Ergo mors in nobis operatur, vita autem in vobis
gloire de l'œuvre revînt uniquement à lui : ut subllmitas..., et «oj?... Dans le grec : « Ut sublimitas virtutis sit Dei et non...» C.-à-d., afln qu'on reconnût sans peine que tout ce qu'il y a (l'extraordinaire dans la force manifestée par les apôtres (leurs miracles, les succès de leur prédication, etc.) provient de Dieu seul, et non d'eux-mêmes. — In omnibus (èv uavxt, en tout; ou de toute façon)... Saint Paul décrit dans une série d'antithèses pleines de vigueur, vers. 8- 10, quelques - unes des (souffrances auxquelles un apôtre est en butte. Il en avait fait une expérience presque quotidienne. La première partie de la description développe les mots « in vasis fictilibus » ; la seconde, les mots « sublimitas... virtutis Dei >. Ainsi le sentiment de la plus parfaite humilité s'associe à celui de la force qui triomphe de tout en Dieu. Dans le grec, les verbes des vers. 8 et 9 sont au participe ; ce qui peint une situation permanente : « Tribulati, sed non angustiatl ; Inopiam passi, sed non destituti... >', etc. — Patimur sed..; La première antithèse (vers. 8*) est générale et embrasse tous les genres de souffrances que peut endurer un ministre d^ Jésus - Christ. — Non angustiamur. Le verbe grec signifie : être resserré dans un espace tellement étroit, qu'on ne sait pas où l'on trouvera une issue. — Seconde antithèse ( vers. 8'' ). Le mot latin aporiamur est calqué sur le grec àTTooo'JjjLSvot, qui marque un embarras extrême. — Non destituimur. Dans le texte original , ce trait forme un jeu de mots avec le précédent : ô'jx à^aTiopovjfjievot. — Troisième antithèse : Persecutionem..., sed non... (vers. 9»). Persécutés par les hommes, les apôtres ne sont pas abandonnés de Dieu. — Quatrième antithèse : Dejicimur, sed... (vers. 9"^). Atteints et saisis par leurs cruels ennemis, Ils sont renversés à terre ; mais ils ne périssent pas, car Dieu les délivre aussitôt. — Semper... (vers. 10). Cinquième et dernière antithèse, qui résume toutes les autres et qui montre pourquoi le Seigneur manifeste ainsi
sa puissance à l'égard de ces vases d'argile. Si la vie d'un apôtre est une mort quotidienne (cf.
I Cor. XV, 31), c'est aussi « une < xistence où l'on vit tout en mourant », de manière à reproduire la mort (mortificationem a ce sens) et la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — Le verbe circumferentes fait image. Partout où ils allaient, les missionnaires du Christ portaient avec eux, visibles sur leurs corps, les traces des persécutions qu'ils avaient indurées et par lesquelles ils représentaient le Messie souffrant. Mais ils représentaient aussi, dans l'intention do Dieu, le Christ ressuscité, puisqu'ils avaient triomphé comme lui de toutes les afflictions et de toutes les tortures : ut et vita Jesu... Au lieu du pluriel in corporibus nostris, mieux vaudrait la
.leçon « In corpore nostro », que favorisent presque vous les manuscrits grecs. — Semper enim... (vers. 11). L'apôtre répète, en la variant légèrement, la pensée exprimée au vers, 10, pour la rendre plus claire encore. — Le trait nos qui vivimus contraste fortement avec in mortem tradimur. Persécutés par les hommes et protégés par Dieu, les apôtres sont toujours comme entre la vie et la mort. — Ergo.,. (vers. 12). Conclusion de tout ce passage, et spécialement des vers. 10-11. — Mors in nobis... La description qui précède a prouvé jusqu'à l'évidence que la mort exerçait un pouvoir incessant sur les ministres de l'évangile, puisqu'ils étaient exposés à des dangers perpétuels. — Vita... in vobis. Réflexion des plus délicates. La mort pour les apôtres, comme fruit de leurs souffrances ; la vie pour les fidèles, « la vie dans le sens éminent du mot, dans le sens évangélique ». Évidemment, ce second résultat était aussi produit à plus forte raison pour les prédicateurs; mais saint Paul a voulu mettre surtout en relief l'avantage procuré aux chrétiens.
II n'y a donc pas d'ironie dans ce détail, comme on l'a parfois supposé.
20 L'espérance d'avoir part un jour ù, la résur-
II Cor. IV, 13-17.
13. liabentes autem euradem spiritum fidei, .sicut sciiptum est: Credidi, propter quod locutus sura ; et nos credimus, propter quod et loquimur,
14. scientes quoniam qui suscitavit Jesnm, et nos cum Jesu suscitabit, et constituet vobiscam.
15. Omnia enim propter vos, ut gratia abundans, per multos in gratiarum g,ctione, abundet in gloriam Dei.
16. Propter quod non deficimus; sed licet is qui foris est, noster homo corriimpatur, tamen is qui intus est renovatur de die in diem.