CHAPITRE VIII
1. Et audivit Judas nomen Romanorum, quia sunt potentes viribus, et acquiescunt ad omnia quse postulaatur ab
1. Judas apprit alors le nom des Romains, et il sut qu'ils étaient puissants en forces, qu'ils acquiesçaient à tout ce
rantiqulié Cf. I Heg. xxxi, 9; Ju^Utli, Xiii, 8-13; Hérodote, vil, 238 (Atl. archiol., pi. xcm, ng. 2).
— Dexteram^, quam... AUnslon à son exécrable serment. Cf. vers. 85 ; II Mach. xv, Zi. — Suspenderunt... Dans le grec : Ils étendirent. Ce mot a été choisi à dessein , pour établir un rapprochement entre le crime de Nicanor et le châtiment divin. — Contra Jerics Uem. Grc-c : auprès de Jérusalem. Suivant II Mach., en face du temple. D'après Joseph fils de Gorlon, m, 22, 12, en face de la porte orientale da temple, qui fut nommée pour ce motif porte de Nlcanor.
4S-50. Joie immense du peuple; Institution (l'une fête perpétuplie en l'honncnr de cet événement. — Lmtatus est... in lœlitia. R('pét!tion qui accentue la pensée. - ConitUuit agi... ( vers. 49 ). Cette fête était encore célébrée à l'époque de Josèphe. Le Talmud la mentionne à différentes reprises , Kais 11 y a au moins mille ans qu'elle a cessé. — Sitult te^-ra... (vers. 60). lîébralsme, pour dire que le pays put Jouir pendant quelque temps d'une heureuse tranquillité.
— Dir.i paucos. En effet, la seconde expédition lie Bacchidès eut lieu environ un mois seulement après la mort do Nicanor. Comp. vu, 1, 43, Il IX, 1-3.
I VI. — Les Jui/a /ont alliance avec les RorHain.i. VIII, 1-82. -
Judas, instruit par l'expérience, craignait que le» Syriens, malgré leurs défaites, ne vinssent bientôt l'attaquer avec une armée plus pulspanie encore. Il profita donc de la cessation des lioslllilés pour se mettre sous la protection de Itome.
1° Excellents renseignements qui parvinrent à Judas Macbabéc sur la ptiissanco et la grandeur des Kunialiis. VIII, 1-10.
Description des plus Intéressantes, qui nous Dréscntc < l'esquisso générale do caractère national; de l'hUtoIre militaire et de* tnitltnttong >
de Rome. Il est évident, d'après ce tableau, que les Juifs d'alors tenaient les Romains en très hante estime, reconnaissant toutes leurs bonnes qualités et ne semblant pas soupçonner qu'ils en avalent de mauvaises. Ils n'attendaient de leur alliance avec eux que de grands avantages, sans en rien redouter pour leur indépendance politique et religieuse. — On a souvent attaqué, avec beaucoup d'exagération, l'exactitude historique de ce tableau. « Certes , nous sommes loin de prétendre que le Jugement porté sur les Romains et que tons les faits énumérés dans le chapitre viii du premier livre des Machabées soient entièrement exacts. La république avait dcu.T consuls annuels et non pas un seul ; son désintéressement n'était pas tel que le croyait Judas Machabée; la Jalousie et l'envie n'étaient pas un mal Inconnu aux citoyens de Rome ; le nombre des sénateurs n'était pas de trois cent vingt, mais de trois cents ; ils ne se réunissaient pas tous les jours ; U leur était même interdit de le faire, etc. Mais, quoi qu'on puisse relever dans le détail , on ne i>ent pas reprocher d'erreur historique à l'historien sacn-. D dit expressément que Judas < entendit raconter > toutes ces choses ; il parle au nom de la renommée , et 11 rapporte les bruits que la renommée avait répandus en J udée sur les Romains ; son exactitude dans le cas présent doit consister et con=lsto, en effet, non à écrire un chapitre de l'histoire réelle de Rome, mais à être l'Interprète fidèle des rumeurs qui, ayant cours en .ludéc, étaient parvenues aux oreilles de Judas Machabée et portèrent le héros Juif, ft oau>e même dt ce qu'elles contenaient de faux, à rechercher l'alliance romaine. Ccst un principe admis par tous les théologiens et par tous les auteurs qui se sont occupés d'herméneutique sacrée : l'fnspi» ration n'implique pas que tout ce que nous llsona dans l'Écriture soit vrai en soi... L'auteur du pr»» mier Uvre des Machabées dit la vérité en r»p> portant lee Idées inexactes qu'on m falaalt de i
I Mach. VIII, 2-3.
