CHAPITRE IX
1. Cependant, lorsque Démétrius eut appris que Nicanor et son armée étaient tombés dans le combat , il résolut d'envoyer de nouveau Bacchidès et Alcime en Judée, et l'aile droite avec eux.
1. Interea, nt audivit Demetrius quia cecidit Nicanor et exercitus ejus in prislio, apposuit Bacchidem et Alcimum rursum mittere iu Judaeam, et dextrum cornu cum illis.
dralt à trouver Ici : « Slcat plaotilt Jndfels. » Comp. le vers. 28*. Rome se fait la part du lion ; en Térité, elle se réserve le droit d'agir avec les Juifs comme bon lui semblera. — Secundum hsec... (vers. 29). Formule de conclusion. — Quod si... (vers, 30). Clause supplémentaire, par laquelle les contractants se réservent de compléter ou de modifier plus tard les conditions du traité. — Ex proposito... Le grec signifie : B'un consentement mntuel.
31-32. Les Romains annoncent à Démétrius que les Juifs sont maintenant leurs alliés, et qu'Us lui déclareront la guerre, s'il continue de les molester. Ces lignes ne font point partie du traité proprement dit. Les hébralsmes qu'elles contiennent prouvent que l'auteur de notre livre avait lui - môme condensé la lettre des Romains. Cette pièce avait été communiquée aux ambassadeurs, soit oralement, soit par écrit. — Or<ivasti jugum... Locution tout hébraïque. Cf. U Par. X, 10, 14; Is. XLvn, (i. — Faciemus... jfudicium: Autre hébraïsme ; faire rendre justice. Cf. Gen. xvin, 26; Deut. x, 25, etc. — Pugnahimus... La menace était nette , très raids même, et bien conforme au genre de Rome.
0 VII. — MoTt héroïque de Judcts Machabée. IX, 1-22.
)» Bacchidès et Alcime tentent un nouvel effort contre les Juifs. IX, 1-4.
Chap. IX. — 1. Démétrius les envoie en Judée pour venger la défaite de Nicanor. — Interea. ut audivit... n est moralement certain que ceci eut lieu avant que le roi de Syrie eût reçu de Rome la lettre qui lui Interdisait d'attaquer les Juifs (cf. vm, 31-32); autrement il n'aurait sans doute pas osé défier avec tant d'audace des adversaires si redoutables. D'ailleurs, d'après vn, 1, 43, 49, les deux ambassadeurs juifs semblent s'être mis en route pour Rome pendant le dernier mois de l'an 151 de l'ère des Séleucides, et Judas mourut au premier mois de l'année 153. Cf. IX, 3, 18. Il était absolument Impossible d'aller de Judée à Rome et d'en revenir en si peu de temps. Judas ne dut donc pas connaître le résultat de sa démarche. — Cecidit JV^teanor... Voyec vn, 43-44. — Apposuit... mittere.„ Hébraïsme. Cet acte de Démétrius 1" cadre fort bien avec son caractère, tel qu'U .nous est connu par l'histoire ; car il fut l'un des princes les plus énergiques de la dynastie des Séleucides. — Rursum. Sur le premier envoi de Bacchidès et d'Alcime en Judée, voyez vii, 8 et ss. — Dextrum cornu. Expression un peu obscure. Suivant .luelques comjientateurs, la partie de l'armée syrienne qui se trouvait alors sur la rive droite de l'Euphratei. Mieux, selon d'autres, celle qui était au sud du royaume, près do la Judée. D'après le système d'orientation en usage dans ces contréee, la droite désignait le sud.
I Mach. IX, 2-5.
2. Et abierunt viara quse ducit in Gaigala, et castra posuerunt iu Masaloth, quae est in Arbellis; et occupaverunt eara, et peremerunt animas hominum niultas.
3. In mense primo anni ceniebimi et quinquagesimi secundi applicuerunt exercitum ad Jérusalem ;
4. et sunexerunt et abierunt in Bercara riginti millia virorum, et duo raillia equitum.
5. Et Judas posuerat castra in Laisa , et tria millia viri electi cum eo.
2. Ils allèrent par la route qui mène à Galgala, et campèrent à Mazalot. qui est en Arbelles ; ils la prirent, et tuèrent un grand nombre d'hommes.
3. Au premier mois de la cent cinquante-deuxième année, ils firent approcher leur armée de Jérusalem ;
4. et vingt -deux mille hommes ee levèrent et allèrent à Bérée, avec deux mille cavaliers.
