Quotquot enim promissiones Dei
la. visite dont 11 est parlé ici mfime. Mais ce sentiment est inexact, car cette visite était en réalité la troisième et non la seconde. Cf. xii, 14; xni, 1 et ss., etc. On ne peut guère dire non plus que la présente lettre était la première grâce, et que la présence de l'apôtre serait la seconde. Le sens de cette expression est plutôt que, dans l'hypothèse où Paul aurait exécuté son premier projet, comme il aurait fait à Corlnthe deux séjours successifs durant un même voyage, les chrétiens de cette cité auraient joui deux fois des grâces attribuées à sa visite apostolique. — A vobis deduci... Sur cette locution, voyez I Cor. xvi, 6t>, et les notes.
17. Fausse conséquence que l'on pouvait déduire de ce changement. La vivacité avec laquelle l'apôtre la signale montre qu'elle avait été réellement tirée par ses ennemis. De ses deux questions posées coup sur coup , la première porte sur le fait particulier de la modiflcation apportée à son projet ; la seconde concerne sa façon d'agir en général. — Cum ergo hoc... C.-à-d. : après avoir formé ce dessein, sans le réaliser ensuite. — Quse cogito. D'après le grec : Ce que je décide. — Secundum carnem... Prendre des résolutions selon la chair, c'est se décider à la manière des hommes mondains et charnels, conformément aux inspirations de la passion, de l'égoïsme aux humeurs variables, par conséquent du caprice. — Ut sit apud n,e... De pareilles décisions indiqueraient que celui qui les prend ne sait pas bien ce qu'il veut, qu'il dit tantôt Oui (Est), tantôt Non (Non), sur un seul et même sujet, selon l'humeur du moment. Dans le grec, la répétition des mots Oui (vac vaO et Non (où où) donne plus de force à la pensée.
18-22. Première partie de la réponse à l'objection. Paul répond dans un ordre inverse aux deux questions qu'il vient de poser ; c'est donc à la seconde supposition qu'il s'attaque tout d'abord. — Fidelis... Deus... Formule de serment, qui revient à dire : Je prends à témoin
la fidélité divine. Cf. xi, 10 ; Rom. xiv, 11, etc. Il est possible, cependant, comme le pensent plusieurs interprètes, que ces mots aient pour but , dans la pensée de l'écrivain sacré , de signaler la base et la raison suprême de sa propre fermeté : Il n'y a pas d'instabilité en Dieu, et ses envoyés participent à sa constance. — Sermo noster... On ne lit dans le grec ni qiû fuit, ni in illo : Ma parole h vous n'est pas Oui et Non. C.-à-d., ma prédication ne varie pas. Saint Paul va démontrer par deux arguments distincts la stabilité de son enseignement : en premier lieu, vers. 19-20, l'objet de ia prédication des apôtres est immuable par lui - même et ne saurait subir aacune modification ; en second lieu, vers. 21-22, leurs convictions sont maintenues inébranlables par Dieu, qui les envole prêcher. — Dei enim Filius.., C'est à Jésus -Christ que se ramène toute la prédication apostolique. Or, en tant qu'il est le Fils de Dieu (remarquez la manière dont ce titre est accentué), le Christ est la manifestation de la vérité éternelle, absolue. Infaillible ; il n'y a donc pas eu tour à tour le Oui et le Non dans la doctrine des prédicateurs évangéliques à son sujet, mais seulement un Oui invariable. — Per... Silvanum. Silvain est nommé Silas au livre des Actes , xv, 40 ; xvi , 1 et ss., etc. Il avait collaboré avec Paul et ïimothée à la fondation de l'Église de Corinthe. Cf. Act. xvni, 5. C'est pour cela qu'il reçoit une mention spéciale. — Quotquot enim... (vers. 20). L'apôtre explique les derniers mots du vers. 19 : Un Oui tout divin a été donné au monde dans le Christ. — Promissiones Dei. Les nombreuses et merveilleuses promesses que Dieu avait faites aux patriarches et aux prophètes au sujet du Messie. Comp. vu , 1 ; Rom. ix , 4 ; Gai. m . 16, 21; Eph. II, 12; Hebr. vi, 1; vu, 6, etc. Ces divins oracles, pleinement accomplis en Jésus -Christ ou par Jésus -Christ, sont ainsi devenus un Oui énergique, une réalité vivante. — Ideo et per ipsum... Parce que Dieu a parfaitement tenu ses promesses relatives au Christ et
II Cor. I, 21-23.
sunt, in illo Est; ideo et per ipsum Amen Deo ad gloriam nostram.
21. Qui autem confirmât nos vobiscum in Christo, et qui imxit nos, Deue,
22. qui et signavit nos, et dédit pignus Spiritus in cordibus nostris.
