‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 854 sur 938 · LA PROPHÉTIE DE BAROCH · texte numérisé non relu

LA PROPHÉTIE DE BAROCH

S*' L'authentxcxté et la canonicité soit de l'œuvre de Baruch , soit de la lettre de Jérémie, sont uaiversollciueut niées aujourd'hui par les Juifs, les protestauls et les rationalistes, qui rangent ce double écrit parmi les livres apocryphes. Les catholiques les admettent, au contraire, unanimement, et ils ont pour le démontrer d'excellentes preuves extrinsèques et intrinsèques *.

1 . En ce qui concerne l'écrit propre à Baruch , il est certain que les anciens Juifs l'admettaient comme authentique et comme canonique. Les Septante, en lè traduisant et en l'insérant dans la Bible immédiatement après le livi'e de Jérémie =*, ont montré qu'ils voyaient en lui une partie intégrante des saintes Écritures. Théodotion, cet autre traducteur juif, en donna aussi une version grecque. Au iiie siècle de l'ère chrétienne, on le lisait encore dans les synagogues juives, au jour de l'Expiation ou du Grand Pardon ^. Saint Épiphane * le mentionne expressément au nombre des écrits canoniques reçus par les Juifs après la captivité de Babylone '. Quant à l'Église chrétienne, elle l'a admis parmi les saints Livres dès les temps les plus reculés. Le pape saint Clément^ cite Bar. m, 16-19, comme « une écriture divine » ; Athénagore ' dit , à propos de Bar. m , 33 , que c'est la parole d'un a prophète ». Et il en est de même de saint Iréuée, de saint Cyprien, d'Origène, etc.*. Les anciens docteurs aiment surtout à citer, pour l'appliquer à l'incarnation du Verbe, le texte célèbre, Bar. m, 37. Si parfois leurs citations sont faites sous le nom de Jérémie, c'est, comme le dit saint Augustin'-', à cause de l'union intime qui existait entre les deux livres ; mais ils savaient très bien distinguer, à l'occasion, entre les deux écrivains.

Nous l'avons vu plus haut , dès sa première ligne ( i , 1 ) l'écrit se donne comme l'œuvre de Baruch; or tout, dans le fond et dans la forme, vient confirmer cette assertion. Les événements historiques qu'il signale directement, ou auxquels il fait allusion, cadrent fort bien avec l'époque de Baruch '". Dans un livre composé par l'ami et le secrétaire de Jérémie , on doit s'attendre à retrouver les pensées dominantes et le genre du maître, et c'est ce qui a lieu réellement : mêmes reproches aux Juifs coupables, mêmes menaces, même espoir de pardon. A la façon de Jérémie, Baruch entremêle volontiers à ses propres idées celles des écrivains sacrés qui l'avaient précédé, et il cite tour à tour le Deutéronome, Job, Isaïe, etc. *'.

2. On prouve de la même manière l'authenticité et la canonicité de la lettre de Jérémie. La synagogue l'a autrefois reçue comme faisant partie des écrits inspirés, et l'a transmise à l'Église; le style'- et les idées rappellent constamment Jérémie; les intéressants détails que donne l'auteur au sujet de l'idolâtrie des Chaldéens concordent merveilleusement, avec tout ce que nous en savons par ailleurs.

4" La langue primitive fut certainement l'hébreu ; mais le texte original s'est perdu de bonne heure *^, et le livre ne nous est parvenu que par la version

' L'authenticité et la canonicité sont d'ordinaire deux questions très distinctes; nous les réunlfisons ici parce que, de fait, elles n'ont guère été séparées par nos adversaires.

2 Avant les Tiirènes.

3 Cf. Consul, aposl., v, 20.

■* Hmr., VIII, 6.

^ Le onzième des Psaumes dits de Salomon, qui sont l'œuvre d'un Juif, et qui datent, d'après les meilleurs critiques, du i«' siècle avant J.-C, cite des paroles de Baruch.

* Padag., ii, 3, 3«.

^ Légat., ix^.

* Voyez Cornely, Introd., t. II, p. n, p. 426-427.

^ De civil. Dei., xviii, 33.

** Cf. T, 2; II, 3; IV, 15, etc. Le commentaire réfutera quelques objections de nos adversaires, basées sur de fausses suppositions.

'* Voyez le commentaire.

** Notamment , le manque de conclaion et leâ répétitions.

13 II avait déjà disparu au temps de saint Epiphane et de saint Jérôme. Un exégète allemand, M. Kneucker, a essayé avec assez d'habUeté de le reconsUtuer {Dos Buch Baruch, Leipzig, 18?» >.

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gTcrqiie des LXX ; version toute hérissée d'iiébraïsines ', qui atteste à tout nionient, surtout dans les trois premiers chapitres, très servilement traduits, roriginc itreniière du double écrit.

Saint Jérôme nous apprend lui-même qu'il n'a pas touché au livre de Baruch, qui, tel que nous le possédons dans la Vulgate, est un reste de l'ancieime Itala : ainsi s'expliquent les expressions empruntées au latin populaire, les provincialismes, les constructions plus grecques que latines qu'on y rencontre très souvent. Par exemple : subjectibiles , i, i8; eramus incredibiles , i, 49; a fons, II, 22; sine vestigio ab inhabitantibus , ii, 23; minorare, ii, 34; superducere, IV, 10; gaudimonium, iv, 34, etc.; la préposition in construite avec l'ablatif, là où il faudrait régulièrement l'accusatif ( cf. ii, 4, 12, 27; m, 7, 8, 32, etc.); l'article grec traduit par les pronoms ille (cf. ii, 27; m, 26, etc.), ipse (cf. m, 4)^.

5" Commentateurs catholiques. — Les meilleurs sont, parmi les anciens, Tliéodoret de Gyr, Sanchez, Maldonat, Corneille de la Pierre, Calmet; parmi les contemporains, Reusch {Erklserung des Bûches Baruch, Fribourg-en-Brisgau, 1853) et Knabenbauer {Comm,entarius in Danielem prophetam,, Lamentationcu et Baruch, Paris, 1891).

' Voyez la liste des i)rlncipaux dans Knaben- 1 sacrorum latinse versionea anHquse, t. II, p. 75*

\)Huer,Comment. in Danielem... et Baruch, p. 4SS. et sa.); le latin en est plus correct, mais elle

- 11 existe une autre rcccnsion dn livre de i-st moine littérale. On la nomme Itala B

Baruub d'après l'Itala (voyez Sabatler, Bibltorum I

BARUCII

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