‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 281 sur 832 · Soixante -dix semaines ont été · texte numérisé non relu

Soixante -dix semaines ont été

monte sancto. Ici, la colline de Slon rcp-é-cnte la ville entière de Jémsalem. Comp. le vers. 16.

— Adhiic me... Daniel Insiste sur ce détail. — Ecce (tout à coup!)... Gabriel. Voyez viii, 16 et la note. Le prophète donne à l'ange le nom de vir (hébr. : 'iS, autre désignation de l'homme en tant qu'envisagé dans son caractère de noblesse ), à cause de la forme humaine sous laquelle 11 lui était apparu dans sa précédente vision. Cf.viir, 15^.

— A principio. C.-à-d., comme plus haut (vili, 1), antérieurement, précédemment. — Ct'o volans est une bonne traduction de l'hébreu mu'âf bVâf (littéralement : volant de vol. LXX : Ta-/^' ç£pô[Xcvo:. Théodoilon : tzîtôulîvo:). Isaïe, vi, 2 et 8S., parle des ailes des séraphins et de leur vol; l'Idée présentée Ici n'est donc pas le moins du monde étrangère à la doctrine de l'Ancien Testament en ce qui concerne les anges. Voyez aussi Jud. xir', 21. — Tetigit me. D'après l'hébreu : S'approchant de moi. — Tempwe... vefpertini. Le sacrifice du soir consistait en un agnenu qu'on Immolait et qu'on offrait en holocauste avant le coucher du soleil, habituellement à trois heiire-i de l'après-midi. Cf. Ex. x.xix, 39; Num. xxviii,4. C'était une partie du facriflce perpétuel, qui a été mentionné plus haut (cf. vni, 11). — Doi-uit... et Jocuttia... (ver-. 22). Remarquez la solennité de toutes ces formules d'introduction. On sent que quelque chose de grand se prépare. — Egressus aum. C.-à-d.; Je suis venu. L'adverbe nunc relève la coïncidence qui existait entre la prière de Daniel et l'apparition du me-sager céle-te ; Il était envoyé de Dieu comme une réponse immédiate et vivante à cette prière. — Vt docerem... et ItiteHigeres. D'après l'hébreu : Pour te rendre habile et Intelligent. Ainsi éclairé, Daniel sera plas capable de comprendre l'oracle. — Ab exordio preaim... (vers. 23). L'ange met encore davantage en relief la promptitude avec laquelle Daniel avait été exaucé. Comp. les vcr.«. 20 et 21.

— E'jressus sut (scil., c n Deo»). Hébraïsme ; cf. Luc. II, 1. — Sermo. Hébr. : dâbâr, une parole. C.-/1 -d., >uivant les uns, l'ordre do venir trouver Dan lel( LXX iTTpôiTTa Y ;jLï7:apà xupîo'j); mli'ux, d'après les autres, la révélation contenue dans Icâ vers. 24-27. — Venl ut indiearem ( tibi manque dana l'hébreu ) : puur faire con-

naître au prophète la « parole » en question. — Quia vir... Motif pour Uquel Daniel obtint si promptement ce qu'il souhaitait. Dans l'hébreu: Parce que tu es Jiamûdôf, c.-à-d., désirs. Plus coraplètiment an chap. x, 11 et 19 : 'is-hamûdot, homme de désirs. Locution hébraïque, qui ne signifie pas : homme vivement désireux de connaître l'avenir de son peuple, mai? : homme qui était l'objet des désirs, de l'affection du Seigneur; par conséquent, le bien -aimé de Dieu. C'est à ce titre que Jéhovah allait communiquer à Daniel un de ses plus grands secrets. < Celui-ci désirait connaître à quel moment finiraient les soixante -dix ans de la captivité; Dieu lui révèle une déll'>Tance bien plus Importante, dont celle que Jérérale avait prédite n'était que la figure. ï — 7Hi ergo animadverte. Transition à l'oracle. L'ange excite fortement l'attention du voyant.

24. Les soixante - dix semaines. Ce verset expose la pensée générale de l'oracle : Dans soixante-dix semaines, le peuple juif sera comblé par Dieu de toute espèce de biens. Soit Ici, soit dans les développements qui suivent (vers. 25-27), l'ange parle dans un style t en quelque sorte lapidaire », remarquable par sa concision et sa vigueur. Il donne à Daniel une chronologie de l'avenir, destinée à guider et à consoler l'i Juifs durant les années de douloureuse épreuve par lesquelles Ils devaient passer. — Septuaginta hebdomades ( Daniel est seul à employer la forme masculine S'bu'lm, au lieu de i'ba'ôt au féminin). Il est évident, d'après le conte.xte, qu'il ne s'agi'' pas Ici de semaines ordinaires, de «semaines ds Jours», comme elles sont aiipelées un peu plus bas ('cf. x, 2); les événements qui vont leur être assignés (entre autres, la reconstruction d'une grande cité, une guerre in, portante qui amènera la ruine do cett« même ville et du pays dont elle était la capitale) n'auraient pas pu s'accomplii en 490 Jour:? ( 7 X 70). Nous devons donc compter, comme il e.st dit Num. XIV, 34 et Ez. iv, 6, « une année pour chaque Jour. » Telle est l'opinion à peu près unanime des anciens interprètes ( i:otamnicnt de Clément d'Alexandrie, de TertulUen, d'Eusèbe, de saint Cyrille de Jérusalem ; voyez Fraldl, l. e., passira), et celle de la plnpart des auteurs modernes et contcmncrains. Ce sentiment traditionnel

