Qui enim in Domino vocatus est
cette particule (eî \xr\). Elle signifie, d'après les uns : Sauf ce cas ; ou bien : En général ; d'après d'autres : Seulement, etc. L'enchaînement le plus probable est celui-ci : au vers. 15, saint Paul a dit que le chrétien, en telle circonstance spéciale, n'est pas assujetti à la façon d'un esclave; mais ce n'était là, ajoute-t-il maintenant, qu'une exception à la règle générale qu'il résume dans les mots Unicuique sicut... — Le Tcrbe divisit fait image et représente la condition providentiellement assignée à chacun. — Ita ambulet. Que chaque chrétien se contente de la situation extérieure où il était avant son appel à la foi (sicut vocavit); à condition, c'est évident, qu'elle soit honnête en elle-même. En effet, le christianisme n'était pas venu rompre et bouleverser toutes les relations sociales, mais seulement les sanctifier, et, à part certains cas, « une situation qui n'a pas pu empêcher le ealut de se réaliser en nous ne sera pas incompatible avec la pei'fection chrétienne. » La phi'ase latine a été calquée strictement sur le grec ; une inversion destinée à mettre le mot « chacun » en relief l'a rendue irrégulière. C'est comme s'il y avait : « Unusquisque, sicut divisit ei Domiuus, &icut eum vocavit Deus, ita...» — Sicut in... Cette règle de conduite, Paul la recommandait dans toutes les Églises fondées et dirigées par lui ; il ne l'appliquait pas seulement aux Corinthiens. Au lieu de doceo, le grec porte : J'ordonne. Pour bien manifester sa pensée, l'apôtre la développe dans deux exemples, empruntés soit à l'état des circoncis et des incirconcia, vei's. 18-20, soit à celui des esclaves et des hommes libres, vers. 21-23. — Circumcisus... vocatvs... Ce trait se rapporte aux Juifs convertis. Circoncis avant leur appel à la foi, qu'ils le demeurent encore après : non adducat... Nous savons par I Mach. i, 16 (voyez le commentaire), que les Juifs recouraient parfois à un moyen artificiel pour dissimuler la circoncision.
— In praeputio... Même recommandation aux païens convertis ; il est inutile pour eux de se faire circoncire. En eflEet, dit l'apôtre, remontant aux principes supérieurs, circumcisio nihil... et prseputium... Ces deux états sont indifférents par eux-mêmes, et la loi chrétienne n'exige qu'une seule chose : observatio mandatoruîn... Cf. Gai. v, 6 et vi, 15. — Le premier exemple s'achève par la réitération de la règle déjà posée au vers. 17 : Unusquisque... permaneat (vers. 20). — Vocatione : la profession que l'on exerçait, la condition extérieure dans laquelle on se trouvait avant de devenir chrétien. — Le second exemple est présenté fous la forme d'une apostrophe directe : Servus vocatus... (vers. 21). Saint Paul cite la condition sociale regardée comme la plus vile, et il atteste qu'elle n'est pas, elle non plus, incompatible avec le christianisme.^ Qu'un chrétien demeure esclave, s'il était esclave avant d'être baptisé : non sit tibi... Un grand nombre d'esclaves avaient accepté la foi au temps de la fondation de l'Église. — Magis utere. Ce conseil a été interprété en deux sens opposés, très acceptables l'un et l'autre. Suivant les uns : Use plutôt de l'esclavage, ne cherche pas à en sortir. Selon les autres : Use de l'occasion de devenir libre qui t'est offerte. La première explication semble plds conforme au contexte, puisque saint Paul recommande ici de ne pas chercher à changer de situation (saint Jean Chrysostome, Théodoret, etc.). — Le vers. 22 favorise aussi ce sentiment : qui enim... servus... L'esclave chrétien ne diffère pas de l'affranchi , puisqu'il a reçu la liberté spirituelle en Jésus-Christ, et l'affranchi chrétien ne diffère pas de l'esclave, puisqu'il porte le joug du Christ. Sorte de paradoxe qui met la pensée en relief. « Au point de vue religieux, les différences sociales n'ont pas d'importance ; elles s'effacent. » — La formule in Domino vocatus signifie : appelé à être membre
I Cor. VII, 23-27.
servus, libertus est Domini; similiter qui liber vocatus est, servus est Christi.