‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 86 sur 938 · Et dum ab intus minor est expe · texte numérisé non relu

Et dum ab intus minor est expe

subjectives, que se créaient des imaginations terrifiées. — Ignis... nulla vis.,, (vers. 5). Rien ne pouvait prévaloir contre ces ténèbres intenses, que certaines lueurs blafardes et soudaines ( vers. 6 ) rendaient encore plus épouvantables. — Illius qupe non videbatur... C'était donc « une vision aux formes vagues et indéterminées ».

7-9. Les sorciers d'Egypte incapables de mettre fin à ces horreurs. — Magicse artis... derisua. Le texte grec est plus net et plus expressif : Quant aux duperies de l'art magique, elles gisaient à terre. C- à- d. que les tentatives des magiciens pour chasser les ténèbres ne réussirent qu'à couvrir leurs auteurs de confusion. — Et sapientise gloriœ... Dans le grec, littéralement : Et le reproche de la jactance au sujet de la science était ignominieux. La prétendue science dont les sorciers égj'ptiens s'étaient autrefois vantés avec orgueil recevait maintenant des faits eux-mêmes le plus honteux démenti. — Illi... qui promit' iebant (vers. 8). Contraste entre leui-s fières promesses et leur impuissauce totale. Non seulement ils ne purent arrêter aucune des plaies qui désolaient la contrée, mais Us furent personnellement atteints par les plus terribles d'entre elles (hi... languebant). Cf. Ex. ix, 11. Le narrateur traite à bon droit leur situation de «( ridicule » : y.aTa- ■ylXaffTOv (cam derisu). — Nihil ex monstris ( vers. 9 ). D'après le grec : rien d'effrayant. — Transitu animalium... « Voici une nouvelle circonstance de ces ténèbres qui ne se lit nulle part ailleurs. Outre les spectres (mentionnés plus haut)..., Dieu permit que les animaux et les serpent,s qui étaient dans les m.aisons menaçaient les Égyptiens de les dévorer. Cela n'est nulle-

ment extraordinaire dans un pays où il y avait un grand nombre d'insectes venlmeu:t et de bêtes dangereuses, à qui ces peuples rendaient des honneurs divins, qu'ils nourrissaient avec eux dans leurs malsons (comp. Hérodote, i, 36). Ces animaux, pressés de la faim et ennuyés de la durée des ténèbres, se promenaient dans les malsons, et jetaient des cris ou des sifflements, chacun en sa manière, qui ne pouvaient que causer de furieuses alarmes aux Égyptiens, que la frayeur tenait resserrés dans un lieu. » (Calmet, h. l.) — Aerem, quem nulla... Le grec semble dire que, dans leur effroi, les Égyptiens ne voulaient pas même jeter les yeux sur l'air ténébreux qui les environnait, tant ce qu'ils y apercevaient était effrayant.

10-14. Autres détails sur l'effroi que ces ténèbres causèrent aux Égyptiens. — Cum... enim timida... Le grec dit avec plus de force : La méchanceté, chose naturellement craintive, her, vers. 10 - 12 contiennent une très belle généralisation, relative aux vives angoisses que sait créer une conscience coupable. — Dat testimonium... Elle sert contre elle-même de témoin et de juge. « Conscientia mille testes, » disaient aussi les Latins. — Praesumit. . . D'après le grec : Elle a ajouté; c.-à-d. que la mauvaise conscience ajoute maux sur maux (sseva), les craintes au remords. C'est pour la pi-emière fois que le nom de la conscience apparaît dans la Bible d'une manière directe. — Nihil enim... timor... (vers. 11). n Curieuse définition de la crainte » par un de ses effets. C'est, dit le texte grec , l'abandon des secours qui proviennent du raisonnement. De fait, lorsque la raison est troublée par la vue d'un

8ap. XVII, 13-19.

ctatio , raajorem computat inscientiam ejus causœ, de qua tormentum praestat.

13. lUi autem qui impotentem vere noctem , et ab infimis et ab altissimiH inferis snpervenientem , eumdem somnum dormi entes,

14. aliquando monstrorum exagitabantur timoré, aliquando animse deficiebant traductione, subitaneus enim illis et insperatus timor Bupervenerat.

15. Deinde si quisquam ex illis decidisset, custodiebatur in carcere sine f erro reclusus.

16. Si enim rusticus quis erat, aut pastor, aut agri laborum operarius prseoccupatus esset, ineffugibilem sustinebat necessitatem ;

17. una enim catena tenebrarum omnes erant colligati. Sive spiritus sibilans, aut inter spissos arborum ramos avium sonus suavis, aut vis aquae decurrentis nimium,

18. aut Bonua validus prœcipitatarum petrarum , aut ludentium animalium cursus invisus, aut mugientium valida bestiarum vox, aut resonans de altissimis montibas écho, déficientes faciebant illos prae timoré.

