Enfin, après avoir parcouru toutes
Au vers. 2, la tribu de Juda est comprise dans omMS tribus Israël. — DiaAtque rex... : il succomba bientôt à l'épreuve. — Ad Joab : et aussi aux chefs secondaires de l'armée Israélite, d'après le vers. 4 et I Par. xxi, 2. Une opération de ce genre devant comprendre tous les hommes capables de porter les armes (cf. Num. i, 3, 20, etc.), il était naturel que les généraux en fussent «diargés. — Diadique Joab. Objection proposée respectueusement, quoique en termes énergiques (vers. 3). Quantug nunc est : quelque nombreux qu'il soit déjà ; la Vulg. a légèrement paraphrasé ce passage. In conspectu... régis; c.-à-d. comme s'exprime l'hébr. : et que les yeux de monseigneur le roi le volent (que le roi vive assez longtemps pour Jouir de cet accroissement). — Sed quid... ? I Par. u , 3 , Joab ajoute , pour compléter sa pensée : Pourquoi faire pécher ainsi Israël 7 II voit donc, dans le désir du roi, un péril moral pour toute la nation, et il en redoute les conséquences. En quoi consistait ce danger de péché pour le roi et pour toute la nation ? En soi, le déuonibrement n'avait rien de mauvais ; mais le motif qui dirigeait David pouvait Être coupable. Or ce motif n'était autre que l'orgueil, la vaine satisfaction de faire parade à ses propres yeux, et en face des nations voisines, de la puissance de ses armes. Rien n'était moins théocratique qu'im tel mouvement de vaine gloire et d'ambition , puisque la g^randeur d'Israël ne consistait réellement que dans le secours de Jéhovah, son divin roi. Le peuple ayant partagé la faute de son prince, le châtiment sera universel, et Jéhovah montrera, au moyen de ravages opérés en un clin d'œil par la mort, qu'il tenait plus à la sainteté qu'à la multitude dans Israël. 4-9. OpératiODB du recensement. — David ayant persisté quand même dans sa volonté (obtinuit sermo...), le dénombrement commença aussitôt. La marche des opérations est nettement Indiquée sous le rapport géographique : ?nM eurent lieu d'abord dans la Palestin» tma-
jordanienne , du sud au nord ( vers. 5 - 6» ) , puis dans la Palestine cisjordanienne, du nord au sud (e*-?). — Aroer. IX existait deux cités de ce nom à l'est du Jourdain : l'une située dans la tribu de Gad, non loin et au sud-ouest de Rabbath-Ammon (Jos. xiii, 25; voyez la note); l'autre sur l'Arnon, aux confins des territoires d'Isrsiël et de Moab iAtl. géogr., pi. vn). C'est de cette dernière qu'il s'agit ici, d'après l'opinion la plus probable ; dans le cas contraire, la tribu de Ruben ne serait pas comprise dans le dénombrement (comp. I Par. xxvii, 16, où elle est mentionnée en termes exprès comme y ayant eu part) ; de plus, c'est elle qui est désignée par les mots ad dexteram (c.-à-d. au sud) urbu qua.,., ville plusieurs fois associée à l' Aroër de Ruben (cf. Deut. n, 36; Jos. xiii, 9, 16). Les mots in valle Gad, qui semblent favoriser le premier sentiment, peuvent être, et avec avantage, séparés l'un de l'autre, comme 11 suit : Ils vinrent à Aroër..., qui est dans la vallée (de l'Arnon), à Gad, et à Jazer. Sur Jazer, voyez Num. xxi, 32, et le commentaire; xxxn, 35; Jos. xin, 25; XXI, 39 ; aujourd'hui, Es-Sir, au nord d'Hesbon. — Galaad : le riche et montagneux district que le Jaboc partage en parties égales (.AU. géogr., \)\. vn). — Terram... Bodsi. Contrée tout à fait inconnue, située, d'après le contexte, au nord de Galaad. De nombreux critiques croient à une corruption du texte. Selon quelques-uns : la terre des Héthéens. — Dan nlvestria. Hébr.: Dân-Ta'ân. Les LXX et la Vulg. ont lu : Dân- Yâ'ar, Dan de la forêt. Est-ce une ville distincte de Dan-Laïs (vers. 2), si fréquemment signalée, et devenue proverbiale en Israël ? Divers commentateurs l'ont pensé , et nous le croyons avec eux. Voyez la note de (îen. xiv, 14; Dent. XXXIV, 1. — Circumeuntesque. Excellente glose de la Vulgate ; les commissaires passent maintenant du N.-E. au N.-O., pour dénombrer Its habitants des provinces cisjordaniennes. — Juxta Sidonem..., prope mcenia (hébr. : la fortereuit)
II Req. XXIV, 9-14.
les terres d'Israt^l, ils rentrèrent à Jérusalem après neuf mois et vingt jours.
