Car si, par mon mensonge, la Mé
prenait tous les autres : quia crédita... — Eloquia Dei (xà Xoyia xoO ©eou ). Saiut Paul semble nommer ainsi, non pas l'Ancien Testament tout entier, mais les parties les plus essentielles de ce livre sacré, telles que la loi mosaïque et surtout les oracles relatifs au Messie. Le substantif Xôyiov a souvent dans les Septante cette signification spéciale d'oracle, de prophétie. Le Seigneur avait fait au peuple juif un honneur insigne en le choisissant pour garder le dépôt de la vérité religieuse , qui était en réalité celui des prophéties messianiques. — Q^id enim...? Seconde objection, vers. 3-4 : l'incrédulité des Juifs n'a -t- elle pas annulé les divines promesses? Objection d'autant plus naturelle, qu'Israël semblait précisément alors exclu de la participation aux bienfaits du Messie, dont les païens jouissaient presque seuls. — Si quidain illorum... La forme hypothétique donnée à la pensée et l'euphémisme « quelques-uns d'entre eux » sont dus à la délicatesse de Paul, qui évite ce qui pourrait blesser trop profondément ses anciens coreligionnaires. — Non crediderunt. Lorsque le Rédempteur annoncé par les divins oracles se présenta, muni de toutes les garanties qui le faisaient reconnaître comme l'envoyé du Seigneur, la plus grande partie d'Israël refusa de ci'Oire en lui. — Fidem Dei : sa fidélité à tenir les promesfes qu'il avait faites aux Juifs. — Evacuabit (y.aTapyriCrci). A la lettre : rendra Inertes, inactives. Puis, au figuré : abolira, abrogera. Cîette expression est chère à saint Paul (environ 25 fois dans ses épîtres). — Absit ( fj-fi -{ivQi-zo)\ Formule énergique de dénégation, qu'il emploie volontiers aussi (14 fois dans 'ctte lettre). L'hypothèse qu'il vient de faire émettait un doute sur la véracité ou la fldéliié de Dieu ; c'est poui*quoi il la rejette aussitôt avec horreur. Comp. le chap. xi, où il parlera longuement du ealut final des Juifs. — Est autem... (vers. 4). Dans le grec : yivécrOo); ou « fiât autom », comme traduisent saint Jérôme
et Rufln ; que le Seigneur devienne fidèle à sa parole (verax)l C.-à-d., qu'il soit reconnu comme tel par tous les hommes. — Les mots omyiis... homo... sont empruntés au Ps. cxv, 11. — Sicut scriptum cst. A l'appui de son assertion, l'apôtre cite très exactement, d'après les Septante, le vers. 6 du Ps. L, où David, après avoir confessé publiquement ses fautes, ajoute qu'il fait cette confession pour que Dieu paraisse juste (ut justificeris) dans la sentence portée par lui contre le prince coupable iin sermonibus...) , et qu'il ait gain de cause (et vincas), qu'il soit mis hors de blâme , si les hommes osaient attaquer son verdict (cum judicaris). De même, dans l'application faite ici par saint Paul, l'incrédulité des Juifs atteste la véi'acité et la fidélité parfaites du Seigneur, puisqu'il persiste, malgré l'ingratitude de son peuple, à accomplir généreusement ses promesses. Ici ce fait est simplement constaté ; nous en aurons plus tard la déûionstration. — Iniq^ntas nostra. Expression générale, qui désigne spécialement l'incrédulité des Juifs, mentionnée au vers. 3. La locution justitiam Dei est générale aussi et représente en cet endroit la fidélité de Dieu à tenir ses promesses. — Quid dicemus'? Autre formule qui caractérise cette épître, où on la rencontre sept fois; elle n'est pas employée ailleurs dans le Nouveau Testament. Elle signifie : Que s'enauit,- 11? Quelle conséquence devons-nous tirer de là? — Numquid iniquus...? Une pareille supposition renfermant im blasphème Implicite, Paul se hâte de l'adoucir en ajoutant, par manière d'excuse : Secuudum hominem dico (vers. 6). C.-à-d., je parle comme fent les hommes dans une conversation toute profane. Puis il la rejette au loin par un nouvel Absit. — Alioquin quomodo...? Première réponse à cette seconde objection. Pour Paul et pour ses lecteurs, c'était un dogme de foi que Dieu devait juger tous lea hommes (hune mundum) à la fin des temps* or cela supposait qu'il était infiniment juste. —
Rom. III, 8 14.
rite de Dieu a éclaté davantage pour sa gloire, pourquoi suis -je moi-même encore jugé comme pécheur ?
8. Et pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu'il en arrive du bien (comme quelques-uns, qui nous calomnient, nous accusent de dire)? Leur condamnation est juste.
9. Quoi donc? L'emportons -nous sur eux? Nullement ;• car nous avons déjà prouvé que les Juifs et les G-recs sont tous sous l'empire du péché ;