Dan. IX, 24.

décrétées sur ton peuple et sur tt» ville sainte, pour que la prévarication soit abolie, que le péché trouve sa fin, que l'iniquité soit effacée, que la justice éternelle soit amenée, que la vision et la prophétie soient accomplies, et que le Saint des saints reçoive l'onction.

sunt super populnm tuum et super urbem sanctani tuaiii, ut consummetur prœvaricatio, et fiiiera accipiat peccatum, et deleatur iniquitas, et adducatur justitia sempiterua, et impleatur visio et prophetia, et ungatur sanctus sanctorum.

est surtout basé sur Lev. xxv, 1-10 et xxvi, 34 et ss., paî^sages où l'on mentionne également des séries de sept années , appelées « semaines d'années >. Le livre apocryphe des Jubilés, composé par un Juif, un peu avant la destruction de Jérusalem par les Romains', est intitulé : Livre des semaines d'années. Au IV» livre d'Esdras , qui paraît dater d'environ un demi -siècle plus tard, nous trouvons cette même expression : une semaine d'années. Les païens aussi employaient une métaphore identique ; témoin le mot de Varron, ciré par Aulu-Gelle, m, 10:« Il dit qu'il est déjà entré dans sa onzième semaine d'années, et qu'il a écrit jusqu'à ce Jour soixante-dix semaines de livres. » Cf. Aristote, Polit., vu, 16. C'est bien à tort que quelques commentateurs ont prétendu qu'il faut regarder 70 comme un chiffre rond, symbolique et indéterminé. L'ange indique de la façon la plus nette que ce nombre doit être Interprété à la lettre, puisqu'il le décompose ensuite en 7+62+1. D'ailleurs, l'oracle, qui veut être avant tout chronologique, n'aurait plus aucun sens s'il ne présentait que des dates vagues et sans précision. La corrélation entre ces 70 semaines et les 70 années de la captivité de Babylone (voyez le vers. 2) montre aus-i que le chiffre est prt^cis et littéral dans le second cas comme dans le premier. — Abreviatœ aunt. L'hébreu (neftfa/v-; au singulier, parce que les 70 semaines Bont regardées comme formant un tout) signifie au propre : ont été coupées; puis, dans un sens dérivé : ont été fixées, déterminées. C'est à cette 8ignidcatlon, bien comprise par les LXX (èxpi- ÔTio^xv), que nous devons ramener le verbe employé par la Vulgate. Comp. I:?. x, 22, où les mots « consummatio abreviata » désignent un malheur complet, consommé. — Super populum... et urbem... C'est donc au sujet de la nation théocratique et au sujet de Jérusalem, la ville sainte par excellence (voyez m, 58 et la note), que la date qui précède a été fixée par Dieu. Les pronoms tuum et tuam sont accentués : le temple et ta cité auxquels tu prends un si vif intérêt. — Ut... Ii'snge Gabriel va marquer, en des termes remarquables par leur rythme , le noble but qui sera atteint loreque les 70 semaines d'années se geroni écoulées. Ce but est exprimé par six petites propositions, qui s'arrangent d'elles-mêmes en deux groupes de trois, et qui signalent, soit négativement, soit positivement, les biens spirituels dont Dieu comblera son peuple privilégié, après cette longue période de 490 ans. La rénovation et la rédemption d'Israël seront alors complètes. — Consummetur... iniquitas. C'est le premier groupe. Il contient trois expressions synonymes, qui décrivent énergiquement la cessation «t le pardon des péchés. — Dans l'hébreu.

le vertKî « consummetur » est représenté par kallé\ qui a plutôt le sens de fermer, empêcher; mais les LXX et Théodotion ( a'jvreXeaÔriVott) l'ont traité, à la manière de saint Jérôme, comme un synonyme de kâlâk, achever, mettre fin à. Cela revient au même dans les deux cas. — Finem accipiat. L'hébreu a hâtem, sceller, et cette leçon est adoptée par Théodotion (crypaY^crai) et par Tertullien {«. ut signentur peccata »). Mais la note marginale hâ{em, terminer, abolir, mérite nos préférences. Peu importe, d'ailleurs, puisque la signiflcation est encore la même, quelque opinion que l'on admette : en effet, des péchés mis sous le sceau sont des péchés pardonnes. Les LX3 ont (TTcavicai, rendre rare; ce qui ne dit pai assez. — Deleatur. D'ares l'hébreu : pour expier (LXX et Théodotion: à7ta),£Î']/at, pour effacer). Le pardon sera donc complet, les crimes ayant reçu une réparation, une expiation. D'autres nombreux oracles de l'Ancien Testament signalent pareillement cette rémission totale des péchés du peuple de Dieu comme un des principaux caractères de l'époque du Messie. Cf. Is. iv, 4 ; uii, 7 et ss. ; Jer. m, 17; xxxi, 34; Ez. xxxvi, 25; Os. XIV, 4''; Mich. vn, 18-19; Soph. m, 13, etc