19. Omnis enim orbis terrarum lîmpido illuminabatur lumine, et non impeditis operibus continebatur.

d'elle-même, plus elle grossit, sans les bien connaître, les sujets qu'elle a de se tourmenter.

13. Pour eux, pendant cette nuit tout à fait impuiî-sante, sortie du plus profond abîme des enfers, dormant le même sommeil,

14. ils étaient tantôt troublés par la crainte des spectres, et tantôt abattus parce que le cœur leur manquait, car un effroi soudain et inattendu s'était emparé d'eux.

15. Si, quelqu'un d'eux était tombé, il demeurait enfermé sans chaînes dans cette sorte de prison.

16. Que l'homme ainsi surpris fût un laboureur, ou un berger, ou un ouvrier occupé aux travaux des champs , il était soumis à une nécessité inévitable;

17. car ils étaient tous liés par une même chaîne de ténèbres. Le vent qui sifflait, le suave concert des oiseaux parmi les branches touffues des arbres, la violence de l'eau qui courait avec impétuosité ,

18. le grand bruit des pierres qui se précipitaient, les mouvements invisibles des animaux qui jouaient ensemble, la voix puissante des bétes qui hurlaient, ou l'écho qui retentissait du creux des montagnes, tout les faisait mourir d'effroi.

19. Car tout l'univers était éclairé par une lumière limpide, et s'occupait de ses travaux sans obstacle.

danger imminent, il lui aiTive souvent, de ne trouver aucun moyen de salut, — Et dum ab intus... (verb. 12). C.-à-d. que « la crainte, lorsque la ralscjn l'abandonne, appréhende plus que le ferait la froide raison ». — Expectatio : l'attente du secours. — Inscientiam : l'ignorance au sujet de la nature exacte des maux que l'on redoute. Elle les grossit démesurément et accroît la souffrance. — IIU autem... (vers. 13). Après cette petite digression, l'auteur revient aux Égyptiens et à leurs mortelles angoisses pendant la neuTlème plaie. — Impotentem... noctem. Cette longue nuit durant laquelle on ne pouvait absolument rien faire; ou, selon d'autres interprètes, cette nuit qui n'était possible que par un grand miracle. Le contexte favorise ce second sentiment. — Ab infimis... inferis : du plus profond du séjour des morts, région extrêmement ténélireuse (cf. .Tob, x, 21-22; xxxviii, 16 ; Ps. xlviii, 20, etc.). — Somnuni. Ce mot désigne ici l'Inaction forcée des Égyptiens, car il ne fut guère question de sommeil pour eux pendant ces nuits terribles. — Animie defi^iebant... (vers. 14). A la lettre dans le grec : Ils étaient paralysés par la trahlBon de leur âme. Location très expressive

pour dire que tout courage les avait abandonnés.

15-20. Encore d'autres détails sur cette affreuse plaie des ténèbres. — Un premier fait : Si guiagrtam. .. decidisset. Si quelqu'un des Égyptiens tombait à terre, par le fait de la terreur, ou pour toute autre cause. — In carcere. Prison morale, dont les murs étaient formés par l'angoisse, comme il est Immédiatement ajouté : sine /erro (sans chaînes) rednstis. Cf. Ex. x, 23. — Un second fait : Si rustieus (yeojpyd:) quis... H s'agit de ceux des Égyptiens qui étalent occupés dans les champs au moment où commencèrent le« ténèbres. Au lieu de agri... operarius, le grec a cette variante intéressante : L'ouvrier des travaux pénibles dans le désert; elle fait allusion aux corvées pour lesquelles l'Egypte a toujours été tristement célèbre. — IneffugiMlem... neceesitatem... Les hommes ainsi surpris durent rester en pleine campagne, sans oser se mouvoir, jusqu'à ce que le fléau eût pris fin. — Autre série de faits, vers. IT'i-lS : Sive spiritus... Comment les moindres sons, ou du moins les bruits les plus ordinaires de la nature, ajoutaient à l'effroi. Belle description. — Omnit enim orbis, . . Frai>-

Sap. XVII, 20 — XVIII, 5.

20. Sur eux seuls pesait une nuit profonde , imago des ténèbres qui leur étaient réservées, et ils étaient plus insuppor- Hbles à eux-mêmes que les ténèbres.

20. Solis autem iliis superposita erat gravis nox, imago tenebrarum quae superventura illis erat ; ipsi ergo sibi erant graviores tenebris.

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