Il l'entoura d'une haie, il en ôta les
pensée que plus haut , ii , 2 et es. : Jénisaletu , berceau de la régénération des peuples.— Si aUuerit..., laverit... (vers. 4). Une double métaphore, pour décrire le mode de cette sanctlflcation : à un état de profonde souillure, représenté en abrégé sous les traits de la luxure (sordes...) et de l'homicide (.aavguinem...). Dieu fera succéder une grande Innocence. — In spiritu... : le vent violent de la colore divine, qui purifie tout en châtiant. — Et creabit... C'est le second effet (vers. 6-8) : protection merveilleuse, qui rappellera ce que le Seigneur avait fait pour les anciens Hébreux, au temps de la sortie d'Egypte. Les habitants de la nouvelle Sion vivront désormais tranquilles « sous l'égide de Jéhovah ». — ^mbem». splendorem. Cf. Ex. xra, 21 et ss. ; Num. XES, 14, etc. Ce sont loi des symboles de la protection céleste. — Protectio. Hébr. : un dais. Image très expressive. « La gloire dont le Messie fait part à Sion ( vers. 2 ) est mise à l'abri de tout danger : Dieu couvre comme d'un dais toute l'assemblée des élus ; dans sa communion, lia n'ont plus aucun péril à redouter. » — Et tabernaculum... Une tente pour garantir la Sion mystique contre les rayons brûlants dn soleil. Autre gracieux emblème. — Dieu préservera ses amis non seulement de grandes calamités, mais même des ennuis plus légers (a hirbine et a pluvia), de sorte que le bonheur sera parfait. La Jérusalem de la fin des temps géra comme tin rétablissement du paradis terrestre.
J III. — La vigne infidèle de Jéhovah. V, 1-30.
Dans ce chapitre, tout est menaçant et terrible, car Israël est mûr pour le jugement. Nous ne trouvons pas ici un seul mot de consolation. Le discours est d'une grande beauté.
1» La parabole de la Vigne. V, l-T.
Chap. V. — 1-2. Le cantique. — Cantabo... vineae sux. Gracieux petit prélude ( vers. 1* ), qui est, quant au sens et quant au rythme, admirablement mélodieux dans le texte primitif ; mais U est aussi un peu mystérieux, et à dessein, le poète sacré votilant par là attirer davantage l'attention. — Dilecto meo. Plutôt : au nom de mon bien -aimé. Le bien -aimé d'Isaïe n'est autre que Jéhovah. — Canticum patruelis mei. Hébr. : le cantique de mon bien - aimé. — Vinese aurn. Hébr. : au sujet de sa vigne. Comparaison familière aux écrivains de l'Ancien Testament pour désigner Israël. Cf. m, 14; xxvii, 2 et ss. ; Ps. lxxix, 2 et 88.; Jer. ii, 21; v, 10. Notre -Seigneur Jésus- Christ l'a employée lui-même à différentes reprises, et surtout dans une parabole qui rappelle d'une manière frappante ce passage d'Isaïe. Cf. Matth. XXI, 83 -S4, eto. — Vinea facta est... Ici commence le cantique, qui ne comprend d'ailleurs que quelques lignes (yers. l*-2). — In cornu. Expression figurée, qui représente une colline dégagée de tous côtés, parfaitement accessible à l'air et au soleil. Le mot de Virgile, Georg., II, 113, est bien connu : « Apertos Bacchus (c.-à-d. la vigne) amat colles. » — Filio olei. Autre hébraïsme : un terrain gras et fertile. — SepiiHt eam : au moyen d'une haie protectrice, ou d'un mur. Comp. le vers. 5. La loi, avec ses préceptes nombreux, « faisait la haie » autour d'Israël pour le défendre, ainsi que d). saient les rabbins. « La géographie physique de la Palestine, avec son désert, la mer, le Librn cl le Jourdain , contribuait pour sa part ù isoler » l:i nation sainte parmi les peuples païens. A' oj-ea \'.\ll. géogr., pi. n, ■«i.'vm. Le verbe héLreu signifie peut-être : labourer au moyen du hoyau <.Atl. archM., pi. xxxn, fig. 1, 3, 7); Il déslçtue.
Gomment.
Is. V, 3-5.
illa, et planfavlt eam electam, et sedifi- «avit turrim in medio ejus, et toicular extnixit in ea ; et expectavit ut faceret uvas, et fecit labruscas.
3. Nunc ergo , habitatores Jérusalem , efc viri Juda, judicate inter me et vineara meam.
4. Quid est quod debui ultra t'acere vineœ meae, et non feci ei? An quod expectavi ut faceret uvas, et fecit labruscas ?
5. Et nunc ostendam vobis quid ego faciam vinese meae. Auferam sepem ejus,
pierres, et y mit un [ilant excellent; ïî bâtit une tour au milieu, et il y construisit un ])ressoir; et il attendit qu'elle produisît de bons raisins, et elle en a produit de sauvages.