9. Joab donna au roi le chiffre du dénombrement du peuple, et il se trouva en Israël huit cent mille hommes vaillants et propres à faire la guerre, et cinq cent mille dans Juda.
10. Après ce dénombrement du peuple, David sentit battre son cœur; et il dit ,iu Seigneur : J'ai commis un grand péché dans cette action ; mais je vous prie, Seigneur, de détourner l'iniquité de votre serviteur; car j'ai fait une très grande folie.
11. Le lendemain matin, lorsque David se fut levé, le Seigneur adressa sa parole à Gad , prophète et voyant de David , et lui dit :
12. Allez dire à David : Voici ce que dit le Seigneur : Je vous donne le choix entre irox?, fléaux ; choisissez celui dont vous voudrez que je vous frappe.
13. Gad vint donc auprès de David et lui dit : Ou votre pays sera affligé de la famine pendant sept ans ; ou vous fuirez durant trois mois devant vos ennemis qui vous poursuivront ; ou la peste sera dans vos Etats pendant trois jours. Délibérez donc maintenant, et voyez ce que vous voulez que je réponde à celui qui m'a envoyé.
14. David répondit à Gad : Je suis dans une grande angoisse ; mais il vaut mieux que je tombe entre les mains du Sei-
runt post novem menses et viginti dies. in Jérusalem.
9. Dédit ergo Joab numenim despcritionis populi régi, et inventa sunt de Israël octingenta millia virorum fortium qui educerent gladium , et de Juda quingenta millia pugnatorum.
10. Percussit autem cor David eum, postquam numeratus est populus ; et dixit David ad Dominum : Peccavi valde in hoc facto; sed precor, Domine, ut transferas iniquitatem servi tui , quia stulte egi nimis.
11. Surrexit itaque David mane, et eermo Domini factus est ad Gad, prophetam et videntem David , dicens :
12. Vade , et loquere ad David : Hfec dicit Dominus : Trium tibi datur optio ; elige unum quod volueris ex his ut faciam tibi.
13. Cumque venisset Gad ad David, nuntiavit ei dicens : Aut septem annis veniet tibi famés in terra tua, aut tribus mensibus fugies adversarios tuos et illi te persequentur, aut certe tribus diebus erit pestilentia in terra tua. Nunc ergo délibéra, et vide quem respondeam ei qui me misit sermonem.
14 Dixit autem David ad Gad :
Coarctor nimis ; sed melius est ut incidam in manus Domini (multae enim
Tyri. Ces célèbres cités étalent demeurées phéniciennes, et Joab n'y dut pas pénétrer, comme l'expriment les nuances du texte et surtout de la traduction latine. — Terram (hébr. : les Villes) Bevcei. Le nord de la Palestine avait servi autrefois de séjour principal aux Hévéens (cf. Jos. XI, 3 ; Jud. ni, 3; Atl. géogr., pi. m, 'cartouche à gauche, v et vu); ils n'avaient pas tous disparu dans les guerres de la conquête, et les survivants étaient devenus tributaires d'Israël. Chanan<ei représente toutes les autres races «borigènes. — Bersabee, à l'extrême sud -ouest, vit s'achever les opérations, commencées à l'extrême sud-est (note du vers. 6) près de dix mois auparavant (post novem...'). — Résultat du recensement (vers. 9) : de Israël octingenta mil- Ua..., de Juda quingenta millia. Divergence notable au passage parallèle, I Par. xxi, 5 : 1 100 000 hommes pour Israël, 470 000 pour Juda. Voyez le commentaire. Ces chiffres supposent une grande densité de population dans la Palestine de David (de 5 à 6 millions d'habitants); mais ils sont en parfaite harmonie avec la fertilité extraordinaire dont jouissait alors la contrée , et avec la multitude de ruines qu'on rencontre partout,
10. David comprend sa faute et la regrette. — Percussit cor... Sa conscience était demeurée longtemps endormie, comme pour son péché précédent, xn, 1 et ss. Du moins sa confession fut sincère, quoique tardive : Peccavi valde... — Stulte egi. Les anciens Hébreux regardaient à bon droit le péché comme une folle morale. Cf. I Rcg. xin, 13, etc.
2" La peste envoyée par Dieu pour châtier David et Israël. XXIV, 11-17.
