‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 878 sur 938 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Lettre de Jérémie aux Juifs exilés en Chaldée.

1» Le titre.

^ Pour les questions générales, voyez l'Introd., p. 773 et s. — Exemplar. Dans le grec: àvTt") payov, copie. — L'auteur de la lettre : quam... Jeremias. Les destinataires : ad... captivas. Les Juifs désignés par les Chaldéens pour la déportation avaient déjà quitté Jérusalem, mais Us étaient encore en Palestine, sur le point de partir. Comp. les vers. 1-2, et Jer. xxix, 2. — Ut annuntiaret... Le pjophète, en écrivant cette lettre, rem-

plissait donc un ministère que Dieu lui avait formellement confié.

2» Exorde et thème de la lettre. VI, 1-8.

Chap. VI. — 1 - 2. La cause, la durée et la fin de l'exil. — Propter peccata vestra... Cf. Jer. xvi, 10-13, etc. Les Juifs avalent donc mérité ce châtiment. « Le souvenir des péchés qui avaient occasionné la captivité ne pouvait qu'aider les coupables h la supporter avec patience. » — In Babyloniam. D'après le grec : h Babylone. De même au vers. 3. — Annis plurimis ( vei-s. 2 ). Détail pleinement conforme à tous les oracles de Jérémie. Cf. Jer. xxviii, 2 et ss. ; xxix, 5-7; XXXII, 14. — Les adversaires de l'authenticité de cette épitre prétendent que les mots ad generationes septem sont en contradiction ouverte avec la limite de soixante-dix ans, que Jérémie avait fixée à l'exil; lis marqueraient, nous dit -on, un Intervalle beaucoup plus considérable. La supposition n'a rien de fondé, car c'est là une expression générale, qui ne veut rien préciser, et qui affirme simplement que la captivité devait durer longtemps. Qui ne sait que « sept » est souvent un chiffre rond dans la Bible, et que, par « génération », les Hébreux désignent souvent une période indéterminée? — Post hoc... educam... La suave promesse suit de près l'annonce de la punition , à la manière accoutumée des prophètes.

3-6. Jérémie met les captifs en garde contre le péril d'idolâtrie qui les attend à Babylone. — Videbitis... deos... : les dieux multiples du panthéon chaldéen. Le grec omet l'adjectif lapideoi. — Tn humeria portari. Ce trait est en parfait

Bar. VT, 4-9.

nia deos aureos, et argenteos, et lajiideos. et ligneos, iu luimeris portari, osteiitantes metum gentibus.

4. Videte ergo ne et vos similes efficiamini factis alienis, et metuatis, et metus vos capiat in ipsis.

5. Visa itaque tnrba de rétro, et ab ante, adorantes dicite in cordibus vestris : Te oportet adorari , Domine.

6. Angélus enim meus vobiscum est; ipse aiitem exquiram animas vestras.

7. Nam lingiia ipsorum polita a fabro ; ipsa etiam inaurata et inargentata falsa Buut, et non possunt loqui.

8. Et sicut virgini amanti ornamenta, ita accepto auro febricati sunt.

9. Coronas certe aureas habent super capita sua dii illorum ; unde subtrahunt sacerdotes ab eis aurum et argentum , et erogant illud in semetipsos.

loue des dieux d'or et d'argent, de pien-e et de bois, que l'on porte sur les épaules, et qui inspirent delà crainte aux nations. 4 Prenez donc garde de ne jias imiH la conduite de ces étrangers, de ne ^ craindre leurs dieux , et de ne pas vô laisser saisir par la fraj'eur.

5. Aussi, lorsque vous verrez une fou| en avant et par derrière, dites en add rant dans votre cœur : C'est vous qu^ faut adorer. Seigneur.

