‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 141 sur 873 · Et si qua mulier fidelis habet vi · texte numérisé non relu

Et si qua mulier fidelis habet vi

ce qui concerne le célibat, vers. 8. Il s'adresse naturellement non nuptis et viduis, les seuls auxquels convenaient le conseil qui buit. — Bonum est. Comme au vers. 1. — Sicnt et ego. Comme au vers. 7*. L'adverbe sic désigne, suivant les circonstances, l'état du célibat ou celui du veuvage. — Quod si non... (vers. 9). Conclusion de ce qui précède en ce qui regarde le mariage. Si l'on ne se sent pas assez fort pour garder la virginité, il est mieux de se marier : nubant. — Le conseil est aussitôt motivé : Melius est... Comme le dit saint Augustin, le verbe uri signifie : « occulta flamma concupisceutiae vastari » ; être comme brûlé par le feu d'une convoitise à laquelle on ne saurait être exposé longtemps sans péril.

2° Le mariage est indissoluble. VII, 10-24.

10-11. Le cas des époux chrétiens. — Ce sont eux, en effet, qui sont désignés par les mots

Deux époux cnrétiens.

(D'après un fond de verre.)

fis qui matrimonio..., puisque, au vers. 12, il sera parlé des « autres », c.-à-d. d'un chrétien marié ù une femme infidèle , ou vice versa. Après avoir dit que le mariage est bon en lui-même, saint Paul va traiter tour à tour de son indissolubilité et de la possibilité de le rompre dans

une circonstance particulière. — Non ego, sed... Il y avait donc un ordre péremptoire du Sauveur ( Dominus ) sur le premier de ces deux points. L'allusion porte sur la parole que nous ont conservée les synoptiques (cf. Matth. v, 32 et XIX, 9 ; Marc, x, 11 ; Luc. xvi, 18), et qui était connue des fidèles soit par la tradition, soit par ceux des évangiles qui pouvaient avoir été déjà publiés. La loi de l'indissolubilité du mariage n'est pas exposée en termes moins clairs et moins vigoureux par les apôtres que par le Sauveur. — Quod si discesserit. . (vers, 11). Saint Paul n'examine pas quelles ont été les causes de la séparation ; qu'elles soient bonnes ou mauvaises, il est absolument interdit de contracter un nouveau mariage.

12-16. Le cas des époux dont l'un était chrétien et l'autre infidèle. — Nam ceteris. Mieux, d'après le grec : « Ceteris autem. » Les lignes qui suivent caractérisent très nettement ceux que l'apôtre désigne ainsi. Ils sont opposés aux époux chrétiens (cf. vers. 10 et 11 ) et aux célibataires (comp. le vers. 8). Dans l'Église primitive, il devait arriver souvent que, dans un ménage juif ou païen, l'un des époux acceptât la foi chrétienne, tandis que l'autre conservait son ancienne religion. Que devenait alors le lien conjugal? La situation des époux était alors très délicate. — Ego..., non Dominus. Cette fois, Paul n'a pas à citer un précepte direct de Jésus ; de là l'emploi de cette nouvelle formule. D'autre part, ce n'est point un simple conseil qu'il donne ici, comme plus haut (cf. vers. 6 ) et à la fin de ce chapitre (cf. vers. 40). Il tranche réellement le cas au nom de son autorité apostolique. Il trace deux règles pratiques, d'après les deux hypothèses qui pouvaient se présenter. — Première hypothèse, vers. 12'>-14 : la partie infidèle consent à habiter avec la partie chrétienne. De l'emploi des expressions uxorem. habet... et habet virum... (vers. 13), il suit que l'apôtre n'a pas eu en vue un mariage à contracter, mais une union déjà existante ; ce qui est très différent. — Haec consentit..., et hic... Autre point important pour la solution du cas. En effet , par ce consentement, la partie demeurée infidèle s'en-

I Cor. VII, 14-16.

rum infidelera, et hic consentit liabitare cum illa, non dimittat virum.

14. Sanctificatus est enira vir infidelis per muliereni fidelem, et sanctificata est millier infidelis per virum fidelem; alioquin filii vestri iramundi essent, nunc autera sancti sunt.

15. Quod si infidelis discedit, discedat ; non enim servituti subjectus est f rater aut soror in hnjasmodi; in pace autem \ocavit nos Deus.

16. Unde enim scis, mulier, si virum salvum faciès? aut unde scis, vir, si mulierem salvam faciès ?

infidèle, et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne le quitte pas.

14. Car le mari infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle est sanctifiée par le mari fidèle ; autrement vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints.

15. Mais si la partie infidèle se sépare, qu'elle se sépare ; car le frère ou la sœur ne sont pas asservis en ce cas ; mais Dieu nous a appelés à la paix.