23. Ego autem testera Deum invoco in animara meam, quod parcens vobis, non veni ultra Corinthum ; non quia dorainamur fidei vestrse, sed adjutores sumus gaudii vestri : nam fide statis.
messes de Dieu, elles sont en lui le Oui; c'est pourquoi aussi l'Amen à Dieu par lui est 2'>rononcé pour notre gloire
21. Or celui qui nous affermit avec vous dans le Christ, et qui nous a oints, c'est Dieu ,
22. lequel aussi nous a marqués d'un sceau, et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit.
23. Pour moi, je prends Dieu à témoin sur mon âme que c'est pour vous épargner que je ne suis pas encore allé à Corinthe; non pas que nous dominions sur votre foi , mais nous contribuons à votre joie, car vous êtes fermes dans la foi.
qu'il a donné par lui un Oui solennel à l'humanité, nous devons à notre tour, en union avec Jésus- Clirist, dire au Seigneur un Amen continuel et reconnaissant, c'est-à-dire, adhérer à la prédication évangélique avec une fidélité inébranlable. Ij'apôtre fait évidemment allusion ici à la manière dont les premiers chrétiens s'asspcia'ent, par le mot Amen, aux prières liturgiques des cérémonies religieuses. Cf. I Cor. xiv, 16 , et les notes. — Au lieu de Deo ad gloriam nostram, le grec porte : « Deo ad gloriam per nos » : ( Amen ) pour la gloire de Dieu , par notre intermédiaire. C.-à- d. que l'acquiescement des chrétiens aux vérités évangéliques est dû au ministère des prédicateurs. — Qui autem... (vers. 21). L'apôtre passe à son second argument. Lui et ses collaborateurs doivent la fermeté de leurs convictions à un secours paiticulier de Dieu, et, sous ce l'apport aussi, leur enseignement est immuable. — Confirmât... in Christo... Plutôt : « in Christum »; relativement au Christ, de manière à ce qu'on lui demeure fidèle. — Nos vobiscum. Rapproc;hement plein d'amabilité : les simples croyants reçoivent comme ies apôtres des grâces spéciales pour se maintenir dans la foi. — Qui unxit...
Locution figurée, qui représente la mission confiée aux prédicateurs. Cf. I Joan. Il, 20, 27.— Qui et signavit (vers. 22). Autre métaphore très expressive. Dès l'antiquité la plus reculée, on se servait du sceau pour donner un caractère officiel aux documents de quelque importance. Dieu attestait de même la délégation confiée par lui aux ministres de l'évangile. Son sceau consistait, d'après l'interprétation commune, dans les pouvoirs miraculeux qu'il leur accordait par l'Esprit- Saint.
Sceau juif.
cMonmnents judaïques.)
— Le trait dédit pignus (d'après le grec : les arrhes) Spiritus... explique le précédent. L'expression « les arrhes de l'Esprit » (c.-à-d., l'Esprit-Saint donné en guise d'arrhes) montre que Dieu se proposait d'accorder des grâces plus considérables encore à ses vaillants ministres, soit ici - bas , eoit dans l'autre vie , pour récompenser leur zèle. Comp. Eph. i, 13-14 et iv, 30, où des promesses semblables sont faites à tous les fidèles.
23. Deuxième partie de la réponse à l'objection, ou le vrai motif pour lequel saint Paul avait modifié son itinéraire et n'était pas venu directement d'Éphèse à Corinthe. — Ego... testem... Adjuration solennelle, pour donner plus de force à l'assertion qui suit. — La formule in animam meam peut être traduite de deux manières : contre mon âme, ou, sur mon âme. Elle signifie dans le premier cas : Que Dieu me punisse, si je ne dis pas la vérité ! Dans le second : Que Dieu, qui connaît les secrets des âmes, jette un regard sur la mienne ; il verra que je dis la vérité. La première interprétation est plus probable et plus communément admise. — Parcens... non veni... C'est là le fait affirmé avec tant d'énergie : Paul n'était pas encore venu à Corinthe dans l'intérêt même des fidèles, par suite d'un sentiment de pitié à leur égard. — Il expliquera bientôt (ir, 1, et ss.) cette parole; mais, tout d'abord, il corrige ce qu'elle avait de dur en apparence : non quia... Il ne pi'étend pas exercer sur la fol des chrétiens de Corinthe une domination tyrannique (dominamur fidei...), à la manière des faux apôtres ( cf. xi , 20 ) , car ils doivent croire spontanément, librement. Le rôle qu'il veut jouer auprès d'eux est celui de '( coopérateur de la joie qu'ils goûtent » en Dieu et en Jésus-Christ : adjutores ( av'iepYoi)... gaudii... Cf. Phil. IV, 4. — Le trait nain fide... insiste sur la solidité de la foi des Corinthiens,
II Coll. II, 1-5.