Pessima autem et universis gravis erat malorum incursio
4. nam templum luxuria et coniessationibus gentium erat plénum, et scortantium cum meretricibus , sacratisque œdibus mulieres se ultro ingerebant, intro ferentes ea quœ non licebat.
donc avec Inl neuf compagnons. — In desertMTH.Sans doute dans le dôsertde Judée. Cf. I Mach. IV, 26-27. — Inier feras. Grec : à la manière des bêtcâ fauves. Ce détail et le suivant ont pour but de relever, en termes hyperboliques, la situation douloureuse à laquelle étaient alors réduits les Juifs fidèles. — Fœni cibo. C. -à-d., de fruits sauvages, d'herbes et de racines. — Coinquinationis : l'idolâtrie, qu'Antlochus IV avait voulu contraindre tous les Juifs de pratiquer.
3° Antlochus Épiphane entreprend d'extirper entièrement le Judaïsme. VI, 1-17.
Chap. VI. — 1-7. Conduite particulièrement cruelle d'un commissaire royal à Jérusalem. — Hon post multum... C.-à-d., peu après l'arrivée d'Apollonius dans la ville sainte, en 168-167 avant J.-C. Cf. v, 24 et ss. — Senem. Au lieu de Antiochenum , le grec dit : * AÔYjvaïov , Athénien. Cette leçon n'est pas dépourvue de vraisemblance, attendu qu'Épiphane était alors à Athènes, occupé à faire construire nn temple en l'honneur de Jupiter Olympien. Cf. Polybe, XXVI, 1, 10. Néanmoins, divers critiques préfèrent la variante de notre version latine. — Ut se transferrent... C'était une véritable apostasie qui était exigée dea Juifs, comme le montrent clairement les versets suivants. Cf. I Mach. I, 43 et ss. ; Josèphe, Ant., xii, 5, 4. — Contaminare.., templum (vers. 3). Voyez plus
bas, vers. 4-6 ( cf. I Mach. i, 67 et ss. ), quelques détails relatifs à cette odieuse profanation. — Jovis Olympii, Jupiter avait reçu ce surnom parce que le centre de son culte chez les Grecs était à Olympia, dans l'Élide. Voyez Hérodote, II, 7. — Et in Garizim. Antiochus ordonna de souiller aussi le temple des Samaritains, Voyez rv, 23» et la note. — Jovis hospitalia (grec ; ^£v;o-j). Sous cet autre nom, Jupiter étalt-honoré comme le protecteur des voyageurs et des étrangers. Cf. Homère, II., xm , 625 , et Od., i, 270; Pindare, vni, 38, etc. — Prout erant hi... C.-à-d., en conformité avec le caractère des habitants du pays. D'où il suit que les Samaritains étaient alors regardés comme très hospitaliers. Ce témoignage que leur rend un membre', de la nation qu'ils détestaient est particulière-' ment remarquable. — Pessima o«te?n... (vers. 3). Ces mots relèvent l'Intensité de la persécution religieuse en Judée. — Templum lvxuria,„\ (vers. 4), Les Syriens se permirent dans le' temple de Jérusalem toutes les orgies abominables auxquelles ils se livraient dans leurs propres sanctuaires. — .^dibus. D'après le grec, les cours extérieures du temple. — Ferentes ea quœ... Par exemple , des pourceaux, des chiens, des viandes Impures selon lalol Juive, eto. Voyez I Mach. i, 60-61; DIodore de Sicile, xxxrv , 1 . — Avec le temple , on profana aussi d'une manière spéciale l'autel des boIooanstM :
II Maoh. VI, 5-10.
6. Altare etiam plénum eiat illicitiB, quœ legibiis proliiDebantur.
6. Neque autem sabbata ciistodiebantur, neque dies solemnes patrii servabanlur, nec simpliciter Judaeum se esse quisquam confitebatur.
7. Ducebantur autera cum amara necessitate in die natalis régis ad sacrificia ; et cum Liberi sacra celebrarentur, cogebantur hedera coronati Libero circuire.
8. Decretum autem exiit iu proximas Gentilium civitates, suggerentibus Ptolemaeis, ut pari modo et ipsi adversus Jndseos agcrent, ut sacrificarent ;
9. eos autem, qui nollent transire ad instituta gentiiim, interticerent. Erat ergo videre miseriam.
10. Duae euim raulieres delatœ sunt natos suos circumcidisse, quas, infanti-
6. L'autel aussi était plein de choses illicites, qui étaient prohibées parles lois.
6. On n'observait pas les sabbats, et on ne gardait pas les fêtes solennelles du pays, et nul n'avouait simplement qu'il était Juif.
7. Ils étaient menés avec une amcre nécessité aux sacrifices, le jour de la naissance du roi; et, lorsqu'on célébrait les mystères de Bacchus, on les contraignait d'aller par les rues couronnés de TieiTe, en l'honneur de Bacchus.