11-14. Le Seigneur offre h David le choix de la punition. — Surrexit... mane : le lendemain du Jour où le roi avait reconnu sa faute. — Le prophète Gad n'avait point paru sur la scène depuis l'époque lointaine où David fuyait la persécution de Satil, I Reg. xxii, 5. Sur le titre Videntem ( hébr. : hôzeh ) , voyez I Reg. ix , 9, et l'explication. — Datur optio. Acte de grande condescendance de la part du Seigneur. La fa mine, la guerre, la peste : trois des fléaux divins les plus terribles : cf. Ez. xiv, 21. — Septem annis. Les LXX et I Par. xxi, 12, ont « trois ans » ; variante importante, favorisée par l'analogie du contexte ( trois mois, trois jours : un chiffre identique pour chaque fléau). — Melius est... Parole tout ensemble de fol très vive et de
TT Reo. XXIV, 15-2L
misericordîae ejus sunt), quam in manus hominum.
15. Immisitque Dominus pestilentiam in Israël de mane usque ad tempus constitutum, et mortui sunt ex populo, a Dan usque ad Bersabee, septuaginta millia virorum.
16. Cumque extendisset manum suam angélus Domini super Jérusalem ut disperderet eam, misertus est Dominus super afiSictione, et ait angelo percutienti populum ; Sufficit ; nunc contine manum tuam. Erat autem angélus Domini juxta aream Areuna Jebussei.
17. Dixitque David ad Dominum cum vidisset angelum caedentem populum :
Ego sum qui peccavi, ego inique egi; isti, qui oves sunt, quid fecerunt? Vertatur, obsecro, manus tua contra me et contra domum patris mei.
18. Venit autem Gad ad David in die illa, et dixit ei : Ascende, et constitue altare Domino in area Areuna Jebussei.
19. Et ascendit David juxta sermonem Gad, quem prseceperat ei Dominus.
20. Conspiciensque Areuna animadvertit regem et serves ejus transire ad se;
21. et egressus adoravit regem prono vultu in terram, et ait ; Qtiid causse est ut veniat dominus meus rôx ad seriram Buum? Gui David ait : Ut emam a te aream, et aedificem altare Domino, et
gneur, puisqu'il est plein de miséricorde, que dans les mains des hommes.
15. Le Seigneur envoya donc la peste dans Israël, depuis le matin de ce jour-là jusqu'au temps arrêté ; et depuis Dan jusqu'à Bersabee, il mourut du peuple soixante-dix mille personnes.
16. Et comme l'ange du Seigneur étendait déjà sa main sur Jérusalem pour la ravager , Dieu eut compassion de tant de maux, et il dit à l'ange exterminateur : C'est assez; retenez votre main.
L'ange du Seigneur était alors près de l'aire d' Areuna le Jébuséen.
17. Et David, voyant l'ange qui frappait le peuple, dit au Seigneur : C'est moi qui ai péché, c'est moi qui suis le coupable ; ceux-ci, qui ne sont que des brebis, qu'ont-ils fait? Que votre main, je vous prie, se tourne contre moi et contre la maison de mon père.
18. Alors Gad vint dire à David : Montez, et dressez un autel au Seigneur dans l'aire d' Areuna le Jébuséen.
19. David monta suivant l'ordre que Gad lui donnait de la part de Dieu;
20. Areuna, levant les yeux, aperçut le roi et ses officiers qui venaient à lui.
21. Il sortit donc, et se prosterna devant le roi la face contre terre ; et il lui dit : Pourquoi mon Seigneur le roi vient-il trouver son serviteur? David lui répondit :
C'est pour acheter votre aire, et y dresser
parfaite résignation. Dans la peste, David et Israël ne dépendaient pas des hommes, comme dans la guerre (les cmels vainqueurs) ou dans la famine (les marchands et les usuriers sans pitié), mais de Dieu seul et de sa volonté, car la science médicale d'alors était absolument impuissante à guérir ce mal.
lS-17. La peste. — Ad tempus constilvUum. Kon pas Jusqu'à la fin des trois Jours marqués plus haut (vers. 13), car Dieu daigna abréger gracieusement la durée du châtiment (vers. 18-17); mais Jusqu'au moment déterminé dans le plan divin. Plusieurs interprètes anciens et modernes traduisent : Jusqu'au temps de l'assemblée ; ce qui désignerait le sacriflce du soir, qu'on Immolait vers trois heures de l'après-midi (voyez Ex. XXIX, 38-42). Telle est l'opinion de saint Jérôme et du Targum. — Septuaginta milHa. Chiffre énorme, surtout pour un temps si court. — ilrigHus Domini : l'ange spécial qui, dans cette circonstance, servait de ministre et d'instrument aux vengeances du ciel. Cf. Ex. xn, 23 ; IV Reg. XIX, 35, etc. — iliserlut est. Dans l'hébr. : se repentit. AnthiopomorpUisme hardi, qui ne marque en Dieu ni changement ni regret ; Jéhovaii est censé se repentir quand il retire ou abroge
mlsérlcordleusement les punitions lancées par sa justice. Cf. Gren. vi, 6 ; Ex. xxxn, 14, etc. — Jiixta aream... Cette aire était située (cf. U Par. m, 1) sur le mont Moriah, autrefois témoin, d'après la tradition Juive, du sacriflce héroïque d'Abraham. Voyez la note de Gen. xxn, 2 et ss., et l'Atlas géogr., pi. xrv et xv. C'est là que bientôt le temple sera bâti. — Areuna est un nom étranger, orthographié très différemment par le texte et les versions. Celui qui le portait était un des anciens habitants de la cltadeUe de Slon, conquise par David {Jehuaai ; cf. v, 6 et ss.). — David.- cum vidisset. I Par. xxi, 18, le récit est un peu plus développé. — Ego su7n..., ego... : pronoms pleins d'emphase. David se montre admirable de générosité. — Isti qui oves... Métaphore qui exprime très bien l'innocence. Cf. Pg. Lxxni, 1.