— Et adducatur... sanctorum. Cest le seconi groupe, composé aussi de trois petites proposl, tions, qui mentionnent les biens positifs que le Messie apportera aux Israélites après leur avoir pardonné leurs fautes. Cette fols, les expressions sont beaucoup plus variées. — Jxistitia sempitèrna. Littéralement dans l'hébreu : une jnstica de siècles; c.-à-d., qui durera de longs siècles, à Jamais. Cette Justice représente la sainteté morale qui, suivant les autres prophètes aussi, devait caractériser l'ère messianique. Cf. Is. xi, 9 ; Li, 8-8; LUI, 11; Jer. xxiii, 6; Ez. xi, 19-20; XXXVI, 26-27; Os. n, 19 et ss.; Joël, m, 17, etc.

— Et impleatur. Nous retrouvons dans l'hébreu le verbe hâtam, mettre le sceau, que Théodotion a encore fidèlement traduit (çrïpayfaaO. Le» LXX lui ont donné, comme la Vulgate, la signiflcation d'accomplir, réaliser (auvr^XierÔTivai), qui convient certainement mieux ici. car elle marque le parfait accomplissement des prophéties relatives au Messie. Lorsque les oracles auront été réalisés, la période messianique aura évidemment commencé. Il est vrai que divers Interprètes anciens et modernes prennent le mot fiâtam dans le sens strict de sceller, et lui font désigner la cessation totale des prophéties à l'époque du Chri't ; mais ce sentiment parait en contradiction avec un passage de Joël (n, 28), qui prédit BU contraire que le temps du Messie sera une période de révélations plus fréquentes, plus complètes. — Et ungatitr... La gradation est ascendante, car ces mots décrivent le plus grand, le

Dan. IX, 25.

25. Scito ergo, et animadverte. Ab exitu sermonis ut iterum sedificetur Jérusalem, usque ad Cliristum ducem, hebdomades septem et hebdomades sexaginta duœ erunt; e^ rursum aedifica- \ bitur platea, et mûri in angustia tem- j porum. 1

25. Sache donc et remarque. Depuis l'ordre donné pour rebâtir Jérusalem, jusqu'au Christ chef, il y aura sept semaines et soixante -deux semaines; et les places et les murs seront rebâtis en des temps d'angoisse.

plus précieux des biens promis Ici par l'ange Gabriel. La locution qodèà qâdâéïm, qui correspond dans l'hébreu à sanctus sanctorum, est nn superlatif analogue à serviteur des serviteurs (cf. Gen. ne, 25), cantique des cantiques (cf. Cant. I, 1), vanité des vanités (cf. Eccl. i, 1). Elle est au neutre, et serait plus littéralement traduite, si on l'envisage en elle-même, par « sanctum sanctorum », chose très sainte. Dans l'Ancien Testament, où elle est fréquemment em- i ployée, elle représente tantôt un local (le temple en général , et , d'une manière plus spé-iale , la partie la plus Intime du sanctuaire; cf. Ex. x.xvt, 33; Num. iv, 4, 19; III Reg. viii, 6; Ez. xliii, 12 ; xLv, 3, etcX tantôt des objets sacrés de différente nature, tels que l'autel (cf. Ex.xxix,37 ), les sacriaces (cf. Ex. xxx, 10; Lev. n, 3, 10 ; vi, 10; VII, 1,6, etc.; Ez. XLii, 13, etc.), tantôt des personnes (comp. I Par. xxiii, 13, où il est afûrmé qu'Aaron et ses flls furent mis à part pour le service du Seigneur, comme < une chose très sainte »). Ce dernier trait suffit pour expliquer et légitimer la traduction de saint Jérôme, qui est aussi celle des LXX, du syriaque, de nombreux Pères et commentateurs chrétiens (voyez Fraldl, die Exégèse der siebzig Woche.n Danielf, Graz, 1883, passira), et même de quelques \ Interprètes rationalistes. « Tout le contexte, dit l'un de ceux-ci, nous engage à rapporter ce titre de Saint des saints au Messie, et 11 y a certainement dans le mot mâSah, oindre, une allusion au maSiah des vers. 26 et 26. » Xous pensons, nous aussi, que cette expression désigne directement l'auguste personnage qui sera bientôt mentionné sous le nom de Messie - prince. Comp. Luc. I, 35, où le même archange Gabriel appellera le Christ <r une chose sainte ». Cef)endant, l'usage plus fréquent des mots qodèi qâdâ- Sim pour représenter des êtres Inanimés a porté quelques commentateui-s contemporains ( parmi les catholiques, Palmieri, /. c, p. 75; Knabenbauer, h. i., etc.) & voir tout d'abord, dans cette locution, l'Église du Messie, ce temple mystique qu'il devait h jamais fonder ; puis, d'une manière Indirecte, le Messie lui-même, chef dece temple sacré. Daniel, ajoute- t-on pour appuyer ce sentiment, Ven:ilt précisément de prier pour le sanctuaire de Jérusalem, détruit par les Chaldéens (comp. les vers. 10, 17 et 20); Dieu lui répond qu'il est exaucé, mais d'une façon supérieure, merveilleuse, par l'établissement et la consécration du sanctuaire idéal et parfait dont avait parlé le proi)hète Ézéchicl (cf. Ez. xxxvn, 2G-28). Cette IntcrprétiUlon ii'c>t pas dénuée de vérité; mais elle nous pamtt un peu cherchée. Nous trouvons la première beaucoup plus naturelle et plus vraie.

