et pro omnibus mortuus est Chri
des fidèles de Corinthe à ses adversaires, Paul exprinse l'espoir qu'ils n'ont pas besoin non plus d'être conA'aincus par lui de sa loyauté, attendu qu'ils ont de lui une connaissance complète, basée sur le témoignage de leur conscience et de leur expérience (ia conscientiis...), et non sur les préjugés humains. — Non iterum... ( vers. 12 ). Comme il a été dit plus haut ( notes de ni, 1), saint Paul avait des ennemis acharnés, qui épiaient ses paroles et ses actes pour lui nuire. C'est en pensant à eux qu'il explique de nouveau le motif pour lequel il fait ainsi son apologie : s'il semble parler avantageusement de lui-même, ce n'est point par orgueil; c'est pour que les Corinthiens, le connaissant mieux encore , soient flers d'avoir en lui un véritable apôtre (occasionem damus... gloriandi...), et qu'ils puissent le défendre avec succès contre ceux qui l'attaquaient injustement (ut habeatis...; c.-à-d., afin que vous ayez de quoi répondre...). — Qui in facie... et non... Par ces mots, les ennemis de l'apôtre sont stigmatisés comme étant des menteurs hypocrites : leur mérite n'a rien de foncier et de solide ; il ne consiste qu'en apparences et en paroles. — Sive enim... (vers. 13). Quoi qu'il fasse, Paul se propose uniquement la gloij-e de Dieu et le bien des âmes ; les chrétiens de Corinthe peuvent donc ge glorifier à son sujet, car il n'a point parlé pour se vanter. — Mente excedimus. Le grec è|é(7Tr;{j.£v siguifie simplement : « excessimus ». Il a le sens de déraisonner (cf. Marc, m, 21 et le commentaire), ou, du moins, de dépasser les limites de la modestie. L'apôtro désigne sans doute par là les éloges qu'il était concraint parfois de se donner à lui - même. Cf. XI, 1, 16. — Sobrii sim,us (a-u(/.çppovoO[jL£v). Contraste : être dans son bon sens , et ici , parler modestement de soi. Selon quelques auteurs, l'antithèse consisterait, d'une part, dans la manifestation d'un zèle ardent, qui agit « opportune, importune », et de l'autre, dans une conduite plus calme, plus rassise, en ce qu'on appelle « l'ornière du devoir ». Nous préférons le premier sentiment. Quoi qu'il en soit, en toutes chosps saint Paul ne pensait qu'à Dieu
et à ses frères. Deo, vobis : tel était son double mobile, vraiment apostolique.
14-21. L'exemple du Christ, qui a tant aimé les hommes, presse les ministres de Tévangile de ne rechercher que Dieu et les âmes, jamais leur intérêt privé. — Les mots caritas Christi peuvent représenter aussi bien notre amour pour Jésus -Christ que son amour pour nous; mais les développements qui suivent montrent que l'apôtre avait en vue le second sens, puisqu'ils décrivent les effets de l'amour du Sauveur.
— Urget nos (auvé/ei Yjpiôtç). C.-à-d., nous presse de nous dévouer, nous aussi, tout entiers pour Dieu et pour le prochain. Moins bien, d'après quelques e; égètes modernes : « cohibet nos », nous retient dans les limites du devoir et nous empêche de penser à nous. — estimantes. Plus fortement dans le grec : ayant jugé. — Quoniam si (telle est la meilleure leçon, quoique un certain nombre de manuscrits suppriment la particule et, « si »)... La première considération qui a frappé Paul comme prédicateur de la foi, c'est l'immense bienfait que le Christ nous a accordé par sa mort ignominieuse (unus pro omnibus...}, car il a ainsi obtenu le salut de tous les hommes. — De là cette conclusion : ercjo omnes mortui... Pensée profonde, qu'on l'etrouve sous diverses formes dans les écrits de l'ftpôtre (cf. Rom. vi, 2 et ss. ; Gai. ii, 19 et ss.; Col. m, 3, etc.). En Adam, notre premier père, nous avons tous péché et mérité la mort. Mais le Christ est le second Adam, le chef de l'humanité régénérée : il a consenti à se substituer à nous, et à subir à notre place la sentence de mort lancée contre noup. D'où 11 suit que nous sommes tous morts en lui et avec lui d'une manière mystique, de sorte qu'il ne tient qu'à chacun de nous de s'approprier la mort du Sauveur par la foi et par la charité. — Et... mortuus est (les motspro omnib«s"Tnanquent ici dans le grec) ut... (vers. 15). Cette autre consi. dération de l'apôtre lui a révélé de quelle manière nous devons répondre au bienfait que le Christ nous a accordé en mourant pour nous.
— Qui vivunt (ol î^ûvxeç). Paul donne ce nom aux hommes qui, après être morts avec Jéïus-
II Cor. V,"16-19.
stus, ut et qui vivunt, jam non sibi vivant, sed ei qui pro ipbis mortuus est et resurrexit.
16. Itaque nos ex hoc neminem noviraus secundum carnem. Et si cognovinms secundum carnem Cliristum, sed nuiic jam non novimus.
17. Si qua ergo in Christo nova creatura, vetera transierunt ; ecce facta sunt omnia nova.
18. Omnia autem ex Deo, qui nos reconciliavit sibi per Christura, et dédit nobis ministerium reconciliationis.