3. Maintenant donc, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne.
4. Qu'ai- je dû faire de plus à ma vigne que je n'aie point fait? Ai -je eu tort d'attendre qu'elle portât de bons raisins, tandis qu'elle en a produit de sauvages ?
5. Et maintenant je vous montrerai ce que je vais faire à ma vigne. J'en
ralt alors l'action de miner le sol, qui précède naturellement toutes les antres lorsqu'on veut planter une vigne. — Lapides elegit. Hébr. : 11 a enlevô. Ce^ pierres, qui rendaient le sol stérile, symbo- Ifecnt les races chananéennes , antérieurement
une cuve. Il s'agit donc, d'après l'antique coutume orientale, d'une cuve taillée dans le roc, au-dessous de celle où l'on pressurait le raisin (AU. archéol. , pi. xxxvi , flg, 8). — Et expectavU...Tous ces préparatifs achevés, le maître attend
'Ci
Haie de ractua. (Dessin pris en Orient.)
installées sur le territoire de la Palestine (Atl. giogr., pi. m, v). — Plantavlt... electam. Littéral, dans l'hébreu : Il la planta ioreq. Ce mot, que l'on retrouve dans Jérémle, n, 21, et, sous une forme légèrement modiflée, Gen. xlix, 11, et Is. XVI, 8, désigne, d'après l'étymologle , la couleur rouge bleuâtre du raisin. Le soreg devait être un plant de choix. — JEdificavit turrim : une tour pour abriter les gardiens de la vigne sainte , et pas seulement une cabane de feuillage, v'f. I. 8 ; Matth. xxi, 33, et Y Atl. arch., pi. xxxvi, Hg. 4 ui a. — Torcular extruxit. Hébr.: il creusa
en paix, comptant sur d'abondantes récoltes. Mais la vigne trompa complètement ses espérances : fecit labruscas , elle ne produisit que les petits fruits, âpres et acerbes, des ceps sauvages. Le cantique se termine sur cette triste pensée.
3-7. Application du symbole à l'ingrat Israël. — Nunc ergo , haMtatores... Transition et apostrophe solennelles. Les coupables sont eux-mêmes constitués Juges et arbitres par Jéhovah : judicate inter me... — Le divin vigneron se Jrstlfie eu peu de mots (vers. 4) : Qitfd est quod... Même à lui, il eût été ditticile de faire davantage pour
Is. V, 6-9.
arracherai la haie, et elle sera exposée au pillage ; je détruirai son mur, et elle sera foulée aux pieds.
6. Je l;i rendrai déserte ; elle ne sera ni taillée ui labourée; les ronces et les épines y grandiront, et je commanderai aux nuées^ de ne plus pleuvoir sur elle.
7. La vigne du Seigneur des armées c'est la maisoa d'Israël, et les hommes de Juda sont le plant auquel il prenait Bes délices ; et j'ai attendu qu'ils pratiquassent la droiture, et je ne vois qu'iniquité ; et qu'ils portassent des fruits de justice, et je n'entends que des cris de détresse.
8. Malheur à vous qui joignez maison à maison, et qui ajoutez terres à terres, jusqu'à ce que l'espace vous manque!
Serez -vous donc les seuls à habiter sur la terre?
9. J'ai appris ce que vous faites, dit le Seigneur des armées ; certainement ces maisons nombreuses, grandes et belles, seront désertes, sans habitant.
et erit in diroptionem ; dîruam tuaceriam ejus, et erit in conculcationem.
6.,*Et pouam eam desertam; non putabitur et non fodietur ; et ascendeut vêpres et spinfe, et nubibus mandabo ne pluant super eam inibrem.
7. Vinea enira Domini exercituum domus Israël est, et vir Juda germen ejus delectabile ; et expectavi ut faceret judicium, et ecce iniquitas; et justiliam, et ecce clamor.
8. Vae qui conjungitis domum ad domum , et agrum agro copulatis usque ad terminum loci ! Numquid habitabitis vos soli in medio ten-se ?
