et dédit ei potestatem, et hono
(cf. Dent. IV, 24, etc.), soit de sa colère qui consume ses ennemis (cf. Ps. Lxxxvni, 47 ; xcvi, 3, etc.). — Milita millium. Chald. : un miUlon. — Decies 7niZ(i"e9...ChaId.: une myriade de myriades, c.-à-d., cent millions. Chiffres ronds, pour dire que des multitudes innombrables d'esprits célestes formaient la cour du Juge suprême, et l'entouraient, toujours prêts à exécuter ses ordres. Cf. Deut. xxxiir, 2; Ps. lxvii, 18. — Judicium... L'a' strait pour le concret : les juges s'assirent.
— Libri... : les livres qui sont censés contenir trait pour trait l'histoire des individus et des peuples (cf. Ex. xxxii, 32 ; Ps. lv, 9, et Lxmi, 29 ; Is. IV, 3; Mal. in, 16, etc.). Image de la science Infinie de Dieu.
11-12. Les quatre animaux sont jugés et condamnes. — Aspiciebam. Ce verbe continue de scander, comme un refrain, les différentes scènes de ce grand drame. Cf. vers. 2, 4, 6, 7, 8, 9, 13.
— Propter vocem. Allusion aux paroles blasphémat<àres mentionnées ci -dessus, vers. 8*, et qui vont être la cause principale du châtiment de Is petite corne. En les entendant, Daniel se demandait si Dieu n'allait pas se venger d'un être si insolent et si impie. — Vidi quoniam... Chald. : Je regardai, jusqu'à ce que la bête fût tuée. Il s'agit de la quatrième bête, sur laquelle s'était développée la petite corne. — Traditum... ad comburendum,. Non seulement le monstre fut tué, mais sori cadavre fut réduit en cendres comme quelque chose d'immonde. — Aliarum qttoqiœ... (vers. 12). Ce trait est rétrospectif. Daniel apprend maintenant quel avait été le sort des trois premières bêtes, qui avaient disparu avant la quatrième. Cf. vers. 4-6. — Tempora vitie... Chald.: Une prolongation de vie leur fut donnée pour une saison et pour un temps. C.-à-d. qu'elles vécurent chacune durant une période déterminée par la volonté de Dieu.
40 Le Fils de l'homme, et la toute -puissance que Dieu lui conférera sur la terre entière. \'II, 13-14.
Un royaume spirituel, sans fin, va remplacer les monarchies terrestres qui ont été renversées. Ce trait correspond à n, 40 et ss.
13. Le Fils de l'homme est présenté à l'Ancien des jours. — Aspiciebam... in visio7ie... Cette formule pins complète, qui avait d'abord ouvert la vision (cf. vers. 2), et qui avait ensuite introduit l'apparition du quatrième animal (cf. vers. 7), sert maintenant d'introduction à l'acte final et principal, l'apparition du Fils de l'homme. — Cum nubibus... C.-ù-d., sur les nuées, porté par elles. Le personnage qui va être décrit vient donc du ciel. Cest ainsi que Jéhovah lui-même s'avance sur les nuages dans les théophanies bibliques; cf. Ps. xvii, 17; xcvi, 2; cm, 3, etc.
— Filiuf homiràs. Chald. : bar 'évas. Nom rendu célèbre par l'application que Noire - Seigrneur Jésus- Christ s'en est faite si souvent, et surtout dans une circonstance particulièrement solennelle, où il fit une allusion très directe à ce passage de notre livre : Je vous le dis, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis ù la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuéea du ciel (Matth. sxvi, 64; cf. xxiv, 27, etc.). D'après le témoignage même de Jésus, cette appellation désigne donc certainement ici le Messie, et telle était la croyance des anciens Juifs, qui est -dévenue celle de l'Église. Elle marque que celui à l'égard duquel on l'emploie était revêtu de la nature humaine ; mais la particule quasi prouve, comme l'ont déjà fait les mots et cum nubibus ", que le Fils de l'homme était un être supérieur. Comparez ce que le vers. 14 dira de sa puissance universelle, éternelle, vraiment divine.