5. Or Judas avait établi son camp à Laïsa, et trois mille hommes d'élite étaient avec lui.
S-4. Ii'armée syrienne remporte quelques avantages considérables. — Fiam qiise... Galgala. Il y avait en Palestine plusieurs localités de ee nom : l'une, la plus connue, près de .Jéricho (cf. Jos. iv, 19, etc.); une autre entre Slchem et Jérusalem ( cf. Deut. XI, 30 ; IV Reg. ii, 2, 4 ) ; une troisième dans la plaine de Saron, au nord d'Antipatris,
Ruines d'Irbld.
an nord -ouest de Jérusalem (cf. Jos. xii, 23). Malbeureuseuient, il est Impossible de dire avec certitude de laquelle il est question ici. Plus probablement de la troisième, car c'est par la plaine niarltinjc qu'avalr-nt eu lieu les invasions précédentes des Syriens. Cf. m, 16, 40; iv, 29; vi, 31. Quelques critiques suppo^^ent qu'il y avait prlniltlveroent dans le texte «rOalilsea» ou «Galaad», au lieu de « Galgala ». .Simples conjoctures. La première avait été déjà faite par Jos6phe, Ant., XII, 11, 1. — Mamlolh quai... in Arbellls. Une ville et nn district, qu'on ne peut pas idcntiflcr E'in pins d'une manière certaine. On a fait dlffé- T'-ntes conjectures. Ceux qui ont lu plus haut « GalUaM > voient dans Arbelles la moderne Irbld,
située dîins cette province; ils traitent € Masaloth » comme un nom commun, slgniflant steppes, terrasses. Ceux qui ont lu « Gahiad » Identiflent Arbelles avec une autre Irbid, bâtie h l'est du Jourdain. D'autres, qui placent Galgala sur le site (le Djeldjoulieh, au sud de Slchem, cherchent Masaloth soit à Masalieh , soit à Meitalcùs, an sud de DJénln (.AU. géogr., pi. X et XII). Etc. — ifenge primo (vers. 3). Le mois de iilsan, qui coixespond à la fin de mars et au commencement d'avril. — Anni centesimi...
L'an 160 avant J.-C. Cette date est seulement postérieure de quelques semaines (six semaines environ ) à la défaite >le Nlcanor, qui avait eu lien le 13 adar de l'année 151 des SClencldes. Cf. vn, 43. — App'icuerunt... ad Jérusalem :
surprenant sans doute les Juifs, qui ne comptaient pas evolr de si tôt les Syriens; • le là leur terrible effroL Comp. les vers. 6 et ss. — S:nrrexerunt... (vere. 4) : pour uKer attaquer Judas. Comp.
le vers. 5. — Beream. Localité ^^B située près de Jérusalem, mais -^Bf on ignore en quel endroit précis. Le syriaque la nomme Blraih; Josèphe, Bethzétho.
Quelques Interprètes la confondent avec El Bîreh, l'antique Beéroth, au nord de la capitale. — Viginti viUUa... L'armée syrienne était moins nombreuse cette fols. Cf. m, 39; IV, 28; VI, 30.
2' Terreur des Juifs; efforts de Judas pour calmer ses soldats. IX, 5-10.
6-7. La petite armée Juive se débande en grande partie.— Kt Juda... € H avait dû quitter Jérusalem, alors démantelée, et où 11 n'aurait pu se défendre. » Cf. vi, 61. — Laisa. D'aprèi quelques autours, le village du même nom meotlouné par Isaïe, x, 30; mais cela est peu probable, car la localité on question paraît l'fitrs appelée Élasa (syriaque : Eisa ; quelques mano^ ortts grecs : Alasa). — Tria milUa... Le mfcno
I Mach. IX, 6-12.
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fi. Et ils virent la multitude de l'armée, qui était immense, et ils furent eaisis de fraj'eur; et beaucoup se retirèrent du camp, et il ne resta d'eux que buit cents hommes.
7. Judas vit que son armée s'était dissipée, et que la guerre le pressait; et il eut le cœur brisé, parce qu'il n'avait l'as le temps de les rassembler , et il fut découragé.
8. Et il dit à ceux qui étaient restés : Levons -nous, et marchons à nos ennemis, pour les combattre, si nous le pouvons.
9. Mais ils l'en détournaient, en disant : Nous ne le pourrons pas ; mais sauvons maintenant nos vies, et retournons à nos frères, et alors nous combattrons contre les ennemis; car nous sommes peu nombreux.
10. Et Judas dit : Dieu nous garde d'agir ainsi, et de fuir devant euxl Si notre temps est arrivé , mourons courageusement pour nos fi'ères, et ne portons pas atteinte à notre gloire.
11. L'armée ennemie sortit de son camp et se plaça devant eux, et les cavaliers furent divisés en deux corps; les frondeurs et les archers marchaient à la tête de l'armée, et au premier rang de la bataille étaient tous les vaillants.