25. Le point de départ et les deux premières phases des 70 semaines. — Scito ergo... Avant de passer à des détails complexes et délicats, qui serviront de développement au vers. 24, l'ange fait un nouvel appel à l'attention de Daniel (comp. le vers. 23>>). Les 70 semaines vont être divisées en trois périodes très Inégales, à chacune desquelles est rattaché un événement d'une gravité exceptionnelle : la première, de T semaineg, sera témoin de la reconstruction de Jérusalem ; au terme de la seconde, de 62 semaines, le Messia sera mis à mort; la troisième, d'une seule semaine, verra la confirmation de l'alliance. — Ab exitu sermonis... « Parole » qu'il Importe de bien déterminer, puisqu'elle marque le point de départ des 70 semaines. Dieu avait annoncé par Isaïe, XLV, 13, et par Jérémie, xxx, 18 (cf. xxxi, 33-33), que Jérusalem, détruite par les Chaldt^'cns, serait rétablie après re.\lL Mais il ne saurait être question Ici de ces oracles. En elTot, d'un côté, Ils ne portent aucune date; or, l'ordre auquel l'ange fait allusion a dû être nettement daté, puisqu'il devait servir de « terminus a quo » pour la supputation des années. D'un autre côté, à l'époque de Néhémie (cf. Neh. ii, 5 et ss.), c.-à-d. plus de deux cents ans après la mort d'Isaïe, pltis de cent ans après celle de Jérémie, Jérusalem était encore en ruines, tandis que, d'après la prophétie de Gabriel, elle devait être reconstruite dans l'Intervalle de quarante-neuf ans. Il s'agit donc d'un ordre lancé par un homme; et, de fait, les falnts Livres mentionnent quatre décrets royaux, permettant aux Juifs de reconstruire lenr capitale ruinée : le premier est de Cyrus (cf. Ksdr. i, 2 et ss.), et remonte à l'an 636 avant J.-C; le second est de Darius, flls d'Hystaspe (cf. L.-^dr. n, 1-12), et date de l'an 818; le troisième et le quatrième sont d'Artaxerxès dit Longuemain, et furent portés, l'un en 457, la septième année de son règne, l'autre en 445, durant la ylnglièn.e année de son gouvernement. Les commentateui-s sont d'accord pour admettre que le décret de Darius ne mérite guère d'entrer en ligne de compte, attendu qu'il ne fait que renouveler celui de Cyrus, Mais redit de Cyrus lui-même n'a trouvé qu'un petit nombre de partisans, car il ne se rapporte qu'à la construction du temple de Jérusalem, et n'a pas un mot pour celle de 1* villo. C'est donc entre les deux décrets" d'Artaxerxès que se partagent surtout les interprètes. Toutefois, ce qui vient d'être dit au sujet de l'ordre de Cyrus est également vrai du piemler décret d'Artaxerxès Longuemain, qui n'a trait directement qu'an temple. Au conlraiiT, le second édlt de ce prince Concernait formellement et immédiatement la ville. ""' était encore en ruines et sans rem-

Dan. IX, 26.

26. Et, après soixante - deux semaines, le Christ sera mis à mort, et le peuple qui doit le renier ne sera plus à lui. Un peuple, avec un chef qui doit venir, dé-