qu'on leur demandait, qu'ils avaient fait amitié avec tous ceux (jui s'étaient approchés d'eux , et qu'ils étaient puissants en forces.
2. On apprit aussi leurs combats et les grandes actions qu'ils avaient accomplies dans la Galatie, et comment ils s'en étaient rendus maîtres et l'avaient rendue tributaire;
3. et tout ce qu'ils avaient fait dans le pays d'Espagne, et qu'ils avaient réduit en leur puissance les mines d'or et
eis ; et quicumque accesserunt ad eos, statuerunt cum eis amicitias, et quia sunt potentes viribus.
2. Et audierunt praelia eorum, et virtutes bonas quas fecerunt in Galatia, quia obtinuerunt eos, et duxerunt sub tributum ;
3. et quanta fecerunt in regione Hispaniae, et quod in potestatem redegerunt metalla argenti et auri quse illic sunt,
lx)Utique et de l'histoire aes icomains en Judée, parce que c'étaient là réellement les Idées courantes à leur sujet dans le pays. On peut relever dans le passage que nous avons cité autant d'erreurs de fait qu'on voudra ; rien de tout cela ne peut fournir matière à une objection fondée contre l'inspiration de l'écrivain sacré. » F. Vigouroux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. IV, p. 60.5 et 606 de la 3^ édlt. Si quelques détails sont moins précis ou même inexacts, U faut se souvenir aussi que les communications Internationales étalent alors difficiles et rares, et, de plus, que les Juifs ne s'occupaiert guère de politique. Le compte rendu de l'écrivain sacré a donc çà et là une apparence populaire. «. Son récit ne contient point d'erreurs qui lui soient imputables. »
Chap. yiir. — 1-16. Ce que Judas apprit «a sujet des Romains. Ciomp. .Tosèphe, Atit., xii, 10, 6. Le vers. 1 contient l'idée générale, qui est ensuite longuement développée. — Audivit... nomen (la renommée)... Ce n'est que vers le début du second siècle avant J.-C, durant leur longue guerre avec Autiochus III, roi de Syrie, que les Romains s'étaient fait connaître en Asie comme une grande puissance militaire. Le traité de paix que le vaincu fut obligé d'accepter après sa terrible défaite à Magnésie (en 190) leur permit de s'Immiscer ensuite dans toutes les affaires asiatiques. Ils affectaient de prendre le parti des petits peuples contre les grands, de manière à empêcher la formation d'un État considérable, qui absorberait tous les autres. — Deux faits sont signalés comme ayant particulièrement attiré l'attention de Judas. Premier fait , que commenteront les
Philippe V, roi -le Macédoine. (Monoaie aDtiqae.)