6. Car mon ange est avec vous, moi-même je vengerai vos âmes.

7. Car la langue de ces idoles a é^ polie par le sculpteur; celles même qui sont dorées et argentées sont vaine et ne peuvent parler,

8. Et comme l'on fait des ornemenl pour une fille qui les aime, ainsi oûf pris de l'or pour les fabriquer.

9. Leuis dieux ont des couronnes d'i sur la tête; mais les prêtres en retiren l'or et l'argent, et s'en servent pour ei mêmes.

harmonie avec les coutumes assyriennes et babyloniennes. Voyez Is. xlvi, 7, et le commentaire; Jer. X, 5 (AU. archéol., pi. cxv, flg. 5).— Ostentantes (c.-à-d.a incutlentes ») metum... Ces Idoles étaient un objet d'efifroi pour leurs adorateurs superstitieux. — Videte... ne et vos... (vers. 4). Le pronom est très accentué : vous , les serviteurs du vrai Dieu. Déjà Moïse adressait aux anciens Hébreux une recommandation semblable. Cf. Deut. xn , 30, et xviii , 9. Si , dans leur contrée même, les compatriotes de Jérémie avaient ressenti une teUe propension vers l'idolâtrie, que serait-ce en plein pays païen? — Similes efficlaviini. Dans le grec, le verbe est redoublé à la façon des écrivains hébreux, lorsqu'ils veulent souligner une pensée : à90|j.ott»)6ÉvTSç àçottottobffZz. — Et metuatis : h l'exemple des païens ( vers. S* ), quoiqu'il n'y ait absolument rien à crsiudre, comme le démontrera la suite de la lettre. — Visa itaque... (vers. 6). Pieuse pratique que Jérémie suggère aux déportés, pour les moments où ils verront défiler devant eux les longues processions idolâtriques. — Le participe adorantes se rapporte aux Juifs dans la Vulgate ; aux païens d'après le grec. — Te oportet... Le pronom est très emphatique : C'est vous, vous seul, qui devez être adoré. — Angelua enim... (vers. 6). Dieu prend la parole dans ce verset, pour confirmer ce que Jérémie a dit plus haut (vers. 3»» et é*") : Ne craignez point, car mon ange est avec vous pour vous protéger. Sur cet ange de l'alliance, voyez Ex. XXIII, 22-23 ; xxxn, 34 ; xxxni, 2, etc. — Tpse autem exquiram... A première vue ces mots paraissent menaçants : Prenez garde, si vous succombiez à la tentation d'idolâtrie, que ji- ne vous punisse en vous faisant mourir. Mais il est plus conforme au contexte de les prendre

en bonne part : Mol-même je m'intéresserai tcn drement à votre vie. Dans le grec , le verbe n'a pas au futur, mais au participe ( svcÇo'^'^ )> se rapporte à l'ange protecteur : Mon ange ~ea( avec vous, prenant soin de vous.

3° Corps de la lettre r Jérémie démontre, pa de nombreux arguments, le néant des idoles l'absurdité de l'idolâtrie. VI, 7-72.

Ces arguments sont très simples, mais saisi» sants, habituellement présentés sous une form^ très mordante, sans suite logique, avec des rép* titlons qui font pénétrer le sarcasme plus avant j Ils étaient très capables de faire impression sua les hommes du peuple, auxquels ils s'adressaieni spécialement. Une sorte de refrain, qui revienif aux vers. 14»'-15=, 22, 28, 39, 44, 51, 55, 64 et 68 les partage en dix groupes inégaux.

7-15». Les Idoles sont de simples et vulgaire produits humains; elles sont dépourvues de vi^ et de mouvement. — La particule nam sert de transition ; Jérémie va indiquer les motifs pour lesquels les Juifs ne doivent ni craindre ntj adorer les faux dieux. L'ironie apparaît dès lâ début : lingua ipsorum... — Inaurata et inor-j gentata. Il était fort rare que les idoles fussent entièrement d'or ou d'argent ; d'ordinaire, la sta»^ tue était de bois, et simplement recouverte dé ces métaux précieux. Cf. Is. xxx, 22, et le com'^ mentalre. — Falsa sunt. Plus fortement dans la grec : Elles sont mensonge. Comp. les vers. 60 < 68 ; Is. XLiv, 20 ; Jer. xni, 25 ; xvi, 19, etc. — Noni possunt loqui. Ces langues dorées ou argent demeurent complètement muettes. Cf. Ps. cxin seconde partie, vers. 8, 7; cxxxiv, 16«, etc. — J Et sicut virgirà... (vers. 8). Comparaison pleine de sarcasme. Le grec unit ce verset au 8uivaiit|] et la pensée y gagne en clarté : Comme pour uuel

Bab. VI, 10- U.

10. Ils donnent tlo cet or à des prostituées, et ils en parent des courtisanes; et après que ces courtisanes le leur ont rendu, ils en parent leurs dieux.

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