26. Et post hebdomades sexaginta duas occidetur Christus ; et non erit ejus populus qui eum negaturus est. Et civitatem et sanctuarium dissiijabit po-

parts en 445 , lorsque Néhémie demanda au roi la permission d'aller la rebâtir. Cf. EccU. xlix, 13-15. C'est donc à partir de cet édlt que nous essayerons plus bas de calculer les 70 semaines d'années. — Usque ad Christum ducem. Ces mots Indiquent le « terminus ad quem » des 7 + 62 semaines qui vont être mentienndes dans un instant. Saint Jérôme a très littéralement reproduit dans sa traduction les substantifs hébreux MâStah-Nâgîd. Le premier, qui signifle Oint, est celui-là même dont vient le mot Messie. Dès l'époque de David, le futur libérateur d'Israël était ainsi nommé par antonomase, parce qu'il tvalt reçu plus que personne l'onction sainte, qui le consacrait et le mettait à part pour son rôle magniflque. Cf. Ps. ii, 2; xliv, 8; Is. lxi, 1; Luc. IV, 18, 21. Cest le nom que lui donnaient couramment les Juifs au temps de Notre -Seigneur Jésus -Christ (cf. Joan. i, 20, 26; m, 28; rv, 25, etc.), et 11 est tout ù fait certain que c'est à lui, & lui seul, qu'il convient dans ce passage. Le second titre, Nâgid, prince, est aussi parfaitement approprié au Messie, qui devait être par excellence le chef du peuple tbéccratique. Aucun des deux substantifs n'a reçu d'article, parce que le premier, qui est le principal, est traité comme un nom propre, et que le second lui est rattaché par apposition. — Hebdomades eeptem : c-à-d., 49 ans. Sexaginta duas: 434 ans. Les 69 semaines équivalent donc eusemble à 483 ans. La ponctuation actuelle de l'hébreu coupe autrement la phrase : Jusqu'au Messie prince, sept semaines; et soixante-deux semaines (pondant lesquelles) la place sera rebâtie... Mais cette ponctuation est certainementfautive, puisque l'anee se contredirait si, après avoir fixé l'apparition du Messie à la fin de la septième semaine, il reculait ensuite sa mort jusqu'à la soixantedixième semaine. D'ailleurs, l'événement principal assigné ù la période de 62 semaines n'est pas la reconstruction de Jérusalem, mais la mort du Christ (comp. le vers. 26). Il faut donc corriger Ici le texte massoiétique, et traduire comme l'ont fait toutes les anciennes versions. — Rursum tediflcabitur... Ce rétablissement de la cité sera complet lorsque les sept premières semaines auront pris fin. L'ange ne le dit pas en termes formels, mais cela résulte évidemment du contexte. Deux périodes ont été marquées : on annonce qu'à l'issue de la seconde tel grand fait aura lieu ; si aucun événement n'était mentionné pour la première, elle n'aurait aucune raison d'être. D'un autre côté, à quelle époque Jérusalem aurait -elle été rebâtie, sinon pendant les 49 premières années, comme le prouve l'histoire de ces temps? — Platea rend bien le sens de l'héhreu r'iiôb, vaste espace vide, place publique. — ilurl. I.e mot tiârûs est synonyme du chaldéen Aârîj, fossé, rempart (Théodotion :t£?-/o;). f- In angustia temporum. C.-à-d., parmi des

circonstances difficiles et douloureuses, au mllien de souffrances multiples, a L'histoire entière de la reconstruction de Jérusalem (après l'exil) est un long récit d'oppositions sans cesse renouvelées , « de la part des Samaritains et des autres peuplades voisines de la Judée. Cf. Esdr. iv, 1 et sa.; v, 6 et ss.; Neh. i, 3 et ss.; iv, 1 et gs., etc. 26-27. Troisième phase: description de la EOl.xante-dixième semaine, la plus Importante de toutes. L'oracle lui assigne trois grands événements : la mort du Messie, suivie de maux terribles pour Jérusalem ; la confirmation de l'alliance théocratique pour des Juifs nombreux ; la cessation des sacriflces de l'ancienne loi, accompagnée de la ruine complète de l'État JuLf. — Post.,^ sexaginta duas. Par conséquent, après que le« 69 premières semaines (7 -|- 62) se seront écoulées et que la soixante -dixième aura commencé. — Occidetur. Employé comme il l'est ici , le verbe hébreu kârat marque toujours une mort violente. Cf. Ps. XXXVI, 9 ; Prov. u, 22 ; Zach. xiii, 8, etc. D'autres prophètes avaient déjà clairement prédit ce genre de mort pour le Messie. Cf. Ps. xxi et Is. LUI. Au Heu de traduire en cet endroit mâsiah par le concret, comme l'ont fait très justement la Vulgate (Christus), et Aquila ( /i).£i- (lévoç), et Symmaque (^^pto-ro;;), les LXX et Théodotion le rendent par l'abstrait {■/pi(j\s.(x, l'onction), et la version latine primitive les a Imités ( « exterminabitur unctio » ) ; ce qui ne fournit aucun sens satisfaisant, et qui a égaré ceux des Pères grecs et latins qui ont pris ces traductions pour bases. — Et non erit... populus... L'hébreu a simplement: Vein lô; c.-à-d., « Et non (erit) ei » (Aquila: xat oûx sctiv àuTfî)). Il y a ellipse, et il faut nécessairement suppléer quelque chose; ce que l'on a fait de diverses manières : Ce n'est point pour lui-même qu'il moun-a, mais pour d'autres, en vue de procurer leur salut ; Ce n'est pas à cause de ses propres péchés, mais pour les péchés d'autrul (Théodotion: xal xpijAa oùx eativ (X'jtÔ), il n'y a pas de motif de châtiment en lui ) , etc. La paraphrase de la Vulgate est excellente. Elle indique un premier effet désastreux que les meurtriers du (jhrist ne tarderont pas à ressentir : ils faisaient partie de son peuple; mais, l'ayant cruellement renié. Ils cesseront de lui appartenir, pour leur plus grand malheur. — Et civitatem... Autre résultat terrible de ce meurtre criminel : la ville et le temple de Jérusalem seront dévastés par une nation étrangère. C'est par anticipation que ce détail est mentionné en cet endroit. Sans doute, la ville coupable sera punie pour avoir mis à mort son Messie; mais l'oracle ne dit pas à quelle époque, et l'association logique des deux faits ne prouve pas qu'ils aient dû se succéder d'une manière immédiate, sans le moindre intervalle. — Populus cum duce. Hébr.' La peuple d'un nâaîd. Mais U est de toute évl-