— Et usque ad... Il s'approche du trône, pour que le Très-Haut lui confère ses pouvoirs. — Et^ obtulerunt. Les anges lui font cortège, pourlTio norer.
14. Tout pouvoir est donné sur la terre au Fils de l'homme. — Dédit ei... Comparez les passages analogrues Ps. 11, 6 et ss.; cix, 2, 5-6, etc.
— Potestatem. et honorem... Accumulation de
Dan. VII, 15-17.
rem, et rsgnum, et omnes populi, tribus, et linguœ ipsi servi ent ; potestas ejus, potestas aeterna, qiiae non auferetur, et regnum ejus, quod non corrumpetur.
15. Horruit spiritub meus; ego, Daniel, territus sum in his, et visiones capitis mei conturbaverunt me.
16. Accessi ad unum de assistentibus, et veritatem quœrebam ab eo de omnibus his ; qui dixit mihi interpretationem sermonum, et docuit me. '
17. Hœ quatuor bestiae magnae quatuor sunt régna quse consurgent de terra.
neur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues le serviront ; sa puissance est une puissance éternelle qm ne lui sera point ôtée , et son royaume ne sera jamais détruit.
15. Mon esprit fut épouvanté; moi, Daniel, je fus efifrayé par ces choses, et les visions de mon esprit me troublèrent.
16. Je m'approchai d'un de ceux qui étaient là, et je lui demandai la vérité sur toutes ces choses. Il m'interpréta ce qui se passait et me l'enseigna.
17. Ces quatre grandes bêtes sont quatre royaumes qui s'élèveront de la terre.
synonymes, pour accentuer l'idée. En tant que Fils de Dieu, le Messie possédait la paissance Infinie ; malïi, en tant qu'homme, 11 avait besoin d'être solennellement Intronisé par son Père. — Et populi, tribus... Voyez ni, 4, et la note. Là, cette expression était une formule en grande partie mensongère, inventée par l'ambition ; ici, elle est absolument vraie, car le royaume du Messie n'a pas de limites sur la terre. Il n'en a pas non plus sous le rapport du temps : potettas.... setema... Cf. m, 100; rv, 34; vi, 26, etc.
— Regnum... quod non...: tandis que les quatre grandes monarchies devaient être détruites, comme tant d'autres royaumes terrestres, qui ont sombré depuis.
5» Interprétation de la vision. VII, 15-27. 15. Impression très vive produite sur Daniel.
— Borruit spiritu^... in his. Variante intéressante dans le teste primitif : Mon esprit se troubla, à moi, Daniel, au milieu de son fourreau. C'est le corps qui est le fourreau de l'âme. Cf. Pline, Eist. nat., vu, 62. On conçoit sans peine le trouble du prophète, car la vision avait été très effrayante, surtout en ce qnt concerne la quatrième bête. Les mota très accentués ego Daniel, que nous retrouverons trois fols encore dans une connexion semblable (cf. vni, 1, 15, et X, 7), sont comme la signature du voyant. Comp. le vers. 1* et la note.
16». Daniel demande ù l'un des assistants le gens de la vision. — Aecessi... Tout se passe encore en soniie Jusqu'au vers. 27 inclusivement. — De afsisteiitilms. L'un des esprits célestes qui entouraient le trône de Dieu. Cf. vers. 10»>. — Veritatem... Chald. : Je lui demandai du certain; o.-à-d., une interprétation authentique.