16. Car que sais -tu, femme, si tu sauveras ton mari? Et que sais- tu, mari, si tu sauveras ta femme ?

gageait à laisser à la partie Adèle toute liberté pour pratiquer ses devoirs religieux, de sorte que celle-ci n'avait à craindre aucun danger pour sa foi. — Non dimittat. C'est la solution donnée à deux reprises. Elle est aussitôt justifiée : sanclificatvs... et sancti/fcata... (vers. 14). Celui des deux époux qui était demeuré chrétien pouvait craindre d'être souillé, en vivant dans une perpétuelle intimité avec un affilié du judaïsme ou du paganisme. Saint Paul affirme que le résultat contraire sera produit pour la partie infidèle. La sanctification dont il parle n'est ni simplement extérieure, à la façon de la pureté légale, ni réellement Intérieure et complète. Ce n'est pas non plus seulement l'heureuse influence qui sera exercée sur le conjoint demeuré inûdèle par le conjoint converti au christianisme, bien qu'il soit certain, d'après le vers. 16, que cette influence fût présente à la pensée de l'apôtre. Le temps parfait, rjyicicrTai, indique que le résultat en question a été accompli aussitôt après la conversion de la partie devenue chrélienne. 11 faut remarquer en outre les expressions per mulierem..., per virum... (plus exactement, d'après le grec : dans la femme, dans l'homme; c.-à-d., en vertu de son union avec l'épouse chrétienne ou avec le mari chrétien ). De même que le conjoint chrétien a été sanctifié en devenant le membre mystique de Jésus - Christ (cf. i , 2 ; vi , 15 , 1 9 ) , de même le conjoint resté infidèle l'est aussi, quoique d'une autre manière, par ses relations étroites avec la partie chrétienne, car il reçoit par lii même une sorte de consécration. La phrase qui suit, alicquin fllii.,., nunc autein sancti..., montre que tel est le véritable sens de ce passage. Elle n'a pas trait aux enfants nés du mariage mixte en question, comme l'ont pensé beaucoup d'anciens auteurs. En effet, saint Paul a parlé à la troisième personne du singulier des époax ainsi assortis, et il le fera encore au vers. 15, tandis qu'il emploie ici tout à coup la seconde personne du pluriel. C'est donc, comme on le pense communément de nos jours , à tous les chrétiens de Corinthe qu'il s'adresse maintenant, et il leur dit que leurs enfants ne sont pas ivimundi, mais jusqu'à un certain point sancti dès leur naissance, avant même

d'être baptisés; cela, parce qu'ils étaient isi^us de parents chrétiens. De même que ceux - ci les conservaient auprès d'eux avant leur baptême, sans crainte d'être souillés par leur présence, de même l'époux chrétien pouvait demeurer avec la partie non chrétienne, si cette dernière y consentait. Il ressort de la dernière partie du vers. 14 qu'à Corinthe le baptême n'avait pas été habituellement conféré aux petits enfants ; mais nous savons par ailleurs que c'était la coutume de les baptiser dans l'ancienne Église. Voyez Origène, nom. in Rom., v, 9 ; Tertullien, de Bapt., 18, etc. — Quod si... Deuxième hypothèse, Aers. 15-16 : la partie infidèle ne consent pas à demeurer avec la partie chrétienne (discedit). — Dans ce cas, dit énergiquement l'apôtre, discedat. Cette manière de parler indique déjà que le conjoint chrétien reprend toute sa liberté relativement au mariage. — Les mots suivants développent cette pensée : Non... servituti. Il n'a pas été réduit à l'esclavage ; par conséquent , il est libre en ce qui concerne les lii ns du mariage. — Tn hvjusmodi : en de telles circonstances. — In pace... rocavit... Or la paix à laquelle Dieu a appelé les chrétiens, et que Jésus -Christ leur a luimême appoitée, serait impossible entre deux époux dont l'un aurait sans cesse à lutter pour pouvoir pratiquer sa religion. — Unde... scis... (vers. 16). Autre raison qui plaide en faveur de la séparation totale de tels conjoints. La partie chrétienne ne peut pas.compter stîrement sur la conversion de l'autre, puisque l'hypothèse est précisément que celle-ci ne veut pas demeurer auprès d'elle ; il vaut donc mieux la laisser partir. Comme l'ont toujours affirmé les théologiens catholiques d'après ce passage, c'ett le lien même du mariage qui est rompu dans ce cas, et la partie chrétienne a le droit de contracter une nouvelle union.

17-21. L'apôtre généralise sa pensée , et appliquant la règle précédente aux autres relations de la vie sociale, il engage chacun des chrétiens . à demeurer dans la condition où il se trouvni*", avant de se convertir. Ce passage forme une sorte de digression, quoiqu'il se rattache de très près à ce qui vient d'être dit. — Nisi. Lea Interprètes ne sont pas d'accord au sujet de

I Cor. VII, 17-22.

17. Mais que chacun se conduise selon la part que le Seigneur lui a faite, et selon que Dieu l'a appelé ; et c'est ce que j'enseigne dans toutes les églises.

18. Quelqu'un a-t-il été appelé à la foi étant circoncis? qu'il ne dissimule pas sa circoncision. Quelqu'un a-t-il été appelé étant incirconcis ? qu'il ne se fasse pas circoncire.

19. La circoncision n'est rien , et l'incirconcision n'est rien ; mais ce qui importe, c'est l'observation des commandements de Dieu.

20. Que chacun demeure dans l'état où il était lorsque Dieu la appelé.

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