Quorum os maledictione et amaritudine plénum est
Si enim... (vers. 7). Seconde réponse. Au verset 6, saint Paul a envisagé l'objection du côté de Dieu ; il la prend maintenant du côté de l'homme et la réfute « per absurdum ». — Veritas Dei. De nouveau, d'après le contexte, sa fidélité à exécuter ses promesses. — Meo mendacio : le mensonge que l'on commet en niant qu'il les ait accomplies. Notez le pronom de la première personne : l'apôtre aime, dans les cas de ce genre, à se mettre lui-même en scène, afin de rendre moins odieux le rôle qu'il prête à ses adversaires. Cf. I Cor. iv, 6, etc. — Abundavit in gloriam... C'était le fond même de l'objection. Comp. le vers. 5. — Quid adhuc et ego...? Pourquoi, dans l'hypothèse. Dieu punirait-il ceux qui lui procurent en réalité de la gloire? — Et non... (vers. 8). Troisième réponse, qui montre encore mieux l'absurdité et le caractère odieux de l'objection. — Blasphemamur. C.-à-d., nous sommes faussement accusés, en vertu d'une horrible calomnie. On voit par ce trait que les adversaires de saint Paul l'accusaient de prétendre que peu importait la conduite morale des hommes, puisque la justification était un don tout gratuit de Dieu. — Faciamus mala ut... Maxime tout à fait impie : Péchons sans crainte, puisque, en suivant librement le cours de nos passions, nous faisons valoir la bonté et la générosité de Dieu. — L'apôtre écarte avec Indignation cette calomnie, en abandonnant ceux qui la profèrent au sévère jugement du Seigneur : quorum damnatio...
9-20. Tous les hommes, sans en excepter un seul , sont demeurés en dehors de la vraie justification. — Quid ergo? C.-à-d., que conclure
de tout cela? En réalité, les vers. 5-8 forment une petite digression. L'apôtre revient maintenant au sujet traité dans /les vers. 1 - 4 : les prérogatives des Juifs les rendent - elles supérieurs aux païens ? — Prsecellimus eos ? Nous , Juifs , l'emportons - nous sur .es Gentils sous le rapport moral ? — Suit un Nequaquam énergique ( où TiâvTWç, entièi'ement non, pas du tout). — Cawati enim... Cette démonstration de la culpabilité universelle a eu lieu dans les chap. I et IL L'adjectif omnes est fortement accentué.
— Suh peccato. Locution métaphorique très expressive : sous la puissance tyranuique du péché. — Sicut scriptum est (vers. 10). Par un nombre considérable de textes bibliques, pris de divers côtés, l'apôtre va prouver « in globo » que les Juifs et les Gentils ont tous un même besoin de justification. Les citations sont faites d'une manière assez libre, et en général d'après la version des Septante. — Premier texte, dans lequel « les traits les plus généraux de la corruption humaine » sont d'abord signalés : Non est justus. .. usqve ad unum (vers. 10''- 12). Il est emprunté au Ps. xiii, 1 - 3 (voyez notre commentaire ) ; mais ici le début est abrégé et très condensé. — Les vers. 13-17 mentionnent deux sortes de manifestations particulières de la corruption des hommes. Et d'abord, vers. 13-14, tous les organes de la pax'ole commettent le péché (la gorge, la laugue, les lèvres, la bouche),
— Sepulchrum... agebant. C'est le second texte, vers. 13». Il est tiré du Ps. v, 11. — Venenu7n.,. sub labiis... (vers. 13*»). Ti'oisième texte, provenant du Ps. cxxxix, 4. — Quorum os... pienum est (vers. 14). Quatrième texte, cité libre-
Rom. m, 15-22.