16*- 18. Signification générale de la vision. — Quatuor... régna. Chald.: Quatre rois. Mais, en réalité, c'est bien de royaumes qu'il s'agit, comme il sera dit formellement plus bas (vers. 23), au §a]et du quatrième animal. Cf. ii, 87, 39. Les rois sont mentionnés en tant que fondateurs et représentants des monarchies. Il en sera de même au chap. vin, 20 et 21. — Qu« consurgent. Le premier «les quatre empires existait dé)à depuis d'assez longues années et approchait même de sa fin au moment de la vision ; mais, comme les trois inlvanta appartenaient encore à l'avenir, l'ange,
qui abrège et généralise, parle des quatre monarchies au futur. — Déjà le commentaire a montré qu'en cet endroit comme au chap. ii ( note du vers. 43 ), nous adoptons sans hésiter l'opinion dite traditionnelle, en ce qui concerne ces monarchies. C'est le seul système où tout s'explique simplement et aisément, sans la moindre violenc*. En effet, les preuves intrinsèques ne lui sont pas moins favorables que les témoignages extrinsèques. L'auteur même du livre prend soin de nous dire (n, 37-38) que le premier empire ne diffère pas de celui de Babylone, fondé par Kabuchodonosor ; que le second n'est autre que la monarchie médo-perse (cf. vm, 20), et le troisième, la monarchie grecque (cf. vm, 21). Seul le quatrième symbole « n'est nulle part interprété dans la prophétie elle-même ». Et cependant, quoiq-ue le prophète n'ait pas mis de titre aux deux descriptions qui regardent la dernière monarchie, « qui ne reconnaîtrait à ces traits l'empire romain? N'est -il pas vrai qu'un esprit non prévenu, qui lirait la description de Daniel sans savoir quel en est l'auteur, s'écrierait surle-champ : Voilà bien cet empire de fer, qui a broyé l'univers entier sous ses pieds, dominant partout, surpassant en puissance et en grandeur tous les empires qui l'avalent précédé, brisant tontes les résistances, dévorant toute la terre avec ses dents et ses ongles de fer...; voilà bien Rome et ses Césars ; 11 est impossible de les peindre en termes plus expressifs et plus caractéristiques... Cet empire romain, que personne n'hésiterait à reconnaître dans ces tableaux, les rationalistes refusent de l'y voir, parce qu'ils le lisent, non dans un historien, mais dans un prophète 1 Ce royaume, qui diffère de tous les autres royaumes par son étendue et par sa force, qui absorbe la terre entière,... ce royaume, c'est, d'après enx, celui du successeur des généraux d'Alexandre, qui régnait dans un petit coin de l'Asie occidentale ou de l'Afrique, c'est la riyrle d'Antiochus Épiphane on l'Egypte des Ptolémées I Qui pourra le croire, à moins d'être aveuglé par les préjugés de l'Incrédulité? Jamais les Séleucldet ou les Ptolémées n'ont été les maîtres du monde; leur royaume n'a pas eu la dureté du fer; lli ont, au contraire, courbé la tête sous le Joug d» Rome. Ainsi le Ubleatu. convient à l'empire ro-
Dan. VII, 18-22.
18. Mais les saints du Dieu très -haut recevront le ro3'aume, et ils obtiendront le royaume jusque dans les siècles et les siècles des siècles.
19. Ensuite je désirai vivement apprendre ce qu'était la quatrième bête, qui était très différente de toutes les autres et extrêmement terrible, dont les dents et les ongles étaient de fer, qui dévorait et mettait en pièces, et qui foulait aux pieds ce qui restait.
20. Je voulus m'enquérir aussi des dix cornes qu'elle avait sur la tête, et de l'autre qui était sortie et devant laquelle trois de ces cornes étaient tombées, et de cette corne qui avait des yeux et une bouche proférant de grandes choses, et qui était plus grande que les autres.
