‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 114 sur 873 · Car la parole de la croix est une · texte numérisé non relu

Car la parole de la croix est une

ago... (vers. 14). La double supposition qui précède air.ène Paul à remercier la Providence de ce qu'il n'avait conféré le baptême qu'à un très petit nombre de Corinthiens : grâce à cette cir-

Le baiitême. (Inscription d'Aciuilée.)

constance , il ne pouvait fournir aucun prétexte sérieux à l'esprit de division : Ne quis dicat... (vers. 15). — Crispum et Caium. Le premier était Juif d'origine et avait exercé les fonctions de chef de synagogue (cf. Act. xviii, 8). Le second avait été l'hôte de Paul à Corintbe (cf. Rom. XVI , 23). — Stephavse domum (vers. 16). C.-à-d., toute sa famille, y compris ses serviteurs. Nous retrouverons Stéphanas h la fin de l'épître, XVI, 15. C'était , comme Crispua, un des premiers convertis de Corinthe. — Ceterum nescio... L'apôtre fait cette réserve, pour le eus où il aurait oublié de citer tous ceux qu'il avait baptisés.

2° L'évangile n'a pas de place pour la fausse sagesse de ce monde. I, 17-25.

Saint Paul passe à la réfutation proprement dite de l'esprit de parti. Celui-ci avait eu pour occasion première la nature superflcielle d'un certain nombre des chrétiens de Corinthe, leur préférence pour la prédication plus brillante et plus apprêtée d'Apollos; en un mot, la sagesse mondaine, qui leur avait fait oublier que l'évangile n'e«t pas une affaire de rhétorique et de

sentiment , mais qu'il est avant tout la doctrine du salut par la croix. Paul va rétablir vigoureusement le véritable état des faits. Tout ce passage est remarquablement beau et profond.

17- 20. On priverait la fol de ea force, si l'on prêchait l'évangile en employant les méthodes de la sagesse humaine. — Non enim...

Transition très habile, qui rappelle celle de Piom. i, 16. La première moitié du vers. 17 se rattache Immédiatement à ce qui précède : h saint Paul s'inquiétait peu de baptiser personnellement, c'est parce qu'il se savait chargé d'un rôle plus important , celui de prêcher l'évangile. Cf.

Act. IX, 15; Gai. I, 15-16; Eph.

m, 7-9, etc. Telle était, en effet, la mission principale des apôtrts.

Cf. Maro. xvi, 15; Act. i, 8, etc.

— Non in sapientia... Sans article dans le grec : avec une sagesse de parole. Ici le blâme, qui avait atteint ks faux partisans de Paul dans les vers. 13 et ss., passe tacitement , mais ostensiblement , aux partisans d'Apollos. C'est trop restreindre le sens de l'expression « sagesse de parole >< que de lui faire désigner seulement un style recherché et une brillante éloquence, car elle ne s'applique pas moins au fond de la doctrine qu'à la forme. Elle est synonyme des mots « sagesse de ce" monde » , employés au vers. 20. Elle désigne donc un système d'enseignement présenté d'après une méthode tout à la fois savante et brillante, mais tout humaine. — Ut no- evacuetur... Formule énergique. Annoncer ainsi l'évangile, ce serait « vider » (xevoOv) la croix du Christ, la priver de toute son efflcaclié. Paul « estimait, non sans raison, que l'évangile risquait de perdre en force intrinsèque ce qu'on voulait lui faite gagner par l'art et l'éloquence purement extétieure ». Cette seconde moitié du vers. 17 renferme le thème qui sera développé jusqu'à 'o fin du chap. ii. — Verhiim enim... La propcsitiou énoncée en dernier lieu est démontrée tour à tour par l'expérience, vers. 18, et par un témoignage de l'Écriture, vers. 19. Les deux arguments seront ensuite combinés et réunis, verset 20. « La parole de la croix » (ô Xôyoç o xoO fftaûpoy) n'est autre que la prédication

I Cor. t. 19-21.

folie pour ceux qui périssent ; mais pour ceux qui sont sauvés, c'est-à-dire pour nous, elle est la puissance de Dieu.

19. Aussi est -il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et je réprouverai la prudence des prudents.

20. Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a -t- il pas frappé de folie la sagesse de ce monde?

21. Car parce que le monde, avec sa sagesse, n'a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu , il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.

quidem stultitia est; iis amem qui salvi fiunt, id est nobis, Dei virtus est.

19. Scriptum est enim : Perdam sapientiam sapientiura, et prudentiam prudentium reprobabo.

20. Ubi sapiens ? ubi scriba ? ubi conquisitor hujus sseculi? Nonne stultam fecit Deus sapientiam hujus mundi ?

21. Nam quia in Dei sapientia non cognovit mundus per sapientiam Deum, placuit Deo per stultitiam prœdicationis salvos facere credentes.

