CHAPITRE XL
1. Consolez -vous, consolez -vous, mon peuple, dit votre Dieu.
2. Parlez au cœur de Jérusalem, et dites -lui que ses maux sont finis, que son iniquité est pardonnée, et qu'elle a reçu de la main du Seigneur le double pour tous ses péchés.
cet heureux événement n'est pour lui que le point de départ de bénédictions encore plus grandes : il contemple, comme s'il était déjà présent, le Messie promis , qui sauvera toute l'humanité par ses souffrances ; puis , s'élançant encore plus loin, il voit Jusqu'à la dernière phase du règne messianique et à sa glorieuse consommation dans le ciel. Ces pages forment donc vraiment un « évangile avant l'évangile, dont il faut approcher avec foi, respect, pieuse sympathie ». Voyez le Man. bibl., t. II, nn. 943-947. « Isaïe ne fut Jamais ni plus noble, ni plus élevé, ni plus riche et plus abondant, ni plus clair et plus précis dans ses vues sur l'avenir. C'est un fleuve calme et majestueux qui coule à pleins bords, et dont les eaux limpides sont polies et transparentes comme une glace. C'est le chant du cygne, s'il est permis d'appliquer cette expression profane à un sujet sacré. C'est le chant inspiré do l'espérance chrétienne ; c'est une préface de l'évangile et comme l'aurore de son éclatante lumière. Ce que le Deutéronome est aux livres de Moïse, cette dernière partie l'est aux oracles d'Isaïe, et on ne saurait la lire sans y sentir une effusion plus abondante de l'esprit et de la loi nouvelle. » (Le Hir, Les trois grands prophètes..., p. 135.)
Skction I. — Israël délivré du jouq dk Babylone. XL , 1 — XLVIII , 22.
Ces pages mettent admirablement en lumière la puissance de Jéhovah, qui devait opérer une délivrance si prodigieuse. Le prophète y établit, en outre, un contraste saisissant entre le vrai Dieu et les idoles, entre les Israélites et les paTens.
1. Consolaraîni, consolamini, popule meus, dicit Deus vester.
2. Loquimiui ad cor Jérusalem, et advocate earo. quoniam compléta est raalitiaejus, dimissa est iniquitas illius, suscepit de manu Domini duplicia pro omnibus peccatis suis.
{ I. — Premier discours : la délivrance d'Israël est un fait absolument certain. XL , 1-31.
lo La promesse de salut. XL, 1-11.
C'est comme la préface et le thème des chapitres xl-lxvi.
Chap. XL. — 1 - 2. « Prologue du prologue : » Jéhovah ordonne à ses envoyés de consoler Israël. — Consolamini, eorisolamini... Répétition pleine de force et beau début du « livre de la consolation » , ainsi qu'on a quelquefois nommé cette seconde partie. D'après l'hébreu : Consolez , consolez mon peuple. S'adressant à ses prophètes, Jéhovah leur commande de consoler Israël, en lui annonçant la fin de ses malheurs. — Loquimini ad cor... Très gracieuse expression, qui marque un langage très suave, destiné surtout an cBur et à l'âme. Cf. 6en. lx , 20 ; Jud. xix , 3; kuth, n, 13; Os. n, 16, etc. — Advocate... qvoniam... Plutôt, d'après l'hébreu : Criez-lui que... — Compléta est..,, dimissa.,., suscepit... Prétérits prophétiques. On a trouvé dans ces trois propositions, d'une manière aussi vraie qu'ingénieuse, le résumé des trois sections de la seconde partie. Hébreu : Sa servitude a pris fin (première section, la an de l'exil), son iniquité a été expiée (seconde section, les souffrances expiatoires du Messie), elle a reçu de la main de Jéhovah le double pour tous ses péchés ( troisième section, la gloire future dépassant de beaucoup le châtiment). — L'équivalent hébreu de rnalitia est $'bâ'âh, service militaire, puis servitude en général. Le mot latin a donc le sens de misère. — Duplicia. Non pas une punition plus que suffisante, m3)< d'abondantes oompen-
Ib. XL 3-9-
3. Vox claraantÎB in deserto : Parate viara Domini, rectas facile in solittidine Beinitas Dei uostii.
4. Omnis vallis exaltabitur, et omniB mons et collis humiliabitur ; et erunt prava in directa, et aspera in vias planas ;
5. et revelabitur gloria Domini, et videbit omnis caro pariter qnod os Domini locutum est.
6. Vox dicentis : Clama. Et dixi : Quid clamabo? Omnis caro fœnuni, et omnis gloria ejus quasi âos agri.
7. Exsiccatum est fœnum, et cecidit fios, quia spiritus Domini sufflavitin eo. Vere fœnum est populus ;
8. exsiccatum est fœnum, et cecidit fios ; verbum autem Domini nostri manet in œtemum.