21. Je regardais, et voici que cette corne faisait la guerre contre les saints et avait l'avantage sur eux,
22. jusqu'à ce que l'Ancien des jours vint et donna le jugement aux saints du
main seul. » (F. Vlgourous, Bible et découvertes, t. IV, p. 392-393 de la 6« édit.) En outre, on tombe facilement dans l'arbitraire et dans ce qu"on a Justement appelé « l'exégèse des combinaisons artificielles », lorsqu'on veut interpréter autrement que le fait l'opinion traditionnelle les détails relatifs aux divers royaumes. Par exemple, il est impossible d'appliquer aux successeurs d'Alexandre le Grand la description relative aux dix cornes nées Bur la tête de la quatrième bête (cf. vers. 7 et 24). Ajoutons que l'empire grec avait succombé longtemps avant l'avènement du M.-ssie et de son règne; or, d'après la vision (vers. 11-13, 17-18; cf. II , 44), le quatrième empire devait subsister encore lorsque serait établi celui du Fils de l'homme. Seul l'empire romain a rempli cette condition. Voyez, pour les développements, les commentaires du P. Knabenbauer et de M. Fabre d'Envieu, h. l. ; A. Hebbelynck, De auctoritate historica libri Danielis, p. 220 et ss., et surtout la savante monographie du D' F. Diisterwald, die Wellreiche und das Gottesreich nach den Weissagungen des Propheten Daniel, Fribourgen-Brisgau, IS90. — Suscipient autem... (vers. 18). Les saints recevront des mains du Fils de l'homme le royaume spirituel qui lui aura été donné par Dieu et qui remplacera les grands empires païens. — Sancti Dei altlssimi. Le chaldéen a simplement, comme aux vers. 22. 25 et 27 : Les saints du Très -Haut. Ces saints ne diffèrent pas du vrai peuple théocratlque , auquel Jéhovah luimême avait autrefois attribué le nom de nation sainte (cf. Ex. xix, G ; Deut. vii, 6). Toutefois, Ils ne seront pas tirés exclusivement du sein de la race Israélite, puisque, d'après le vers. 14, le royaume messianique doit avoir une étendue universelle: ils appartiendront h toutes les contrées du globe, et l'Église qu'ils formeront sera «•tholique. Il y a, dans cette promesse de l'ange,
18. Suscipient autem regnum sancti Dei altissimi, et obtinebunt regnum usque in saeculum, et sfeculum saeculorum.
19. Post hoc volui diligenter discere de bestia quarta, quse erat dissimilis valde ab omnibus, et terribilis nimis; dentés et ungues ejus ferrei;' comedebat, et comminuebat, et reliqua pedibus suis conculcabat ;
20. et de cornibus decem quaî habebat in capite , et de alio , quod ortum f uerat, ante quod ceciderant tria cornua, et de cornu illo, quod habebat oculos, et os loquens grandia, et majus erat ceteris.
21. Aspiciebam, et ecce cornu illud faciehat bellum adversus sanctos, et prsevalebat eis ,
22. donec venit Antiquus dierum, et judicium dédit sanctis Excelsi; et tem-
un immense honneur pour les sujets du Messie ; ils participeront d'une certaine manière à sa royauté (obtinebunt regnum), à tout Jamais (usque in...), car leur empire et le sien sont identiques. Comp. les vers. 14 et 27.
19-22. Daniel demande des renseignements plus complets sur la quatrième monarchie. — Actuellement, Dieu ne communiquera pas d'autres détails ù son prophète au sujet des trois premiers empires. Le plus ancien de tous avait été suffisamment désigné dans le songe de Nabuchodonosor (cf. ii, 37-38), et d'ailleurs son importance était moindre désormais, puisqu'il approchait de sa fin; quant à la seconde et à la troisième monarchie, il sera assez longuement question d'elles aux chap. viii et xi. La quatrième présentait, dans la vision, des particularités extraordinaires, sur lesquelles Daniel était naturellement désireux d'être éclairé : post hoc... — Voliil... discere. Chald. : Je désirai du cerUin ; c.-à-d., des renseignements certains. — De bestia... quse... L'écrivain sacré réitère ici en partie la description donnée plus haut (cf. vers. 7-8). Il ajoute -néanmoins quelques traits qui n'avaient pas encore été mentionnés : notamment, au vers. 19, ungucK ejus ferrei; à la fln du vers. 20, majus... ceteris (chald. : son apparence était plus grande que celle du reste ) ; au vers. 21 , faciebat... et prœvalebat. . . Ces deux imparfaits marquent la durée du douloureux état de choses décrit par le narrateur. Cependant, le triomphe de la petite corne ne sera pas perpétuel, car Dieu lui-même Interviendra pour protéger ses saints, son peuple (voyez la note du vers. 18) : donec venit... (vers. 22). Comp. les vers. 9-12. — Judicmm dédit... C.-à-d.: Il leur fit rendre Justice, fit respecter leurs droits, les délivra de l'injuste et cruelle persécution dirigée contre eux par celui que symbolise la corne. Il n'est guère probable, en effet, que 1«
Dan. VII, 23-25.
pus advenit, et regnum obtinuerunt sancti.
