‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 130 sur 873 · Nunc autem scripsi vobis non · texte numérisé non relu

Nunc autem scripsi vobis non

relever la force de pénétration du levain, tantôt en bonne part ( cf. Matth. xiii , 33 ; Luc. xiii , 21), tantôt en mauvaise part (Matth. xvi, 6 et ss.; Mai'C. vm, 15, etc.). Saint Paul ne l'emploie que dans ce second sens. Cf. Gai. v, 9. Ici, le levain représente l'incestueux. Développant cette image, l'apôtre en tire une belle allégorie dans les vers. 7 et 8, — L'exhortation expurgate... découle tout naturellement des effets mauvais que produit le levain. Elle se rattache aussi à la loi juive, qui Interdisait, durant toute l'octave pascale , l'usage du pain levé , remplacé par le pain azyme. Cf. Ex. xii, 39 ; xiii, 6-9 ; Matth. XXVI, 17 et les notes. — Vêtus fermentum : par allusion au levain qui avait servi d'une Pâque à l'autre. — Nova conspersio : par allusion à la pâte fraîche et sans levain que les Juifs préparaient la veille de la Pâque. — Sicut estis... En droit, les chrétiens sont purs comme des pains azymes ; que les Corinthiens se hâtent donc de le redevenir en fait (ut sitis...). — Etenim... Lorsque l'agneau pascal avait été immolé, le soir du 14 nisan , le pain azyme était seul autorisé. Or, dit •«aint Paul, l'immolation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'agneau pascal des chrétiens (pascha a ici la signification restreinte de victime pascale; cf. Luc. xxii, 7, etc.), a eu lieu depuis longtemps , et la Pâque mystique a commencé pour l'Église. Tant que cette fête durera, par conséquent jusqu'à la fin des temps, tout péché doit être exclu de notre vie : Itaque... — Neque in... Les substantifs malitiœ et nequitise sont à peu près synonymes ; ils désignent tous les vices dans lesquels les chrétiens de Corinthe étalent tombés avant leur conversion. — Contraste : sed in... L'équivalent grec du mot sinceritatis désigne la transparence d'un objet, et par suite sa pureté ; celui de veritatis représente la droiture de l'âme. — Ainsi qu'il a été dit dans rintrod., p. 118, du choix de cette image par l'apôtre, on a induit avec beaucoup de Traisemblance qu'il a composé cette lettre pré- €lsément à l'époque des pains azymes,, c.-à-d., vers la fête de Pâque.

30 Saint Paul dissipe un malentendu, h pro-

pos d'un passage d'une lettre antérieure qu'on avait mal interprété. V, 9rl3.

9- 10. Ce que l'apôtre avait écrit. — Les mots scripsi in epistola désignent, à n'en pas douter, une lettre adressée précédemment par saint Paul à l'Église de Corinthe, et malheureusement perdue. Voyez X. Carrière et S. Berger, la Correspondance apocryphe de saint Paul et des Corinthiens, Paris, 1891, et P. Vetter, Der apoJcr. dritte Korintherbrie/ , Tubingue, 1894. Il est surprenant que saint Jean Chrysostome et quelques rares commentateurs à sa suite se soient refusés h admettre ce fait évident ; pour eux , la lettre en question serait identique à celle que nous étudions '^n ce moment. — Ne commisceamini... Dans sa lettre antérieure, l'apôtre avait demandé la rupture des relations familières et fréquentes avec les impudiques. Il est bon de se souvenir, à propos des vers. 1-5, 9 et 11 de ce chapitre, et de vi, 9-10, 12-20, que l'impureté était un vice très commun à Corinthe (Iutrod.,p. 115), et que, par suite d'anciennes habitudes et de préjugés invétérés, les chrétiens euxmêmes n'éprouvaient pas toujours pour lui toute l'horreur qu'il mérite. — Non utique... (vers. 10). Saint Paul explique cette recommandation , qui avait été imparfaitement comprise. Elle ne concernait pas d'une manière absolue toias les pécheurs, mais seulement les chrétiens adonnée au vice. — Hujus mundi. C.-à-d. : le monde pervers , et spécialement le monde païen , par opposition à l'Église. — Aut avaris, aut... Aui impudiques, l'apôtre associe trois autres catégories de grands pécheurs. — Rajmcibus : ceux qui s'approprient le bien d'autrui par des moyens violents. — Alioquin... Motif pour lequel l'injonction de Paul ne pouvait pas avoir la signification qu'on lui avait donnée : dans une ville telle que Corinthe , prescrire aux chrétiens de se séparer des hommes dissolus, idolâtres, etc., c'eût été les obliger à n'avoir de rapports qu'entre eux, ou, comme il est dit avec une fine pointe d'ironie, à quitter ce globe pour aller s'établir dans un autre.

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