9. In auribus meis sunt hîec, dicit Dominus exercituum ; nisi domus multae desertse fuerint, grandes et pulchrae ,' absque habitatore.
sa vigne. — An quod expectavi...? C.-à-d. : me serais -Je donc tromi>é en supposant... ? Hébr. : Pourquoi ai-]e attendu..., et a- t-elle produit...? L'indignation du Seignevir commence à se faire sentir dans son langage, — Et nunc... Les Israélites Interpellés n'osent répondre, car ils seraient obligés de prononcer leur propre sentence. Jéhovah, dans une série de phrases courtes, précipitées, haletantes, annonce ses prochaines vengeances. — Aujeram aepem. Haie de plantes épineuses ( nopal , cactus , etc. ). — Maceriam : mnr de pierres sèches, construit derrière la haie. — In direxitionem , conculcationem. Les mains des maraudeurs et les pieds des bêtes fauves sont l'image des païens et des mauvais traitements qu'ils viendront infliger à Israël. Comp. les vers. 26 et ss. — Desertam... (vers. 6). D'après l'hébreu : désolation. — Non putabilur..., fodietur. Deux opérations sans lesquelles la meilleure vigne ne tarde point à devenir stérile. — Ascendent vêpres... « Aucune contrée du monde ne produit une aussi grande variété et une aussi grande abondance de plantes épineuses que la Palestine dans sa désolation présente. » — Nubibus mandabo... La sécheresse achèvera la ruine. Ce détail montre clairement quel est l'ami au nom duquel laaïe a pris la parole : c'est Dieu lui-même, le maître du ciel et de la terre. — Vinea enim... (vers. 7). C!es mots lèvent de plus en plus le voile de l'allégorie. — Germen... dele- Uclabile : la plante dans laquelle le Seigneur avait mis ses délices. — Et expectavi... Douloureii.K écho de la dernière ligne du cantique ( vers. 2« ;. — Judicium : l'accomplissement des lots théocratlques. Iniquitas : d'après l'hébreu , l'eflusion du sang, l'homicide. Clamor : les cris de détresse des opprimés. Dans le texte primitif, une double paronomase accentue encore la peu-
sée : miSpat (la justice), miipah (le sang versé) ; s'dâqah (la Justice), f'âqah (les cris). Ainsi se termine cette première partie du discours, qui sert d'introduction aux deux autre.^.
2» Les six malédictions. V, 8 - 23.
Chacune d'elles est introduite par un F» menaçant (comp. les vers. 8, 11, 18, 20, 21, 22). Elles caractérisent en détail, et au propre, les mauvais fruits que produisait la vigne mystique de Jéhovah.
8-10. Première malédiction, dirigée contre l'amour immodéré des richesses. Vers. 8, la faute ; vers. 9-10, le châtiment. — Q^i consurgliis... Ces hommes Insatiables ne pensaient qu'à arrondir leurs domaines, qu'à tout accaparer autour d'eux. — Usque ad terminum... Plus fortement encore dans l'hébreu : Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place ( pour les autres ). — Numquid habitabitis...'? L'hébreu rattache ces mots à la phrase précédente : Et (Jusqu'à ce que) vous habitiez seuls au milieu du pays. Même plainte dans la prophétie de Mlchée, ii, 1-5 (cf. Job, xx, 19 et ss.). Cette conduite était d'autant plus répréhensible, que la loi du Sinaï avait très formellement insisté sur la répartition à peu près égale des biens -fonds, et qu'elle avait établi des mesures, entre autres celle de l'année jubilaire, pour que les propriétés aliénées revinssent à leurs premiers maîtres. Cf. Lev. xxv, S -17; Nuni. xxvu, 1-11 ; Ez. XLVI, 16 et 8S., etc. — In auribus... hase. Variante dans l'hébreu ; littéralement : A mes oreilles le Seigneur des armées. Formule elliptique , qu'il est aisé de compléter : Voici ce que Jéhovah m'a révélé. Cf. xxii, 12. — Nisi... Autre formule abrégée, pour : « Vivo ego, nisi... » Dieu Jure solennellement qu'il va punir; et 11 punira en faisant le vide dans ce* maisons et sur ces terrains mal acquis : domus„. desertse... —
Is. V, 10-18.
10. Decem enim jugera vinearum facient lagunculam unam, et triginta modii ssmentis facient modios très.
11. Vse qui cousurgitis naane ad ebrietatem sectandam, et potandum usquead vesperam , ut vino aestuetis !
12. Cithara, et lyra, et tympanum, et tibia , et vinum in conviviis vestris ; et opus Domini non lespicitis, nec opéra manuum ejus consideratis.
13. Propterea captivas ductus est populus meus , quia non habuit scieutiam ; et nobiles ejus interierunt famé, et multitude ejus siti exaruit.
14. Propterea dilata vit infernus animauj suam, et aperuit os suura absque uUo termino; et descendent fortes ejus, et populus ejus, et sublimes gloriosique ejus, ad euno.
15. Et incurvabitur homo, et humiliabitur vir, et oculi sublimium deprimentur.
16. Et exaltabitur Dominus exercituum in judicio, et Deus sanctus sanctificabitur in justitia.
17. Et pascentur agni juxta ordinem suum, et déserta in ubertatem versa advense comedent.