23. Et sic ait : Bestia quarta, regnum quartum erit in terra, quod majus erit omnibus regnis ; et devorabit universam terram, et conculcabit, et coraminuet eam.
24. Porro cornua decera ipsius regni , decem reges erunt; et alius consurget post eos, et ipse potentior erit prioribus, et très reges humiliabit.
25. Et sermones contra Excelsum loqnetur, et sanctos Altissimi conteret, et putabit quod possit rautare tempora, et
Très -Haut; et le temps arriva où les saints obtinrent le royaume.
23. Et il me parla ainsi : La quatrième bête est un quatrième royaume qui existera sur la terre, et qui sera plus grand que tous les royaumes ; il dévorera toute la terre, la foulera aux pieds et la brisera.
24. Les dix cornes de ce même royaume, ce sont dix rois; il s'en élèvera un autre après eux, et il sera plus puissant que les premiers, et il abaissera trois rois.
25. Il proférera des paroles contre le Très -Haut, il écrasera les saints du Très -Haut, et il pensera qu'il pourra
mot « Judlciutn » ait en cet endroit le sens do ponvolr de juger, comme l'ont pensé quelques Interprètes, et que ce passage prélude aux promesses du Nouveau Testament d'après lesquelles les élus Jugeront le monde. Cf. Matth. xix , 28, et I Cor. VI, 2. — Tempus advenu... : le temps fixé par Dieu comme limite aux agissements lniple.3 de la petite corne.
23-27. L'ange donne à Daniel les éclaircissements souhaités. — Regnum quartum : celui qui a été déjù longuement annoncé au chap. ii, 40-43. — Quod majus... Cbald. : Il sera différent de tous les autres royaumes. Comp. le vers. '/•>. — Derorabit uiiivcrsam... L'empire figuré par la quatrième bote devait être vraiment universel, ce que ne furent pas les trois autres. Les traits œnciilcabit et comminuet conviennent aussi très bien et d'une manière exclusive & l'enjpire romain. — Porro cornua decem. . . (verc. 24). Dana ce chapitre et dans le suivant (cf. vin, 8, 22), a les cornes indiquent des fractionnements de grands empires. » Les dix cornes de la quatrième bCtc représentent donc auumt de rols,qui devaient sortir du quatrième ro3-auini\ divisé et dôinenibré. Ces cornes se tenant ù côté l'une de l'autre sur la tête de l'animal , <i 11 faut regarder les dix rois comme slnu'itanés... Par là est symbolisé le partage de la quatrième monarchie en dix principautés, car dix rois simultanés supposent dix royaumes coexistant les uns auprès des autres. » Dix est probablement un chiffre rond, qui figure la division de l'empire ronia n, à la suite de l'invasion des barbares, «en un certain nombre d'États, qui ont conservé sa politique et ses lois. » — A Hua consurget... : un autre roi, distinct des dix autres, et doué d'une puissance particulière. C'eist «le lui que la petite corne était l'emblème (cf. vers. 8 et 20). — Au Hou de ipse potentior..., le chaMécn porte, comme au vers. 23 : Il seni différent des premiers. — IliimiUablt... C.-6d.. Il renversera, Il abattra. — Ce roi se fera remarquer par une Impiété Inouïe Jusque -lA, qu'il exercera en toute liberté pondant un certain tomi)8 : Et sermones... (vers. 25). A la lettre dans le texte original : Il proférera des paroles à côté du Très-Haut; c.-i-d., des paro'es par lesiiuellcs U 10 placera à côté de Dieu et se fera pajiser