Dan. IX, 27.

pulus cum duce vemuro; et nuls ejus vastitas, et post finem belli etatuta desolatio.

27. Confirmabit autem pactum multia hebdom.ida una ; et in dimidio hebdomadis deficiet hostia et isacrificium, et

truira la ville et le sanctuaire ; et sa fin sera la ruine, et, après la fin de la guerre, viendra la désolation décrétée 27. Il confirmera l'alliance avec un grand nombre pendant une semaine, et, au milieu de la semaine, les victimes et

dence que ce nâgid n'a rien de commun avec le Mes-ie- prince. En effet, la prophétie ne lui fait Jouer qu'un rôle secondaire; c'est an peuple et aon au chef qu'est attribuée la part principale. Surtout, ce nâgid n'appartient pas à la nation théocrattque, qu'il vient au contraire attaqnbr et détruire ( venturo est pris en mauvaise part : Tenir avec des Intentions hostiles. Cf. i, 1; XT, 10, etc.). — Finis ejxis. Nosi pas la fln du prince, car < dans ce qui suit il n'y a pas le moindre Indice d'une défaite » qu'il devra subir; mais, comme 11 résulte de l'ensemble de la description, la fin, la ruine de la ville et du sanctuaire. — VasUtaB. Dans l'hcbreu, avec une figure énergique : ( Et sa fln ) par l'inoudation. C.-à-d. que les ravages produits seront aussi rapide.», aussi violents que ceux qu'une inondation laisse derrière elle. Cf. xi, 10, 2-2, î6, 40; Is. vni, 8, etc. — Et poat flnem... desolatio. D'après l'hébreu : Jusqu'à la fln, (U y aura) la guerre ; décret de ruines. On ne pouvait pas prédire avec une concision plus vigoureuse que, par mite du décret divin porté contre les Juifs, la guerre devait s'installer chez eux et ne cesser qu'après leur mine totale. — Mais, comme l'ajoute l'ange, la i^oixante- dixième semaine ne ^cra pas uniquement témoin de faits désastreux: Confirmabit... (vers. 27). Dans la Vulgate, ce verbe parait avoir pour .sujet les mots hehdomada una, qui sont [irobableraent au nominatif, comme dans ThéodotJon (ô'jvajjui'xTîi... éocoiià; u.ia). C'est une iiétonjTnie, la semaine étant censée produire les événements qui auront lieu durant son cours. Toutefois, le substantif hébreu b'rif C Vulg., paelum ) ne pouvant représenter ici que l'alliance théocrailque, qu'il désigne le plus habituellement (cf. XI, i8, 30, 32, etc.), 11 est mieux d'attribuer au Mjssle lui-même cette confirmation on consolidation, qui rentre si bien dans son rftle, tel qu'il est traoé par les prophètes. Comp. Is. Liv, 10; LV, 3; Lix, 21 ; uci, 8 ; Jer. xxxi, 31 et 89.; XXXII, 40; Hz. xvi, 60,62 et xxxir, 28; Os. II , 18 et Rs., etc. Noxis traduisons donc : Il affermira l'alliance pour un grand nombre (pendant) ■ne semaine. — Mxiitia. C'est ce quTsaïe, liii, avait prédit très nettement : Mon serviteur (le Mesfle) en Justlttem un grand nombre. Ainsi, pendant la dernière semaine, le Mcf^sle doit rendre l'alllanoe tbéocratique de plus en filus solide pour ceux qui «ilhéreronl à lui. — Un autre événement capital est annoncé jiour cette mfime époque: <( in dimidio... Après tiols ans et demi (car tel est lo railien d'une .semaine d'années), 4e/leiet... L'héhren dit, & l'actif: II (encore le Me«f> le -prince) fer* cecaer... Les moti honlta (hébr.: zihah . c« qu'on immole) et taerifleium (bébr : minhâh, préoent) déclptient dlroctoment tous les sacrlllcei, r-anglanta et non sanglants,

