CHAPITRE X
1. Sed et regina Saba, audita fama Salomonis in nomine Domini, venit tentare eum in senigmatibus.
2. Et ingressa Jérusalem multo cum comitatu et divitiis, camelis portantibus aromata, et aurum infini tum nimis, et gemmas pretiosas, venit ad regem Salomonem , et locuta est ei universa quse habebat in corde suo.
3. Et docuit eam Salomon omnia verba quse proposuerat; non fuit sermo qui regem posset latere, et non responderet
1. La reine de Saba, ayant appris la réputation que Salomon s'était acquise par tout ce qu'il faisait au nom du Seigneur, vint pour l'éprouver par des énigmes.
2. Et étant entrée dans Jérusalem avec une grande suite et de riches présents, avec des chameaux qui portaient des aromates, et une quantité infinie d'or et de pierres précieuses, elle se présenta devant le roi Salomon, et lui découvrit tout ce qu'elle avait dans son cœur.
3. Et Salomon l'instruisit sur toutes les choses qu'elle lui avait proposées ; et il n'y en eut aucune que le roi ignorât , et sur laquelle il ne lui pût répondre.
Hiram,... H prête maintenant ses marins à Salomon, comme autrefois ses ouvriers. Les Phéniciens étaient les navigateurs les plus habiles et les plus hardis des temps anciens ; ils possédaient des établissements maritimes non seulement sur la Méditerranée, mais jusque sur le golfe Persique. Cf. Strabon,xvi, 3. — In Ophir. « La controverse relative à la situation d'Ophlr ne sera probablement jamais tranchée. On a tour à tour placé cette contrée en Arabie, dans l'Inde, dans la presqu'île de Birmanie, à Ceylan, sur la côte orientale de l'Afrique, en Arménie, en Phrygie, en Ibérie, et jusque dans l'Amérique du sud.» Mais aujourd'hui on ne discute guère d'une manière sérieuse que sur les chances respectives de l'Arabie et des Indes. Nous trouvons des critiques émlnents parmi les partisans de chacune de ces deux opinions. Voyez Vigoureux, Bible et découv., t. m, p. 528 et ss. Nous pencherions davantage du côté du sentimeni favorable & l'Arable, non seulement parce que c'était une centrée riche en or et en aromates (cf. Ps. lxxi, 16 ; Is. LX, 6, etc.), mais surtout parce que la Table des peuples (6en. x, 29) cite Ophir parmi ^es fils de Jectan , qui étalent domiciliés dans la portion la plus méridionale de l'Arabie. Nous placerions donc Ophir dans l'Témen. Voyez VAtl. géogr., pi. i, m. — Quadringentorum.. . : au delà de 66 000 000 de franca (note du vers. 14).
§ n. — La gloire et Us richesses de Salomon. X, 1-29.
10 La reine de Saba vient visiter Salomon. X, 1-13.
Chap. X. — 1-3. La reine fait son entrée à Jérusalem et propose à Salomon toute sorte de problèmes. — Saba. Hébr. : S'ba'. Nom porté dans la Table des peuples soit par un petit-fils de Chus (Gen. x, 7), ce qui désignerait l'Ethiopie, soit par un fils de Jectan (Gi-en. x, 28), ce ^ul nous conduit dans l'Arabie heureuse (voyez la note de rx, 28) ; et, de fait, ces deux contrées revendiquent comme leur reine l'héroïne de ce récit ; mais les traditions arabes présentent beaucoup plus de garanties, et le texte, par la mention des aromates, favorise également l'Yémen. — Fama... in nomine Domini. Expression un peu obscure ; probablement, la renommée de Salomon sous le rapport religieux. — Tentare : le mettre à l'épreuve. Le procédé choisi (in senigmatibus) était tout oriental. Voyez Jud. xm, 12, et le commentaire. La brillante et nombreuse suite de la reine , et ses riches présents, n'étaient pas moins dans le genre de l'Orient. Cfemmas : les pierres précieuses de l'Arabie jouissaient d'une grande réputation. — Universa qiue... in corde : tout ce qu'elle s'était proposé de lui dire tore» qu'elle avait entrepria son long voyai^ei
m Req. X, 4-12.
