‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 132 sur 873 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

1. Audet aliquis vestrum habens negotium adver^us alterum, judicari apud iniquos , et non apud sanctos ?

1. Quelqu'un de vous, ayant un différend avec un autre, ose l'appeler en jugement devant les méchants, et non devant les saints?

— Le trait non commisceri, c.-à-d. la rupture des relations privées, se rapportait seulement aux chrétiens vicieux (si quis /rater...), à ceux qui, devenus membres de l'Église, s'étaient oubliés jusqu'à retomber dans les péchés du paganisme. — Suit une énumération de six espèces de péchés graves, dont quatre ont été déjà citées au vers. 10. Les deux autres sont représentées par les mots maledicus (XoîSopoç, celui qui Injurie) et ebriosus. La mention de l'idolâtrie paraît tout d'abord surprenante, puisqu'il s'agit de Corinthiens baptisés. Elle prouve que les chrétiens issus du paganisme ne rompaient pas toujours immédiatement avec les pratiques les moins graves de l'idolâtrie. Cf. x, 7, 14; I Joan. v, 21, etc. — Le détail nec cihum. . , est ajouté pour montrer à quel point la rupture devait êti'e complète. D'ailleurs, l'acte de manger à la même tab'.e suppose de l'intimité. — Qaid enim... (vers. 12). Saint Paul indique la raison de la distinction qu'il vient d'établir. D'un côté, il n'a point à juger ceux qui sont en dehors de l'Église, les païens ou les Juifs, puisqu'ils ne sont pas de son ressort (la formule iis qui foris... équivaut à l'expression « hujus mundl » du vers. 10 ; cf. Col. IV, 5 , etc.) ; de l'autre, ce sont les chrétiens qui jugent les chrétiens. Ces derniers sont représentés par les mots iis qui intus sunt, ceux qui sont dans l'intérieur de l'Église. — La question Nonne... judicatis revient à dire : N'exercez-vous pas la puissance judiciaire dans votre propre chrétienté ? — Nam eos ( d'après le grec : « eos autem »)... Restriction importante (vers. 13). Les Infidèles n'échapperont cependant pas au jugement ; mais c'est Dieu même qui sera leur juge.

— Avferte... Trait final, qui nous ramène à l'incestueux. En effet , malum est au masculin dans le grec : le méchant, l'homme pervers en ques-

tion. Les termes de cet « ordre péremptoire », qui pressait les Corinthiens d'excommunier ce grand coupable, sont empruntés à une formule employée à plusieurs reprises dans le Deutéronome (cf. xvii, 7; xix, 19; xxiv, 7, etc.), pour désigner la peine de mort. En réalité, l'excommunication produit au moral la mort de ceux contre qui elle est portée.

§ II. — Des procès entre chrétiens et du vice impur. VI, 1 -20.

1« Les procès. VI, 1-11.

A la fin du chap. v, Paul avait dit que ce n'est ni son affaire, ni celle de ses lecteurs, de juger les Infidèles; un chrétien ne doit juger que ses frères selon la foi. Cette pensée l'amène à signaler un autre abus qui avait pris naissance dans l'Eglise de Corinthe.

Chap. VI. — 1-7. Inconvenance qu'il y a pour des chrétiens à se citer mutuellement devant des tribunaux païens. — Comme plus haut (cf. I, 10-12 et V, 1), l'abus est d'abord mentionné en termes énergiques : Audet...? Il faut avoir une véritable audace pour agir comme il va être indiqué. « Les Juifs, qui avaient le sentiment de leur noblesse théocratique , n'avaient point recours dans leurs litiges aux tribunaux païens; un arbitrage établi entre eux décidait de pareilles questions. » — Negotium : une affaire contentieuse, relative à des intérêts temporels. — Judicari apud... L'apôtre reviendra plus bas, vers. G et ss., au fait même des procès entre chrétiens. Ce qu'il relève en premier lieu, c'est la contradiction , le manque de dignité, qu'il y avait pour des membres de l'Eglise à se faire juger par des païens, par des « injustes » (ini' quos, àôi'xwv ), comme il les nomme pour rendre la faute plus évidente. C'est ajyud sanctos, auprèa

I Cor. VI, 2-7.

9., Ne savez -vous pas que les saints jugeront ce monde? Et si c'est par vous que ?e monde sera jugé, êtes -vous indigaes de juger les moindres choses?

3. Ne savez -vous pas que nous jugerons les anges? Combien plus les choses de cette vie !

4. Si donc vous avez des différends touchîint les choses de cette vie , établissez pour les juger ceux qui sont les moins considérés dans l'église.

5. Je le dis à votre confusion. Ainsi il n'y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse juger entre ses frères.

6. Mais un frère plaide contre son frère, et cela devant des infidèles?

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