puis tout l'ensemble du culte mosaïque. En reia. bli(*ant l'alliance du Sluaï stir de nouvelles bases, le Messie créera une religion nouvelle; c'est pour cela qu'il abrogera auparavant l'ancien culte. Du reste, le sacrifice du Messie lendalk tous les auties complètement Inutiles. Cf. Rom, VII, 4; Gai. II, 21 ; Hebr. x, 14. — Et erit... De même que, au vers. 26, l'ange a rattaché à la mort du Christ la ruine de la vUle et du sanc» tualre, de même U rattache maintenant à la cessation des sitcrifices la profanation et la dévastation perpétuelle du temple. Mais redisons, eomme au vers. 26, que cette connexion est avant tout logique, et qu'il n'est point parlé d'une succession Immédiate des faits. — In templo. i.a Vulgate a ainsi traduit, à la suite dc« LXX et de Théodotion ( -tïI t'o hpôv ) la locution hébraïque 'al Knaf, qui est assez obscure, en cet endroit. Le substantif linaf désigne une aile au propre et au figuré ; parfois , le bord on l'extrémité d'un objet. II peut donc fort bien être employé ici pour représenter, comme l'ont pensé les auteurs de ces trois anciennes versions et la plupart des commentateurs, l'aile on le sommet du temple (ce que les Grecs, se servant de la même Image, nommaient Ttxépov ou TTep-jytov). Cf. Matth. iv, 6. C'est aussi au temple de Jérusalem que Notre - Seigneur .lésus- Christ a appliqué ce passage dans une célèbre prophétie (cf. Matth. XXIV, 15), et cette Interprétation est certainement la meilleure de toutfs celles qu'on a proposées (comparez les deux suivantes : L'abomination.. .sera à son comble ; La déva.«i atlon sera sur l'aile des abominations, c.-à-d., dirigera l'année odieuse qui les commettra). — .dfx-rnlna» iio desolatiotiia (en hébreu : Hqqûftm m'èômêm; d'après les L XX et Théodotion : p5é>-.^yu.ï tôjv £pr|(iai<T£0)v ). Autre expression sur laquelle on s beaucoup discuté, et dont on ne peut déterminer le sens avec une entière certitude. On la retrouve plus loin, légèrement modifiée. Cf. xi, 31 et xii. II, Le substantif Siqqû?, qui est employé an pluriel dans le texte primitif, a le sens de chose at »minable, ignoble. Impure; Il sert souvent, dans la Bible hébraique, à désigner, d'une manière flg[urée, les Idi^es du pngaiiisme et ce q'il servait à leur culte (cf. Deut, xxix, 16; III Eeg. xi, 5, 7; IV Rf-g. XXIII, 13-14; II P.ir. XV, H; Is. Lxvi, 3; Jer. iv, 1 ; vu, 30; Xlll, 27; Kz. v, 11 j VII, 20; I Mach. v, 67, etc.). On a tout Hou de croire qu'il t-e rapporte également, ea cet endroit, à des actes Idolôtriqucs par lesquels le temple de Jérusalem devait être profané; en parti uller, d'après un grand nombre d'Interprètes, à l'introduction des aitries et des enseigne» romaine» dans le sanctuaire, car ces enseignes étalent réelleniont l'objet d'un culte de la p»rt des létsloua de Rome. Voyez Josèphe, BtU. jud., Ti,

Dan. IX. 27.

le sacrifice cesseront, l'abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation durera jusqu'à la consommation et jusqu'à la fin.

erit in templo abominatio desolftionis, et usque ad consummationem et finem perseverabit desolatio.