12. Bacchidès était à l'aile droite; et les bataillons s'approchèrent des deux côtés, et ils sonnaient de la trompette.
6. Et viderunt niultitudinem exercîtus quia multi sunt, et tirauerunt valdc; et multi subtraxerunt se de castris, et non remanserunt ex eis nisi octingenti viri.
7. Et vidit Judas quod defluxit exercitus suus, et bcllum perurgebat eum; et confractus est corde, quia non habebat tempus congregandi eos, et dissolutus est.
8. Et dixit bis qui residui erant : Surgamus , et eamus ad adversarios nostros, si poterimus pugnare adversus eos.
9. Et avertebant eum, dicentes : Non poterimus ; sed liberemus animas nostras modo, et revertamur ad fratres nostros, et tune pugnabimus adversus eos; nos autem pauci sumus.
10. Etait Judas: Absit istamrem facere ut fugiamus ab eis! Et si appropia- \\t tempus nostrum, moriamurin virtute jiroptor fratres nostros, et non inferamus crimen glorise nostrae.
11. Et movit exercitus de castris, et steterunt illis obviam, et divisi sunt équités in duas partes; et fundibularii et sagittarii praeibant exercitum, et primi ccrtaminis omnes potentes.
12. Bacchidès autem erat in dextero cornu ; et proximavit legio ex duabus partibus, et clamabant tubis.
chiffre que précédemment à Adusa. Cf. vn, 40. — rimMer«nf...(vers.6). Sorte de panique, comme on n'en avait jamais vu parmi les troupes de Judas, habituées à lutter sans crainte contre des forces de beaucoup supérieures en nombre. — Et iiiulti... Douloureux résultat de cet effroi extraordinaire ; on ne compta pas moins de deux mille deux cents déserteurs. — Vidit Judas... (vers. 7). En constatant ce fait, 11 éprouva lui-même un mouvement d'angoisse bien naturel. — BeUum perurgebat... C.-à- d. qu'il lui était difdcile d'éviter le combat; d'autre part, le temps lui manquait pour rallier les fugitifs. — Confractus... , dissolutus. . . ExpressloQS très énergiques , qui marquent une espèce d'épuisement moral et de découragement.
8-10. Judas se résout néanmoins à livrer bataille, — Dtxit...: Surgamus. Voili bien le héros tel que nous le connaissons. Après ce moment d'hésitation, décidé à lutter quand même, 11 demeure Adèle h. sa tactique, qui consistait à attaquer le premier l'ennemi. Cf. ni, 18; rv, 8, 9 , 32, etc. — Avertebant eum (vers. 0). Ses soldats tâchent de le dissuader, ne pouvant partager sa confiance; Ils conseillent une retraite en l)on ordre , quitte à revenir vigoureusement sur
l'ennemi lorsqu'ils auront grossi leurs rangs (et revertamur...). — Et ait... (vers. 10). Judas ne peut accepter ce qui lui paraissait être une fuite honteuse •.Absit... ut /ugiaimis... Plutôt succomber glorieusement sur le champ de bataille, et ne pas ternir à jamais leur honneur. — Moriamur... Judas avait le pressentiment, très naturel dans cette circonstance, qu'il allait livrer sa dernière bataille.
3» Mort glorieuse du héros. TX, 11-18.
11-13. Le combat s'engage avec acharnement des deux parts. — Divisi sunt... Le narrateur dicrit très nettement l'ordre de bat&llle de« Syriens ; en avant du gros de l'armée se tenaient les frondeurs et les archers; Immédiate i:ent derrière eux, les soldats d'élite ; la cavalerie, divisée en deux corps, était massée à l'extrémité de chacune des deux ailes. — Bacchidès aulem... (vers. 12). Le général syrien s'était mis à la tête de sou aile droite. D'ordinaire, chez les anciens, avant la bataille le commandant en chef se plaçait au centre de l'armée. — Legio. Dans le grec : la phalange. Expression qui désigne ici toute l'armée syrienne. — Clamabant tubis. A la façon accoutumée. Cf. iv, 13 ; v, 33, etc. A ces sonneries, les Juifs répondirent en poussant leur «1
I Maoh. IX, 13-22.
IS. Exclamaverunt autem et hi qui erant ex parte Judœ, etiam ipsi, et commota est terra a voce exercituum, et commissum est praelium a mane usque ad veeperam.
14. Et vidit Judas quod firmior est pars e.'cercitus Bacchidis in dextris, et convenenmt cum ipso omnea constantes corde ;
15. et contrita est dextera pars ab eie, et persécutas est eos usque ad montera Azoti.
16. Et qui in sinistre cornu erant, videruDt quod contritura est destrum cornu, et secuti sunt post Judam, et eos qui cum ipso erant, a tergo.
17. Et ingravatum est prœlium ; et ceciderunt vulnerati multi ex his et ex illie.