évangélique , dont la croix, c.-à-d., la passion douloureuse et ignominieuse de l'Homme -Dieu, était le fait central. Au sujet de cette parole, saint Paul voit les hommes se partager en catégories très distinctes (cf. II Cor. n, 15) : ceux qui seront damnés, parce qu'ils auront refusé d'y croire (pereunti}}us ; cf. II Cor. iv, 4 ; II Ttiess. u, 10, etc.); ceux qui seront éternellement sauvés , parce qu'ils l'auront acceptée avec foi {Us.., qui salvi...). Ces derniers représentent les chrétiens : id est, noMs. — Stultitia. En effet, pour l'homme naturel , ami de la jouissance , admettre que la croix ait pu sauver le monde est une chose Insensée. — Dei virtus. Plus loin , vers. 24, Paul dira de la croix qu'elle est la sagesse de Dieu (comp. le vers. BO; ii, 6 et ss.). Il l'appelle ici une force de Dieu, à cause des résultats merveilleux que le Seigneur produit par elle. — Scriptum est... (vers. 19). Justification par les saints Livres de l'assertion « Non In sapientia verbi » (cf. vers. l?*"). — Perdam... Passage extrait d'Isaïe, xxix, 14, et cité à peu près littéralement d'après les LXX. Les Israélites étaient gravement menacés par Sennachérib. Jéhovah leur promit de les sauver par un grand prodige ; mais comme un certain nombre d'entre eux comptaient beaucoup plus sur une alliance avec l'Egypte que sur le secours divin pour résister au terrible conquérant assyrien. Dieu annonça en même temps qu'il humilierait ces prétendus sages et qu'il ferait échouer leur fausse politique. Il employait une méthode semblable, en sauvant les hommes non point par des moyens qu'aurait conseillés la sagesse humaine, mais par des moyens qu'elle traitait de folie.— XJbi...f uhi... (vers. 20). Questions posées coup sur coup avec l'accent du triomphe. Paul sait que l'oracle d'Isaïe vient de se réaliser une seconde fois, et, regardant autour de lui, il n'aperçoit aucun des prétendus sages que Dieu avait condamnés. Le mot sapiens est pris ici dans un sens général. Scriba (YpaixfxaTéu;) est le nom caractéristique des savants juifs, des docteurs de la loi. Le titre de conquisitor ((Tu!^riTr)Tr,ç, disputeur) convient fort bien aux philosophes grecs, qui ne se lassaient pas de discuter sur toutes sortes de questions. Les mots hvjus sœculi qualifient proba-

blement les trois substantifs « sapiens, scriba, conquiîsitor », et pas seulement le dei'nier d'entre eux. Sur cette locution, voyez Rom. xii, 2 et les notes ; elle est synonyme d^ la formule hujus mundi qu'on lit à la fin de ce même verset, et qui désigne le monde en mauvaise part, en tant qu'il était demeuré incrédule à l'égard de Notre- Seigneur .Jésus-Christ. Cf. v, 10, etc. — Nonne. ..f Cette quatrième question fait connaître la raison pour laquelle tous les faux sages ont disparu : Dieu a anéanti la sagesse même qu'ils croyaient po-séder si largement. — Stultam fecit sapientiam est une locution paradoxale d'une grande énergie. Elle t^ignifie que Dieu a dévoilé toute l'impuissance de la sagesse humaine, en accomplissant ses desseins relatifs à la rédemption. Sorte de talion , puisque la sagesse mondaine avait elle-même traité de folie la parole de la croix. Cf. vers. 18. Tout ce vers. 20 semble être un écho de deux passages d'Isaïe : xix, 1112 et xxxni, 18.

21-25. Dieu n'a pas choisi les sages de ce monde pour propager l'évangile, parce qu'ils étaient incapables de remplir ce rôle. — L'apôtre indique d'abord le motif qui a rendu le Seigneur si sévère à l'égard de la sagesse mondaine : elle avait refusé obstinément de le reconnaître lorsqu'il s'était révélé à elle ; de là son terrible châtiment: Nam, quia... — In Dei sapientia. C.-k-â., dans les manifestations diverses de cette sagesse divine au cours des temps. Elles avaient eu lieu, pour les païens, au moyen des merveilles de la nature, que saint Paul a certainement en vue ici (cf. Act. XIV, 17 et XVII, 27; Rom. i, 20, etc.), et, pour les Juifs, grâce aux révélations contenues dans les saints Livres. Malgré cela, la grande masse du monde Israélite, comme celle du monde païen, avait fermé les yeux à la lumière, et n'était pas arrivée à la vraie connaissance de Dieu : non cognovit... — Les mots per sapientiam ne se rapportent pas à la sagesse divine, mais à la sagesse humaine, par laquelle on aurait pu connaître Dieu. — Placuit Deo. Expression choisie à dessein, pour montrer que Dieu ne s'est pas conduit d'une manière arbitraire dans l'exécution de ses plans. — Per stultitiam... Telle fut la vengeance du Seigneur i

I Cor. I, 22-25.

