Onus Ninive. Liber visionis Nahum Elcesaei
2. Deus £Emulator, et ulciscens Dominus. Ulciscens Dominus , et habens f urorem ; ulciscens Dominus in hostes suob , et irascens ipse inimicis suis.
3. Dominus patiens, et magnus fortitudine, et mundans non faciet innocentera. Dominus in tempestate et turbine viœ ejus. et nebulœ pulvis pedum ejus.
Chap. I. — 1. Titre du livre. — Ce titre est double. La première partie, onus (hébr., masitâ') Xinive, indique le thème général de l'oracle. Sur le mot massa', voyez Is. xni, 1 et Jer. xsiir, 33, avec les commentaires. La version chaldéeniie le paraphrase ainsi en cet endroit : Fardeau du calice de malédiction, à faire boire à Ninive. C'est l'Assyrie entière qui est désignée par le nom de sa capitale. — La seconde partie du titre marque le caractère inspiré et l'auteur du livre. Par visionis il faut entendre, en effet, une révélation surnaturelle. Cf. Is. i, 1; Abd. 1, etc. Sur les noms Nahum Elcesxi, voyez l'Introd., p. 493.
4 I. — le Seigneur a formé le dessein de détruire Ninive, afin de délivrer Israël. I, 2-1-î.
1» Description des attributs du souverain Juge ■qui va condamner Ninive , et des effets redoutables de sa colère. I, 2-6.
2-6. Combien Jéhovah est terrible dans ses vengeances. Début majestueux, dont la forme rappelle celle des psaumes des degrés, par sa marche ascendante. Cf. Ps. cxix, 1 et la note. — Deus œmulator... Déjà, dans le Pentateuque (cf. Ex. XX, 5 ; Deut. iv, 24\ le Seigneur reçoit cette épithètc do Dieu jaloux, qui exprime si bien la nature de ses relations avec les Hébreux; ce céleste époux de la nation juive éprouve d'inûnies tendresses pour son épouse mystique, et,
s'il la châtie sévèrement lorsqu'elle lui est Inûdôle. Il la défend et la venge lorsqu'on l'opprime injustement. Cf. Deut. xxxii, 43; Os. i, 1 et ss.; Joël, II, 18, etc. — Ulciscens. Ce mot est répété trois fois coup sur coup, car il contient le résumé de tout l'oracle. — Irascens ipse... Hébr.: Il garde (sous-entendu : sa colère) pour ses ennemis. Ces divers anthropomorphismes soiit très expressifs'. — Dominus patiens (vers. 3). Antithèse avec ce qui précède. Hébr. : Le Seigneur est lent à la colère. Cf. Ex. xxxiv, 6. Il l'avait bien montré pour Ninive, dont il avait si longtemps supporté les crimes. — 2Iagnus foriitudine. La patience divine n'est pas, comme il arrive souvent pour les hommes, une marque de faiblesse; sa toute - puissance étant toujours la même, il peut prendre son temps pour se venger. — Mundavs non faciet... est un hêbraïsme qui revient i"» dire : Il ne laisse pas les méchants impunis. Cf. Ex. xxxiv, 7. — Dominus in.. Nahura va maintenant décrire (vers. S^-ô) quelquesuns des effets les plus fréquents et les plus apparents de la puissance divine, afin de prouver que rien ne saurait lui résLster. Malheur donc à Ninive I Les traits de la description sont Identiques ;\ coiix qu'on rencontre habituellement dans les théophanics racontées par la Bible. Cf. Ex. XIX. 16 et S3. ; Jud. v, 4-5; Ps. xvii, 8-16; Lxvii, 8 et ss.; Ilab. iir, 3 et ss., etc. C'est an milieu d'un violent orage et d'un tremblç-
Nah. I, 4-10.
4. Increpans mare, et exsiccans illud, et omnia fluraina ad desertum deducens.
Infirmatus est Basan et Carmelus, et flos Libani elanguit.
5. Montes commoti sunt ab eo, et colles desolati sunt ; et contremiiit terra a facie ejus, et orbis, et omnes habitantes in eo.
6. Ante faciem indignationis ejus quis stahit? et quis resisret in ira furoris ejus? Indignatio ejus effusa est ut ignitj, et j)etr8e dissolutœ sunt ab eo.
7. Bonus Dominus, et confortansin die tribulationis , et sciens sperantes in se.
S. Et in diluvio praetereunte consummationem faciet loci ejus, et inimicos ejus persequentur tenebrse.