vers. 2-11 : quia... potentes... Second fait: et acquiesnint... Voyez les vers. 12-13. Le grec •Ignifle plutôt : Et qu'ils témoignent de la blen^ veillance à tous ceux qui se joignent à eux. — Statuerunt. . . amieiticu. . . Les Romains avalent
conclu naguère dea traités d'alliance avec les rote de Pergame, de Cappadoce, d'Egypte et avec les Rhodiens. Dans les contrats de ce genre , Ils promettaient de protéger leurs alliés; mais ceuxci devenaient de fait leurs vassaux. — Et quia.„ potentes... Répétition emphatique. Voyez le début du verset. — Et aiidienmt... (vers. 2). (îrec : Et on lui raconta (à Judas). — Prselia... in Galatia (dans le grec : Parmi les Galates). En 189 avant J.-C, une année après la bataille de Magnésie, les Romains s'étaient mis en campagne contre les (calâtes et avaient soumis ce petit peuple, jusqu'alors indomptable, qui. Installé depuis environ un siècle (277 avant J.-C.) dans la contrée à laquelle il avait donné son nom, n'avait cessé de troubler le voisinage. Voyez Polybe, XXI, 38; Tlte-Llve, xxxvki, 37. Les Galates étaient à l'origine nne tribu gauloise; c'est dans l'ancienne Phrygie septentrionale qu'Us s'étaient flxés {AU. géogr., pi. xvn). Tel est le sentiment commun. Néanmoins, d'après la récente conjecture de l'historien Mommsen, adoptée par plusieurs commentateurs, l'allusion de l'écrivain sacré ne porterait pas sur les Galates de l'Asie Mineure, mais sur les Gaulois de la Haute-Italie (cf. Polybe, n, 14-34), car ces derniers furent tributaires des Romains, tandis que les Galates proprement dits ne paraissent pas l'avoir été alors. — Quanta... in regione Hispanise (vers. 3). La cession de l'Espagne avait été l'une des conditions imposées aux Carthaginois par les Romains, à l'issue de la seconde gaerre punique (201 avant J.- C). Cependant les tribus celtiques et Ibériques offrirent une résistance énergique, qui ne prit fin que peu d'années avant notre ère.
— iletçilla argenti et auri... Ces métaux précieux abondaient alors en Espagne, l'argent surtout. Voyez Pline, Hist. naî., xxxiii, 21; Polybe, xxxrv, !), 8. « Ce sont les mines de la Nouvelle- Carth.-ige (Canhagène) qui avaient attiré d'abord les Carthaginois sur les rivages espagnols. » On conçoit qn'à leur tour les Romains aient con volté toutes ces richesses. — Omnem locum. Expression hyperbolique, d'après ce qui a été dit pins haut, mais très exacte dans son ensemble.
— Locaque... longe... ab eis (vei"s. 4). Variante dans le grec: Et le lieu (c- à- d. l'Espagne) était loin d'eux. Ce détail met en relief les difficultés de la conquête (Atl. géogr., pi. i). lia Ganle jouissait alors de toute son ludéper.dance ; anssl est - ce par mer qae les Romains durent envoyer
I Mach. VIII, 4-«.
et posséderont omnem loonm consilio Buo et patientia ;
4. locaque qu» longe erant valde ab eis, et reges qui suporvenerant eis ab extremis terrre, contriverunt, et percusseriint eos phga magna ; ceteri autem dant eis tributura omnibuB annis;
5. etPhilippum, et Pereen, Ceteorum regem, et ceteros qui adversum eos arma tulerant, contriveront in bello, et obtinueront eos ;
6. et Antiochum magnum, regem Asiae, qni eis piignam intulerat habens centum
d'argent qui s'y trouvait, <t avaient conquis toute la contrée par leur sagesse et leur patience ;
4. qu'ils s'étaient assujetti des régions très éloignées d'eux, et des rois qui avaient marché contre eux des extrémités de la terre, et qu'ils les avaient frappés d'une grande plaie, et que les autres leur payaient tribut tous les ans ;
5. qu'ils avaient vaincu à la guerre Philippe, et Perse, roi des Cétéens, et les autres qui avaient pris l*^^ armes contre eux, et qu'ils les avaient poumis;
6. qu'Antiochus le Grand, roi d'Asie, qui les avait attaqués avec cent vingt
lenrs troupes en Kspagne. — Regeê qni... ab extremU... Ces mots se rapportent vraisemblablement aux Invasions de l'Italie par Pyrrhus (280 avant J.-C.) et par les généraux carthaginois Annibal (en 218) et Asdmbal. Ceux-ci sont nommés «rois» dans le sens large que lui donnent également le^ anteiirs profanes. — Pereusserunt... V'aga... Héhraïsme. Ct. v, 32, etc. Dans \t* deux
Persée, roi de Macédoln». (CsprAs ane ancieDoe monnaie.)