J» Dieu se laisse apaiser; David lui érige un autel sur l'aire d'Areuna. XXIV, 18-25.
18. Le conseil de Gad. — Venit Gad : snr l'ordre de l'ange, d'après I Par. xxi, 18. Ce fut la réponse de Dieu à la prière du roi.
19-24. D-.:J achète l'aire d'Areuna. — Kl aaeeniHt... La scène est racontée en termes pittoresques. — Plauatrum (vers. 32). L'hébr.
II Reo. XXIV, 22-25.
un autel au Seigneur, afin qu'il fasse cesser cette peste qui tue tant de peuple.
22. Areuna dit à David : Le roi mon seigneur peut prendre tout ce qu'il lui plaira pour l'offrir à Dieu. Voilà les bœuf a pour l'holocauste, le char et les jougs serviront de bois.
23. Le roi Areuna donna tout au roi, et il ajouta : Que le Seigneur votre Dieu agi'ée votre' vœu.
24. Le roi lui répondit : Je ne puis recevoir ce que vous m'offrez, mais je l'achèterai de vous, et je n'offiirai point des holocaustes gratuits au Seigneur mon Dieu. David acheta donc l'aire et les bœufs pour cinquante- sicles d'argent.
25. Et il dressa là au Seigneur un autel sur lequel il offrit des holocaustes et des hosties pacifiques. Alors le Seigneur fut réconcilié avec le pays, et la plaie se retira d'Israël.
cesBet interfectio quœ grassatur in populo.
22. Et ait Areuna ad David : Accipiat, et offerat dominus mens rex sicut placet ei. Habes boves in holocaustum, et plaustrum et juga boum in usum lignorum.
23. Omnia dédit Areuna rex régi ; dixitque Areuna ad regem : Dominus Deus tuus s\iscipiat votum tuum.
24. Gui respondens rex ait : Nequaquam ut vis; sed emam pretio a te, et non offeram Domino Deo meo holocausta gratuita. Emit ergo David aream et boves argenti siclis quinquaginta.
25. Et «dificavit ibi David altare Domino, et obtulit holocausta et pacifica.
Et propitiatus est Dominus terrae, et cohibita est plaga ab Israël.
emploie le pluriel : les traîneaux à triturer. Voyez la note de xii, 31. — Juga boum : des Jougs identiques à ceux dont on se sert encore
Juug usité dauB la â;i'ie moderne.
en Syrie (Atl. arch., pi. xxxin, flg. 3 ; xxxrv, flg. 1). — Omnia dédit... (vers. 23). Dans l'hébr., cette demi-ligne forme la continuation du langage d'Areuna : ff Tout cela, Areuna, 6 roi, le donne au roi. » En s'appuyanc sur la traduction ils la Vulg., on a parfois étrangement supi^osé
qu'Areuna était l'ancien roi des Jébuséens (voyez Calmet, h. l.). — Susdpiat votum... L'hébreu a plus brièvement : te soit favorable. — Emam pretio. Il ne pouvait convenir à David de recevoir gratuitement de l'un de ses sujets la matière du sacrifice qu'il se proposait d'offrir. — Siclis qvinquaginta : environ 141 fr. 50. 1 Par. xxi, '-'S, nous trouvons cette autre variante extraordinaire : David donna six cents sicles d'or (24 100 fr.). Mais, dans cet autre passage , le narrateur fait observer que ce prix fut donné « pour le lieu », c.-à-d. pour tout ce qui devint ensuite l'emplacement du temple ; ici, David paye seulement l'aire et les bœufs. On peut , au reste , recourir à riiypothèse d'une corruption du texte dans l'un oxi l'autre endroit.
25. Érection de l'autel. — Holocausta et pacifica. Sur ces deux sortes de sacrifices, voyez Lev. irin, et le commentaire. — Et propitiatus est... Heureuse conclusion de l'épisode, et du livre entier.