8. Un édit suggéré par les Ptolémées fut publié dans les villes des Gentils les plus rapprochées, pour les presser d'agir, eux aussi, de la même manière contre les Juifs, afin qu'ils sacrifiassent,
9. et de tuer ceux qui ne voudraient point passer aux coutumes des Gentils.
On ne voyait donc que misère.
10. Car deux femmes, accusées d'avoir circoncis leurs fils, furent menées
altare etiam... (vers. 6). Cf. I Mach. i, 67 et 62. — Neque... sabbata... (vers. 6). Cf. I Mach. i, 48. Grec : Il n'ttalt pa* permis de faire le sabbat ni de célébrer des fêtes. — Xec simpHciter... Personne n'osait avouer onvertenicnt qu'il était Juif, car ce seul nom était alors regardé comme
liacclius sur bod char, c l''après un bas -relief antique.)
on crime. — Ducebantur... ( vers. 7 ). A la place des tHe^ rellgleases qne leur av.ilent léguées leurs ancf'tres (patrii), les membres du peuple de Dieu étaient obligés d'en célébrer d'antres, entièrement païennes. — In <lie natalis... An Jour anniversaire de la lalssance du roi. Le grec »Jonte : Chaque mois. Trait extraordinaire au premier aspect, mais qui a été remarquablement confirmé par les documents. « L'éplgmphle démontre qne le roi de Syrie no se contentait pas d'un annlTersairo annuel, mais qu'il prcpcrlvait un annlTersnlro incnsnel. L'usage des nnnlver- Bslreg menpuels est, en effet, ronctant pour tons les pnco(»«Rpnrs d'Alexandre. On le retrouve en Éfypte, 4 PergAme, enflo cbes les ilcrDlem suc-
cesseurs des Sélencldes, les Antlochus de Commagène. » Vigouroux, les Livres saints et la critique, p. 176 de la 2« édlt. — Liberi sacra. Les D.vonisiaques, comme on les appelait, se célébraient chaque année trè.s régulièrement, dans les pays grecs; d'ordinaire en automne, à l'époque de la vendange. Elles étalent renommées pour leur caractère bruyant et Immoral. Une procession solennelle avait lien alors (cireuire; dans le grec, T:o(i.7i£J£iv, marcher avec solennité), et ceux qni y prenaient part portaient des couronnes ou des guirlandes de lierre, la pbmte dédiée à Bacchus {hedera „.).
8-9. La perax'ution sévit contre les Juifs Jus'iue dans les villes grecques habitées pur eux. — Decretum... Décret distinct de celui qui précède. Cf. vers. 1-7. Il était adn-sso aux villes grecques (in proximas...; mlnnx vaudrait : « ad...
civitates ») qui renfermaient des colonies Juives. — Suçi/ercntibus Ptolemteis. Leçon surprenante, car les Ptolémées étant rois d'Egypte, amis des Juifs et ennemis d'Antlochns Épipbane, 11 est «iifflcile qu'Us aient fait .V ce prince une telle i-uggestlon, qui concernait Tadmlnlstratlon Intérieure de ses États. Aussi est-il probable qu'on doit mettre le singulier an lieu du pluriel, à la suite de plusieurs manuscrits grecs: Ptolémée suggérant. Dans ce cas, 11 s'aglniit de l'offlcler de ce nom mentionné ci-dcfsus (cf. iv,4ô;, qui Jouissait d'une grande autorité auprès d'Antlochns. — EoÊ autem... (vers. 9). Les récalcitrants devaient ôtre mis à mort sans merci. — Brat ergo... Résumé pathétique de la situation, et transition aux détails qui suivent.
10-11. rtenx épisodes de la pei-sécut»on. — Dclot* sunt... Supplice de deu mères oo»-
Il Mach. VI, 11-17.
publiquement par toute la ville, ayant leurs enfants pendus à leurs mamelles , puis précipitées du haut des murs.
11. D'autres, qui s'étaient assemblés dans des cavernes voisines, et qui y célébraient secrètement le jour du sabbat, furent dénoncés à Philippe, et ils furent consumés dans les flammes , parce qu'ils n'osèrent point, par religion et par obéissance , se défendre de leur propre main.
12. Je conjure ceux qui liront ce livre de ne pas se scandaliser de tant de maux, mais de considérer que ce qui est arrivé a eu lieu non pour la ruiné, mais pour le châtiment de notre nation.
13. Car ne pas laisser les pécheui-s vivre longtemps selon leurs désirs, mais employer aussitôt la correction , est une marque de grande bienveillance.
14. En effet, si le Seigneur attend avec patience à l'égard des autres nations, pour les punir dans la plénitude de leurs péchés lorsque le jour du jugement sera venu,
15. il n'agit pas de même envers nous, de manière à se venger finalement de nous lorsque nos péchés sont montés à leur comble.
16. C'est pourquoi il ne retire jamais de nous sa miséricorde; mais, châtiant son peuple par l'adversité, il ne l'abandonne pas.