«Iroonstances qui viennent d'être iudlquéco, les envahisseurs avalent été écrasés, — Philipjnim (vers. 6). Philippe III, roi de Macédoine à partir de l'année 221. Après avoir fait alliance avec les Carthaginois en 215, il lutta contre les Romains, Jusqu'à ce que, nj-ant subi un dernier échec à Cynocéphales (197 avant J.-C), 11 fut obligé d'accepter une paix humiliante. Voyez Tite-Llve, XXXI, 6; xxxiii, 1-13, 30. — Peraen. FUs naturel et successeur de Pblllppe III. Après avoir guerroyé pendant trois ans contre les Bomalns, Il fut battu à son tour, près de Pydna (168 avant J.-C), tait prisonnier ei conduit à Borne, où 11 mourut après cinq années de captivité. Avec lui prit fin la monarchie macédonienne, ct le pays devint province romaine. Cf. Tlie-LIve, xliv, 10 et M.; XLv, 4 et Bs. ; Polybe, xxlx, 6 cl 7. — CeUorum. Dans le grec : Kitiéiov. C.-ft d., roi des Macédoniens. Voye« i , 1 , et la note. — Et eetero» qui... Cette formule générnlo désigne probablement IM peuplades dlvariM qui s'éUlent
Jointes à Persée p^nr attaquer les Romains; entre autres, les Thraces, les Thessallens, les Épirotes, etc. — Et Antiochum^. Les vers. 6-8 exposent en abrégé les guerres d'Antiochus III, dit le Grand, ^fi de Syrie (223-187;, contre les Romains et ;a ionplète victoire de ceux-ci. — Regem Asise. Les Séleucldes avalent pris ce titre pompeux parce qu'ils régnaient sur toute l'Asie antérieure. Cf. xu, 39; xin, 32 ; n Mach. m, 8, etc. — Centum viçinti^.
SI Tlte-LIve, xxxvii, 39, raconte qu'à la bataille de Magnésie Antiochus in avait seulement cinquante - quatre éléphants , c'est que ce prince en avait pwrdu un grand nombre dans les combats précédents. — Et cumu. Autre élément Important des armées syriennes. Cf. i, 18; Appien, Syr., 33. — Exercitutn magnum... AntloohuB le Grand avait rassemblé contre les Romains toutes les forces dont U pouvait disposer; 170"000 hommes, d'après Appieo, Syr., 32. — Oontritum... La bataille de M.ignésie fut* l'une des plus décisives du monde >. — CeperunL.. vivum (vers. 7).« Antiochus, après la perte de la bataille, qui se donna près du fleuve Phrygius, piit la fuite et se sauva, sans s'arrêter, jusqu'à Sardes, où il arriva an milieu de la nuit, accompagné d'un petit nombre de ses gens. De là 11 se rendit à Apaœéc, ot il avait appris que Séleucus et quelques-uns de ses amli s'étaient retirés; et ensuite 1". passa en Syrie, d'où II envoya des ambassadenn; à Sciploii, pour recevoir telles conditions de paix qu'il plairait aux Romains de lui Imposer. Voilà ce que nous rapiiortent les historiens, qui ne «lisent point précisément que le roi soit tombé entre les mains du vainqueur; mata Polybe (livre xvii) racont* qu'Antiochus so trouva avec des légatu à Lyslmachle après la guerre, pour régler l'exécutlo» d«f articles du traité de paix oonoln aupnravai '
ï Mach VIII, 7-9.
