‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 403 sur 938 · Ceux qui te verront se penche · texte numérisé non relu

Ceux qui te verront se penche

raliies isubler'). — Conturbatus est. Une vive émotion le saisit, ainsi que ses habitants, à l'arrivée d'un hôte si fameux. La personnification est hardie, mais admirablement conduite. — Sucitavit (iW. Plus clairement dans l'hébreu : Il réveille devant toi les ombres. Comme en d'autres endroits, la Vulgate a traduit le mot r'/â'im par gigantes, tandis qu'il désigne les morts. Le S"ôL tire les « ombres » de leur demi -sommeil pour qu'elles puissent saluer respectueusement le grand roi. — Principes terrae. Littéralement dans l'hébreu : les boucs de la terre, c.-à-d. les chefs, les princes, qui dominent sur les autres hommes comme le twuc le fait sur son troupeau. — Surrexei-unt de soliis. L'allégorie se poursuit dans les moindres traits ; les rôles et les situations sont censés demeurer, dans les limbes, ce qu'ils étalent auparavant sur la terre. — Respondebunt. Hébraïsme : ils prendront la parole. Leur langage manifeste un étonnement extrême ; il est vrai qu'ils exagèrent à dessein , pour que le sarcasme 8oit plus amer. — Et tu vulneratus... Hébr. : Toi aussi, tu es sans force comme nous! — Detracta... cadaver... ( ver&. 11 ). Variante notable dans l'hébreu : Ton orgueil est descendu dans le séjour des morts au son de tes instruments de musique.

— Tinea, vermes : les vers destructeurs. Le roi de Babylone n'a point échappé à cette ignominie.

12-15. Troisième strophe : fnippant contraste eutre son insolect orgueil et sa chute honteuse.

— Quomodo cecidisti...! Cri de victoire et de vengeance satisfaite. — Lucifer, qui maf»^. Hébreu : astre brillant, flls d( l'aurore. Ces deux expressions représentent l'étoile du matin , Vénus. Très belle métaphore pour décrire l'ancienne magaiflcence du monarque babylonien. Les saints Pères en ont fait de fréquentes applications siiirituelles au prince des démons, en s'appuyaut sur

Luc. X, 18 (« .Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair »); de là le nom de Lucifer donné si souvent au démon. — Qui vulnirabas... Plutôt, d'après l'hébreu : Toi qui renversais les nations. Allusion aux conquêtes sans nombre des Chaldéens. — Qut dicebas... Petit monologue (vers. 13-14) qui nous fait lire jusqu'au plus intime de l'âme du monarque, et qui peint au vif son crime principal, en cinq assertions où se mauifesteun orgueil effréné; 11 avait osé se déifier. Les rois de Babylone, à l'imitation de ceux de Ninive et d'Egypte, allaient jusqu'à se regarder c<imme des Incarnations de la divinité. Cf. xlvii, 8 ; Dan. III, 15, etc. — In monte testamenti. Hébr. : la montagne de l'assemblée. Suivant les ancleiis interprètes, il s'agirait de la colline de Sion, au sommet de laquelle avait été longtemps dressé le tabernacle, on « la tente de l'assemblée » (cf. Ex. xxvri, 21); on reprocherait donc au roi de Babylone d'avoir songé à s'emparer de Sion, pour s'y installer d'une manière sacrilège à la place de Jéhovah. ifals il faut remarquer que la montagne en question était située au nord de Babel ( in lateribus aquilonis ) , ce qui ne convient nullement à Sion ; aussi les commentateurs contemporains admettent-Us à peu près tous que le prophète a voulu désigner le mont Aratu des inscriptions cunéiformes, qui était précisément au nord de Babylone et sur lequel les Ctialdéens plaçaient le séjour des dienx. En toute hypothèse, ces traits signifient que le monarque superbe voulait se déifier lui-même. C'est, d'ailleurs, ce que dit clairement le contexte : Similta ero... Le comble de l'orgueil ! — Verumtamen ad infernum... (vers. 16). Juste châtiment; au lieu d'être élevé au ciel suprême, 11 sera précipité dans les profondeurs du séjour des morts. 1«-19. Quatrième strophe : le cadavre du roj

ïs. XIV, 17-20.

ront vers toi, et t'envisageront : Est-ce \h cet liouime qui a fait trembler la terre, qui a ébranlé les royaumes,

17. qui a fait du monde un désert, qui en a détruit les villes, et qui n'a pas ouvert la prison à ceux qu'il avait enchaînés?