4. Or la reine de Saba, voyant toute la sagesse de Salomon, la maison qu'il avait bâtie,
5. les mets de sa table, la demeure de ses officiers , le bel ordre avec lequel ils le servaient, la magnificence de leurs vêtements, ses échansons et les holocaustes qu'il offrait dans la maison du Seigneur, était tout hors d'elle-même ;
6. et elle dit au roi : C'était bien vrai , ce qu'on m'avait rapporté dans mon royaume
7. sur vos paroles et votre sagesse; et je ne croyais pas néanmoins ce qu'on m'en disait, jusqu'à ce que je fusse venue moi-même, et que je l'eusse vu de mes propres yeux; et j'ai reconnu qu'on ne m'en avait pas dit la moitié. Votre sagesse et vos oeuvres dépassent tout ce que la renommée m'en avait appris.
8. Heui'eux vos gens, heureux vos serviteurs, qui jouissent toujours de votre présence, et qui entendent votre sagesse !
9. Béni soit le Seigneur votre Dieu, qui s'est complu en vous, et qui vous a fait asseoir sur le trône d'Israël, parce qu'il a aimé Israël pour jamais, et qu'il vous a établi roi pour régner avec équité et justice.
10. Elle donna ensuite au roi cent vingt talents d'or, une quantité infinie de parfums et de pierres précieuses. On n'a jamais apporté depuis à Jérusalem tant de parfums que la reine de Saba en donna au roi Salomon.
11. La flotte d'Hiram, qui apportait l'or d'Ophir, apporta aussi une gi'ande quantité de bois très rares, et des pierres précieuses.
12. Et le roi fit faire de ces bois rares les balustrades de la maison du Seigneur et de la maison du roi, des har-
4. Videns autem regina Saba omnem sapientiam Salomonis, et domum quam sedificaverat,
5. et cibos mensae ejus, et habitacula servorum, et ordines ministrantium vestesque eorum , et pincernas, et holocausta quae offerebat in domo Domini, non habebat ultra spiritum;
6. dixitque ad regem : Verus est sermc quem audivi in terra mea
7. super sermonibus tuis et super sapientia tua ; et non credebam narrantibus mihi , donec ipsa veni , et vidi oculis meis, et probavi quod média pars mihi nuntiata non fuerit. Major est sapientia et opéra tua quam rumor quem audivi.
8. Beati viri tui , et beati servi tui , qui stant coram te semper et audiunt sapientiam tuam !
9. Sit Dominus Deus tuus benedictus, cui complacuisti , et posuit te super thronum Israël eo quod dilexerit Dominus Israël in s'empiternum , et constituit te regem ut judicium faceres et justitiaml
10. Dédit ergo régi centum viginti talenta auri, et aromata multa nimis et gemmas pi'etiosas. Non sunt allata ultra aromata tara multa, quam ea quse dédit regina Saba régi Salomoni.
11. Sed et classis Hiram, quse portabat aurum de Ophir, attulit ex Ophir ligna thyina multa nimis, et gemmas pretiosas.
12. Fecitque rex de lignis thyinis fulcra domus Domini et domus regise, et citharas lyrasque cantoribus. Non sunt
4-9. Admiration de la reine. — Aux vers. 4-3 , l'objet de cette légitime admiration (.domum, le palais du roi, d'après le contexte ; cibos mensce..., . 8a table si somptueuse , cf. iv, 22 - 23 ). — Non habebat ultra... Locution énergique ; la reine était comme ravie, hors d'elle-même. — Vers. 6-9, petit discours par lequel la royale visiteuse exprime ion admiration. Non seulement elle n'a pas été déçue dans son attente (verus est sermo..,), mais la réalité a surpassé tout ce qu'elle avait entendu dire ( probavi... ) ; magnifique éloge. — Sit Dominus... (vers. 9). Ces paroles ne démontrent nullement que la reine de Saba se soit convertie au vrai Dieu ; Jéhovah est simplement envisagé ici comme la divinité nationale des Hébreux, à la manière païenne.