iiéphants, de la cavalerie, des chars et one très grande armée, avait été écrasé par eux ;
7. qu'ils l'avaient pris vif et l'avaient obligé, lui et ceux qui régneraient après lui, de payer un grand tribut, et de donner des otages et ce dont ils étaient convenus ,
8. et le pays des Indiens, des Mèdes et des Lydiens , les plus belles de leurs provinces, et qu'ils les avaient données au roi Eumène, après les avoir reçues ;
9. que ceux de la Grèce avaient voulu marcher contre eux pour les perdre, mais que ce projet leur fut connu,
viginti elephantos, et equitatum, et currus,et exercitum magnum valde, contritum ab eis;
7. et quia ceperunt eum vivum , et statuerunt ei ut daret ipse, et qui regnarent post ipsum, tributum magnum, et daret obsides, et constitutum,
8. et regionem Indorum, et Medop, et Lydos, de optimis regionibus eorum, et acceptas eas ab eis, dederunt Eumeui régi;
9. et quia qui erant apud Helladam voluerunt ire et tollere eos, et innotuit sermo his ,
Et certes , ce prince se soumit au ralnqueur, ni plus ni moins que s'il eût été réellement son captif. » Calmet, h. l. — Statuerujit et... Les Romains exigèrent qu'il payât, et à son défaut I2S successeurs, 15 000 talents euboïques, dont 500 immédiatement, 2 600 après la ratification du traité de pais par le sénat, 12 000 durant les douze années suivantes, à raison de 1 000 talents par an. Cf. Polybe, xxi, 14, 4-6; Tlte-Llve, xxxviu, 38. De fait, il ne put pas tout payer lul-môme. Séleucus Phllopator, qui lui succéda trois ans plus tard, et Antioclius Kpiphane, coq- Unuèrent d'acquitter cette lourde Imposition de guerre. En 173, ce dernier, qui n'avait pu se libérer régulièrement de sa dette, en supportait encore le poids. Cf. Tite- Live,xui,6. — Daret obsides. Vingt otages, choisis au gré des Romains.
Voyez, I, 11», et la note; Polybe, xxn, 23, 22. — Constitutum. Dans le grec: ôtaToXr, v.Expression un peu obscure. D'après quelques auteurs, elle signifierait : échange ; c.-à-d. que les otages devaient être changés de temps eu temps. Hais •lie a plutôt le sens de séparation, division ; dans se cas, elle désignerait les provinces considérables de son royaume qu'Antiochus III fut obligé de céder atix vainqueurs, ainsi qu'U va être Immédiatement spécifié. — Regionem Indorum et Medos (vers. 8). Ce détail est inexact en lultaème, car Antiochus le Grand n'avait jamais possédé les Indes, et 11 ne fut nullement dépouillé -i» U Médie, mais seulement des provinces de l'Asie illneure situées en deçà du mont Tanrus. (AU. géogr., pi. i, vin, xvu.) Il est possible que le récit de ces faits »o\t parvenu à Judas grossi par la rumeur populaire. On a aussi conjecturé que l'erreur est attrlbuable au copiste, et qu'il .faut lire Ioniens au lieu de Indiens, Mysleng au lieu de Mèdes; et alors, tout serait d'une rigoureuse exactitude. — Lydos. Et aussi la Phrygie et d'autres provinces d'Asie Mineure, choisies parmi les meilleures et les plus riches : de optimis... Lo pronom eorum, représente les Si rien*. — Dederunt Siumeni... Eumène II,
quatrième roi de Pergame (198-168 avant J.-C). Il avait été dans cette guerre l'allié fidèle des Romains et avait beaucoup contribué à leurs succès. Comme on le volt, il fut généreusement récompensé. La Lycie et une partie de la Carie, qui avaient également appartenu à Antiochus, furent données aux Rhodiens. — Et quia... Les vers. 9-10 racontent en abrégé les guerres de Rome contre !a Grèce. Ici encore nous ti'ouvous
Eumène II, roi de Pergame. ( D'après une monnaie ancienue.)