pour Dieu. Cf. II Thess. n, 4. — Sanctos... conteret. Chald. : Il opprimera les saints. — Putubit quod... Le personnage en question s'arrogera donc nne puissance surhumaine, car 1! n'appartient qu'à Dieu, le souverain législateur, de régler et de « changer les temps ». Cf. ii, 21 ; Oen. i, 14, etc. Le mot tempora parait être pris dans un sens général ; U ne désigne pas seulement ie« fêles religieuses, quoique celles-ci ne soient pas exclues. — Et leges. Non seulement les lois Juives, mais les ordonnances divines et humaines sans exception. Ce roi inique et Impie voudra renverser toutes les Institutions les plus sacrées, tous les fondements de la religion et de la société. Ainsi que l'a déjà dit la note du vers. 8, U n'est autre que l'Antéchrist, dont saint Paul, II Thess. ii, 3-10, tracera un portrait tout semblable. Franchissant tout à coup, comme en d'autres passages analogues, un intervalle de longs siècles, la prophétie nous transporte de la ruine de l'empire romain à la fin des temps. Il est vrai que plus bas, ù différentes reprises (cf. viii, 9-12, 23-26; XI, 36 et ss. ), nous trouverons plusieurs traits semblables, y compris l'imnire de la petite corne, qui désigneront certainement alors Antiochus Épiphane d'une manière <lirccte ; ce qui ■ fait dire & d'assez nombreux exégèles que, dès cet endroit. Il est question du monaniue syrien et non de l'Antéchrist. Mais, quand on compare attentivement ces divers p.isKiges, on voit bientôt qn'U existe entre eux de grandes différences D'après vu, 8, la petite corne naît au mllicn ae dix a«tre3 cornes, et elle en arrache trois; d'après viii, 9, elle se forme sur l'une dos quatre cornes du bouc symbolique, et elle ne nuit pas aux trois autrtc. La petite corne du chap. vu appartient d'une certaine manière au quatrième 'empire; celle du chap. vni fait partie du troisième, l0 gréco- macédonien. Quant aux ressemblances elles sont très réelles et vlslbieujcnt accentuées, parce que le roi Antiochns Épiphane devait être, dans sa conduite envers .Jéhovuh et les Juifs, le type des persécutions qui seront dirigées par l'Antechrlrit contre le Christ et son Église. Il était donc très naturel que Dieu déslgnfit le iyp« et l'antliypo par une seule et même figure. — Tradeniur... A savoir, les saints du Très-Haut.
Dan. VII, 26-28.
changer les temps et les lois ; et ils seront livrés entre ses mains pendant un temps et des temps, et la moitié d'un temps.
26. Alors le jugement se tiendra, afin que la puissance lui soit enlevée, qu'il Boit détruit et qu'il disparaisse à jamais,
27. et que le royaume, la puissance et la grandeur du royaume qui est sous tout le ciel, soient donnés au peuple des saints du Très -Haut; son royaume est un royaume éternel, et tous les rois le serviront et lui obéiront.
28. Ce fut la fin de ce qui me fut dit. Moi , Daniel , j'étais fort troublé dans mes pensées, et mon visage en fut changé; mais je conservai ces paroles dans mon cœur.
leges ; et tradentur in manu ejus usque ad tempus, et tempora, et dimidium tempôris.
26. Et judicium sedebit, ut auferatur potentia , et conteratur, et dispereat usque in finem ;
27. regnum autem, et potestas, et magnitudo regni, quœ est subter omne c?elum, detur populo sanctorum Altissimi ; cujus regnum , regnum sempiternum est, et omnes reges sei-vient ei, et obedient.
28. Hucusque finis' verbi. Ego, Daniel, multum cogitationibus meis conturbabar, et faciès mea mutata est in me ; verbum autem in corde meo conservavi.