6, 1 ; F. Vigoureux, DM. de la Bible, 1. 1, col. 68-73. Quant au second mot, m'sômem, il est regardé comme un nom d'agent par les uns ( celui qui désole, qui dévaste), comme un terme abstrait par les autres (la désolation, la dévastation). Ce second sentiment est favorisé par les anciennes versions ; la première semble plus en harmonie avec le contexte, qui nous a déjà montré un chef venant saccager la ville sainte et le temple à la tête de ses troupes. — Et usque... desolatio. A la lettre dans l'hébreu : « Et usque ad excidiiim deflnitum, sese efCundet super vastatum. î Ce que prédisent ces paroles énergiques, c'est la perpétuité de la ruine et de la désolation déjà annoncées précédemment (cf. vers. 26"'). L'oracle s'achève ainsi par de terribles menaces. « C'en est fait désormais d'Israël comme nation. » — Tel est le sens littéral de ces lignes remarquables. Leur accomplissement est admirable niissi. Pendant les sept premières semaines, Jérusalem a été reconstruite par Néhémie et ses successeurs. A la fin de la soixante -neuvième semaine , le Messie a paru dans la personne de Notre -Seigneur Jésus - Christ , qui a apporté au peuple théocratique le pardon de ses fautes et la justice éternelle. Ce même Jésus a réalisé à la perfection toutes les prophéties ; au milieu de la dernière semaine 11 a été renié et mis à mort par ses concitoyens ; II a fondé la nouvelle alliance et aboli les sacrifices mosaïques. Un peu plus tnrd, 1g temple a été profané , puis détruit par les Romains; la ville a été saccagée; le peuple , écrasé , n'a jamais pu se relever de cette milne, et II est dispersé sur toute la terre. La coïncidence entre les événements et la prédiction ne pouvait pas f'tre plus frappante. Aussi n'est-il pas étonnant que la tradition chrétienne ait toujours cru, d'une façon à peu près unanime, que cet oracle ee rapporte exclusivement à Jé*us-Christ, et qu'il a été pleinement réalisé par lui. Voyez Fraidl, die Exégèse. ., passlm. Les Juifs oontempoialns de saint Jérôme l'entendaient pareillement du Me'sie ; plusieurs célèbres commentateurs Israélites du moyen âge, entre auti'es Jarchi et Abarbanel, faisaient de môme (sur les étonnantes divergences que présentent Ici les IjXX, v<^yez A. Bludau, Die alexaridrinische Uebersetzung des Btiches Daniel, Fribourg - en- Brisgau, 1897, p. 104-130). Quant aux rationalistes, s'ils sont d'accord pour exclure entièrement le Mes-ilo de ces lignes , dans lesquelles Ils ne volent qu'un « vaticinium po<t eventum », c.-i-d., des faits déjà passéâ, racontés en style propht' tique. Ils «e divisent et se combattent mutuellement pour tous les détails. « Aussi le résultat (de leur Interprétation) est-ll une vaine chimère, où sont foulées aux pieds toutes les lois de la langrue, de l'exégèse et de l'histoire. ï Voyez A. Rohllng, Dns Buch dea l'rophcten Daniel, p. 2S3 et ss. Il est vrai que la supputation des années pré-

sente des difficultés considérables, et que, sur ce point, la division a existé de tout temps parmi les interprètes croyants. Cela tient en partie, nous l'avons vu plus haut, à l'incertitude qui existe au sujet du décret mentionné dans le vers. 25 , en partie aux obscurités de la chronologie en ce qui concerne soit l'avènement d'Artaxerxès Longuemaln, soit la naissance, Ift vie publique et la mort de Notre-Seigneur Jésus- Christ. En de telles conditions, aucun système ne peut présenter de parfaites garanties. Néanmoins, on arrive, même sous ce rapport, à établir des calculs approximatifs assez satisfaisants. 1» Suivant la parole de l'ange (vers. 25), le Messie a dû se manifester 69 semaines, c.-à-d. 483 ans, après le décret relatif à la reconstruction de Jérusalem. D'autre part, selon saint Luc, m, 23, Jésus -Christ avait environ trente ans ao commencement de sa vie publique. Or, en retranchant 30 de 483, on obtient l'année 453, qui nous conduit en plein règne d'Artaxerxès, puisque ce prince, d'après la chronologie habituellement reçue, régna de 465 à 424 avant J.-C. 2° Il est aisé de préciser davantage. Des calcula basés sur les données des meilleurs historiens de l'antiquité permettent de croire que ce n'est pas seulement en 465 , après la mort de Xerxès son père, mais au plus tard en 470, et probablement dès 474, qu'Artaxer.\ès Longuemaln monta sur le trône (voyez Hebbelynck , l. c, p. 370-373). Sa vingtième année, durant laquelle, comme nous l'avons vu plus haut (note du vers. 25«), 11 porta très vraisemblablement l'édit permettant de rebâtir Jérusalem co'inciderait donc avec l'an 454 avant J.-C, ou Tan 300 après la fondation de Rome. 483 (69X7) + 300 donnent 783, et cette 783" année de l'existence de Rome correspond précisément à la trentième du Sauveur, ou au début de sa vie publique, d'après la chronologie dite vulgaire. 3" Il est vrai que cette chronologie ne parait pas être exacte, attendu que son auteur, Denys le Petit, semble avoir retardé de quelques années la naissance de Jésus (il la place l'an 753 de Rome). Toutefois, même dans ce cas, nous pouvons établir de nouveau la coïncidence, en-reculant ou l'époque de l'avènement d'Artaxerxès, ou celle de la vie publique de Jésus- Christ, les documents qui fixent ces dates étant assez élastiques. On le voit , si le problème n'est pas complètement résolu, faute de données tout à fait sûres, il l'est suffisamment pour nous garantir que Jésus- Christ , et lui seul, a réalisé l'oracle. D'ailleurs, « Dieu a tranché lui-même la difficulté... Un événement manifeste nous met au-dessus de tous les raffinements des chronologistes, et la ruine totale des Juifs, qui a suivi de si près la mort de Notre -Seigneur, fait entendre aux moins clairvoyants l'accomplissement de la prophétie. » (Bossuet, Discours aur l'hUt, Univ., 11« partie, ch. ix.)

Dan. X, 1-4.

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