quelques exagérations populaires. — Qui... apud Helladam. Dans le grec : ol è/. T-Ji; 'EUâôoî, ceux de l'Hellade, c.-à-d. les Grecs. — Voluerunt ire... Aller à Rome et enlever les Romains. Ce trait fait probablement allusion à la menace proférée par le préteur Damocrlte, lorsque l'envoyé romain Quinctius Flaminius intervint pour empêcher les Étoliens de faire cause commune avec 'Antiochus III : « Decretum responsumque brevl In Italia, castils super rlpam Tiberls positis, datumm. » Cf. Tite-Llve, xxrv, 33; xxxvi, 24. Néanmoins les Romains furent les véritables agresseurs dans cette guerre célèbre. — Miserunt... dueem... (vers. 10). S'il s'agit de la guerre de Rome avec les Étoliens (194-190 avant J.-C), le général en question fut Manlus Acllius Glabrlo, envoyé contre eux en 191. La suite du verset expose le traitement rigoureux que le» Romains firent subir aux vaincus. — Residua régna (vers. 11). Récapitulation, qui termine 1« tableau de la conduite de Rome envers ceux qui voulaient lui résister.— Et iiisulas. Par exempl»'. U Sardaigne, dont elle s'empara en 2.18; la Si-
I Mach. VITT, 10-15.
10. et luiserunt ad eos ducera unum , et piignaveriint contra illos, et cecideruiit ex eis mtilti, et cai)tivas duxerunt uxores eoruiu. et lilios, et diiipuerunt eos, et terrain eornm possederunt, et destruxerunt muros eoruni, et in servitutem illos redegerunt iisque in huuc dieiu';
11. et residua régna, et insulas quae aliqiiando restiterant illis, exterminaverunt et in potestatem redegerunt;
12. cum amicis autem suis et qui in ipsis requiem liabebant conservaverunt amicitiam ; et obtinuerunt régna quae erant proxima et quae erant longe, quia quicumque audiebant nomen eorum timebant eos;
13. quibus vero vellent auxilio esse ut regnarent, regnabant ; quos autem vellent, regno deturbabant ; et exalta ti sunt valde ;
14. et in omnibus istis nemo portabat diadema, uoc induebatur purpura, ut magnificaretur in ea ;
15. et quia curiam fecerunt sibi, et quotidie consulebant trecentos viginti, consilium ageutes semper de multitudine, ut quae digna sunt gérant;
10. et qu'ils avaient envoyé contre eux un seul de leurs chefs, qu'ils avaient combattu contre eux et en avaient tué un giand nombre, qu'ils avaient emmené leurs femmes et leurs enfants captifs, (iu"ils les avaient pillés . et avaient assujetti leur pays, et détruit leurs murailles, et qu'ils les avaient réduits en servitude, comme ils sont encore aujourd'hui;
11. qu'ils avaient ruine et soumis à leur empire les autres royaumes, et les îles qui leur avaient autrefois résisté ;
12. mais qu'ils conservaient les alliances faites avec leurs amis, et avec ceux qui s'étaient donnés à eux ; qu'ils avaient conquis des royaumes voisins et éloignés, parce que tous ceux qui entendaient leur nom les redoutaient ;
13. que ceux qu'ils voulaient faire régner régnaient, et qu'ils dépossédaient du royaume ceux qu'ils voulaient, et qu'ils étaient élevés très haut ;
14. et que, malgré tout cela, nul d'entre eux ne portait le diadème et ne se revêtait de la pourpre, pour paraître plus grand par là ;
15. et qu'ils avaient établi un sénat parmi eux, et qu'ils consultaient tous les jours les trois cent vingt sénateurs, qui tenaient toujours conseil sur les affaire» de la multitude , afin d'agir dignement ;