18. Tous les rois des nations sont morts avec gloire, et chacun d'eux a son tombeau;

19. mais toi, tu as été jeté loin de ton sépulcre comme un tronc inutile et tout souillé tu as été enveloppé dans la foule de ceux qui ont été tués par l'épée et qu'on fait descendre au fond de la fosse, comme un cadavre pourri.

20. Ta ne leur seras pas uni dans le sépulcre, car tu as ruiné ton royaujne,

tur, teque prospicient : Numquid iste est vir qui conturbavit terram , qui concussit fegna ;

17. qui posuit orbem desertum, et urbes ejus destruxit, vinctis ejus non aperuit carcerem?

18. Omnes reges gentium universi dormierunt in gloria, vir in domo sua;

19. tu autem projectus es de sepulcro tuo quasi stirps inutilis pollutus, et obvolutus cum his qui interfecti sunt gladio, et descenderunt ad fundamenta laci, quasi cadaver putridum.

20. Non habebis consortium, neque cum eis in sepultura; tu enim terram

sera privé de sépulture et subira mille outrages. Autre cause de joie maligne pour tous ceux qui le haïssent. — Ad te incllnabuntur : pouj mieux voir. Trait dramatique. — Numquid iste... L'ironie devient de plus en plus mordante. — Qui œnturbavit..., conciissU..., posuit... Enumératlon

magnifiques mausolées est célébré dans la Bible comme dans l'histoire. Cf. xxii, 16; Job, m, 14, etc. — Quasi stirps... pollutus. Hébr. : Comme un rameau que l'on méprise. — Et obvoliilus... gladio : recouvert d'autres cadavres en putréfaction, sur un champ de bataille où il était

Vdiulieaiiï osns ia vftllp" 'u Kil.

éloquente , qui décrit fort bien la toute-puissance du monaniue pendant sa vie. — Omnes reges... (vers. 18). Saisissant contraste : quoique beaucoup moins glorieux que lui sur la terre, tous les autres rois reposent en paix, chacun dans son tombeau (indonio...; vir est un hébraïsme, pour l'uuusqulsque »), tandis que son propre cadavre est demeuré sans sépulture. Le soin avec lequel /es princes oriciilaux se pn'iMraient d'avance de

tombé et avait été abandonné. — DescniLlenint ad fundaiyienta. . . Ilébr. : précipités parmi les pierres de la terre , c- .'»- d. du séjour des morts. — Quasi... putridum. D'après l'hébreu : comme un cadavre qu'on foule aux pieds.

20-21. Cinquième strophe : ruine totale de la race du tyran. — Non habebis consortium.... On regardait comme un très grand malheur de n'étrï point enseveli avec sa famille. Cf. II Par. xxi, 20,

Is. XTV, 21-27.

tuam disperdidisti, tu populum tuum occidisti. Non vocabitur in œternum semen pesBimorum.

21. Praeparate filios ejus occisioni in iniquitate patrum suorlim; non consurgent, nec hereditabunt terram, neque implebunt faciem orbis civitatum.

22. Et consurgam super ens, dicit Dominus exercituum; et perdam Babylonis nomen, et reliquias, et germen, et progeniem , dicit Dominus ;

23. et ponam eam in possessionem ericii, et in paludes aquarum, et scopabo eam in scopa terens, dicit Dominus exercituum.

24. Jura vit Dominus exercituum, dicens : Si non, ut putavi, ita erit ; et quomodo mente tracta vi,

25. sic eveniet : ut conteram Assyrium in terra mea, et in montibus meis conculcem eum ; et auferetur ab eis jugum ejus, et onus illius ab humero eorum tolletur.

26. Hoc consilium quod cogitavi super omnem teiTam ; et hsec est manus extenta super universas gentes.

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