Dieu permettra à l'Antéchrist d'exercer pendant quelque temps sa tyrannie contre le peuple du Messie. — Co temps est déterminé par une formule mystérieuse: tempus, et tempora, et... Placé entre un temps et la moitié d'un temps, le substantif pluriel « tempora » équivaut évidemment au duel et signifie : deux temps. La Eomme totale est donc de trois temps et demi. De nombreux commentateurs anciens ( saint Éphrem, saint Jérôme, Théodoret, etc.), modernes et contemporains supposent qu'un « temps» correspond à une année. Ils s'appuient surtout, pour le démontrer, sur deux textes de l'Apocalypse (xi, 2-3, et xiii, 5) dans lesquels saint Jean fait une allusion manifeste à ce passage de Daniel, et où il prédit que la domination de l'Antéchrist durera quarante-deux mois, par conséquent trois ans et demi. Quoiqu'elle soit loin d'être certaine, cette opinion est ce qu'il y a de plus plausible. En tout cas, il est à remarquer que l'ange ne dit pas simplement : trois temps et demi, mais : un temps, deux temps... 11 divise ainsi l'ère de l'Antéchrist en trois périodes Inégales : l'une relativement courte, durant laquelle l'ennemi de Dieu et des hommes établira sa puissance ; la seconde plus longue, qui le verra exercer son influence néfaste ; la troisième, qui semblait devoir se prolonger davantage encore, sera au contraire très courte, parce que son pouvoir sera tout à coup brisé par le Seigneur. — Les vers. 26-27, qui correspondent, le premier aux vers. 9-12, le second aux vers. 13-14, exposent le terrible Jugement prononcé contre la petite corne, et le glorieux événement du règne étemel du Messie et des saints. Sur la formule judicium sedebU, voyez la note du vers. lO*». — Ut auferatur... Telle sera la conséquence du jugement pour la petite corne, dans laquelle la puissance du quatrième animal «lolt atteindre son point culminant. L' Antéchrist,
I après être arrivé peu à peu au faîte du pouvoir, sera subitement et à jamais renversé. Le langage est très énergique. — Regnum autem... (vers. 27). Frappant contraste. La domination que les quatre animaux avaient exercée pendant des siècles nombreux passera au peuple du Seigneur, aux saints (cf. vers. 18, 21 et 22), par l'Intermédiaire et sous l'autorité du Fils de l'homme, comme il a été dit plus haut (voyez le vers. 14). — Cujvs regnum. Le pronom peut être rattaché soit à Altifsimi, soit à populo sanctorum; dans les deux cas, on a une interprétation rigoureusement vraie. « La même formule (son règne est un règne étemel) est .appliquée à Dieu, au Fils de l'homme et au peuple des saints. C'est, en effet, toujours le règne de Dieu dans le Fils de l'homme, et, par cet Homme- Dieu, dans le peuple des saints. Ce peuple est appelé à vl\Te et à régner avec Jésus- Christ dans le ciel.» Fabre d'Envieu, h. l. — Omnes reges (chald. : toutes les puissances ; Théodotion : ct\ àp-/aO.-.«Il n'y a que l'empire de Jésus-Christ et de son Église en qui l'on trouve l'accomplissement réel et véritable de cette magnifique promesse. » (Calmet, h. l.) 6" Conclusion. VII, 28.
28. Fin de la vision et impression profonde que Daniel en conserva. — Eucusque finis... Ce qui revient ù dire : Ainsi se termina la choso {verbi; ce mot désigne tout à la fols la vision et son interprétation). — Ego Daniel. Le pronom est très accentué, comme au vers. 16. — MuU tum cogitationibus... Le prophète revenait sans cesse, par la pensée, sur ce qu'il avait vu et entendu, et ce souvenir le remplissait de trouble : conturbabar. — Faciès mea... Littéralement : Mon éclat changea en moi. C.-à-d. que son visage en devint tout pâle. — Verbum... conservavi : fidèlement et soigueusement , comme l'on fait pour une chose importante. Cf. Luo. n , 5 1 .
Dan. VIII, 1-4.