r.lle, cédée de force par les Carthaginois à la fln (le la première guerre punique Vliï); la Corse, annexée en 236, et Corfou, en 228. — Quse aliquandn... Dans le grec : odoi tîotî..., « qulcunique restiterant. » — Cum amicis autem... L'écri- Taln sacré passe maintenant (vers. 12-13) ù la manière d'agir des Romains avec leurs amis. Il ne mentionne aucun fait spécial , mais se contente de dire en termes généraux que Rome était Adèle b ses alliés. — Qui in ipsls requiem... Locution métaphorique très expressive : s'appnyer sur quelqu'un, avoir confiance en luL — Conservaverunt... Il est vrai que les Ro:i:aln8 ne furent i);i8 toujours aussi désintéressés, et que, lorsque leur iiolitiqv.e égoïste le demandait, lis ne se génèrent po'nt, dans la suite, pour incorporer à leur empire les territoires des peuples alliés; mais, à l'époque des Machabées,« l'agrandissement d'Kuiiièiie et des Rhoiliens après lavlctolro de Magnésie présentait sous un Jour favorable la conduite de Rome envers ses amis." — El obtinuerunt... Comp. les vers. 3 et sa. L'auteur revient sur cette pensée, afin de montrer que les Itomaips avaient toute la puissance nécessaire poura><slstcrleur8alllé8.- UuibxL''vr.ro...(ve\-a.\.S). En Égyptft et en Asie Mineure, ils furent souvent les vrais arbitres de la royauté et firent régacr qui Ils voulaient.— Bt in omnibus ...( malgré
toute cette puissance). La description s'achève, vers. 14- 16, par quelques détails sur le système de gouverncriient en usage à Rome. Le narrateur les mentionne avec une admiration visible.
— Nemo... diadema, vec... Les Romains étant en république, la couronne et la pourpre, c«8 antiques insignes de la royauté, étaient naturellement inconnues chez eux. C'était là quelque chose de très frappant i)our un Oriental, accoutumé iitout le déploiement de la splendotir royale.
— Et quia curiam... (vers. 18). Le mot grec P'Vwi).£UTr|p'.ov désigne le sénat. — Quotidie... trecentos... Plutôt, d'après le grec: Tous les Jours trois cent vingt tenaient conseil. Ainsi qu'il a été dit plus haut (voyez la note qui précède oe chapitre), ces mots contiennent deux erreurs. En premier Hou, le sénat romain ne se réunù^sait pas tous les Jours, mais seulement aux ailendes, aux nonos, anx Ides et aux fêtes. Voyez Aulu- Gellc, yoct. atl., xrv, 7. En cas de nôce^sltc, on pouvait le convocjuer rapidement, car 11 n'éUilt pas permis aux sénateurs de s'absenter de Home plus d'un Jour. En second lieu, cette illustre assemblée ne se composait que de trois cents membres. Cf. Tite- Live, ii, 1. — Vt qiue diçna... C.-h-d., pour bien gouverner. Le grec emploie une expression très choisie : toO evxociiîïv aÛToûî. — Ck>mmiUunt uni... (vers. 16). II y ivait
I Mach. VIII, 16-21.
16. et qu'ils couflaient chaque année leur magistrature à un seul homme, pour dominer sur tout leur territoire ; et que tous obéissaient à un seul, sans qu'il y eût d'envie ni de jalousie parmi eux.
17. Judas choisit Eupolémus, tils de Jean, fils de Jacob , et Jason , fils d'Éléazar ; et il les envoj'a à Rome pour contracter amitié et alliance avec eux ,
18. et pour qu'ils les délivrassent du joug des Grecs, car ils voyaient qu'ils réduisaient en servitude le royaume d'Israël.
19. Ils partirent pour Rome, par un très long chemin ; et ils entrèrent au sénat, et dirent :
20. Judas Machabée, et ses frères, et le peuple des Juifs, nous ont envoyés vers vous pour faire avec vous alliance et paix, et pour que vous nous inscriviez parmi vos alliés et vos amis.