention du voyant est vivement excitée ; une modification Importante a lieu tout à coup dans le corps de l'animal. — Evulsse... alae. Le lion fut donc privé de son agilité extraordinaire, et il dut mettre fin à ses conquêtes. Il est évident que ce détail marque un amoindrissement, une punition ; les suivants aussi. — Sublata est... Ainsi qu'il résulte des mots guper pedes quasi homo, le lion, au lieu de s'appuyer sur ses quatre Jambes, fut obligé de se tenir debout sur celles de derrière; position très gênante pour un quadrupède, qui perd une grande partie de sa force lorsqu'elle se prolonge. — Et cor Tiominis... Autre signe de décadence pour l'empire représenté par ce lion affaibli, qtil n'a plus que le courage et la force d'un homme.
Cest donc bien à tort que divers commentateurs ont pris ces quatre traits, € evulssB... , sublata..., super pedes..., et cor..., i> en bonne part, et y ont vu tme allusion à la guérison de Nabuchodonosor (cf. IV, 36 et 83.). C'est la chute de la monarchie fondée par ce prince qui est au contraire prédite dans ce passage.
5. Le second animal. 11 correspond à la poitrine et aux bras d'argent de la statue (cf. n,32'' et 39»).— Similis urso. Autre fauve robuste, mais inférieur au lion. — In parte stetit (Théodotion : el; -^épo; Iv laTaÔr,). Le chaldéen est un peu obscur. Si on le traduit à la façon de Théodotion et de la Vulgate, 11 signifiera que l'ours se tenait, s'appuyait sur un côté. Mais le vi^ritable sens est plutôt, avec une légère nuance : Il éleva un côté; c.-à-d., 11 se tint de telle sorte, qu'un côté de son corps était plus haut que l'autre. Cela figure « la prépondérance de la nation perse sur la nation mède dans la monarchie médo-perse ]>. (3omp. vin, 3, où la même pensée est exprimée par les deux cornes du bélier, dont l'une était plus grande que l'autre. — Très ordines... in dentiMis... Chald. : Trois côtes étalent dans sa bouche, en ire ses dents. Ces côtes représentent une proie saisie et dévorée par l'ours (cf. Zach. IX, 7) ; Ici, trois royaumes conquis par la monarchie médo-perse. dont cet animal était l'emblème (par exemple, la Babylonle, l'Egypte et la Lydie; mais on ne peut rien dire de sûr à 0« injet). — Surge, eomede. Ce trait est par-
faitement en rapport avec la voracité insatiable de l'ours (Aristote, Eist. nat., vin, 56, le nomme î^ûov TZT.'j.tfi'Ci-/, animal qui mange tout). L'empire figuré par la seconde bête aura donc pour caractère principal la gloutonnerie dans la conquête. Comp. Is. xni, 17, et Jer. li, 11, 28, où les Mèdes sont excités par Dieu à s'élancer contre Babylone.
•• Le troisième animal. D correspond au ventre
Lion »ilé. ( D'après un bas - relief de Ninive.)
et aux hanches d'airain de la statue (cf. n, 38*, 39»). — Pardus. Fauve Inférieur au lion et k l'ours {Atl. dhUt. nat., pi. xcix, flg. 2, 3). Son agilité est proverbiale (cf. Jer. v, 6 ; Os. xin, 7; Hab. 1,8); mais elle est encore rehaussée dans la circonstance présente par quatre ailes placées sur le dos de l'animal {alus... super se). Trait qui convient admirablement à Alexandre le Grand, fondateur de l'empire gréco-macédonien. — Quatuor eapita. La première bête était remarquable par son unité; la seconde, par son dualisme; la troisième est, pour ainsi dire, quadruple. Ce détail marque que la monarchie dont elle était l'emblème devait se développer en quatre royaumes (cf. vin, 8 , 22). — Potestoê data... Dieu , le maître de l'univers et le distributeur des empires, devait donner à cette troisième monarchie une étendue plus vaste encore qu'aux deux précédentes. Cf. ii. 39.
7-8. Le quatrième animal. Il correspond aux jambes et aux pieds de la statue. Cf. n, 33, 40 et 88. C'est lui qui est le plus longuement décrit.
Dan. VII, 8-10.
ctis , et ecce bestia quarta tenibilis , atque mirabilis, et fortis nimis; dentés ferreos habebat magnos, comedens atque comminuens, et reliqua pedibus suis conculcans; dissimilis autem erat ceteris bestiis quas videram aute eam, et habebat coraua decem.
8. Considerabam cornua, et ecce cornu aliud parvulum ortum est de medio eorura ; et tria de coniibus primis evulsa sunt a facie ejus; et ecce oculi, quasi oculi hominis, erant in cornu isto, et os loquens ingentia.
9. Aspiciebam donecthroni ptjsiti sunt, et Antiquus dierum sedit. Vestiraentum ejus candidura quasi nix, et capilli capitis ejus quasi laiia munda; thronus ejus fiammœ ignis, rotae ejus igais accensus.