22. Quoniam et Judaei signa petunt, et Grseci sapientiam quseruut :

23. nos autem prsedicamus Christum crucifixum, Judaeis quidem scandalum, gentibus autem stultitiam,

24. ipsis autem vocatis Judaeis, atque Graeeis, Christum Dei virtutem, et Dei sapientiam.

25. Quia quod stultum est Dei sapientius est hominibus, et quod infirmum est Dei fortias est hominibus.

22. En effet, les Juifs demandent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse ;

23. mais nous, nous prêchons le Christ crucifié , scandale pour les Juifs , et folie pour les païens,

24. mais pour ceux qui sont appelés , soit Juifs, soit Grecs, le Christ puissance de Dieu et sagesse de Dieu.

25. Car ce qui est folie en Dieu est plus sage que les hommes , et ce qui est faiblesse en Dieu est plus fort que les hommes.

comme moyen de salut il présenta aux hommes une doctrine qui devait leur paraître insensée, le « verbum crucis » mentionné plus haut. Rien n'était plus propre à humilier leur misérable orgueil. — Credentes. En effet, ceux-là seuls devaient être sauvés qui adhéreraient à cette doc-

Crolx peinte. (Monuments anciens.)

trine en apparence pleine de folle. — Quoniam... (vers. 22). Saint Paul développe jusqu'à la fin du vers. 25 son assertion du vers. 21. C'est toujours l'antithèse du vers. 18, sur laquelle l'apôtre insiste éloquemment. — Judsei... et Grseci... C'étaient les deux peuples qui représentaient le plus alors, quoique sous des aspects très différents, la sagesse orgueilleuse du monde. Les traits caractéristiques de l'un et de l'autre sont parfaitement décrits. Duraat toute leur histoire, les Juifs n'avaient cessé de demander à Dieu des prodiges, « jusqu'à l'importuner » {signa petunt). Cf. Ex. xvi, 3 et ss. ; xvii, 2 et ss ; Num. XI, 1 et ss. ; Matth. xxii, 38 et xvi, 1, etc. Au contraire, les spéculations à perte de vue sur la sagesse avaient été l'occupation

incessante des Grecs {sapientiam quservnt).

— Nos autem... (vers. 23). A ces demandes et à ces recherches, Dieu répond par les prédicateurs de l'évangile. Sa réponse consiste dans la parole de la croix : Christum, crucifixum ; un Messie crucifié, un « pendu », comme dit outrageusement le Talmud. — Effet produit sur ces âmes superficielles par une telle prédication. En premier lieu, Juâseis... scandalum. Les Juifs, humiliés de voir leurs fières espérances touchant le Christ complètement déçues, vinrent pour la plupart se heurter contre la croix du Sauveur et tombèrent misérablement. Cf. Matth. XXI, 42-44 ; Luc. Il, 34-35. En second lieu, guntibus... siultitiam. Pour les païens, c'était la folie suprême d'attendre le salut d'un « sophiste mis au gibet », comme disait Lucien, de Morte Pèregrini, xiii.Vo5^ez saint Justin, DmL c. T ryph., îjiix. et Apol., I, 13; TertuUien, Adv. Jud., 10, etc.

— Ipsis autem... (vers. 24). Malgré tout, la parole de la croix produisit les résultats que Dieu en attendait; il y eut soit parmi le Juifs, soit parmi les Grecs , des hommes qui la reçureuo avec foi et qui profitèrent du salut qu'elle apportait. Remarquez l'expression si paulinienne vocatis, pour désigner les croyants, les chrétiens. Cf. I, 1-2; Rom. vui, 30, etc. — Dei virtute'm, et. . . sapientiam. Voyez les vers. 18*> et 21». L'association de ces deux termes en cet endroit est très significative. Non seulement la croix possède une efficacité puissante, elle manifeste admirablement aussi l'intelligence Infinie de Dieu; en elle, les Juifs devenus chrétiens trouvent finalement le plus grand des miracles , et les Grecs croyants la plus profonde sagesse.

— Quia quod... (vers. 25). Axiome général, qui a pour but d'expliquer comment une cho.>-e en apparence si faible et si insensée peut produiic de tels effets : le divin est incomparablement supérieur à l'humain. Les expressions employé€s par l'apôtre sont plus que jamais énergiques, hardies et paradoxales. — Quod stultum... Dei, quod infirmum... Paul ne pouvait pas dire à l'abstrait : la folie de Dieu, la faiblesse de Dieu; il emploie donc les locutions concrètes : ce qu'il y a d'insensé et de faible en Dieu. C.-à-d. , ce qui, dans la conduite du Seigneur, paraît tel à notre pauvre petit esprit. Ici, d'après Je contexte, le salut procuré par un crucifié. — Sapientius..., /ortius... <{ La sagesse et la puissance

I Cor. I, 26-30.

26. Voyez, mes frères, quels sont parmi vous ceux qui ont été tappelés : il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.

27. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde, pour confondre les sages; et Dieu a choisi les choses faibles du monde, pour confondre les forts ;

28. et Dieu a choisi les choses viles du monde et les choses méprisables, et celles qui ne sont rien, pour détruire celles qui sont,

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